Pour rattraper le temps perdu, de son propre chef, il s’est mis au défis d’enchainer la bouse qu’il faut pourtant faire, au Mas d’Auris, Strapper francais, 7a+ d’un autre temps, court, explosif, désagréable, aléatoire et douloureux.
puis en visitant les mouvements techniques sur croutes d’Harlem delire 7b+ et ceux plus physiques du Rebelle bleu, 7b+ pour lequel j’avais pris soin de respecter l’esprit du site en éloignant le relais. J’en profitais pour prendre le temps d’essayer puis d’enchainer Délire au Harem, 7b+ aussi, la variante d’Harlem Délire , mais avec maintenant une vraie sortie esthétique sur un très joli petit pilier. Variante FA-tée il y a déjà 1 an, par l’inévitable racleur Schnappi, sans laisser le temps à mon perfo de refroidir, pour une voie majeure et incontournable, qui l’est encore plus maintenant.

Maman disait toujours "Il faut laisser le passé derrière soi si on veut avancer", c’est bien ce qu’a dû hurler François, lorsqu’il a vu son jeune padawan Iaki parfaitement négocier le jeté de travers puis la section physique sur règles du gros 7b+ d’Huile de coude à Autoire, avant de commencer à dépasser le point suivant et de soudain se mettre à gamberger : "je clippe quand même… avec l’inverse ? avec le mauvais bi ?" tout ça pour finir, dans le doute, par foirer son essai…là où pourtant, "on ne peut plus tomber".
Maman disait aussi que "la vie, c'est comme une boîte de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber". L’essentiel étant bien sur de commencer par déjà se réjouir d’avoir la chance de disposer d’une boite pleine de chocolat, pensant au plaisir de sentir fondre la couche de gianduja délicatement enrobé d’un croquant teinté d’une pointe d’amerture. C’est le travers du luxe de notre modernité, le simple fait de disposer de plus de falaises qu’il n’en faut, aurait du suffire…non conscients de cette faveur du destin, certains se mettent martel en tête pour aller déséquiper une grande voie moderne, trop proche d’itinéraires historiques, que d’autres avaient précipitamment garnie de spits et de prises taillées… Sans cautionner ni l’une ni l’autre de ces pratiques, on ne peut que s’interroger sur les motivations des deux protagonistes. Mais si ce ne sont là que les seuls arias de leur existence, on ne peut que se réjouir que rien de plus grave ne leur soit arrivé (pour les curieux, à lire ici, en choisissant la voie en long en large et en travers au rocher du midi…)
Le problème de la boite de chocolat, c’est l’opulence du choix, de la variété. De mon coté, j’ai résolument trouvé la solution, en laissant ma boulimie légendaire prendre les choses en main et engloutir d’une traite le contenu entier de la boite. Trop de choix finalement induit le doute, jusqu’à même laisser planer la suspicion, hantant les nuits des privilégiés. Comme Franck qui lit et relit les critiques, cherche le moindre avis et scrute vétilleusement les pieds du moindre grimpeur croisé à Planet Bloc. Alors que s’il n’y avait qu’eb, cela ferait déjà plus d’un mois qu’il arborerait une nouvelle paire de Wolverines, lui permettant d’exploser son niveau. Niveau qui, malgré ses sabots jaunes, se confirme à 6b bloc avec un beau combat dans le la belle envolée de Nébuchad Nezzar 6b à La Chapelle (de Rioupéroux, bien sur !!).
Comme indiqué dans le préface de l’excellent recueil de recette tronant dans ma cuisine "le chocolat plonge des êtres par ailleurs normaux dans d'étranges états extatiques"…ce doit être surement pour démultiplier cet effet que j’en trimballe toujours un tablette au pied des falaises…