samedi 6 décembre 2008

Responsables

"Prends tes responsabilités. Prépare tes arguments, montre que tu maîtrises parfaitement ton sujet. Ne te laisse pas impressionner, garde le cap, reste sur ton objectif. Occupe l’espace, creuse ton sillon et fait tomber tout le monde dedans. Il ne te restera plus qu’à les amener là ou tu veux les faire aller". Ce fut sur ces dernières paroles que mon patron me laissa entrer dans l’arène, dans le panier crabe du comité de direction. Une heure plus tard, l’affaire fut pliée, l’auditoire acquis à ma cause et le budget alloué pour mener à bien mon entreprise. Malgré ce qu’on peut penser, le boulot à toujours une fâcheuse tendance à déteindre sur notre vie privée. Sinon, comment expliquer l’aplomb avec lequel j’ose encore affirmer chaque vendredi soir au team lacuvette qu’il fera beau, chaud et que, cerise sur le gâteau, toute la falaise sera sèche. L’ensemble, en dépit des prévisions météo apocalyptiques, des 10 cm de neige qui s’amoncellent dans les rues et de l’ambiance froide et humide du mois de décembre… Une telle mauvaise foi aurait pourtant fait du bien à Iaki et François, en les forçant à mettre le nez dehors, plutôt que de rester se morfondre dans la grisaille d’un vieux gymnase. Sylvain lui, tomba dans le sillon, et se retrouva bien malgré lui sous les dévers du petit Nice, aux Saillants, faisant abstraction de la neige en train de tomber et des immenses trainées mouillées striant la plupart des voies. Prenant ses responsabilités, ce fut sans hésitation qu’il entreprit de travailler la section du très bloc Sale Lierre Dur, 8a, avec le secret espoir que son pouce désormais hyperlaxe, lui permettrait d’enserrer les pincettes les plus démesurées. Un bel acharnement, des jeté pleins de conviction, de multiples tentatives de crochetage de talon (même si sans eb, chacun sait que la quête est inutile) n’ont eu raison de sa motivation. "2 séances à Planete Bloc, on revient samedi prochain avec Oliv et GrandLudo et on se la torche à l’échauffement !" Entendis-je alors qu’il rangeait ses affaires en lançant un regard inquiétant à la falaise.
Planète bloc, elle non plus n’hésita pas une seconde à prendre ses responsabilités en affichant son soutien, en plus de lacuvette, à L’ECI, la camorra de l’équipement local, là où se trame les exactions sordides de purs équipeurs sans scrupule. Sur chaque présentation d’une carte de membre, 10% seront gracieusement accordés (alors à qui on dit merci ??). L’argent gagné ira alimenter les caisses noires de la contrebande et du réseau de contrefaçon de matériel d’équipement. Grâce à Planète bloc, je pourrais rajouter quelques points dans certaines de mes voies ou, mieux encore, réaliser mon rêve en équipant de véritables rampes à clous, si rassurantes et bienvenues en cas d’angoisse subite, les pieds soit-disant au dessus du dernier clou…
Entre les moult essais de Sylvain, je prenais le temps de tomber plusieurs fois dans le dernier mouv de Protection Rappochée, le 7c physique de droite. Bien décidé pour une fois à réfléchir, histoire de voir si, dans la vie de tous les jours, mon glorifiant doctorat scientifique, pouvait se révéler d’une quelconque utilité. Il fallait partir du constat, je m’évertuais à bourrer mes doigts dans ce tri inversé sans qu’ils ne daignent s’enfoncer au-delà d’une demi-phalange. Plusieurs hypothèses étaient possibles. Par exemple, cette température sibérienne pouvait affecter les qualités de ma peau de bébé. En la congelant superficiellement, elle en annihile la souplesse et la malléabilité qui lui permettent, en temps normal, de se déformer et d’épouser les formes du rocher. Ce pouvait aussi être un disfonctionnement hormonal, réduisant mon étonnante faculté naturelle à lubrifier les orifices dans lesquels mes doigts s’insèrent, rendant ainsi plus difficile une pénétration plus en profondeur…A l’issue d’une analyse fine des données en ma possession, la solution me sauta aux yeux : prendre le tri en mono !!! Un essai de plus et le tour était joué... juste un doigt…et l’extase... de clipper le relais…
Yves lui, aurait-il passé l’âge ? Pour ses doigts, je ne sais pas, mais pour tomber dans le fameux sillon, peut-être. Son dernier message cinglant semblait sans appel "vous êtes tarés". Pourquoi tant de rage contre les machines, contre les machines à grimper de lacuvette ? "Et maintenant vous faites ce qu'ils vous ont dit de faire (4 fois) Et maintenant vous faites ce qu'ils vous ont dit de faire, vous êtes sous contrôle (7 fois) Et maintenant vous faites ce qu'ils vous ont dit de faire !"
Et on te dit que samedi matin prochain, il fera beau et chaud, que ça sera sec et que tu viendras avec nous !!

