dimanche 14 septembre 2008

L'enfer c'est...

C’est Ludo, notre hyper actif du perfo d’ici et d’ailleurs, qui avait déjà suscité quelques réflexions sur le sujet, lançant un caillou dans la mare de la toute petite communauté des équipeurs locaux. Prétextant l’équipement d’un dièdre particulièrement technique, dans un des temples Vertacos mondains, l’Auberge Espagnole, il fomenta tout ce petit monde en baptisant sa création L’enfer c’est les autres, qu’il proposa justement à 7c. Si déjà, au sein d’un petit groupe partageant la même passion, tensions et dissensions divisent et opposent, que devrait-il en être si l’on se prend à extrapoler plus largement ? Au boulot par exemple, c’est ce qui expliquerait pourquoi je reporte régulièrement à mon patron que l’inconvénient majeur dans un projet, c’est d’avoir des collaborateurs, et encore pire si on n’a pas eu l’opportunité de les choisir. Si maintenant on se place à l’échelle d’une société, on ne pourra que constater l’ampleur des dégâts, les ravages de cette évidence : l’enfer c’est bien les autres, tous ces conn… qui nous emmer…. à longueur de journée, ces fardeaux vivants nocifs, ces parasites dont l’inutilité ne fait plus de doute, ces faix oiseux, néfastes au bien être de leur semblables. Oliv s’en exaspère aussi, lorsqu’il affirme avec aplomb qu’il a passé l’âge de faire des concessions, et que de simplement ne plus penser qu’à soi préservera assurément son estomac de tout ulcère. La tolérance n’est qu’un luxe délétère puisqu’elle finit par nous faire accepter de tolérer l’intolérable. La fraternité, droit de tous les hommes ? Mon cul oui… sauf peut-être en période difficile ou, de l’instinct primitif de survie, peut naître un semblant de conscience collective. Et qu’est ce qu’est censée m’apporter cette vaste fumisterie que certains appelle solidarité ? Pour l’instant le privilège de voir taxer mon déjà faible intéressement, durement gagné à la sueur de mon front, ainsi que les intérêts des maigres économies que je comptais pouvoir un jour léguer à mes enfants. Le seul tracas de l’humanité, la cause des tous les fléaux et la raison de notre perte programmée, c’est bien les autres, en particulier ces pauvres conn… qui n’ont rien eu d’autre à foutre de leur vendredi que de vandaliser mon humble demeure. L’unique point positif est de déclarer à Monsieur eb le vol de ma dernière paire de Volwerine, et que sans remplacement rapide je serai contraint de rechausser d’autres chaussons, ceux d’un beau jaune typique au look de rital…
Pour être tranquilles, ne croiser personne et profiter égoïstement d’une falaise pour nous tout seul, rien de mieux que le mur de l’Angoisse, aux Vouillants, un samedi matin à 8h, sous des pluies diluviennes, et avec une température n’atteignant même pas les 10 degrés.

Pendant que le reste des grimpeurs devait se masser au chaud à Planète Bloc, nous jouissions du plaisir de nous retrouver, loin de l’enfer des autres, et de partager d’intenses moments :
dans La croix et la manière, 7c+ incompréhensible et interminable et dans un nouveau 7a de la partie droite (un grand merci à l'ECI, à son président actif et dévoué ainsi qu'à son compère Claude pour avoir réhabilité cette partie de la falaise désaffectée depuis des lustres !!) pour Grandludo ; dans Le devers tue, 7b retord, exigeant et à l’équipement d’un autre temps pour Sylvain; dans Tol Story, l’impressionnant et très formateur à la grimpe en tête 6c(+?) striant le milieu du mur pour Oliv, qui grimpe sans faire de concession ;
et dans le sur-physique mais superbe 8a de la Contrition Humaine pour ma pomme. Contrition dont je n’ai plus que faire puisque je ne connais plus le repentir et je n’aurais jamais plus rien à confesser. J’en suis maintenant pleinement convaincu, définitivement l’enfer ce n’est que les autres...Et comme le prodiguait il y a déjà près de 30 ans, 4 jeunes cheveulus tout de noir vêtus, qui, sans le savoir allaient ecrire une page de l'histoire métal''ique'', kill'em all... et accessoirement 7b (7c+ version directe) haineux à Espace 2000.

dimanche 7 septembre 2008

I have a dream

Comme le déclarait publiquement le roi Luther, "bien que nous devions faire face aux difficultés d'aujourd'hui et de demain, j'ai tout de même un rêve". Ces rêves, pour peu qu’ils restent accessibles, donnent un sens à nos existences futiles, une bouffée d’air à notre morne quotidien. Alors que nos vies défilent plus vite que nous ne pouvons les remplir, il arrive parfois que le temps s’arrête et que se figent quelques instants de grâce. Quelques secondes d’ataraxie, parce qu’à l’image de Jean Jacques…non… pas le roi des dalles de LaCuvette….l’autre…"j’irais au bout de mes rêves".
Cela faisait des années de je passais humblement devant cette ligne, cette grosse colonne grise plate semblant tombée du ciel. La rumeur l’avait affublé du "pfff, laisse tomber, c’est vraiment dur", les quelques rares ayant oser l’affronter racontaient encore aux quatres coins de LaCuvette que la belle ne se laissait pas facilement dompter et n’ont de cesse d’exacerber l’énergie qu’ils y ont laissée. Il y a quelque mois encore, j’avais osé y poser mes mains, mais sans pouvoir me saisir de ses rondeurs, ni tirer partie des ses jolies formes. Elle demeurait un rêve, hors d’atteinte, ,une chasse gardée pour de plus musculeux que moi…et puis… comme par enchantement... Serait-ce l’enseignement de Maitre Francois à Autoire, l’élixir miraculeux de Rioupéroux ou la torture infligée par les créations délicates mais scabreuses de Nico le PB Master ?
Accompagnant Ludo, Sylvain et Jean-Yves pour une soirée sur la première des vires, j’étais sans le savoir en route pour enfin la conquérir : Je t’aime... moi non plus, sévère 7c, d’Espace Comboire…il a fallu toute la puissance des talons de ma vielle paire de eb (qui ne demande pourtant qu’à être remplacée…), une solide dose d’imagination et de conviction pour ce double talon qui permet de tenir ces colonnes et ces plats en compression, jusqu’à la règle finale…sans oublier ce dernier mouvement, ces picots douloureux à saisir en plein vol dans l’ultime mouvement dynamique, sous la chaîne.
Pour se repaitre de ses chimères, Ludo enchainait son premier vrai 7b à vue sur la même vire, Etat d’arrestation avec ses deux mouvements retords qui hantent encore les pires cauchemards de Sylvain. Le voila en route pour une prochaine tentative dans le fameux, le plus que redouté 7b étalon de Lacuvette, L’arme à l’œil…en cas de réussite, il est assuré de rentrer dans les anales des belles perfs de la falaise.

