dimanche 23 août 2009

Pou Pou Pidou

Et oui, comme quoi, c’est aussi un homme comme les autres…même si le poids des années n’a d’emprise ni sur sa soif d’ouverture de lignes incongrues, ni sur son appétit de mouvements complexes et retors, il fondra lui aussi en larmes devant les dessins artistiques de sa progéniture, marqués de l’inévitable "bon anniversaire papa que j’aime". Il n’aura pas assez de souffle pour arriver à bout du trop grand nombre de bougies présentes sur son gâteau. Et enfin, il se délectera de cette débauche de crème et de chocolat qu’on lui aura amoureusement préparée pour l’occasion. C’est sur, ça contrastera avec sa théâtrale visite à Berlin, 2 jours plus tôt. Même badigeonné de cirage noir et vêtu d’un maillot jaune et vert d’une équipe de l’autre bout du monde, j’ai reconnu sa foulée quand il explosa les chronos du 100 puis du 200m…Un FTraterrestre, vous avais-je dit…Et comme je l’avais démasqué, je chauffai discrètement tout le stade pour que résonne un Happy birthday to you dont il se souviendra…
Dans l’intimité de LaCuvette, nous avions décidé de tirer à la courte paille l’heureux élu qui devra se vêtir d’un courte robe rose, se faire teindre en blonde et s’injecter du botox dans les lèvres pour se dissimuler dans son gâteau d’anniversaire et entonner le célèbre : Happy birthday mister FTresident….happy birthday to you…
Concernant le cadeau. Nous avions pensé à une jolie corde neuve de sa couleur préférée mais c’est sans compter qu’il ne grimpe qu’avec des reliquats usés jusqu’à l’âme.

On aurait pu opter pour une paires de eb, marquée de la griffe de Lacuvette et ayant été portée par un maître sumo dans un 8 dalleux des Lames, mais il ne jure maintenant plus que par les Hellboys.
Une Ray’s canne ? Mais le bougre ne connait pas de voies trop engagée pour lui. Un T-shirt à l’effigie de LaCuvette ? Mais la graphiste, que je paye pourtant grassement à coup de lance pierre, tarde à peaufiner les derniers détails du logo. Une photo dédicacée de Lacuvette, une valeur sur qui ne peut décevoir.
Un Schnappi dans un 6a du Glesy ? Si, si un 6a…mais avant de triple marcher avec Jean-Yves le 7b+ du sac à dos volant, sans les mains, prétextant un doigt opéré et douloureux. Mais je soupçonne la supercherie, destinée à attendrir une kiné. Je ne serai pas surpris de les surprendre, entre deux massages tripoteux et langoureux d’un de ses membres les plus utiles mais ayant perdu de sa superbe, sous couvert de soi-disant rééducation, à écumer tendrement ensemble quelques 5sup locaux.
Pour revenir à la photo, un Franck, dans la même voie ?Ou mieux encore, une rareté, un phénomène inexpliqué et inexplicable que ne s’est reproduit qu’une seule fois en 30 ans. Et comme je suis toujours là où il faut, j’ai pu le figer sur papier glacé : un Yves à Lolette, tour à tour dans Phacochérisation Express 7a

et Patagroniasse 7a+,tous deux à la mesure du physique de la bête.
Dans son sillage, Sylvain, tout excité par cette anomalie cuvettarde, s’est senti pousser des ailes pour enchainer le court et joli Bar Tabac 7b. Comme je suis solidaire avec Oliv, entre 2 photos de l’évènement, je ratai de peu la très physique Femelle Vibram 7c+, rien que pour le plaisir de revenir l'assurer dans le Retour à la case départ, le 7c voisin. Concernant la photo, à bien y réfléchir, plutôt qu’un cuvettard pétras et mal dégrossi, il se pourrait qu'il soir plus sensible aux traits d'une Emilie ? Tout bien réfléchi, il nous faut abandonner l’idée de la dédicace. Notre illettrisme ajouté à la finesse de nos propos ne pourront jamais être à la hauteur de notre FTrésirent.
Finalement, après de nombreuses nuits agitées sans sommeil, je trouvai enfin comment le surprendre : à ma prochaine venue dans le Lot, j’équipe une connexion entre 2 de ses voies bouseuses encore non-répétées, pour en faire un bijou local. Je FA-te la dite ligne et m’arrange pour que l’info lui parvienne via une scorecard 8a.nul !!!
Quoi qu’il en soit, comme tes parents et ta famille, toute LaCuvette est fière du chemin que tu as parcouru, de l’empreinte que tu as laissée. Comme toi, à 16ans, nous étions pleins de fougue, d’idéal. Rien ne pouvait nous arrêter. Que dieu te garde de finir comme nous, en vieux cuvettards frustrés, aigris et intolérants….Bon anniversaire François !!!!!