dimanche 30 novembre 2008

Gagnants / Perdants

Les idées et les désirs sont toujours aussi noirs. Ni le poids des années, ni celui des événements n’ont changé le timbre déchiré de cette voix si reconnaissable. Le texte est resté brut, désespéré, écorché, comme il y aura bientôt 20 ans, du temps où il voulait rendre l’âme. On attendait peut-être une surprise, au travers d'une nouvelle maturité, celle de celui qui a pris le temps de se retourner sur son parcours, sa vie. L’âge aurait pu être une raison de proposer, en plus de s'indigner, de s’investir pour un avenir meilleur. Parce que c'est un peu nous tous qui, finalement, décidons de ce à quoi il ressemblera.
"Tous ces beaux jeux inventés, Pour passer devant les premiers
Pour que chacun soit écrasé, S’il refuse encore de plier
Les dégâts, les excès, Ils vont vous les faire payer
Les cendres qui resteront, C’est pas eux qui les ramasseront
Mais les esclaves et les cons, Qui n’auront pas su dire non
Nous on n’veut pas être des gagnants, Mais on acceptera jamais d’être des perdants
"
Perdants, on l’est tous, par le manque de respect d’une poignée qui a compromis l’accès à ce spot, que nous appelleront, pour en préserver l’anonymat le stade nautique. A traverser un accès privé malgré les restrictions des équipeurs (en plein pourparler) et voilà un bannissement définitif. Il aura fallu tout l’amour de notre Ludo pour dénicher un nouvel accès des plus acrobatiques, aussi exigeant que les grands murs techniques qui s’offrent à nous, après une rude ½ heure de marche. Les apprentis randonneurs Yves, Sylvain et Jean Yves, tout émoustillés par les quelques centimètre de neige tombée la nuit précédente aurait surement blêmi devant la rudesse de la marche d’approche. Seul GrandLudo releva le défi et put gouter a ce nouvel eldorado, encore vierge de grands traits de cake, de rallonges et de traces de pneu. Dès l’aube, GrandLudo venait à bout d’Egaré humanum est, 7a, tranquillement égaré sur un vire où même le plus hardi des chasseurs n’oserait s’aventurer. Pour se réchauffer tout le corps par ces températures polaires, s’en suivit un bon dièdre "béber-esque", éprouvant, physique, émouvant voir un poil désagréable, valant son pesant de 7b bien tassé. Et pour finir et gouter aux merveilles des lieux, une visite dans le chant du python, un 7c+ au chant enchanteur. Mais le malheureux s’est vu amputé par le même GrandLudo de plusieurs réglettes et prises de pied pourtant cruciales. Me privant d’un essai qui aurait surement été victorieux, il a fallu me résoudre à revoir mes méthodes de poids plume, de grimpeur léger et aérien, pour d’autres, encore plus incroyables, à rendre vert de jalousie François et ses mouvements extraterrestres. A ce propos, il fut aperçu ce week-end au pied d’une concrétion immense, pendant sous la lèvre d’une grotte, du coté de Marcilhac. Les temoins racontent l'avoir vu fixer des heures durant une stalactite, répétant illassablement ''FT téléphone maison, FT téléphone maison''…d’une autre planète je vous dis…
Gagnants, on le fut tous lors du contest de Novembre de Planète Bloc. Nous fûmes tous gratifiés d’un sublime mousqueton jegrimpe.com dont la taille et la résistance ne le destine vraisemblablement qu'à faire grimper les playmobils de mon fils. Il y eut bien sûr d’autres lots, mais je soupçonne un tirage au sort truqué. Tous les cuvettards présents se sont bizarrement trouvés écartés de toute attribution. De là à trainer Nico, notre PB Master en justice, il n’y a qu’un pas, surtout si on ajoute ce fameux bloc bonus infaisable, pourtant indiqué dans ma liste…Le bouche à oreille faisant son effet, plus de 70 participants dont l’inénarrable Monsieur Kulh, Jean de son prénom, de retour de pérégrinations au pays du grit, à serrer de la croute avec Ben Moon et bien content de sa reconversion professionnelle en pays cuvettard. Passées ses révélations sur l’étrange transformation du Schnappi qui enchaine les croix à coup de ''vas-y sec prends moi'' suivi de ''euh...non, c'est bon, j’ai le bac, pas besoin'', c’est avec nostalgie qu’on parla jusqu’à tard dans la nuit, en compagnie de Charlie Brown et Sunny qui nous introduisit sa charmante compagne Sandy, des débuts puis de la renaissance de Riouper la seule, l’unique…et puis...
''Pimprenelle et Nicolas, Vous nous endormez comme ça
Le marchand de sable est passé, Nous on garde un œil éveillé''

dimanche 23 novembre 2008

Le con gèle

Et la caravane des grimpeurs passe. Pour les grimpeurs, seuls Jean-Yves et GrandLudo répondirent à l’appel. Quant au reste des cuvettards, à force d’aboyer, ils ont fini sous les néons et les nuages de cake du temple de la résine, Planète bloc, surement sur fréquenté, un froid jour d’hiver.
Quelques jours plus tôt, au détour d’un chemin, j’avais aperçu notre deuxième maître fondateur de lacuvette, sur un arbre perché. Par l’odeur alléchée, en bon cuvettard je lui tins à peu près ce langage. "Et bonjour M. Ludo, que vous êtes joli, que vous me semblez beau. Sans mentir si votre perfo s’en revient d’un si long périple, vous êtes le phénix des hôtes de nos bois des Vouillants". A ces mots le Ludo ne se sent plus de nous faire languir et pour montrer ses belles voies, ouvre un large bec et laisse filer quelques infos de choix. Le cuvettard s’en saisit et dit "mon bon monsieur, sachez que tout grimpeur vit aux dépens de celui qui brosse, équipe et nettoie : cette leçon vaudra bien la primeur d’une petite croix". Le Ludo, satisfait et plein de joie, jura, mais un peu tard, qu’on l’y reprendra sans doute encore à maintes fois.
L’attente fut longue jusqu’au premier créneau disponible. Ni la neige, ni le regard médusé, voir agacé de cette tranche attachante de la population, armée jusqu’aux dents, tout de kaki vêtu et si heureux de pouvoir partager son terrain de jeux, n’ont eu raison de notre détermination. Bravant les rigueurs de l’hiver et les aboiements, nous étions en route vers la DJ.
Le plus grand des Mr Freeze, GrandLudo s’est essayé au long et varié voyage de la première longueur de la Tectonique de ploucs, 7b. Même si la vire médiane lui permis de souffler et de laisser passer une onglée bienvenue, il ne lui aura manqué que quelques secondes pour pouvoir se saisir du bac final, les effets de la congélation s’étant manifestés un poil trop tôt. Le bâtonnet de colin Igloo Jean-Yves n’a guère pu mieux faire, victime lui aussi d’une subite hypothermie : muscles lents et réactions du cerveau ralenties, rendant impossibles les prises de décisions rapides et les quelques mouvements dynamiques du crux.
En fidèle habitué de chez Picard, l’eau à la bouche, et des flocons plein la tronche, je m’élançais dans la toute nouvelle prolongation de Para DJ, une bonne dizaine de mètres supplémentaires pour un changement de style radical. Une superbe dalle grise, entre monos, cupules et plats, entièrement naturelle (…s’il est encore besoin de le préciser). Une section très homogène et tout en douceur, où la collante fut une alliée indéniable..Le bon coté du froid, c’est qu’en insensibilisant les doigts, il en fait de même avec leurs vieilles douleurs résiduelles… Encore un incontournable du lieu, pour ceux qui savent apprécier la valeur d’un joli 7b/7c, un torride samedi matin d’hiver…et dire qu’il parait qu’il y en a encore quelques autres à découvrir aux alentours…
C’est un peu l’esprit de lacuvette, celui après qui l’on court, l’objet de notre quête : des conditions dantesques, une grimpe improbable, et envers et contre l’avis de tous, se retrouver simplement entre cuvettards, au pied du mur, seuls, motivés, pour partager quelques instants magiques, au delà de toute description, aux portes du Nirvana. Comme Schnappi, qui su faire fi des rumeurs pour se perdre du coté de la falaise délaissée de Voreppe, histoire de cueillir la fameuse et méconnue Courgette, 7b, et ses 30 mètres incroyables, sur une dalle grise technique. Une croix qui lui a surement procuré plus de plaisir, pour son pur style lacuvette, que celle de la beaucoup plus courue Revanche de Têtard, pourtant 8a, classique de Têtard Park.
Tant de frémissements de perfo ne pouvait pas laisser insensible François. S’étant libéré d’Autoire et de son dernier gros projet, il erre maintenant au grès des autres secteurs du Lot pour y laisser sa trace. Comme maitre Ludo, il laisse filer quelques infos pour le plus grand bonheur du Iaki’s club, dont la tête pensante et la petite mascotte se préparent à de très prochaines belles perfs.
Allez, on referme l’abattant et on reste bien au chaud, au fond de lacuvette...