De son coté, Schnappi de nouveau étudiant (..attention, passée la trentaine, ça devient louche…) a du délaisser la culture et les amphis pour lui aussi réaliser un de ses plus vieux rêves : cocher la première de l’intégrale d’une falaise mythique, à l’ampleur démesurée et préservée de travers des prises taillées. C’est également chose faite, comme son rival de toujours dans la quête de la pire bouse, Phildar, puisqu’ils se sont envoyés l’intégrale du secret spot des Brieux. en réalisant la petite dernière, Reality Show, 7c explosif aux prises explosées. Respect messieurs…les connaisseurs apprécieront la perf à sa juste valeur…mais ne se bousculerons surement pas au portillon pour réitérer l'exploit....
Yves a du attendre 65 printemps pour assouvir sa soif d’oisiveté, et enfin profiter d’une retraire bien méritée. Même si l’excitation le fait se disperser et s’éparpiller, il nous a fait le plaisir de se joindre à nous, lors de notre seconde visite à la petite falaise de St Aupre. Encore merci pour ces si beaux essais dans Dulferugineuse 6c et Etron commun 7a

Oliv songe à ce même Etron en guise de premier 7a, mais s’épuise bien avant la chaîne, malgré toute l’ardeur de nos encouragement. Bertrand se déleste du même Etron, tout comme Jean-Yves qui en fera de même avec Crispette un bon coup, 7b bien court mais très intense sur le haut.

Juste avant la pluie, je les imitais dans le surplomb typé bloc (merci PB Master !) et le beau mur gris à croutes d’UF Bouse 7c.
Quant à notre PB master, lui qui aspirait ce jeudi à un contest réussi, il faut comblé par la foule venue en masse, avec en tête de file Sunny et sa tribu qui furent les premiers à cocher ces 40 nouveaux blocs.
J’avais...nous avions...des rêves. Et puis ils se sont renouvelés…