jeudi 13 août 2009

I'll be back (re)

Je me souvenais de cette chaleur écrasante, de ces collines s’étendant à perte de vue, à l’allure de landes brulées par le soleil. L’immense plateau calcaire semblait même dépasser l’horizon. Il n’était parsemé que de quelques arbres. Des rescapés des temps anciens, dans une zone désertique, hostile à la moindre étincelle de vie. Pour m’y retrouver parmi ce dédale de pierres chaudes et roussies, j’avais marqué un étroit chemin, en entassant quelques cailloux sur l’embranchement à prendre, lorsque plusieurs options étaient possibles et qu’un doute pouvait subsister. J’avançais péniblement sous l’intensité des rayons du soleil, prenant soin de me réhydrater régulièrement. Il me fallait faire suffisamment vite pour ne pas succomber à cette fournaise tout en veillant à ne pas m’épuiser avant d’avoir atteint le passage. Lors de ma 3eme halte je reconnu les marches sculptées à même la roche. Elles signifiaient le début de la descente vers cet univers parallèle. Juste qu’ici, rien en surface ne pouvait laisser transparaitre une quelconque activité humaine. La première fois, ce sont ces premières traces qui m’avaient mis la puce à l’oreille. Au bout de quelques mètres seulement, elles s’ouvraient sur le passage, une faille étroite, une entaille de géant dans les entrailles de la terre. En plongeant derrière une ultime dernière dalle, je basculai dans un autre monde. Je la retrouvai alors, intacte. La colonie était toujours là, installée surement à l’identique depuis des générations.
Le FTerminator trônait au centre du gouffre de Roc de Cor. De nouveau, je ne pus contenir mon admiration :
- Oh la vache ! Ne le prends surtout pas mal, mais tu es un FTerminator, pas vrai ?
- Oui. Système Cyberdyne, modèle 101.- Oh non. Oh la vache ... T’es réellement réel ! Je veux dire ... T’es comme une machine en dessous, n’est ce pas ? Mais comme vivant à l’extérieur.
- Je suis un organisme cybernétique. Un endosquelette de métal sous du tissus charnel
Puisant sa force dans ses plus profonds instincts primitifs, l’œil injecté de sang, il extermina ses 500, 501 puis 502emes voies dans le 8ème degré...presqu'aussi bien que les plus de 850 notre dieu cuvettard Ludo !!! 3 dernières victimes sans point commun, si ce n’est d’être coté 8a, pour leur plus grand malheur. La première, Les idées juteuses avaient tété, n’était qu’une connexion entre les 2 pas de bloc hargneux de 2 lignes encore vierges de toutes répétitions.
Dans ce même mur à règlettes acérées et aux placements subtils, je fis discrètement la belle dalle d’Antirouille, le 7c voisin. La seconde, de l’autre coté du gouffre, Si tu vas à Rio, n’oublie pas de tomber la haut, avait les traits d’une grande envolée en rocher lichéneux. Une belle robe blanche qui ne devait pas avoir connu la caresse d’une main depuis plus d’une dizaine d’années. Et enfin, la dernière, l’escargot multicolore, offrait un bon pas bloc, sur mauvaises verticales pour remonter une fine colo grise, qui, malgré mes assauts répétés resta hors de ma portée. En partageant le quotidien de la tribu, je n’allais pas tarder à découvrir quelques travers chez ce FTerminator. Je l’observai dans Wallace et Gromit, pourtant simple 7b+, au profil similaire à Si tu vas à Rio : le même départ suivi d’une zone un peu engagée ou il faut louvoyer entre surplombs, fissures et dièdre pour venir buter sur un sacré pas de bloc où précision et détermination feront la différence. Contre toute attente, je le vis amorcer ce dernier mouvement, s’élancer de toute sa grâce…avant de choir comme un simple mortel, plongeant vers le nadir alors qu’on l’attendait au zénith. Il balançait hagard au bout de sa corde, le regard vide et la queue basse. Animé de la curiosité de l’anthropologue, je chaussai