dimanche 16 novembre 2008

La valeur...

…n’attend pas le nombre des années. C’est ce que je me suis dit en voyant le flyer de Planete Bloc concernant l’organisation d’un mini contest, réservé aux 6-12 ans. Aguichés par un gouter annoncé gargantuesque, voilà mes deux petits monstres, n’ayant même pas atteint l’âge légal, fin prêts à défendre leur morceau de gâteau dans les problèmes proposés par Nico, le Pb master. Passée la surprise de voir le pôle France jeune être de la partie, et bien décidés à ne pas se laisser impressionner, je prodiguais à ma surdouée progéniture de judicieux conseils a coup de "vas y saute sur la prise, jette toi dessus"…l’essence même de l’escalade en somme…sous le regard de la caméra de CNN international, en la personne de TeleGrenoble. L’occasion pour notre PB master de faire un véritable show d’orateur, parfaitement à l’aise devant la caméra et décrivant avec brio les vertus de l’escalade à main nue. De retour à la maison, les enfants hurlant "l’escalade c’est trop chouette, j’veux y retourner tous les jours !", je gardais un œil sur le poste, attendant la retransmission du soir. Parfait sur la forme, sauf que sur le fond, il a encore de nombreux progrès à faire… pas une seule fois je n’entendis un message subliminal faisant allusion à Lacuvette, eb ou Planète Bloc…le verbe seulement ne suffira pas à remplir les caisses !!
Quelques heures plus tôt, tandis que l’entraide permettait aux plus petits d’attraper les premières prises, je zieutais les jeunes biens membrés du pôle France. Je ne pus m’empêcher de penser à Yves ou François. Enchainer du 7 à plus 60 ans, ou plier régulièrement du 8, et hier encore le 8b de Transpotting à St Géry, sur la route de la cinquantaine, que seraient capables de faire ces deux phénomènes hors du temps, placés dans le même contexte que ces jeunes favorisés actuels ?
Au même âge, chaussés des déjà fameux ultra précis eb montants et à bords complètement ronds, flanqués d’un baudriers jaune et vert fluo aux multiples sangles et boucles pesant plus de 3 kg, harnachés à une corde aux allures de câble, ils se frisaient avec style dans des pas de bloc retors en dalle, en train de poser en faisant une grenouille, le cheveux long et blond s’ébrouant nonchalamment au grès du vent.
A voir Yves dans les belles dalles des Saillants, il n’a guère changé, si ce n’est les cheveux, plus courts et maintenant en harmonie avec le beaux gris du rocher. Il est aussi maintenant libéré de (presque) toutes contraintes et peut grimper tous les jours. Rien qu’avec le temps, il a même progressé, les voies du secteur ayant toutes pris un degré, juste par le simple fait d’un rééquipement…
Le lendemain encore, en déposant les enfants à l’école, juste avant la fermeture des portes, je repérais le coin "ordinateur" des maternels. Je me renvoyais quelques années en arrière (mais pas tellement finalement…) avec ma pauvre calculatrice maitrisant à peine les 4 opérations de base, avec mes 24 tomes de l’encyclopédie Universalis en guise d’Internet pour faire mes exposés, ou encore à recopier en 4eme vitesse dans le bus menant au lycée, les résultats du TD de math, parce que l’on avait ni mail ni tchat pour se les échanger la veille.
Si l’on pouvait se laisser aller à un tel anachronisme, il est évident qu’on serait tous devenus d’éminents prix Nobel et qu’en plus on randonnerait les 9a, sans les mains de surcroit.
Il y a plus de 25 ans donc, Francois était déjà à l’aise dans ces dalles contraignantes et douloureuses, et l’on ne parlait que de 8a (une photo d’époque est en attente…) Le niveau dans le style a-t-il explosé aujourd’hui…a ben oui, bien sur : y’a le fameux Gecko de Tough Enough a Mada, annoncé 8c comme la dalle la plus dure du monde…que Diego a tout simplement torché…à vue…Le même Diego qui, il y a plus de 25 ans aussi, s’acharnait sur les 8a historiques des nos chères dalles des Lames…Mais alors… lui aussi aurait maintenant largement dépassé la quarantaine… Et alors messieurs François et Yves vous nous aviez enfumé avec vos fausses excuses. Qu’attendez vous donc pour vous aussi vous y mettre sérieusement ??. Pour faire le beau avec les pieds au dessus de la tête dans l’espace replié, le 8b+ d’Autoire ou randonner dans les 7 de la dalle bleue à St Pan un jour de brouillard, on se bouscule au portillon, mais quand il s’agit de forcer un peu, y’a plus personne !! Dire qu’il n’y avait personne avec Sylvain ce dimanche à La Chapelle, qui, malgré un pouce déboité pour case de parade de sumo, est globalement venu à bout du très beau Skexcess 6b+.
Quel gâchis, avec un tel passif et tant de possibilités…Vivement qu’un jour l’on puisse être aussi vieux pour enfin montrer l’exemple !