dimanche 31 août 2008

Mort de faim

Si la théorie fait systématiquement partie des séminaires de management, c’est qu’elle doit être fondée sur des bases solides. J’allais m’en apporter la preuve. Selon Maslow et sa célèbre pyramide, l’être humain ne peut s’accomplir et s’épanouir qu’à la première condition d’avoir pu assouvir ses besoins le plus primaires, ceux lui permettant d’assurer sa survie, son équilibre vital et physiologique.
C’est ainsi que pourrait s’expliquer cette semaine inhabituelle et agitée. Un emploi du temps à faire rougir les plus actifs des retraités comme Yves (dit Papy, en ce moment en plein trip cyclotourisme avec étapes relais châteaux 3 étoiles, masseuses tous les soirs, repas gastronomiques à midi…) ou les plus occupés des profs en vacances/grèves/arrêts maladie comme Francky et Iaki.
Tout débuta lundi, à l’heure où l’estomac de mes voisins de bureau commence à gargouiller, humant les doux effluves d’huile à frittes rance de la cantine. Les abandonnant au supplice du repas "boulot", je sautais dans la voiture, en route pour une petite plage, garnie de jolis blocs polis par des siècles de ruissellement des eaux…la Corse, la Sardaigne ???…encore mieux…Riouperoux !!!! ou plus justement Séchilienne et le bloc de Riverman, les pieds dans l’eau. Armé du topo glané auprès de Toufic, me voila à compresser du plat et ce qui reste de grain épargné par la Romanche, et exulter en réalisant les départs assis de Toboggan 6b+ puis de la Pouasse 6c. En guise de pause café et avant de regagner mon poste, je poussais même le vice jusqu’au secteur Centre Ville pour changer de style et arquer les réglettes des beaux profils du bloc de la Caravane. Après les 2 6a+ de droite, j’allais enfin avoir la révélation en m’essayant à la Grange, historique et véritable 6c. L’absence de pied, l’inconfort de cette règle verticale, ce jeté qui dépasse l’entendement et enfin cette prise de réception en épaule si lointaine m’ont fait prendre conscience de l’immensité que me sépare encore d’un simple 6c bloc. Quand je pense même que le départ assis est possible et ne cote que 7c+, je m’aperçu alors de toute l’étendue de possibilités des grimpeurs, des vrais grimpeurs… C’est juré, plus jamais je ne taillerai de prise, puisqu’un passage me paraissant impossible ne dépasse en réalité guère le 6c bloc et qu’une zone verticale plus que lisse n’atteint que péniblement 7c+…je n’arrive même pas à imaginer un 8a bloc !!!!!
Mardi soir, après avoir récupérer les enfants, sur le chemin du retour à la maison, nous fîmes un court détour par Espace 2000Schnappi nous offrit une belle démonstration de force, tout proche de l’enchainement de sa nouvelle création Pédozoonécrophile 8a.
Vénéré jusqu’à lors pour sa force et son aisance sur les platasses, force est de constater qu’il fit piètre figure devant Charlie, fraichement rentré plein de croix de Sud Ouest. Il ne fit qu’une maigre bouchée de la belle, s’offrant ainsi une belle première répétition. Ayant par hasard retrouvé mes eb au fond du sac des enfants, j’en profitais pour tâter les prises du Bebert Project, 8a, amoureusement rééquipé et brossé par Schnappi, et qui s’avère finalement plus qu’intéressant, très à doigt et plein de subtilités techniques. Au chapitre des anecdotes, de l’arroseur arrosé, notons Sylvain prit au piège du départ abusivement préclippé (du 3ème point !!!) : une zipette dès le départ de Soleil vert 7a+, un grand pendule pour finir par un atterrissage douloureux sur le gros bloc au sol….
Mercredi midi, fuyant la cantine, je m’émerveillais du tout nouveau pan aux couleurs psychédéliques chères à Nico de Planete Bloc, accessoirement partenaire de Lacuvette. Un jaune-orange qui flashe, un léger dévers coupé de 2 petits toits pour un développé jamais égalé auparavant…un vrai highball comme à Rioup !! Bon boulot Nico et on attend avec impatience les 40 nouveaux blocs du Contest du Jeudi 04 Septembre…et n’oublie pas que tu as la lourde responsabilité d’organiser le bourrinage de la pause déjeuner du team...
Jeudi soir, direction Rioup et le secteur EDF. Des blocs variés, parfaitement brossés et topographiés par Sunny, de quoi remplir une soirée de nombreuses croix pour tous, dans le 6. Franck manque de galanterie et prend la première place de la belle perf. Toujours impeccablement looké, cette fois ci avec d’adorables tongs ficelles rose bonbon, parfaitement coordonnées avec le noir de ses orteils velus non épilés pour l’occasion, il est venu à bout du départ assis du n°46…6b…lui qui n’a jamais fait de 6a ni de 5+, ni de 5… parce que j’ai réussi à le persuader que l’escalade ne commence qu’à partir du 6a (après l’avoir aussi convaincu que grimper en moulinette n’existe pas…).
Emilie se contente de serrer les prises du même bloc ainsi que celles du départ assis de Sale Prêtre, 6b encore, mais se refuse à torcher son premier 6c, avec comme mauvais prétexte de vouloir réserver cette première à d’autres et à un projet à la Capelle !!
Tandis qu’elle préfère broyer les règles, Ludo se régale de rondeurs
et Schnappi de l’angle lisse du très esthétique Crocodile 7b+
Préférant Rioup (encore) au poisson bouilli du vendredi midi, je découvrais le très agréable et paisible secteur de Flowstone Paradise. Après m’être demis le coccyx en chutant lourdement dans Zorya 6a+ sur le bloc de la Boule, je remerciais les genéreux grimpeurs ayant laisser 2 carrés de mousse au secteur Cours du chaos, parfait pour faire les superbes 5+ du bloc de la Traversée puis le sublime Logrus 6c sur le Forty Five. Mais la raison utltime de ma présence fut d’aller tâter les règles du fameux Snatch 7a incontournable aux dires de nombreux habitués…mais chuuut, personne ne doit savoir que je caresse en secret le projet de pouvoir un jour enchainer un 7a bloc… L’intarissable Foué m’accordera-t-il sa grâce lui pour qui "grimper seul à Rioupéroux…c’est beau" ?
Et pour terminer la semaine, je réussis à trainer Sylvain et Oliv jusqu’à la méconnue petite falaise de St Aupre.
Petite mais redoutable, et le dédain de mes 2 comparses fut puni d’abord par l’exigence de leur échauffement dans Dulferugineuse, simple 6c,
puis par la rési nécessaire pour venir à bout de l’Etron commun 7a.
Je me régalais ensuite des belles strates grises de UF bouse 7b avant de découvrir celles du Formateur formaté 7c qui méritera surement une nouvelle visite.
La semaine touche à sa fin, mon appétit insatiable semble comblé et mon équilibre retrouvé. Me voilà prêt pour maintenant me construire et me projeter….et oui, ça y’est, la semaine prochaine, c’est la rentrée !!!

dimanche 24 août 2008

Défaite à domicile

On leur trouve souvent les explications les plus diverses et variées, alors qu’elles sanctionnent simplement un excès de confiance, une baisse de motivation ou d’enthousiasme, comme si la routine et les habitudes pouvaient subrepticement altérer nos jugements et masquer le bonheur que nous avons pourtant là, devant les yeux, à portée de main. C’est ainsi qu’Oliv ne daigna même pas s’aligner au départ de l’épreuve de la matinée, préférant plutôt voir transpirer à sa place quelques athlètes dans la moiteur de la Chine moderne. Idem pour Yves et Bertrand, peut-être lassés des belles falaises de Lacuvette, qui ont opté pour une randonnée tranquille dans les brumes matutinales, sur les balcons verdoyants de St Pancrasse et ponctuée de quelques maigres passages de varappe. Que dire aussi de Iaki qui ne sait plus se régaler d’Autoire, authentique et paisible usine à détraquer les genoux et vraie fabrique de mulets élevés à la graisse de canard. A l’entendre s’épuiser en fadaises et autres billevesées, il en oublie même de taper des essais dans son projet…comme aujourd’hui, hier et le reste de la semaine, sous prétexte d’inondation de la vallée, de stalactites dans les voies ou de présence surnaturelle d’animaux préhistoriques dont il aurait retrouvé quelques poils.
Mais la pire des défaites est de refuser le combat, et comme me le rabâche si souvent mon patron, il vaut mieux de petites victoires que de grosses défaites. C'est ainsi que j’en ai même oublié de remercier Iaki pour ses encouragements, lorsque je récupérais ses paires en enchainant par hasard son projet, Huile de coude 7b+. Lui a qui je dois d'avoir pu franchir la barrière symbolique des 100 voies de ce niveau...loin derrière François et ses presque 400 voies dans le 8eme degré, mais il faut bien commencer…Il s’est même offert ke luxe de douter de ses aptitudes en allant chercher au plus profond des Vosges un 8a granitique et dalleux à souhait, Clair de Lune à Martinswand, comme pour se rassurer de sa polyvalence et de son excellence...
Gonflés à bloc à l’idée d’enfin pouvoir renouer avec l’exigence du pays cuvettard, c’est Sylvain qui nous traina jusqu’au pied de la petite DJ. Là où Schnappi avait récemment sévit en ouvrant une petite dernière, visiblement complexe, tordue et forçue, à l’image de son géniteur, les morilles sur les burnes potentiel bon 8a où fermer le bras et serrer les prises devraient encore prendre tout leurs sens. Petit à petit donc pour Sylvain, Ludo et Jean-Yves qui se sont humblement mesurés au test de force qu’est Schtroumpf terminus, 7b+.
Un départ qui retourne les doigts avant de faire place à cette très belle colos qui, malgré ces quelques petits mètres, requière tant de résistance, précision, vitesse et coordination.
De beaux essais, à fond, jusqu’au bout, essoufflés….avec un vrai air de Sharma pour Sylvain, le cheveux blond mi long, nonchalant, les beuglements sourds d’aurochs en rut, le jeté précis au bout des doigts et une technique de pieds à faire regretter d’avoir investi dans des eb….mais toujours cette dernière pince mains gauche qui restera intenable…pour cette fois encore…
Restent plein de bon rushs vidéo qui n’attendent que le montage d’un Iaki local qui s’ignore encore !!
Pour ne pas voler la première à Schnappi, Ludo m’a forcé à faire de volume. Alors qu'il tentait de se chausser d’une piètre copie d’un ancien modèle eb, un ersatz jaunâtre et mal ajusté, il me poussa dans les morilles dans la brume.
Un long 7c+ dont le souvenir d’une fin trop physique se révéla finalement plus qu’exagéré, laissant maintenant planer le doute sur une potentielle croix à venir...
Petit à petit aussi pour le site de Lacuvette qui se dote d’un nouveau lieu de bavardage pour cuvettards au verbe et à la plume faciles, via la rubrique du même nom, sur la droite, pour tchatter en direct et faire courir les rumeurs les plus folles.
Pour tous ceux qui n’étaient pas là….petit à petit donc, l’oiseau fait tranquillement son nid….