mes eb et me lançai sur ses traces…Je me retrouvai alors au bord du déchirement musculaire dans les premiers blocages du bas, puis, guère plus haut, tremblant de tout mon être, au dessus du point, en grand écart, les pieds de chaque coté d’une arête effilée, j’ai craint un instant ne jamais plus pouvoir être père…. Quelques mètres plus haut, glissant sur des gros plats poisseux je commençai à avoir du mal à respirer, avec déjà 25m de grimpe, je frisai l’étiolement…toujours en vie, j’atteins enfin le crux final…mais là, mes forces m’abandonnèrent, ma fierté disparut, tandis que l’apoplexie me gagnait…et je fus bien incapable de serrer ces deux satanées prises…Plus tard, lorsque que je l’entendis geindre en fermant le bras pour jeter dans le bac final du 7c de la petite grotte, je compris qu’il me faudrait alors passer mon chemin. J’inversai alors les rôles dans Free Spirit, l’autre 7b+ du secteur. Encore un long mur blanc dont la propreté n’aurait rien à envier à une la chambre d’étudiant, celle de Schnappi par exemple, en fin d’année scolaire, après les dernières beuveries de fin d’examens. J’enchainai dignement ces 25m de continuité, bravant lichens, araignées, poussière et végétation diverse et variée. Je tendis alors la corde au FTerminator. Piqué dans son orgueil, je le vis alors littéralement survoler la voie, en apesanteur, dépassant même le relais sans s’en rendre compte…il renouvela la démonstration dans le 7c+ de droite, Syrinx, usurpant même son nom d’origine, avec une section particulièrement engagée au niveau du crux qui occasionna de grosses frayeurs…à l’assureur uniquement, par crainte de mourir écrasé…En grand seigneur, il eut une pensée pour les futurs répétiteur et déposa une rallonge à faire pâlir plus d’un Schnappi. Pour ne pas m’arrêter en si bon chemin, je tentai de lui piquer une FA en dégotant une connexion évidente en plein centre du mur. Mais là encore, mon audace ne fut pas récompensée…
Le reste de la colonie ne semblait pas troublée par notre manège. Elle s’était habituée à mes allées et venues. Chacun avait sa place, contribuant à une sorte d’équilibre parfait. J’entendais de temps à autres, des rires euphoriques ou des râles de désespoir suivant que les voies étaient on non enchainées. Je passai quelques instants avec l’érudit rudiste Michel, à l’allure frêle et à l’œil malicieux. J'étais sur que ce personnage avec du inspirer le maitre Yoda de Star Wars. Je décelai ce même malin plaisir à mimer une démarche penaude et fragile, avant de poser maladroitement sa canne et se métamorphoser alors en acrobate virtuose jouant de la gravité, dans Diana, un étonnant et varié 7c. Une ligne pure traversant un immense toit avant d’en franchir esthétiquement la lèvre par le coté gauche, un talon au dessus de la tête. Un véritable appel à la grimpe auquel je succombai.Je remarquai aussi Iaki, le broyeur de règles qui peut aussi broyer du noir, puis Soso, l’amazone aux doigts de fée, chevauchant le 7b de Chasses subtiles avec ce soi-disant tri doigt dans lequel je n’ai réussi à bourrer que la première phalange de mon majeur, ainsi que beaucoup d’autres …Cyril, Flo, Matthieux, Fred, Nico, Clément, Elia….une sorte de grande famille, riche en couleur, avec ses joies et ses peines….
Il était 19h52, le 12 Aout 2009, j’émergeai enfin de l’antre du royaume de Roc de Cor, les cheveux plein de toiles d’araignées, les genoux meurtris par moultes tentatives de coincement, les avant bras occis pour le redoutable mur à plats lichéneux de droite, la boite à croix bien remplie, un autographe du FT en personne et surtout la satisfaction d’avoir partager quelques instants privilégiés avec tous ces autochtones. ( photos souvenir ici).
Et il est maintenant l’heure de retrouver le monde civilisé de LaCuvette