samedi 8 novembre 2008

This is the end

Ce devait être l’une des dernières pensées de ce pauvre Jim, un soir de déprime de l’an 71, peu avant qu’il ne résigne à refermer les portes de son existence. "Toutes les bonnes choses ont une fin". S’il y a bien une expression que je trouve absurde, c’est bien celle là. Elle me rappelle à la fois les propos sadiques d’une vieille prof aigrie en blouse blanche et ceux d’un sergent chef complexé pour qui l’armée s’était révélé son unique raison d’exister. Cette prof de philo m’aurait fait remarquer mon récurant manque d’analyse et m’aurait rétorqué qu'à force de plaisir, l’habitude pourrait faire qu’il n’en soit plus un, l’être humain ayant pour moteur de n’être jamais satisfait…mais ma faible d’assiduité à ses cours, dictée par les justes priorités d’un calcul de rentabilité de coefficient et de nombre de points pour la note finale du bac, m’a épargné ces inepties.
Serait-ce à dire que toutes les mauvaises choses, elles, n’auraient jamais de fin ? Visiblement non, pour le grand bonheur de notre oncle Sam et de sa grande famille qui ont enfin pu cette semaine, se débarrasser de leur vieille et sans avenir baraque à frittes sentant l’huile recyclée, pour emménager dans une toute nouvelle et porteuse d’espoir Barack colorée. Que dieu les blesse...
Pour Autoire hélas, la saison, touche à sa fin, victime d’un hiver trop précoce et capricieux. Avant la fermeture annuelle, un dernier signe de vie fut à mettre sur le compte d’une initiative heureuse du club actif local : un "clean-up day". Un exemple à suivre, ici et ailleurs, même s’il revient à sonner le glas de la ‘’free’’ grimpe, la grimpe en toute liberté. Celle qui nous autorisait à chier au pied des voies, à laisser l’herbe repousser ou à dessiner de jolis motifs aux allures de traits de cake dans des voies que, une fois enchainée, nous ne referions jamais. A la limite, on aurait même du les déséquiper, récupérant les spits pour que la communauté puisse se bouger et nous en ouvrir plein de nouvelles. Pour se rassurer, on peut se dire qu’il nous restera tout de même la liberté de pourrir ces équipeurs qui placent mal leurs points, trop loin, dans des pas morpho, et en plus, sans brosser ni marquer les prises.
L’épopée de Rioup allait elle aussi connaitre une parenthèse obligée. Non pas par désaffection des nouveaux aficionados, puisque je peux me vanter d’avoir converti au moins 4 cuvettards pourtant réputés irréductibles. A tel point que l’un d’entre eux, dont je tairai le nom et flouterai le visage, pour préserver l’intégrité de son mariage, se réveille régulièrement la nuit en hurlant "Rioupéroux…je t'aime, je te veux ! ".
Sa femme trouvait déjà lourdes ses nouvelles allusions glissées au fil de leurs diners en tête à tête, des "le bloc, c’est la vraie vie", "Rioupéroux, tu m'as révelé", ou le redoutable "demain midi... je dois aller grimper"…Et cette même folie gagnait même les enfants, réclamant leur highball de la semaine.
La culpabilité commençait à me ronger, mais ce fut surtout de la réaction inattendue de mon doigt que vint la trêve. Le pauvre, déjà anormalement proportionné, a doublé de volume, signe irréfutable de l’intensité du bourrinage sur des pauvres blocs de quelques mètres de haut, par rapport à celle, plus tranquille, des longues voies de conti.
Nous voilà donc de nouveau contraint de nous farcir ce gros sac qui détruit le dos, ces longues marches d’approche, et ces mouvements encombrés de matériels divers et variés… pour limiter le trouble, direction Ludo’s Beach, pour des voies courtes et intenses, et grimpables sans devoir serrer les prises… comme dans Sept AC, 7b+ de 5 mouvements, que GrandLudo, transcendé par l’étrange ressemblance avec certains blocs, faillit tout simplement flashé …le manque d’habitude ayant fait qu’il s’emmêla la main dans la dégaine en jetant sur la dernière prise…. Ce retour en territoire falaiseux, ne pouvait se faire sans convier Yves, notre grimpeur à la carte vermeil, qui prit par l’émulation ambiante randonna avec Jean-Yves les gouttes superbement sculptées de Vent d’orage, 7a.
Tout ayant une fin, l’inflammation de mon doigt s’en est finalement allé, signe qu’encore une fois, une bonne séance entre cuvettards, suffit à effacer bien des maux…

dimanche 2 novembre 2008

Heure d’hiver

A force de le relire un soir sur trois, pour le plus grand bonheur de mes deux petits monstres, je le connais maintenant par cœur. J’espère qu’ils me le rendront bien, lorsque dans 40 ans, je les supplierai de me porter des petits gâteaux, à l’insu des infirmières, à la maison de retraite. Franklin sait donc compter jusqu’à 100, nager sans bouée et faire ses lacets tout seul. Et en plus de tout ça, ce brave Benji eut la brillante idée, en 1794, de changer d’heure, sous prétexte d’économiser de l’énergie, en l’occurrence du bois, en ces temps reculés. Mes deux neurones et mon esprit décidément trop peu conceptuel semblent pourtant démontrer le contraire, mes cuisses dépensant nettement plus d’énergie, chaque soir en rentrant du boulot, pour faire tourner la vielle dynamo bruyante de mon petit vélo. Le seul avantage visible, fut dimanche dernier lorsque même en me levant plus tard, j’étais quand même debout plus tôt, ce qui me laissa le temps de me remettre sous la couette pour profiter du temps gagné.
Le temps serait donc malléable, relatif pourrait-on dire en tirant la langue, une quatrième dimension permettant de naviguer entre les trois autres par différentes brèches, d’être ici et là en même temps. Comme encore une fois ce lundi, où, le temps de prendre bêtement mon plateau en fin de file d’attente au self de la cantine, avec l’œil vif du collaborateur radieux et comblé du lundi, je me retrouvais en pleine forêt montagnarde, au pied d’immenses reliefs escarpés, surplombant le cours paisible d’un ruisseau claire…le temps de reprendre mes esprits…j’étais bien à…Rioupéroux, le crash sous la main et les eb aux pieds, arpentant les pentes du coteau en pleine exploration du secteur EDF. Je décortiquais les mouv d’une Sunny’s traverse, au dessus de Tony Montana, un belle fresque de plats à sensation, un grain exceptionnel, des talons subtils et un poil de niak pour passer le nez et finir sur les croutes du réta. Une bonne heure de calage, d’essais et de travail de préhensions pour venir à bout de ce joyau du genre qui devrait bien valoir son 7a !!
Du temps, c’est ce qui a du manquer à nos deux compères, Oliv et Sylvain lors du contest Planete Bloc de mardi dernier. Une ambiance de folie, des blocs de rêves et les voilà en train de déambuler parmi la foule, s’égarant dans des itinéraires ne figurant pas dans leur scorecard. Résultats, une tout de même honorable 65eme place ex equo avec… aucun bloc ne rapportant des points ! Restera une soirée menée de main de maitre par Nico le PB Master, qui n’a pas lésiné sur les prizes money dignes d’un Rolland Garros, ni sur le buffet avec petits fours, foie gras et champagne à volonté. Une renommée qui a même attiré quelques guests stars avec Mickey, Toufic et Sunny en personnes !! L’occasion rêvée de donner deux ou trois conseils et de montrer comment tenir les prises à ces jeunots en panne de progression…Nos deux compères donc, furent contraints de rattraper le temps et les points perdus ce samedi lors de la visite du secteur Shadow Forest de Rioup, regorgeant de merveilles cachées mais intimement dévoilées la semaine par Sunny.
Pour Francois, le temps se serait lui arrêter ce vendredi, au moment même ou Iaki devait regarder les flocons tomber sur le Causse, se défilant surement à l’idée d’affronter trop tôt un hiver à Autoire. François donc, s’était judicieusement muni de son porte bonheur personnifié en la petite Paupof, qui l’avait déjà assuré dans Frater Dolorosus, 8b+. Elle allait encore une fois marquer l’histoire d’Autoire en supportant l’intemporel François dans son essai victorieux dans sa dernière création, l’espace replié, encore 8b+. L’espace et le temps se déforment, obligeant François à des artifices pour se contorsionner dans des mouvements que la mécanique classique ne pouvait jusqu’alors imaginer. Il repousse de nouveau les limites de la théorie, changeant l’étendue du possible. Il faudra que tu fasses don de ton corps à la science, pour que le reste de l’humanité puisse peut-être un jour découvrir le secret de ton talent….
Ouh là…en parlant de temps...c’est que l’heure c’est l’heure, il est déjà 17h et il n’est pas question que je loupe le traditionnel thé et gâteaux de chez mémé, inéluctable phénomène temporel quasi sacré du dimanche…