samedi 16 août 2008

Révélation

Il fallait s’y résoudre, les pérégrinations lotoises allaient prendre fin en même temps que devaient recommencer les matinées en 4eme vitesse à larguer les enfants chez la nounou avant de d’enfreindre les plus élémentaires des règles du code de la route pour arriver à l’heure au débriefing du lundi matin au boulot.
Je profitais du peu de répit qui me restait pour une nouvelle fois profiter des charmes d’Autoire.
En l’absence du dieu vivant Francois, qui même quand il n’est pas là garde un œil sur nous, je suivis ces conseils dans Nikita, 7b+. Une fois dépassés les aprioris quant à la qualité de l’équipement, de véritables plaquettes faites main, inclippables avec la plupart des mousquetons modernes et surtout toutes généreusement mangées par la rouille, s’avère une bien jolie voie sur concrétions et autres colonnes. Pour faire honneur à François donc, je m’essayais à coincer 2 audacieux genoux dont je ne garde qu’un souvenir lancinant de scarification, avec ce grain acéré prenant un malin plaisir à venir lacérer mes cuisses dodues à la douce peau de bébé. Pour finir, je préférais les 2 gros plats sous les draperies finales, dans un dévers bien prononcé, en guise de repos
Je m’en doutais déjà un peu, à voir les membres inférieurs de François se tordre et se disloquer dans tous les sens. C’est sans aucun doute le problème typique des contrées isolées, où, à force de consanguinité, apparaissent des dégénérescences, comme par exemples des genoux hyper laxes et malléables, permettant aux locaux d’engager d’incroyables lolottes et surtout d’épouser à merveilles les reliefs des volumes de la falaise. J’en eu la certitude en voyant Steph monter nonchalamment récupérer mes paires, usant et abusant de genoux jusqu’à passer plus de 20mm à se refaire en lâchant les deux mains …mais bon, on a de la rési ou on en a pas !!
Une autre tare locale est incontestablement cette formidable capacité à serrer ou plutôt à broyer les prises, en particuliers les colos et les réglettes bien plates, comme celles de Jo la fusée 7a+ dont je garde une contracture dorsale suite à un échauffement trop ambitieux, et surtout comme celles d’Huile de coude, gros 7b+. C’est de Iaki que vint l’avanie, sa démonstration à tenir puis bloquer bas, très bas (mais grâce à l’artifice d’une enième lolotte…mais bon, on a de la force ou on en a pas…) ces 2 règles infâmes m’a littéralement laissé pantois.
L’admiration fut encore plus grande lorsqu’à mon tour je me saisissait de ces 2 règles, constatant que j’aurais du mal rien que pour m’y suspendre, que la prise suivante demeurerait hors de portée, sauf si la longueur de mes bras venait subitement à doubler et enfin que cette lolotte ne serait possible que si on pouvait procéder en urgence à une ablation totale de ma rotule...sans compter mes trop larges épaules de nageuse d’ex Allemagne de l’Est qui m’handicapent cruellement dans tous ces mouvements de coté…mais heureusement, à part quelques problèmes de pilosité, ces cures intensives de testostérones n’ont pas eu d’effet négatif sur mon opulente poitrine…
Il a fallu toute la comédie de Iaki, feignant la fatigue (pour un professionnel body buildé du sport, fallait oser la faire celle là !) en tombant avant le sus cité crux, pour me pousser à taper un ultime essai pour récupérer ses paires. Et là, encore un fois, je retrouvais ces sensations exaltantes, avec ces deux non prises dans les mains, impossibles à serrer, montant les pieds au hasard et jetant plein de désespoir et de hargne sur la prise suivante, fermant le yeux comme pour refuser l’échec…pour finalement les rouvrir, cette prise miraculeusement en main, hagard, surpris, sans rien y comprendre, puis pris de l’angoisse jubilatoire de devoir se ressaisir, se concentrer de nouveau pour atteindre la chaine. J’en oubliais le genou suivant…celui qui permet à Iaki de faire la conversation durant ses essais… pour lui préférer la décontraction sur les plats suivants, avant d’oser un dernier jeté sur le plat final, sans prendre cette dernière réglette, puisqu’une nouvelle fois, j’aurai été bien incapable de la tenir.
3 jours plus tard, alors que je me ressourçais à domicile, comparant le paysage offert depuis la vire d’Espace, j’eus subitement un flash, tout devint subitement limpide.
Tandis que j’observais Sylvain à 200% dans Etat d’arrestation,7b, entre jetés, jambes tremblotantes, pieds qui patinent et regard hargneux mais plein d’incertitude, je compris enfin ce qui empêchait les autochtones lotois, Francois et Iaki, de cocher plus rapidement leurs projets du moment, respectivement Huile de coude 7b+ à Autoire et Le oui pour le non, 8b de St Géry : leur quête de la perfection, du geste fluide et léger, certainement très utile le jour ou un jury attribuera une note artistique aux grimpeurs mais malheureusement en aucun cas gage d’efficacité tant il requiert de marge. Pour preuve ces quelques images de Iaki, pour une fois devant la caméra, timide et refreinant ces râles…
Remarquez le flagrant manque de pratique "espace comboirenne" avec ce jeté effectué en deux temps, cet élan complètement coupé, cette dynamique mal optimisée, cette inertie corporelle mal canalisée, ce relâchement trop confiant…et sanctionné par l’échec…
C’est donc pour faciliter l’assimilation du fameux "Lacuvette touch" que le ministère de la culture, les monuments historiques et bien sur eb se proposent de vous offrir un séjour au pays des mulets aux triples taquets.
Que"‘bourrine et jette" devienne ton ultime précepte…Bienvenu dans l’antre de Lacuvette…

