Affichage des articles dont le libellé est Mas d'Auris. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mas d'Auris. Afficher tous les articles

dimanche 28 septembre 2008

Cours Forrest, cours !

C’est l’une des citations qui constituent mon étonnante culture cinématographique. Celle qui me fait si souvent défaut au Trivial Pursuit, lorsque je reste impuissant à obtenir ce dernier camembert rose. La fable était simple et pourtant si étonnamment vraie, une exhortation à se laisser porter par les hasards d’une vie, à prendre chaque décision suivant son instinct, pour peu que les vraies valeurs inculquées par notre chère maman soient respectées. Comme Yves par exemple, qui a laissé parler son cœur. Tenant à la plus belle croix de sa vie bien plus qu’il ne tient les prises de LaCuvette, il est parti convolé en noces de diamant, à l’autre bout du monde. A contrario, gardons un minimum de bon sens, pas comme Sylvain qui s’est lancé à corps perdu et en secret dans l’aventure du Proba et du BE… prenant de court le reste de LaCuvette, qui aurait pourtant pu parfaire sa préparation, en le contraignant à enchainer quelques uns des mythes locaux comme L’arme à l’œil 7b ou le Poulpe 7b+ à Espace Comboire, au lieu de le laisser dérouler dans les 6c d’Arche ou crève, ou de Tol story aux Vouillants !!

Pour rattraper le temps perdu, de son propre chef, il s’est mis au défis d’enchainer la bouse qu’il faut pourtant faire, au Mas d’Auris, Strapper francais, 7a+ d’un autre temps, court, explosif, désagréable, aléatoire et douloureux.
Pour le mettre en condition et le confronter aux réalités de sa future vocation, nous le laissions organiser la session, préparer puis porter les sacs, allant même jusqu’à lui demander de nous lacer les chaussons et à exiger de se faire prendre en photo en T-shirt – bonnet parce qu’on est jeune et qu’on se la pête. Bruno pouvait enfin redécouvrir le site du Mas d’Auris,
en randonnant le très beau Big little man 7a (enfin… seulement depuis que le 6c+ n’existe plus…),
puis en visitant les mouvements techniques sur croutes d’Harlem delire 7b+ et ceux plus physiques du Rebelle bleu, 7b+ pour lequel j’avais pris soin de respecter l’esprit du site en éloignant le relais. J’en profitais pour prendre le temps d’essayer puis d’enchainer Délire au Harem, 7b+ aussi, la variante d’Harlem Délire , mais avec maintenant une vraie sortie esthétique sur un très joli petit pilier. Variante FA-tée il y a déjà 1 an, par l’inévitable racleur Schnappi, sans laisser le temps à mon perfo de refroidir, pour une voie majeure et incontournable, qui l’est encore plus maintenant.

Maman disait toujours "Il faut laisser le passé derrière soi si on veut avancer", c’est bien ce qu’a dû hurler François, lorsqu’il a vu son jeune padawan Iaki parfaitement négocier le jeté de travers puis la section physique sur règles du gros 7b+ d’Huile de coude à Autoire, avant de commencer à dépasser le point suivant et de soudain se mettre à gamberger : "je clippe quand même… avec l’inverse ? avec le mauvais bi ?" tout ça pour finir, dans le doute, par foirer son essai…là où pourtant, "on ne peut plus tomber".
Maman disait aussi que "la vie, c'est comme une boîte de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber". L’essentiel étant bien sur de commencer par déjà se réjouir d’avoir la chance de disposer d’une boite pleine de chocolat, pensant au plaisir de sentir fondre la couche de gianduja délicatement enrobé d’un croquant teinté d’une pointe d’amerture. C’est le travers du luxe de notre modernité, le simple fait de disposer de plus de falaises qu’il n’en faut, aurait du suffire…non conscients de cette faveur du destin, certains se mettent martel en tête pour aller déséquiper une grande voie moderne, trop proche d’itinéraires historiques, que d’autres avaient précipitamment garnie de spits et de prises taillées… Sans cautionner ni l’une ni l’autre de ces pratiques, on ne peut que s’interroger sur les motivations des deux protagonistes. Mais si ce ne sont là que les seuls arias de leur existence, on ne peut que se réjouir que rien de plus grave ne leur soit arrivé (pour les curieux, à lire ici, en choisissant la voie en long en large et en travers au rocher du midi…)
Le problème de la boite de chocolat, c’est l’opulence du choix, de la variété. De mon coté, j’ai résolument trouvé la solution, en laissant ma boulimie légendaire prendre les choses en main et engloutir d’une traite le contenu entier de la boite. Trop de choix finalement induit le doute, jusqu’à même laisser planer la suspicion, hantant les nuits des privilégiés. Comme Franck qui lit et relit les critiques, cherche le moindre avis et scrute vétilleusement les pieds du moindre grimpeur croisé à Planet Bloc. Alors que s’il n’y avait qu’eb, cela ferait déjà plus d’un mois qu’il arborerait une nouvelle paire de Wolverines, lui permettant d’exploser son niveau. Niveau qui, malgré ses sabots jaunes, se confirme à 6b bloc avec un beau combat dans le la belle envolée de Nébuchad Nezzar 6b à La Chapelle (de Rioupéroux, bien sur !!).
Idem pour Emilie, qui à force d’hésiter entre un nouveau crash pab rose et un autre aux motifs plus tendance, tarde à me léguer l’ancien, le sale, moche et rapiecé.
Tel le sésame, ce dernier m’eviterait de me démonter le coccyx, lorsque, buvant les paroles du grand Foué , "Grimper tout seul à Rioup, c’est beau", je perds tout sens des réalités. Comme ce vendredi, à l’heure où j’aurais dû être en train de frénétiquement remuer ma touillette à café pour diluer les 5 sucres indispensables pour lutter contre l’hypoglycémie post déjeuner du jeune (si, si) cadre dynamique, je me retrouvais seul, à l’ancienne, sans crash ni pareur, sous une bruinasse bretonne, et pour à peine une 1h de répit, sur le bloc de l’Oisans, au secteur Centre ville de Rioupéroux. Quelques essais pour un bonheur simple, comme celui de croquer le premier chocolat de la boite. La traversée de l’Oisans, simple peut être, mais surtout premier 6c+ bloc, long de 20 mouvements variés, entre platasses, talons, pointes et règles. Avec un crux en plein milieu, pour passer l’angle, où il m’a fallu toute la patience et la sagesse apprise de Francois pour travailler cette préhension, cette pince saisit une première fois qu’il m’a fallu retourné, coinçant la paume de la main d’un coté de l’angle et l’index et le majeur de l’autre, le tout coordonné avec une pointe salvatrice pour éviter le balan et me propulser vers la petite règle et basculer vers la partie finale moins soutenue. Pour prolonger le plaisir, laisser fondre doucement le chocolat pour que se révélent tous les arômes, je terminais par l’éternelle leçon d’humilité dans le 6c historique de La grange, où, contre toute attente je parvins à amorcer le jeté, allant même jusqu’à toucher la prise d’arrivée !!
Comme indiqué dans le préface de l’excellent recueil de recette tronant dans ma cuisine "le chocolat plonge des êtres par ailleurs normaux dans d'étranges états extatiques"…ce doit être surement pour démultiplier cet effet que j’en trimballe toujours un tablette au pied des falaises…