samedi 25 octobre 2008

Et de trois

C’est sur que ces trois sont moins fringants que la référence musicale de la semaine. Certes, la force de l’âge n’est plus, mais l’on peut toujours se régaler à la vue de leurs torses saillants, épilés, parfaitement huilés et luisants sous les spots lights du dance floor d’Autoire.
Contrairement aux originaux qui ont malheureusement du partir un jour sans retour, nos trois éphèbes grisonnants, eux, sont toujours là. Alors que je pressentais le 3eme 8b+ annuel de François avec l’espace replié, la semaine s’est soldée par un nouvel échec. Pas étonnant avec ses méthodes "tout à l'envers"...quel esprit tordu...

Du coup, Michel et iaki ont du faire en sorte de rater leurs essais, avec de fausses méthodes en bois, histoire de ne pas s’attirer les foudres d’un gourou désœuvré…
J’étais assis sur une vielle chaise en formica blanche, le dos tourné à la fenêtre et les yeux rivés sur un écran datant des années 60. L’image en noir et blanc présentait un chamarré de points gris d’où se détachaient péniblement des zones en forme de haricots. Elles paraissaient souples, molles, et semblaient bouger au rythme d’un battement d’un cœur lointain. L’homme qui me faisait face me lança un regard amusé, comptant ces formes étranges qui me rappelaient de vielles images de manuels de biologie, expliquant les mécanismes de division cellulaire. "Un là, un deuxième là et un troisième là, caché derrière les deux autres…vous allez être les heureux parents de triplés", nous annonçait-il d’un air farceur. Après quelques brefs instants de silence, et juste avant que je puisse laisser exploser ma joie, la même que lorsque j’éructe en jetant sur la chaine d’un 8a de la vire, il rajouta "mais non je plaisante il n’y en a que deux"… Malgré l’intense bonheur que je ressentis, je conservais un pointe de regret, comme la semaine dernière lorsque je sortais Downball à Rioupéroux, ma deuxième immixtion dans le monde du 7a bloc. Je ne pouvais m’arrêter en si bon chemin, il me fallait perséverer pour arriver à ce chiffre mythique de 3, celui de la confirmation…le 1er étant un pur coup de chance et le second juste un moyen de se rassurer, pour se dire que finalement ce n’est pas si dur….Une fois libéré du harcèlement de mon hiérarchique, je quittais lundi le bureau à l’heure du déjeuner, le crash pad discrètement dissimulé dans ma sacoche de pc portable, pour filer au secteur du Centre ville de Rioupéroux. Après un échauffement bâclé, je jetais no foot dans le nose 7a, avant de caler un pur talon eb-ien pour dynamiser sur les règles suivantes. A chaque chute, je me concentrais pour éviter d’avoir le c** dans le même état que celui d’Alex, et pour bien viser le tout petit crash la bas, en bas au fond du trou…Prêt à capituler, je pensais une dernière fois aux réjouissances des 4 heures de meeting de l’après-midi pour laisser une dernière fois toute ma hargne serrer ces 2 règles, oublier la taille du crash et jeter sur le sommet du bloc…et de 3 !
Oliv n’attendra pas 9 mois pour sa troisième, tellement la seconde le comble et lui donne envie de recommencer.

2eme virée à Rioup, et histoire de le rassurer sur sa fertilité et ses chances d’accoucher de son premier 6 dans la vallée, je lui offrais un panel des plus blocs du secteur EDF
En digne VRP de Rioup, je réussissais à débaucher deux autres cuvettards des plus réfractaires, Sylvain et Jean-Yves…perf remarquable si l’on se fie à ses qualificatifs : fin octobre, 8h du mat, sous une bruine armoricaine….Secteur EDF donc, pour un dépucelage en douceur, un cadre bucolique (si, si !), quelques blocs avec des cotations qui ne riment pas avec humiliation.
Sylvain fit travailler tout son potentiel musculaire, rictus et muscles faciaux compris tellement il fut à fond
tandis que Jean-Yves retrouvait le bonheur des sorties à Bleau.
Et pour finir, il y eut l’accueil chaleureux du Taulier du lieu, Sunny et consorts, entre 2 runs dans la Fille de Syrah 7a+ et dans Free tibet 7b+ pour Alban
D’ailleurs à l’heure qu’il est, ils sont, soit en coma post éthylique pour cause d’arrosage de perf, soit morts écrasés au pied de ce très beau et impressionnant highball. Bravo les gars et merci pour cette visite secrète des merveilles locales cachées, ainsi que pour tous les tuyeaux sur les nouveautés du secteur, toutes plus belles les unes que les autres.
Et de 3…après Oliv et Ludo, c’est au tour de Sylvain de tomber sous l’emprise et la dépendance. Avant de nous quitter, il me glissa doucement à l’oreille "je vais voir si je ne peux pas m’arranger à la maison pour revenir demain !!!"