dimanche 2 août 2009

I'll be back

- Yush, Maitre Yush ?
- Je suis là pour te sauver. Force d'intervention, Matricule 38 416, chargé de ta protection. Tu es la cible du FTerminator.
- Pourquoi moi ? J'ai rien fait !
- Non mais tu vas le faire, et de ta vie dépend notre avenir.
- Je ne comprends rien... Mais comment ce type peut-il se relever vous l'avez tué !
- Ce n'est pas un homme, c'est une machine. Le FTerminator, créature cybernétique modèle 001.
- Une machine ?! Comme un robot ?
- Pas un robot. Un cyborg. Cybernétique micro organisme.
- Le FTerminator veux tout tuer ! Rien ne peut pas lui échapper : il est programmé pour ça ! Il ne connaît pas la pitié, ni les remords, ni la peur ! Et rien au monde ne peut l'arrêter ! Personne ! Il est ici pour tout tuer !
Une sorte de rêve prémonitoire…Mais lorsque je ferme les yeux, j’entends encore sa voix sourde et grave : "je vais tout exploser, j’arrive à ma 500ème voie dans le 8 eme degré…". Il avait juré de m’attendre pour l’extermination finale, que je puisse être témoin du carnage, de la déflagration jubilatoire et communicative qui s’en suivrait. 15 jours d’attente, juste le temps de retrouver les quelques cuvettards encore présents dans leur fief caniculaire, histoire de m’assurer de leurs bonnes formes physique et mentale.
"I’ll be back", à coup sur, encore et encore, sur la vire d’Espace Comboire surtout maintenant que Jean-Yves s’est laissé envouter par le charme des certaines lignes comme il n’en n’existe pas ailleurs : L’homérique l’arme à l’œil 7b, puis l’ineffable Poulpe Glaireux 7b+ dont la légende hante et hantera encore longtemps les nuits des petits cuvettards.

