samedi 3 avril 2010

Une page

...se tourne. Le livre se referme. Le rideau est tombé. La coupe est pleine. La boucle est bouclée. Et mon verre est vide !
Nous profitions d’une courte fenêtre météo avec Oliv pour un énième pèlerinage sur la vire du secteur KGB à Espace Comboire. Près de 9 ans plus tôt, nous étions déjà là. Il n’y a pas de hasard, et les coïncidences ne sont finalement jamais si étranges. Déjà à l’époque, nous devions jongler avec les caprices des giboulées. Sous une averse de neige, j’allais connaitre un de mes premiers émois sur la vire, la confirmation d’une histoire d’amour avec cette falaise, et aussi avec Oliv… qui me supportait déjà, et réciproquement. KGB, un nom qui résonnait et résonne toujours comme une base de LaCuvette. Malgré mon jeune âge et ma croissance à peine terminée, j’étais déjà marqué du seau du rusé cuvettard. Mon manque de force naturel, m’avait contraint à ne pas utiliser la mauvaise pince grise au dessus du point…J’avais trouvé une grosse platasse verticale en remplacement. Mais comme elle m’éloignait trop à gauche, je ne pouvais utiliser la rampe verticale blanche, ni avec la main droite, ni avec ce talon que tous convenait de caler pour jeter sur le bac. Ma méthode consistait à prendre du balan, avec un pied gauche pratiquement à l’horizontal de la main, pour envoyer un gros jump de travers : l’éloge du pur cuvettard, dynamisme et détermination… Ce fut mon tout premier 7c+, avec Oliv aux encouragements. On s’était dit rendez vous dans dix ans. Même jour, même heure même, même pomme. On verra quand on aura 30 ans, si on est devenu des grands hommes…Entre temps Patriiick…euh non Oliv était devenu champion de France de rameur en salle et s’était converti aux méthodes d’entrainement des pires régimes de l’Est, ce qui lui permit de briller dans moult épreuves sportives toutes plus aberrantes les unes que les autres...à commencer par le triathlon d'Embrun.... Après de longues périodes d’égarement, j’avais enfin réussi à le ramener dans le droit chemin. Il y a à peine 1 an, il rechaussait des chaussons. Et en ce jour de mars 2010, nous étions de retour sur la vire. Les colos étaient parfaitement sèches, la température étonnamment idéale. Et comme la chanson nous fêtions tout juste nos 30 ans. Je nouai ma vieille corde, la même depuis 9 ans. Mes vieux eb recousus étaient toujours d’attaque. Je m’élançai sereinement sur ce mur qui a toujours fait partie de ma vie. Quelques mouvements sur une grosse colonne, pour arriver sous le surplomb. Les 2 pieds montés sous les aisselles, je laissai échapper le même grognement qu’Oliv quand je le fouette pour qu’il tracte d’un bras lesté de 10kg sur la plus petite réglette de sa poutre. Dans l’élan je parvins à saisir la lointaine règle sous le point. Une première, puis une deuxième relance main droite, avec un talon avant enquiller la fameuse méthode du faible : le coincement de genou. Un dernier gainage pour ne pas partir en porte, la main gauche sur un gros plat, un dernier mouv dynamique et j’étais sur le bac. Je restais immobile, près d’une minute à intérioriser et savourer ce moment de bonheur intense. J’étais venu à bout de CIA, l’autre 7c+, jouxtant KGB.

Cia 7c+ from Lacuvette on Vimeo.