dimanche 19 octobre 2008

La face cachée de la lune

La réponse au quizz musical de la semaine sera bien vite trouvée par les plus anciens d’entre vous. Il faudra remonter à 1973, grande année, puisque ce fut celle qui me vit naître (en comptant bien, ca me fait donc que 25 ans...), tout comme un certain album éponyme, qui marqua quelques lignes de l’histoire de la zik.
J’ai toujours été fasciné par lune, en partie à cause d’un qualificatif flatteur qui continue à me coller à la peau "face de lune", comme pour signifier une quelconque ressemblance entre mon visage rondouillard de sumo bien nourri et le parfait disque de la pleine lune. J’en ai passé des heures à observer cet astre mystérieux, si unique parmi les myriades d’autres corps célestes, jusqu’à m’apercevoir qu’il semblait immobile, nous montrant toujours son même profil. Je devais avoir à peine 4 ans, et alors que je parlais déjà plusieurs langues et commençais à lire, je trouvais la réponse à ce mystère en feuilletant quelques écrits scientifiques des deux drôles de jumeaux dont je ne me souviens que de la forme incroyable de leur menton. C’est l’effet de la gravité entre une planète et son satellite, qui finit par contraindre ce dernier à faire coïncider sa période de rotation à celle de sa révolution…Il y avait donc une face cachée, à l’opposé de l’autre, si familière…
Un coté battu et marqué, blessé par d’innombrables météores et tempête de débris célestes, complètement défiguré…
Autoire elle, n’a plus rien à cacher, surtout depuis qu’elle fait la une du dernier Grimper. Dévoilée à la planète grimpe, on sait tous maintenant que les voies ne font que 3m de haut, qu’elles sont "imbittables" à vue, qu’elles sont douloureuses pour les articulations du genou, et que sévit sur place un gourou local aux pratiques douteuses nommé François. Du coup, même le sieur Chabot, star du show organisé par le très "public relations star et paillettes" Iaki (du Iaki’s private Club de Lacapelle Marival) est passé devant sans oser s’y arrêter, visiblement apeuré par la réputation du lieux. Sous les sunlights donc, le microcosme local maintenant célèbre a profité de cette semaine événementielle pour s’illustrer, Iaki en tête qui, tel le jeune puceau, découvrit ce qu’est un 6c avec Camino loco, qu’il déflora à vue…à la place des 8a tout proche, je ne ferais pas le fier et éviterai de laisser tomber ma savonnette….. Michel nous prouve qu’il est possible d’être plus vieux que François, et de grimper aussi dans le 8… même si, cette fois ci c’est Leon, un gros dévers à colo en 7b+, qui a su lui résister, préservant encore la virginité de son relais. Paupof, qui pourrait être l’arrière-arrière-arrière-arrière petite fille de François, ne saute plus sur ses genoux, mais plutôt sur les prises qui restent encore trop éloignées, dans le très beau et poétique Processus de pets 6b+, raté de peu à vue. Quant à François, il reste dans les grandes théories et recherche la solution de l’énigmatique Espace replié, probable 8b+.
Loin de là, la face cachée d’une vallée hostile allait doucement se révéler. Certes, comme Galilée en son temps, la controverse demeure, les calomnies fusent et la censure tente tant bien que mal de retarder l’explosion de la cinglante vérité. De vieux partisans lactatophiles organisent la résistance mais ils ne pourront arrêter ni le progrès ni les mécanismes de l’évolution et de la sélection naturelle, qui, s’ils persistent dans cette voie, conduiront à leur perte. Bertrand, Bruno et Jean-Yves continuèrent à nier l’évidence, accumulant les km de voiture, la longueur de la marche d’approche et les petites voies sans avenir, dont le vite oubliable Power 7a+, de St Pancrasse…Toutes nos tentatives pour les sauver du marasme restent encore vaines…
C’est avec Alex et Manue, bleausards émérites qu’avec Oliv, Ludo et la génération future déjà en marche (4 ans et 4a...à ce rythme, je vais rapidement être dépassé…) que s’organisa l’exploration de Rioupéroux, à commencer par les secteurs de la Chapelle puis du Centre Ville, histoire de poser de bonnes bases, avant d’allers découvrir le secteur plus récent de d’EDF. Alex revient avec un énorme bleu sur le c**, c'est ça d'en avoir un tout petit...de crash...ainsi qu'avec Nezzar assis, 6a.
Manue et Oliv complètement hystériques à la vue de tant de possibilités essaient tout, tout de suite, tous les mouvements de tout ce qui traine… mais n’enchainent rien…. malgrès toute la détermination que l'on peut lire dans leur regard.
Ludo pris d’un sursaut d’orgueil (car incapable de torcher un 6a+ au centre ville lors d’une précédente expérience) se venge sur Nebucanezzar la très belle proue en 6b et les extraordinaires croutes de néo 6a, a vue…avant de prendre sa traditionnelle rouste dans la boule debout 6c, au mouvement ultime à sensation…que je refaisais 3 fois, le temps de réaliser que je l’avais bien fait... et dans Morpheus 7a...ben oui, même avec mes méthodes de sioux ca reste dur le 7a !! Et puis ce fut l'effet de groupe, tout le monde s'essayant aux sublimissimes mouvements de Cypher, 7a sur la lèvre du toit. Mais le pas de bloc (et ben si… un comble !) central, nécessitera encore quelques visites supplémentaires !Pour finir le centre ville, sur le bloc de la Caravane où je ratais (encore) le dernier bac de la très intense et esthétique Proue, 7a,
tandis qu’Oliv s'acharnait sur le bloc de l’Oisans,
sitot imité par l'insassiable Manue, qui, modestie oblige, nous fait croire que ces années passées à Bleau n'y sont pour rien dans sa facilité à serrer les croutes !!
La face cachée de Lacuvette existe donc, complémentaire et indispensable à l’autre. Elle porte désormais le nom de cette vallée austère…n’en déplaise à certains…c’est... Rioupéroux !!