Avec GrandLudo ils se sont attelés à un chantier majeur avec l’inénarrable mythe qu’est Nulle part et ailleurs, 7c. Un premier mouvement physique pour se mettre dans l’ambiance avant de s’engager dans une longue section rési sur prises moyennes pour enfin passer le point de non retour et basculer sur une fin en dalle, technique et rusée qu’il faudra aborder serein et en pleine possession de ses moyens. Le tout au plein centre de l’historique vire qui domine les rumeurs de la ville et fait face aux lumières du soir colorant l’horizon montagneux, dominé au loin par le Mont Blanc. De quoi s’occuper encore quelques séances, en espérant peut-être un jour, pouvoir enfin clipper la chaîne, l’esprit libre, le cœur ému et l’âme apaisé , d’un des vrais 8a du lieu, Sidi'h Bibi, Viva Zappata, Interdit aux chiens ou Désirs exacerbés.
Après avoir raccroché leur vélo et boucler les 3500km du tour de France, Yves et Bruno, profitent de la forme du moment. Même leur urine présente des signes qui ne trompent pas, les quelques cercles de terre brulés et radioactifs au pied des Ecouges en témoignent encore. Bruno enchaine le très beau et varié Pas lisse de justesse, 7b+ alors que quelques mois plus tôt le pas de bloc médian lui paraissait impossible. Convaincu de sa nouvelle force, il s’est même frotté au test de force et d’équilibre qu’est Bartasse Salvation, autre 7b+ incontournable du lieu…aux antipodes du style que lui réussit d’habitude !!. Quant à Yves, ils poursuit son travail de volume, en empilant les longueurs…mais sans les enchainer…. avec tout ce qui traine dans les 7a/7b, sous l’œil amusé d’un Bertrand qui s’applique à titiller son ego en se faisant un honneur à tomber systématiquement une prise plus haut que son illustre ainé. "I'll be back"….c’est ce que je compris du sourire en coin d’Oliv, après avoir gouté aux 10 mouvements physiques de Retour à la case départ. Vraisemblablement son futur 1er 7c, une gestuelle qui l’a toujours fait rêver…Je tracte, sans les pieds, en vociférant comme un porc éventré. Dans le même style, mais sans le coté porcin, GrandLudo vient à bout de la bête avec un beau jeté du désespoir sur le relais. Effrayé par tant de bruit, Luca préféra s’est réfugié sur les murs à trous et croutes du fond, pour une reprise non sans difficulté, dans Bar tabac et Flopinette, les 2 jolis 7b locaux. Mais attention Oliv, il faudra se dépêcher…maintenant que je suis enfin venu à bout des 14 mouvements, dont le salvateur coincement de pointe de Touche grigri le 8a de la falaise…il ne me restera plus qu’à cocher Femelle vibram, le 7c+ bloc et retord pour que je mette un terme à de nombreuses années histoire d’amour avec cette falaise atypique !!
Et pour finir, des nouvelles de deux jeunes athlètes formés à la redoutable école Lacuvette. Victime de doigts douloureux, ils préparent leur retour. Tandis que Schnappi réussit quelques 5sup et 6a du coté du Glesy, Charlie reprend confiance en enchainant Attention on vous regarde, 8b+ physique et majeur de Saint Antonin. Il lorgne maintenant sur un pur projet, la suite du 8a+ du signal des corbeaux, une dalle immonde, vierge de toute répétition depuis sa première réalisation, il y a maintenant 20ans par un certain Didier Raboutou….
Le Sud Ouest…encore ? …Terre d’accueil pour cuvettards en vadrouille et lieux de repos de quadra discrets dont le carnet de croix ferait pâlir toute une génération des jeunes mutants ?