mercredi 20 février 2008

La théorie du chaos

C’est étrange comme une minorité peut arriver à influencer la masse, en transformant ses privilèges en véritables institutions, de manière insidieuse et sans possibilité de retour arrière. Je parle des enseignants bien sûr et de leur rythme intemporel, combinant cycle de vacances sur jours de grèves, heures sup versus 35 heures, réunions pédagogiques et congés maladie. En ce mois de février, ils lobotomisent et contraignent tous ces pauvres gens en partir massivement en transhumance, à former une file interminable de voiture sur la rocade sud, que l’on contemple avec compassion depuis la vire d’espace comboire. Embouteillage monstre qui conduit à la destruction de la couche d’ozone, à une couche de pollution qui consume à petits feux les bronches et pique les yeux des mes enfants. Routes et autoroutes sans âmes qui ont coupé nos vallées alpines, saccageant faune, flore et autochtones qui maintenant se meurent. Et pour finir tourisme de masse venu souiller et gaspiller notre neige qui à déjà tant de mal à tomber…. Merci Francky….c’est par votre faute que nous basculons lentement et irrémédiablement vers le chaos !!
Alors, malgré cette fin programmée, on tente de survivre et d’y trouver son compte. C’est ainsi, qu’à force de trésors d’inventivité, de ressources insoupçonnées et de jonglages entre nos emplois du temps, on s’organise pour garder nous enfants. En guise de gouter au parc et de balade en forêt, on se retrouve dans le champ juste derrière la falaise du petit désert. Heureux hasard et prétexte tout trouvé pour plier, entre 2 cuillères de petit pot à la fraise, quelques un des derniers 7 restants à cocher : Chèvre babylone 7a, belle envolée en rocher plus que douteux, Laisse dédé 7a+, beaucoup trop court et enfin la bouse mythique Mask 7b+ , au prix d’une méthode improbable par la droite (encore un grand merci monsieur eb pour ce talon)
Ludo et Francky ont tenté la promenade digestive en landeau en passant par espace comboire...Mais, réalisant que faire imaginer un landeau sur la vire alors que les enfants allaient en fait rester à dormir dans la voiture sur le parking, allait être plus que difficile…ils se sont repliés eux aussi vers le petit désert. Profitant de la sieste, Ludo augmente son quota de voies majeures avec Mask (lui aussi !!) tandis que francky échoue lamentablement dans le petit digestif 7a+
Pas bien loin, Chnaps, en futur destructeur de la planète toujours en vacances, et encore sans descendance, s’offre tant qu’il y aura des femmes 7c au mas d’Auris.
Bloqué dans les bouchons, Bruno fait une halte à Pierrot Beach pour randonner socquette et crispette prolongée 7b+ et jupons et grattons prolongée 7b.
Et pendant ce temps là et à l’autre bout de la France, Francois, qui pouponne lui aussi et ce, malgré son âge plus que canonique (les eb ça conserve, c'est pas pour rien que ça signifie aussi en vieux sanskrit "eternel et valeureux étalon reproducteur") torche vite fait bien fait les maniaques du baston, 8b au Céou

Et vive l’éducation nationale, véritable cavalier de l’apocalypse…décidemment vous n’avez pas un métier facile…