dimanche 12 octobre 2008

Under pressure

Certains y verront un étalage égocentrique, un nombrilisme aigu poussant à débaler une culture musicologique d’un autre temps. Mais que nenni, d’autant plus qu’il y a belle lurette que ce groupe de tarlouzes de rosbeefs à la voix de castra ne fait plus partie de ma playlist, ayant définitivement franchi le point de non retour et basculé dans le coté obscur.
La pression donc, celle qui permet de maintenir le cap, d’entretenir la saine émulation du groupe, l’engageant collectivement dans la spirale de la réussite. Le vent de croix, le souffle de projets qui tombent avait commencé à s’abattre sur le team affuté, GrandLudo en tête avec son premier 8a sur la vire d’espace, Emilie avec un pied dans le 6c bloc de Saudade à La Capelle
et Schnappi qui avait finalement soumis son Pédozoonécrophile 8a à Espace 2000. Qui allait être le prochain sur la liste, se laissant entrainer par la frénésie, l’entropie du succès ? Yves sortant enfin une voies en 7 à Espace Comboire, Sylvain, finalement reçu au BE, Oliv, sacré champion de monde en salle (de rameur), ou Francky battant le record mondial du jeté ? Mais non, ce fut encore Schnappi qui s’illustra de nouveau, irrésistiblement attiré par notre vire. Mozza Vocce 8a bien bloc en bas et bien bloc en haut tomba sous ses assauts tenaces...une voie au gout étrange car elle compte parmi les seules à s’afficher avec quelques traces discrètes de Sika en ces hauts lieux… Quant à Iaki, on l’avait presqu’oublié avec son bon millier d’essais infructueux loin la bas, à Autoire, falaise maintenant mondialement connue et convoitée grâce à la plume exquise de Francois dans le dernier Grimper. C’est depuis cette contrée reculée, qu’il allait se rappeler à notre bon souvenir, en un jeudi matin d’automne, à 33 ans, il fit enfin la croix…et qu’après qu’on ne vienne pas me dire qu’il rien de mystique, de symbolique voir de sacré dans la grimpe !!!
Pourtant, à le voir ainsi, mal chaussé et affublé de verres fumés à la Gilbert Montagné en plein mois d’Octobre et sur une falaise plein nord qui ne voit pas le soleil, rien ne semblait le prédestiner à une issue heureuse. Huile de coude, 7b+ pas commode pour la première voie dans le septième degré d’un adepte des règles et des lolottes qui font mal, en pleine phase exponentielle de progression ! L’histoire n’est pas sans rappeler celle de Lol alias La Roque star de qui l’on raconte qu’il n’enchaina que 2 voies dans sa première année de grimpe, l’Enfer est à nos portes, fabuleux bombé no foot en 7b puis La mira 8a mythique au dessus de la Seine au pas de bloc de départ hallucinant (faut faire la planche, pieds et mains à l’horizontal) pour finir à la reverse dans la cloche de la grotte du secteur Spéleo de La Roque, falaise du nord. Sans le savoir, une coïncidence ésotérique de Lacuvette….
Au passage, François en profite pour peaufiner un futur projet dans le 8b+, l’Espace replié, en en connectant la première partie avec la fin de Sibé, 8a+ tout proche.

Je ne pouvais décemment pas resté de marbre devant ce flot de succès. Malgré l’abandon de tous, les stratagèmes d’Emilie pour ne pas me céder son vieux crash pad et les vieux démons et les réticences de quelques cuvettards les empêchant de me suivre à Rioupéroux, c'est seul que, sous le charme d’un crépuscule à La Chappelle, j’arrivais au terme de ce projet fou, né sur un coup de tête, d’enchainer avant Noël, un 7a bloc, avec Morpheus et sa vague d’inversées rondes à remonter.
J’avais rêvé d’un bloc d’homme, sentant bon la testostérone, les blocages de mules et le no foot hormonal…mais encore une fois, rattrapé par mes années de danse classique, ce fut une dalle, avec des calages de pied plus que décisifs et de subtiles sensations d’équilibre. Je réitérai quelques jours plus tard, entre 2 rendez-vous professionnels, avec la parfaite petite boule de Down Ball, encore 7a mais cette fois au secteur EDF, avec de jolis plats à compresser et surtout une montée de pied pour se rétablir digne d’un petit rat de l’opéra…
Cette pression positive donc, mais à l’équilibre précaire et qui malheureusement en fait souvent basculer dans le travers du doute, de la comparaison malsaine et dans une course inique à la pseudo performance. A ce propos, j’ai souri à la lecture de la théorie jubilatoire du billet d’humeur de notre deuxième mascotte Ludo, la encore dans le dernier Grimper (décidément, que d’honneur à Lacuvette dans ce dernier opus), sur le fin annoncée du 7c+. Bien conscients de cette dérive, on avait depuis un moment déjà raisonné par l’absurde en ne cotant jamais nos nouveaux projets au-delà de cette limite fatidique, s’assurant ainsi une totale tranquillité pour y taper nos essais et réaliser les premières, s’évitant aussi la venue de chasseurs de 8, obnubilés par la croix au détriment de la richesse de la ligne… Et pour finir par une crise de rire j’ai vu sévir M.trait à Planete Bloc, marquant un volume d’un joli trait de cake alors que je lisais accoudé au comptoir la perf de l’ami Diego, notre précurseur visionnaire 100% made in Lacuvette que l’on vénère pour nous avoir légué les 1er mythes…d’Espace Comboire (excusez du peu). Il s’est nonchalamment payé, à Madagascar, à vue et à l’échauffement la pseudo dalle ultime la plus dure du monde Gecko, initialement 8c, avant dernière longueur de Tough Enough (c’est sur, ses stages de jeunesse répétés aux Lames doivent y être pour quelque chose…). Je commençais à avoir des doutes sur toutes ces perfs annoncées à longueur de temps sur certains sites web, sur la crédibilité de ces voies extrêmes finalement torchées au 1er essai par tous... et puis j’ai vu des déformations avérées sur les voies de Ludo à Pierrot Beach…bref un amas d’infos non triées, déformés, arrangées pour finalement des news qui ne sont que de fabulations de grimpeurs pseudo pressurisés déconnectés de la simple réalité du plaisir qu’ils devraient avoir à grimper…
Je me demande si, comme de manière plus globale dans nos modèles économiques actuels, le fossé ne se creuse pas entre la base, la France d’en bas des grimpeurs, et les classes hautes de la société, noyées dans de soi-disant enjeux politiques dictés par l’appât du gain…
Mais nous au moins, nous ne sommes pas morts, punk is not dead…putain j’sais pas ce que j’ai en ce moment avec ces vieillottes références musicales d’outre manche…