vendredi 17 juillet 2009

Rencontre du 3ème type

Il m’arrive, encore aujourd’hui, de me surprendre le regard perdu dans l’immensité scintillante d’une chaude nuit d’été, scrutant la voute céleste à la recherche d’un mouvement, d’un signe, quelque part dans une des constellations dont le nom à lui seul est déjà un appel à rêver. Entre des Actarus, Cassiopée et autres Orion, je me revoyais avec une corne en carton vissée sur la tête à hurler des fulguropoings et des cornofulgures, à imaginer triompher de tous ces golgoths sortis de l’infini.
Mais c’est quand on s’y attend le moins…Je revenais tranquillement de la plage, mon bob Ricard, ma glacière et mon parasol sous un bras, ma board, ma wax et ma perruque cheveux longs blonds décolorés par le sel de l’autre, que je crus apercevoir, au loin derrière la dune, une silhouette rappelant étrangement les formes d’un musculeux cuvettard. Je m’approchai avec discrétion et curiosité pour surprendre, à plus de 10000 milles lieues d’Espace Comboire, les orteils plein de sable, un Oliv en train d’enchainer une bonne centaine de tractions sur une barre de fortune, à l’ombre des pins. Me voilà rassuré sur les vacances studieuses et appliquées de Lacuvette, entre Oliv et ses séries, Jean-Yves qui s’est offert son Star Wars et ses fameux effets spéciaux pour en faire un 8a, Martin, qui plie vite fait bien fait le balai aquatique, 7c+ de La plage et Lost Higway to hell le joli dièdre technique en 8a de la petite DJ, Sylvain qui selon les sources aurait plus ou moins enchainé une de ses trop nombreuses blacklists, Etat d’arrestation 7b à Espace Comboire, Ludo qui rêve de KGB, the 7c+ d’Espace….et Schnappi qui, en plein cure d’amaigrissement, a tenté de se couper un doigt au couteau pour encore s’alléger de quelques grammes. Pas les doigts Schnappi, ça peut servir pour grimper…et n’écoute pas les mauvaises langues qui auraient rajouté : ‘’mais les couil*** oui. Vu la taille de tes rallonges, c’est sur qu’elles ne te servent à rien !!’’
Quelques jours plus tard, quelque part en pays Lotois où je n’étais venu que pour jouir d’un repos mérité et de quelques gastronomies renommées….Le lieu était étrange, propice à de rencontres insolites. Une sorte de zone 51 perdue sur le Causse aride et désert. Je descendis le long d’une rivière asséchée, creusée de vasques et aux pierres géométriquement polies par des millénaires de ruissellement. Subitement, je tombai sur un cratère immense, une sorte de bouche géante arrachée à ce paysage vallonné et tranquille. Je continuai à explorer l’effondrement, descendant dans l’antre du gouffre, dans une atmosphère lourde et moite, presque équatoriale. Je tombai stupéfait devant une espèce de 7ème continent, une sorte de Jurassik Park lotois sur les rebords duquel je parvins à distinguer quelques spits sur un mur surplombant, assez court et truffé de trous et de colonnes. Je sortis mon attirail et entrepris une montée dans Montezuma, une sorte de star wars local au niveau de la cotation, 8a. C’est là que je les vis accourir, sortant de nulle part. Ils tenaient des propos incohérents et incompréhensibles tels que "vas y cale un genou, tu pourras te refaire en lâchant les mains", "rentre une grosse lolotte et tu arriveras à tenir la pince"… Surpris, et tout de même un peu apeuré, je gardai la tête haute et me risquai simplement à bourinner comme je le fais depuis trop longtemps, bien de face sur la pince, à placer ou plutôt bourrer le pied dans la mousse au dessus de la stalactite, puis à oser le dernier jeté sous la chaine sans les inters mais et avec un parfait "tout qui part en vrac". Je clippai alors proprement la chaine, fier de mon enchainement, espérant m’assurer ainsi de la sympathie de ces aliens locaux, mi pantois, mi terrifiés, comme ils l’auraient été devant une grosse méduse flasque