dimanche 10 août 2008

Accord parfait

Notre largesse d’esprit nous pousse sans cesse à comparer toute originalité, toute nouveauté à quelques uns de nos repères, déjà bien présents et ancrés dans nos souvenirs.
La rime sonnait déjà parfaitement bien. L’écho des sonorités se répondant à merveille ne pouvait présager que de plus amples similitudes. Il fallait pousser l’investigation et profiter du chaleureux accueil du maitre incontesté des lieux, François Tournois, pour laisser nos sens vagabonder et se délecter du plaisir de la découverte.
Autoire….Espace Comboire. une harmonie, une symbiose qui allait se révéler être une évidence…



Le paysage d’abord, à contempler, dans les deux cas, depuis de petites vires surplombant la vallée, dominant un vaste horizon de collines verdoyantes ici, et l’immensité des chaines montagneuses enneigées d’où émerge fièrement au loin le Mont Blanc là bas. En contrebas, des vestiges d’architecture qui marqueront notre histoire, un village fait des vieilles maisons paysannes magnifiquement restaurées, des pigeonniers carrés et de somptueux manoirs, et de l’autre coté un gargantuesque complexe commercial grouillant d’activités et témoin d’une urbanisation galopante et mal maitrisée. Des bruits qui bercent les plus sensibles des oreilles, le clapotis de la cascade qui creuse depuis l’éternité le Causse jusqu’à se jeter du haut de ses 30m au pied du village, contre la rumeur plus constante et rassurante de cette chère Rocade Sud qui nous octroie le privilège d’entasser des milliers de vacanciers pollueurs.
La falaise ensuite, avec ces murs qui ont eu la bonne idée de concentrer l’essence même et la richesse de la grimpe en se contentant de profils généreux, légèrement déversant et qui jamais ne sombrent dans le travers des grands murs de conti ennuyeux et sans saveurs. 25m max, même si à Espace comboire on atteind quelques fois les 35m dans les nouvelles dalles du secteur extrême gauche. La palme des voies dont le relais est clippable du sol avec la perche revient à Autoire et ces premières voies sous l’escalier !! (la première reste à faire dans lacuvette, avis aux précurseurs…). Ici le temps a modelé un grain subtil et disséminé à bon escient de vraies draperies, des colonettes géantes noires et jaunes…comme ces superbes crêtes de dinosaure des très sympas Diable en rit encore 7a+ et Panique à topo city 7b+….rien à voir avec nos pauvres colos bleues gluantes et sans adhérence du Vercors.
De belles couleurs strient les murs plus récents, amoureusement défrichés par Patrick, qui fut là bien avant tout le monde, et nous offre par exemple un très a doigts Saut d’homme et Go more 7a. A Espace, le gris reste de rigueur, judicieusement sculpté et croustillant, même si quelques rares colos fines ajoutent ici et là une touche d’exotisme !
Partout, les voies sont exaltées tant elles offrent complexité et intensité. L’effort à fournir est à l’image du volume sonore des râles agonisants du Spielberg local Iaki (ici son dernier court métrage), dans Huile de coude 7b+.

Toute la sagesse de Francois a permis d’accoucher ici du paroxysme des mouvements impossibles, comme par exemple dans Le pastaga de la tolérance 7b+, où un pauvre morceau de colo intenable (…lapalissade, pour un cuvettard) se mue, grâce un alambiqué coincement du genou opposé venant délicatement compresser la main contre le bord désespérément lisse de la colo, en un délicieux bac, duquel le jeté suivant devient finalement un jeu d’enfant.
L’analogie ne pouvait être complète, et j’allais bien finir pour trouver une divergence, comme ce ricard, qui finit toujours par troubler l’eau, et que je sirote tranquillement en terrasse. En fait, ici, le temps s’est ralenti, la foule ne se masse pas au pied des voies, personne ne s’épie ni se jauge. Chacun est là pour partager des moments privilégiés, profitant du calme de la nature et de la sérénité des lieux. Comme ces quelques instants passés à St Géry avec Francois,
qui, après avoir randonné le Non pour le oui, 7c+ dans lequel je me suis usé en essais, s’est essayé à la belle ligne du 8b, Oui pour le non.
Ses genoux montés à l’envers m’ont humilié par leur aisance à se contorsionner, offrant une multitude de lolottes douloureuses et contre-natures pour le reste des grimpeurs normalement constitués.