Je cochai ainsi l’intégralité du secteur du bas, coiffant in extremis et sur le fil toute une horde de cuvettards affamés, Schnappi, Martin et Lol en tête. Pour faire durer le plaisir j’avais bien essayé de rajouter quelques lignes dans les rares coins oubliés par les anciens…Comme la fin d’une époque. La tête ailleurs, j’ôtais mes chaussons. Un signe, je m’aperçu que l’un deux s’était déchiquetés, comme sous le choc trop d’une trop grande émotion. La dégaine du crux avait elle aussi rendu les armes, usée jusqu’à l’âme par toutes ces années de labeur et de bons et loyaux services ici…Il n’y a pas de hasard…En quittant le secteur, je me retournai une dernière fois et versais ma petite larme.
Merci papa et maman sans qui jamais je ne serais né, merci Oliv d’avoir été encore et toujours là, merci Ludo mon motivateur de toujours, merci l’autre Ludo pour toutes ces heures de bartasse pour étancher notre soif de voies nouvelles, merci dieu de LaCuvette pour avoir érigé ici tant de falaises majeures, merci Schnappi de m'avoir appris ce que voulait dire ''bloquer'', merci Yves de ne jamais m’avoir trainé au ski l’hiver, me laissant ainsi me préparer à ce jour J, merci Sylvain d’avoir supporté tant de mauvaise foi t’obligeant à te lever tout l’hiver à 6h du mat, même sous 3m de neige, merci FT de m’avoir fait comprendre que même quand c’est trop dur, c’est quand même torchable, merci Iaki de me rappeler que la grimpe peut parfois être un art, merci la famille JMC, monsieur pour toutes ses méthodes qui m’ont plus d’une fois tiré d’affaire et madame pour cette combativité contagieuse, merci Bruno de m'avoir convaincu que le 7c c’est possible même sans savoir aligner 2 tractions sans que les pieds ne touchent le sol, merci Raymon pour la révélation que fut la perche, merci JY de m’avoir empecher d'arrêter l’escalade durant mes jeunes années de travailleur à Lyon, merci PBMaster de m'avoir démontré que même avec des mythos on peut faire du 8b, merci Luca pour ta classe internationale naturelle qui attire les filles même au pied du mur de l’angoisse, merci Martin de me marteler toujours ''à l’arrach, sinon point de salut'', merci Lol de m’avoir préservé de la lolotte depuis mes premiers pas à La Roque, merci eb pour ces chaussons qu’il va falloir penser à renouveler et surtout merci l’ECI qui a fournit tant de points pour que tout cela soit possible…. !!
Une page s'est tournée…Sylvain ne s’est pas levé samedi dernier, le sentiment du devoir accompli. 2 jours plus tôt, je foulai pour la première fois de ma vie le sol du temple de la résine que fréquente quotidiennement bon nombre de cuvettards, Espace Vertical 3. Un sympathique rassemblement qui me value, en plus d’une bonne dégustation de chips et de jambon de pays, de passer incognito pour un débutant et de gagner un joli t-shirt eb, un sac à corde et un sac à cake tout neufs. De quoi enfin renouveler mon matériel vieux d’au moins 20 ans !!
La saison de la DJ reprend timidement avec Bruno qui se recale dans le rude 7b+ de last ride over sheep mountain, et pour Luca qui tombe toujours plus bas dans l’exigeant Combat ordinaire, 7b+ aussi. A noter que les quelques point supplémentaires rajoutés par Ludo dans Al Amdulillah rendent maintenant ce superbe 7c technique et à doigt de l’ED wall enfin humainement faisable….un nouveau must de LaCuvette qui m’a fait revenir à mes premiers amours : la dalle ! Il n’est fallait pas plus pour renouer avec le style et arpenter de nouveau les vires de l’extrême gauche d’espace Comboire. Une dalle bien raide, que des croutes à arquer, fort, très fort, du genre à garder les doigt crochus toute la semaine... un pur fruit de l’œil aiguisé du Schnappi, Nanouchka, 8a, FA-tée il y a déjà un bail par un Quentin plus qu’enchanté. Ludo, Jean-Yves et Bruno, sautèrent sur cette dernière opportunité de se rendre dans ce secteur pour enchainer tour à tour le court, complexe et beau 7b+ de Patatra. Quant aux montagnards comme Yves, ils cherchent un assureur discret pour reprendre et se frotter aux quelques dernières nouveautés du secteur, en tentant de nous cacher les séquelles irréversibles d’une saison de ski…
Bref, devant nous, un nouvelle page….blanche…