surfant nonchalamment sur la lèvre d’une vague ou devant un escargot scotché sur un feu d’artifice du 14 Juillet. Je me confondis en politesse en tapant plus d’une dizaine d’essais dans un 7c+ voisin, Angkor, jusqu'à parvenir à sidérer cette drôle d’assemblée avec un jeté de talon eb au dessus de la tête suivi des relances dynamiques et désespérées sur des non-prises jusqu’à atteindre le bac final. Mais ce fut en leur apprenant quelques rudiments modernes, comme fabriquer un ersatz de Ray’s telescoperche avec les moyens du bord que je les sentis enfin prêts. Je passai du stade de l’étonnement à celui de la première tentative de communication. Je découvrais alors une galerie d’enragés fanatiques et extravagants. Parmis eux, François, l’FTra-terrestre parmi les extra-terrestres, avec un grand F. Une espèce de mi dieu, mi homme vénéré, craint et respecté de tous. La meute ne comptant que des mâles, j’osai à peine imaginer les supplices qu’il leur inflige lorsqu' il ne torche son 8a quotidien. Heureusement il y eut Ligne de vie, un ex 7c+ aux prises cassées de cet étonnant site sous terrain du Roc de cor, puis Syphose of Fannyce qui porte son compteur à presque 500 voies dans le 8eme degrés, glanées au grès d’une vingtaine d’années de perdition dans les falaises de France et de Navarre.
Mon regard fut irrésistiblement attiré par une autre silhouette, un corps affiné, sculptural, et épilé, répondant au nom de Iaki. Indéniablement le plus fort non octogradiste de l’univers, tant il parvient à serrer des prises que le commun des mortels n’oserait ne serait-ce qu’effleurer. Même dans Ca mord comme l’acier, un nom qui ne veut rien dire pour un astucieux 7a+ d’Autoire, il me dicta des méthodes d’une autre planète, avec des règles que je parvenais à peine à discerner. Une force qui lui permet de jeter…toujours… statique, comme dans le crux de la sublime création divine de FT, L’instrument des puissants, un 7b+ technique du Roc de Cor, un joyau en dalle comme on aimerait en trouver plus souvent
Il y avait Michel, l’érudit quinquagénaire qui grimpe comme il vit, avec générosité, recul et sagesse d’une longue expérience, doublée de second degré et d’un sérieux farceur. Avec plusieurs 8 à son actif, arrivé à la grimpe surement par hasard et curiosité, il me conforte dans l’idée qu’il faudra botter le c** de nos cuvettards quinquas et plus, Bruno et Yves, pour en faire autant !! Derrière lui, Cyril l’accompagnait, une force tranquille lancée à ses trousses, buvant ses paroles et ses méthodes pour tenter de faire aussi bien et d’enchainer le très forçu et à bidouilles, Révélation Tranquille 8a. L’avant dernier de la tribu, JP, me rappela un certain Raymond, non pas pour son génie créatif, à l’origine de la Ray’s telescoperche, mais parce que lui aussi, était déjà là il y a 50 ans. Et qu’on aurait aujourd’hui, du mal à refaire certains 5sup de l’époque !!
Enfin, discret, caché derrière les autres, il y avait Clément, en pleine force de l’âge. Je sentis en lui le potentiel futur mâle dominant, encore tapis dans l’ombre du maître FT et décortiquant toutes les méthodes du très esthétique Syphose, 8a intense et visiblement très rési. Fort de cette rencontre, je récupérai quelques images, pour témoigner au reste du monde de l’existence de cette faune singulière
A toute cette tribu mal dégrossie, touchante et attachante, merci encore d’avoir bien voulu ouvrir votre caverne, aux antidotes de la grimpe urbaine, bruyante, viciée et hostile de Lacuvette. Laissez la porte ouverte…car je poursuivrai mes explorations dès début Aout prochain !!
Je commence à douter, comme si la grimpe était plutôt une histoire de rencontre, de partage…bah non, impossible. Pour bien penser, il faut n’aimer personne. Avant les emmerdes, Dieu était seul… et puis c’est vrai moi, j’aime pas les gens…