Enfin, règne ici plus qu'ailleurs, une ambiance qui me ramene à mes joies et mes souvenirs d’enfant, autour du feu de camps de la colo de l’été, où tout le monde il est gentil, où l’on ne pense qu’à s’amuser en se jurant que l’on s’aime tous et que l’on ne s’oubliera jamais…merci François, Sosso, Iaki, Steph, JP, Nico, Paupof et Noëlle…

dimanche 3 août 2008

Première fois

On en avait vaguement parlé, sur un coup de tête, sans se prendre au sérieux. Mais, à force d’éloges de Sunny et Toufic, purs mutants locaux de la force, d’articles encenseurs et émouvants de l’inénarrable et prolixe Foué dans de le plus sérieux des magazines officiels, l’idée a lentement mais surement fait son chemin. Et puis, il a surtout eu ces harcèlements incessants de notre voisine du bureau, venue troubler l’ambiance tranquille, feutrée et studieuse du service. Ses litanies quotidiennes, à vanter les mérites des spots comme Lacapelle, St Just ou Ailefroide et sa frustration à l’idée d’enfiler un baudrier et de grimper plus de 5 mouvements d’affilée ont eu raison de nous…avec Franck, nous avons succombé…
Ce mardi marqua notre première expérience troublante dans cette vallée qui concentre ce que nous connaissons de plus austère, Rioupéroux.

Plein d’apprioris, d’images surfaites de fin du monde, nous pénétrions dans l’obscurité inquiétante de ses hameaux perdus…Gavet, Rioupéroux, Livet…de ces villages sombres et déserts, émanent une réelle et indescriptible angoisse, sortie tout droit de vielles légendes qui semblent hanter à jamais ces lieux maudits. Tandis que défilait ce paysage sépulcral, la tension montait, réveillant au passage de douloureux et lointains souvenirs de rupture de ligaments croisés lors d’un ultime essai dans le Toit du cul de chien à Bleau. Même si quelques rayons de soleil léchaient péniblement les entrailles de ce fond de vallée encaissée, l’atmosphère resta particulièrement pesante, comme cet accès au parking du secteur edf, à la tombée de la nuit, où les ombres macabres des immenses sommets environnants nous étreignaient. D’abord, la traversée du pont instable, le bruit sourd de la centrale désaffectée, doublé des cris violents de la Romanche, puis les barbelés, les grilles rouillées, flanquées d’un funeste panneau "accès strictement interdit"…une odeur de mort …oppressés….mais plus que jamais motivés !
Question d’habitude surement… nos chers Vouillants seraient-ils tellement plus hospitaliers ? Est-ce l’atmosphère plus amène des poubelles, qui, en ce même jour a retenu Sylvain et Jean-Yves, pour taper des essais dans le pourtant très bloc Frites burger 7b, revu et corrigé par la fin de sa voisine de gauche, avec des raccords de sika pour les pieds, et un point supplémentaire pour se protéger des derniers silex sous le relais ? L’occasion pour eux aussi de réviser leur connaissance en anatomie dorsale, en assurant le musculeux Marc, qui les a gentiment gratifier de deux "jacquetteries" du plus bel effet, deux ratasses, le nez sous le relais, dans le tout nouveau Enfer du décors 8a, première partie d’Avec vue sur la merde possible 8b (…des noms évocateurs pour laisser songeur)….la peur de la réussite et surement l’envie de refaire une dernière fois ces belles sections rési et physiques.
Rioupéroux donc, passés les abords sinistres, les blocs se sont ouverts à nous. Au grès des secteurs, Zeghema Beach, le très sympa bloc de l’Oisans du Centre ville, puis EDF, le charme commença à opérer. Un grain agréable, suffisamment adhérant sans agresser la pulpe fragile des nos doigts manucurés, des préhensions étranges, incroyables, faites d’angles, de plats, de règles, le plaisir de se donner à fond, de tenter à n’en plus pouvoir le même passage, de caresser ces prises jusqu’à réussir à la valoriser, d’apprivoiser ces profils inconnus, un concentré de l’essence même de la grimpe, jeter, jeter et encore jeter !!….pour se retrouver finalement debouts, au sommet du bloc, sereins, comblés, épuisés…On regrettera peut-être la voiture pour changer de secteurs, la faible fréquentation de certains blocs qui a laissé la mousse refaire son œuvre, le pied exigu et le confort restreint de certains chaos…
Et pour finir en apothéose, il s’est partagé un délicieux gâteau, fort au chocolat, ou plutôt un galette si l’on en juge par son épaisseur…il ne manquait plus que les bougies, les nombreux et mérités cadeaux , et les voix viriles et rauques de tous les membres de Lacuvette entonnant le traditionnel "joyeux anniversaire"…
Et si, pour mes 22 ans, vous m’offriez tous un crash-pad ?

dimanche 27 juillet 2008

Carpe Diem

La période est propice à l’insouciance, les premières chaleurs nous poussant à multiplier les plaisirs en picorant de ci de là, sans s’astreindre à d’autres plus ambitieux projets que celui prendre du bon temps. Du sable encore plein les orteils, le short de plage toujours bien mis en valeur par mes cuisses halées et la serviette vissée sur l’épaule, il a fallu tout de même remettre une cravate pour signaler mon retour au patron, juste avant qu’il ne parte à son tour…son départ signifiant bien sur, un avancement plus rapide des projets et donc de parfaitement justifiées et plus nombreuses soirées de grimpe. De retour donc, et sans vergogne, j’abandonnais mes projets au long court de la DJ et d’Espace….mon éternel motivateur agréé s’étant trouvé une méritée thébaïde au pays des maisons plastiquées, des blocs de granit au bord l’eau, des jérémiades de randonneurs sur le GR20 et de la grande bleue : la Corse. Je divaguais tranquillement au grès des envies, pour profiter des ces 2 semaines avant mon stage intensif de découverte de l’escalade sportive avec coaching personnalisé , entrainement mental et immersion totale dans le milieu, le tout animé par une certaine star de la grimpe sur le retour du Lot. Star qui aurait, parait-il torché il y a peu un (petit) 8b+ particulièrement complexe et engagé !
Oliv et Sylvain me trainèrent aux Vouillants, sur la prairie plutôt qu’au traditionnel mur de l’angoisse, l’occasion de me replonger dans mes souvenirs d’enfance avec ces longues envolées sur de majestueux murs striés de silex.
Toujours aussi belles…15 ans plus tard et toujours les mêmes plaisirs, les mêmes impressions, dans enfant de solo 7a, Magasin de porcelaine 6c, spity gonzales 7a+, la strada 6b+ et l’un des plus beaux 5sup au monde Rince doigt.