dimanche 5 octobre 2008

Un ange passe

Le ciel était lourd, gris, la nuit se laissait tomber, tandis que le bruit incessant des bennes à ordures s’était finalement tu, signe qu’un banal jour de semaine devait toucher à sa fin. Suspendu à la petite vire du mur Galactique, je contemplais la ville qui s’allumait progressivement. Sans états d’âmes à propos de cette consommation raisonnée d’énergie éternellement renouvelable, le peu de lucidité qui me restait après une rude journée de labeur me ramenait à quelques souvenirs, ceux d’une époque disparue, où l’Ipod s’appelait baladeur cassette autoreverse. Gadget tellement bourrée d’électronique qu’il ne tenait même pas dans la poche.... Casque vissé sur les oreilles, éveillé et épanoui par les effets de la puberté, j’entends encore cette voix criarde et envoutante :
Comme elle est belle la ville et ses lumières seulement pour les fous,
Celui qui veut, il la découpe en tableaux,
Là c'est l'heure ou le silence balance sur les eaux du fleuve,
Le rythme des horloges qui pourrissent.

Ca c’est sur, c’est autre chose que la daube servie à à tour de bras par nos grandes maisons de disques soucieuses du bien être culturel de nos jeunes génerations…Avec les potes de la maison (de retraite), assis sur le banc sous le platane du parc, on se le repète assez, ''avant c’était vraiment autre chose…''
Aliéné donc, je m’émerveillais une fois de plus devant le spectacle que pouvait offrir les Vouillants, lorsqu’avec Franck, on le vit appraître… tout blanc vêtu.
Sa robe immaculée contrastait avec la glauquitude sombre des prises larcinées, sales de fientes et grasses de résidus de gasoil. Il nous survola de sa pureté.
Dans un style divin il randonna à vue La musique du hasard, petit 7b sur croûtes avant de presque (car certains ont plus d’éthique de Sylvain…pourtant futur BE) réitérer le même exploit dans Parfum de drame, très long 7b+ sur croutes encore et qui finit loin, si loin, au-delà de nuées, au delà des limites terrestres, aux portes du Paradis. L’archange Ludo était descendu parmi nous, nous touchant de sa grâce. Franck résistait à la première partie du Démon de minuit 6b physique. Je sentais monter en moi, cette chaleur divine, jusqu’au bout de la fièvre 7b+, long, très long, alors qu’il y a quelques années je m’étais pourtant juré de ne jamais y retourner. La purification fut totale lorsque j’enlevais cette vilaine rallonge trainant dans le haut de la voie et ôtant tout le charme de ce petit réta aux prises qu’il faut savoir patiemment découvrir.
Cette apparition ne pouvait qu’annoncer une semaine faste. Même nu, vêtu d’un simple couronne et arborant un arc aux flèches ensorceleuses, l’aura du chérubin Ludo s’abattit jusque dans le temple de la force qu’est Planète Bloc. Toute l’assemblée reteint son souffle lorsque jeudi, il enchaina son premier bloc noir, sur les beaux volumes du ventre de droite…offrande du PBMaster à ce démiurge en train de naître.
Rien ne sera plus comme avant. Nous devions aller consulter l’Oracle d’Espace Comboire
Je menais les fidèles disciples, Yves, Sylvain, Bruno et Yves, portant à bout de bras Ludo, sur son trône, jusqu’aux confins du ciel et de la terre, la demeure des dieux, la vire à Sidi…Et la lumière fut, le miracle opéra, dans la magie d’un samedi matin d’hiver, au dessus de la ville endormie et sur fond de Belledonne enneigé.
Ludo entra définitivement dans la cour des Grands, celle qui nous marque au fer rouge du nom du premier 8a réalisé ici. Pour lui, ce fut A prendre ou à lêcher. Même si certains ergoteront sur la hauteur du préclippage, on ne retiendra que la judicieuse stratégie du non clippage du dernier point et la taille du vol lors du premier essai, en tentant de jeter sur la chaîne….
Emporté par l’unicité de l’instant, Jean-Yves cochait la variante en 7a+ du Chakra des araignées fanatiques (7c pour la totale et toujours non répétée), puis tombait sous le charme des mouvements complexes et subtils de Délit d’initié, très beau 7b+ de la vire sacrée. Sylvain, sans sa crinière de feu, qui le confondait pourtant avec un certain Chris aux gémissements sans égal, avait perdu de sa superbe, tel Samson dont la force disparut sous les coups des ciseaux, incapable de venir à bout du même Chakra. Il ne m’en fallait pas plus pour me sentir pousser des ailes et m’essayer aux colos et au crux physique et Viva Zappata, sacro-saint 8a mais malgré tout presque... accessible. Yves et Bruno eux, délaissèrent les mouvements intellectuels des Fourberies de l’escarpins 7b pour s’en aller répandre les bonnes nouvelles aux quatre coins du monde.
De son coté, Schnappi, rescapé de l’enfer post coma éthylique de l’éternel étudiant attardé qui pend sa crémaillère, retrouve enfin le chemin de la lumière, tel le roi mage guidé par l’étoile du berger. Il grapille de nouveaux points de vie et arrive enfin à vaincre son redoutable Pédozoonécrophile ou l’enculeur de petits animaux morts 8a d’espace 2000, départ directissime de Kill’em all direct 7c+…tout un poème…
De plus loin encore, l’étoile était visible, illuminant le ciel de toute sa splendeur. Même du haut de la colline de Lacapelle, où Emilie reçut elle aussi le nimbe orbé du nouveau prophète de Lacuvette et réalisait un de ses vieux projets, son premier 6c bloc, Saudade, liminaire d’une longue série de futures belles croix à... Rioupéroux !!!
Résolument, cette année sera donc celles de filles…
Mon casque toujours sur les oreilles, la bande arrivait à sa fin…
Désolé lola je n'ai pas su déchiffrer le sens
Secret de tes gestes lents aérés, simulacres ou
Magie futile à moins que le vide et l'ennui
Ne s'emparent de toi Lolita et si cette bulle pleine
De rien voulait se crever enfin
Un ange passe
Un ange passe…