jeudi 2 juillet 2009

L'opportuniste

Il y a toujours un bon coté. Alors qu’il y en a qui conteste, qui revendique et qui proteste, moi je ne fais qu'un seul geste, je retourne ma veste…toujours du bon côté.
Alors que le week-end aurait pu se résumer à jouer la nounou, Martin eut la brillante idée de choisir la Pierre Chambertin pour faire office de garderie. Il est vrai que l’ampleur des lignes n’a guère convaincu Bruno et Yves. Même si après coup, ils peuvent regretter leur courageuse initiative dans le mur jaune redoutable et complexe de Diamant Cutter, le 7a+ d’un secteur excentré de Crossey 3. Dans le même temps Martin, lui empilait les croix à commencer par Star Wars, the 8a of the PCB, voir de Lacuvette tant il est décrié, tout en attirant les convoitises de nombre d’aspirants octogradistes. Puisque Kaiko est aussi dans ta besace, il ne te manque plus que Sale lierre dur aux Saillants pour clore la trilogie de prétendus 8a de LaCuvette !! …Vint ensuite le tour de Super Kakou, le 7c de droite qui mérite amplement plus le détour, tout aussi dur, avec de jolies règles qu’il faudra serrer bien fort. La curiosité de cette falaise réside dans ses voies si bien individualisées. En raclant les derniers 7 restants, je me retrouvais à faire les premiers mouvements de la voie de gauche, de terminer avec ceux de celle droite…tout en clippant les points de celle du milieu. A ce petit jeu, je frisais de peu, guère plus de 30cm, mon premier 8b, Hard ligne Jaune, dont je clippais quelques points et serrais plusieurs prises…mais l’éthique des cuvettards de la première heure me rattrapa, j’évitais la fourberie et admettais que je dus plutôt faire Hemingway, le 7b+ à peine plus à gauche…
Puisqu’on parle de week-end en famille, on se retrouva avec GrandLudo et Oliv et les enfants dans le cirque paisible de Flowstone Paradise, la cours de Chaos, à Rioupéroux. L’idée était bien sur d’aller fouler les règles du 7a de référence du secteur, Fight Club. Outre la surprise de retrouver une espèce de revêtement grisâtre surnaturel sur les règles du départ, Ludo se délecta avec bonheur de ces préhensions qui ont toujours eu sa préférence. Mais le jeté final, d’un style beaucoup plus sumo-esque ne se sera pas laissé faire…On finit par se rabattre sur une œuvre qui fit la fierté de notre ouvreur génie visionnaire Phildar, les rivières pourpres, un autre 7a sur un bloc isolé. Quelques montées pour trouver des sensations et caler les pieds puis Ludo nous trouva un petit déhanchement subtil permettant de ramener la main gauche sur une mauvaise pente, laissant juste le temps de jeter sur la prise finale. Un instant de grâce, une démonstration parfaite dans son premier 7a, suivi de la traditionnelle émulation, avec l’enchainement de Rémi et du mien. Et pour finir, la longue traversée de la Marelle nous narguait depuis le début de la séance. Et même si pour les puristes ça n’a plus rien à voir avec du bloc, je m’acharnais à trouver une méthode pour le crux final, puisais dans mes ressources de lactacte refoulé et parvenais à réaliser l’intégrale, soit, moi aussi, mon premier 7a+ !!
Grisé par la réussite et alors que mon boss fêtait son départ en vacances, ainsi que son départ tout court, je profitais de mon dernier jour dans Lacuvette pour discrètement m’éclipser et retourner à Rioup, secteur de la plaque commémorative. Un bloc un peu haut, encore des règles à serrer, quelques jetés plus tard, et une bonne frayeur à la clé, tout seul bien au dessus de mon crash que j’aurais eu du mal à viser en cas de chute, je sortis la belle ligne de gauche, juste avant le pilier, qui devrait surement flirter elle aussi avec les 7a/7a+ !!
Alors que Sylvain refusait bizarrement toutes ces opportunités, même celle de mardi dernier au Glésy, nous eûmes, avec Oliv, le plaisir de croiser le maître des lieux, Luca, accompagné de l’autre Phoenix de Planete Bloc, Nico… Au volant d’une jolie camionnette décorée d’un grand M jaune sur fond rouge, les mains encore toutes grasses de frittes. Maintenant astreint à des horaires normaux tel un cuvettard pressé, il nous fit étalage de son style et de sa marge dans Les croisades, sympathique 7b+ d’echauff…n’est pas Oliv ??... puis au 2eme essai, quand même, dans Lolet it 7c, après la démo du sumo et de sa méthode du jeté désespéré et de la reculée d’anthologie… avant de faire preuve de tact en évitant de torcher flash l’ex 8a un peu bloc, Stall Act It. Ex, car sinon… jamais Luca n’aurait eut la moindre chance de l’enchainer !! C’est vrai qu’avec ses méthodes bizarres, comme ce talon au dessus des oreilles dans Lolet it be, on est en droit de se poser des questions…
En période austère, entre chômage technique et spectre de chaos économique, rien de tel que la perspective des vacances…Juste le temps de régler son compte au Palais de justice, le 7c majeur des Ecouges, avant de coincer discrètement entre les bouées, le body board et les serviettes, mon baudard et mes eb, et nous voilà partis sur les routes….qui devraient, comme par enchantement, passer par Autoire et croiser les heros d’une prochaine super production escaladistique, Iaki le terrible et FT l'eftra-terrestre…