Franck en quête de sensations et de beau rocher pour ces premières voies…toujours et rien qu’en tête (ben oui, il ne sait pas qu’on peut grimper en moul, je ne le lui ai pas encore montré !) m’a prié de le suivre sur les vires de l’ancien Comboire, dans les magnifiques gouttes d’eau de Chantilly 6a et Zeus 5sup. Je profitais du déplacement pour gouter aux voies courtes, pêchues et toujours très intéressantes de Ludo’s Beach, avec les plats improbables du Zero et l’infini et de l’étoile et le fouet, toutes deux dans le 7b+.
En manque de Vercors, Raymon m’a réclamé une visite guidée de Corrençon, avec une des dernières voies de Chnaps, la marche funèbre de la jeunesse suicidaire (bah… faut pas dire des choses pareilles…un petit coup de cafard pendant la période d’ouverture ??) très subtil 7b en dalle jusqu’au 1 relais avant d’offrir un sordide pas de bloc, toujours en dalle et invaincu à se jour. Pour rester technique en dalle, au secteur du haut, nous avons gouter au placement délicats de Baremo 7c avant de terminer par un bon bourrinage de base dans le toit en 7b du majeurissime Zazie rêve.
Le même Raymon me conduisit aussi, ce week-end, au Pas du Ranc, histoire de renouer cette année avec Presles, dans une magnifique voie de Ludo P., Tangible Tangente ED (voir le topo). 5 longueurs du pur bonheur, à errer dans un océan bleu de somptueuses gouttes d’eau, à se croire fort à passer de bac en bac sur les surprenants trous et morceaux de colo ou encore à se faire littéralement dévorer par le long, technique, déversant et gazeux dièdre de la dernière longueur.
Là encore, j’ai vu son œil briller, avec surement la même lueur qu’il y a…50 ans ( !!?)...lorsqu’il découvrait ses premières voies dans cette falaise, tout précurseur qu’il était… Mes scrupules pour l’avoir trainé ici et le voir déployer des trésors d’inventivité pour passer en artif les passages les plus durs ont vite été oubliés lorsque le sourire en coin au dernier relais, il m’annonça "Superbe cette voie, je m’entraine un peu cette année et j’y emmène des débutants… et j’en profite pour tout enchainer, en libre cette fois!!"
Dire que pendant ce temps, on voit fleurir sur la toile des questionnements existentiels de jeunes mutants sur ce 8b+/c, qui serait peut-être qu’un 8b+/c--, a moins que comme il est un poil moins 8b+ que l’autre 8c- qu’il a fait 3 jours avant, ce ne soit finalement que 8b++…avec au passage un manque de respect pour les locaux en écorchant le nom de la voie. Mais comme l’avait annoncé l’équipeur, "on s’en fout, ce qui compte dans ce mur c’est cet hallucinant profil déversant, ce gros ventre bordé sur le haut de fabuleuses formes colorées, et ça doit tout valoir dans les 8b"...
Et Raymon d’ajouter, "Ouais, comme dans Tangible Tangente, ça doit tout taper dans le 7 mais ce qui est top c’est que j’en ai chié partout, tout le temps, à chaque mouvement, que ce soit dans les gouttes, dans les trav, dans les trous, sur les colos, dans la fissure, dans le dièdre.. ...c’est génial, j’adore ça !!!!"

lundi 14 juillet 2008

Yes, we did it !

D'abord le choc des images de Iaki... (sur YouTube en HD)



Puis celui des mots...

Citation célèbre du monument de la culture contemporaine des 3 ans, qu’ils associent immédiatement à Babouche le singe et Chipeur le Renard… Dora l’exploratrice… toi qui accorde aux jeunes parents quelques instants de répit en plein rush quotidien du matin, entre t-shirt mis à l’envers, confusion de chaussures entre frères et soeurs, caravate neuve bousillée par un soudain renvois de biberon frelaté, cartable bâclé et gouté oublié au grand dam de la maitresse qui nous traite de parents indignes, …
Ca aurait dû arriver un peu plus tard, dans quelques mois, comme une évidence, et dans un timing parfait. On s’était dit qu’on ouvrait la tribune de Lacuvette sur le premier, et que le deuxième célèbrerait le 10000ème visiteur. Mais c’était sans compter la pugnacité, l’acharnement et la passion sans faille de notre mascotte. C’est un peu de ma faute aussi, à force de titillement et d’émulation, puisque j’avais mis la barre déjà haut en atteignant rapidement ce même cota de 2 (enfin si l’on en croit les topos…). Le théorème universel pondérant le niveau maximum admissible avant désintégration d’un grimpeur, en fonction du nombre de cheveux blancs, du poids à jeun le matin après passage aux toilettes, du salaire annuel, du nombre de bouches à nourrir à la maison, du nombre de paires de Volwerines concédées annuellement par Monsieur eb… fixe le seuil à 8a, voir 7c pour moi (et en ce moment, plutôt 7a…), et à 8b+ voir 8c pour François Tournois. Et là pas moyen de discuter, c’est scientifiquement prouvé.
Dans son style inimitable, élégant, léger, aérien, éthéré, et quasiment céleste, l’ineffable Francois était déjà venu à bout, début Janvier et en quelques essais seulement, du 8b+ de référence de Saint Géry, falaise paisible du Lot, la baston à la maison.
Ensuite, la vie a repris son cours, avec son lot de tracas, de soucis, de peines, dérisoires aux yeux des autres et sans commune mesure avec la brutalité du monde qui nous entoure. Mais parfois, lorsque la fatalité touche nos proches, nos familles, il n’y a plus de barrière, plus de différence. Le désespoir et la souffrance n’épargnent plus personne, ils nous réunissent. Tous égaux dans la douleur, lorsque de le fatum, ce destin aveugle nous prive d’un être cher …Frater Dolorosus
Et puis la haine, le fiel, la rage nous pousse à trouver un exutoire, pour que se réalise notre catharsis, cette libération, pour de nouveau aller de l’avant…Frater Dolorosus…Sinon, comment expliquer que tu sois si souvent passé devant, sans jamais t’y arrêter ni y poser un regard…Frater dolosorus
Et ce malgré un profil présentant ce qui t’as toujours fait vibrer : Gros dévers, 20m de haut, technique…et très intense, une constante de ce mur d’Autoire, une autre falaise majeure du Lot (Chuuut, ça pourrait se savoir…). L’abréation viendra de ton perfo, en prenant soin de laisser une dose d’engagement pour que l’investissement soit total…Frater Dolorosus
Une ligne pour faire son deuil, au travers de 18 longs et éprouvants essais, entre colos, réglettes, talons (Monsieur eb pousserait-il à l’addiction ?) et prises étranges…Frater Dolosorus... 8b+