dimanche 21 mars 2010

Rencontre du 3eme type

Une rencontre comme on souhaiterait que nos heures passées au pied des falaises en soient remplies.. Des km de cailloux sans âme qui vive…. Au pays des extraterrestres, nulle part mentionné sur une carte, j’en avais pourtant débusqué quelques uns. Mon flair aiguisé ne me trompe jamais. FT bien sur, mais aussi un bellâtre dont je perçus immédiatement le potentiel. Surtout quand je faillis m'exploser les tendons et tout ce qui va avec, en serrant les règles de ce qui allait devenir son premier 7b+, huile de coude à Autoire. Depuis près d’une semaine, le voilà devenu le troisième type à ajouter à sa liste de croix, une dalle presque cuvettarde avec ses airs d’adhérences Lamesques, le 8a de la minuscule et paisible falaise confidentielle de Saint Sulpice sur Célé.
Parole à un multi talentueux hyperactif ayant réussit le pari fou d’importer de la grimpe, au beau milieu de nulle part…
Pour commencer, Iaki, Yvan, Yvanovitch, Oh oui vas y grand fou…comment faut-il t’appeler ?
Ben en fait c'est très simple, yvan c'est mon vrai prénom, iaki est un surnom qu'on m'a attribué quand j'étais un adolescent hard rockeur sous lequel je publie sur le web et yvanovitch me vient de mon pote russe que tout le monde connait FT (NDLR...mister Tournois bien sur !!!). Alors on peut m'appeler comme un veut, c'est déjà très bien qu'on m'appelle !!
Ouh là…d’entrée tu marques un point. Mais on dit metalleux aujourd’hui…hard rockeur, c’était il y a 30 ans avec un jean bleu moulant aux mollets, des baskettes montantes blanches et l’indémodable T-shirt noir à tête de mort…T’écoutais quoi ?
J'écoutais, Marillion, Metallica, les red hot, ACDC, Satriani, Vaï, mucky pup, Extreme...mais aussi du Peter Gabriel
Mais je m’égare... La rumeur dit que tu viens tout juste d’enchainer ton premier 8a . Fais nous rêver. A quoi est-ce qu’il ressemble ?
C'est un 8a en grosse dallouze qui doit faire 17m de haut, donc à crougnes comme j'aime bien et des pieds microscopiques. Il a trois passages durs. Un au départ, un au milieu et un en fin. C'est le type de voie que j'adore, bien old school, avec un grand sentiment de légèreté et d'équilibre. Il serait impossible pour moi de grimper la même cotation dans un gros devers...pas assez costaud...
On rapporte aussi que tu aurais du consentir à rentrer une grosse lolotte…ta perf n’en est-elle pas diminuée ?
C'est très dur pour un cuvettard de comprendre que la lolotte puisse être salvatrice, en tous cas moi c'est le cas. Ce qui me fait marrer c'est que je l'ai trouvé à la derniere ascension de travail... Chez nous en pays lotois la lolotte est une culture, un devoir une mission. Dans toutes nos écoles d'escalade, c'est une base enseignée dès le plus jeune âge. OUI je suis fier d'avoir lolotter, je ne suis pas un mutant grenoblois
Ahhhhh de face dans L'apocalypse joyeuse 8a, Autoire...

La dernière ascension de travail…on sent que tu pèses tes mots….
Je passe beaucoup de temps à travailler les voies. Je n'ai pas les capacités à m'autoriser un petit grain de folie pendant mon ascension, surtout dans des voies dures pour moi. Et puis en plus je suis très scolaire : j'aime bien faire mes exercices mais j'ai horreur de louper le contrôle !
Alors, pourquoi cette voie ?
C'est tout simple : falaise d'hiver, proche de la maison, pas de marche d'approche, peu fréquentée et dans mon style d'escalade. Voilà les raisons de mon choix, et puis la ligne est si pure, ca me fait des frissons encore dans le dos.
Le maitre...le 1er crux

Puis au repos...