Yes, we did dit !!! Et de 2…dire qu’il y a peu tu avais arrêté de grimper par crainte que le poids (colossal) des années ne te prive de tels projets et de telles réalisations.Comme si la passion pouvait s’éteindre… La rumeur veut qu’une fois de plus, que, devant ta grâce, ta maitrise divine du geste, ta vénusté dans l’ascension, le temps se soit arrêté et que toute la vallée ait patiemment retenu son souffle pour un instant exceptionnel, magique, cosmique…. Seuls "tes beuglements de chimpazé castré", qualifiés comme tels par ton assureur, lors du clippage du relais, sont venu mettre fin à ce rêve, te ramenant finalement au rang de simple mortel…Frater Gadium…parce qu’on est tous pareils (enfin... presque vu que toi, t’es castré…) quand on se retrouve le relais dans la main !!
Respect Francois, et merci à eb pour les chaussons, à Yves Conforti et à l'excellentissime vidéaste amateur Iaki.
Et comme avec Dora, je compte sur toi pour de nouvelle aventures, pour honorer le 10000 visiteur de Lacuvette avec une autre réalisation à ta mesure (un 8c quoi,…5ans après Tournois d’échec, à Russan).

mercredi 2 juillet 2008

Carte postale

Il est des pays où les montagnes se sont changées en dunes, les longues marches d’approche raides ont fait place à quelques enjambées sur des caillebotis d’accès aux plages et l’immensité verticale des falaises s’est muée en platitude infinie, ponctuée de quelques remous, travail incessant des marées. Des lieux où la ligne d’horizon s’étend à perte de vue, là où chaque soir, le soleil traine à basculer de l’autre coté du monde, illuminant de couleurs l’immensité de l’océan, jusqu’au dernier rayon, ce mystérieux rayon vert.

J’avais pris la remarque de la maitresse pour une nouvelle litanie sur un métier trop dur, peu reconnu, sans moyen…Une pseudo raison pour justifier ces 2 longs mois de vacances qu’elle trouvait forcément trop courts. "Vous verrez", m’avait-elle soutenu, "ces deux mois de vacances sont nécessaires à vos enfants, c’est une période où tout le vécu et l’apprentissage de l’année finissent d’être assimilés et s’ancrent pour toujours dans leur esprit". Effectivement, je notais quelques premiers changements, mon premier, haut comme trois pommes tient déjà tête à ses parents, et mon second s’est essayé avec succès au vélo sans roulette sur les pistes cyclables à l’ombre des pins…alors que je me revois, pas plus tard qu'hier, le lacher quelques secondes pour le voir partir seul et faire ses premiers pas...
Et si il en était de même pour le team la cuvette ? Quelques semaines pour digérer ses longues heures passées à ramer dans les voies depuis le début de l’année, quelque soit le temps, l’heure où la falaise… Je les imagine déjà. Oliv qui limite ses caprices et ses hurlements au dessus des points. Sylvain qui commence à réduire la taille de ses rallonges. Ludo qui ne travaille plus les voies mais tape systématiquement des essais à l’arrach. Bruno qui ne complexe plus devant une dalle en 8a (Big Calm à la DJ). Chnaps qui s’équipe maintenant ses propres 8a (necrozzopédophile et Nanouchka à Espace) parce que ceux du Vercors sont trop faciles. Yves qui a atteint le relais d’une voie en 7 à la DJ. Francky qui s’est trouvé un partenaire à la hauteur de ces ambitions, l’incroyable Chnoux, croiteur comme on aimerait tous l’être, surtout après 40 ans. Et enfin François qui se remet au défi des voies dures et atypiques (Frater Dolorosus 8b+ a Autoire).

Encore deux semaines avant de constater tous ces changements. En attendant, la peau de mes doigts se régénère enfin. Les douleurs des mes coudes s’estompent tranquillement. Les nuits de sommeil dépassent allègrement les 10h. Mes pieds ont pris 2 pointures, la faute à des orteils qui s’étalent maintenant librement dans les tongs. Mon hâle brun a viré au violacé du touriste qui met pas d’écran total, ce qui compromet mes prochaines photos de pub eb. Mon niveau de culture atteind des sommets avec la lecture de revues de haute voltige que sont Voici, Charlie Hebdo ou Femme actuelle. Le rythme des repas journaliers est revenu à 5, en comptant les deux indispensables gouters, et celui de midi est suivi d’une bonne heure en état second, allongé sur la plage, et qu’on pourrait appeler sieste. ...
Bonnes vacances...