Il parait que c’est toi qui a baptisé la voie : ‘’le maitre, cette folle, se tripote les noix’’…Est-ce pour dénoncer la pénibilité de ton métier ?
Ben c'est malin, les cuvettards vont croire que je suis un proxénète...., la folle dont tu parles ca doit être quelqu'un qui porte un collant rose, aux initiales suggestives ''P.D''. Oui mon travail est dur, et ne me laisse que trop peu de temps pour mes loisirs. C'est vrai quoi quand on bosse 20h ...non pas par jour, par semaine... c'est pas facile à gérer. Et puis je peux pas poser mes congés quand je veux , c'est une sacré souffrance. Et je sais que tu me comprends. Sinon, l’histoire a fait qu’on l’a appelée le maitre décolle, élève la voie (NDLR à lire sur le blog de LaCapelle)
Est-ce pur hasard si elle fut déflorée par un certain FT avant de subir les assauts victorieux d’un sumo de passage ?
FT, c'est le lucky luke de l'escalade, il fait les 8a plus vite que son ombre. A ce qu'il en dit, c'est une belle voie où les sensations sont belles...j'espère qu'il mais il confirmera en laissant un petit com ! Quant au sumo qui nous rend visite parfois, il a un moral et une énergie hors du commun qui font que les voies ne lui résistent pas et lui aussi dit que cette ligne est belle (NDLR : ben oui, la dalle c'est la base, surtout sans lolotte). Alors évidemment, ça donne envie de tester le truc, mais passer juste après ses mentors de la grimpe, ca fait un poil prétentieux, c'est pour ca que j'ai agi en secret, en catimini, par peur de l'échec...je ne suis pas un mutant de l'escalade, moi, voyez vous?
Mouais quel simulateur ce sumo….Sinon 2 coups en 6 mois, c’est une bonne moyenne ? Euh…enfin 2 essais je voulais dire…
ha ha ha, oui, 2 coups en 6 mois pour moi c'est une excellente moyenne. Pour ce qui est des essais, j'ai pas eu vraiment le choix. La météo n'a pas été clémente vraiment. Et pour de la dalle j'aime mieux quand c'est bien sec !
Des cons tractent, 7c une autre belle dalle de Saint Sulpice

A lire ton récit sur le blog de lacapelle, j’en ai pleuré une nuit entière…comment expliques tu ce coté émotionnel si intense ?
Pardon de t'avoir bouleversé...cette voie a été un vrai défi pour moi. Les méthodes de FT n'étaient pas toutes réalisables pour moi. j'ai donc cherché tout seul, notamment le premier pas dur: lui passe en dynamique mais j'aime pas ça. J'ai trouvé une solution en stat. La chose qui me fait le plus plaisir c'est qu'il est possible de trouver dans ce genre de voie pleins de solutions différentes, et ça honnêtement, je ne pensais pas que cela soit possible. J'ai juste voulu essayer de raconter ce que je ressentais au fur et a mesure de ma progression dans cette petite aventure pour moi
Ouh là...terrain glissant...je ne peux pas te laisser tenir de tels propos : usage de lolotte, météo qui empêche de grimper...et maintenant que tu n’aimes pas les jetés...tu es en train de détruire des années de travail sur mes cuvettards !!!
Ben oui... mais chez vous c'est pas pareil, y'a le micro climat comboirien, les jetés obligatoires, le supplice de la honte à la première lolotte...

Et puis j'allais oublier : faites de la poutre, écoutez les conseils d’Oliv…que j’aimerai tellement rencontrer, en tant que professionnels du sport, on se comprendrait…et arrêtez d’aller parader sur de la résine…c’est bien ça qu’il fallait dire ?
Ouais bien, même moi je suis convaincu…Et tant qu’on y est... vas-y booster les, toi ,ces boulets de cuvettards qui ne passent toujours pas le porte du 8…j’en peux plus !
En premier lieu, il faut bien veiller à ce que la porte soit pas fermée à clé parce que c'est plus dur de rentrer, et de pas se coincer les doigts dedans...bon ok je sors... J'ai toujours dit que le 8a représentait pour moi la ceinture noire de l'escalade. Quand j'ai eu ce ''putain'' de bac dans la main, j'ai hurlé c'etait dingue, à peine croyable, J'ai du me ressaisir pour ne pas chuter sur la fin plus facile. J'ai eu une grosse décharge d'adrenaline et de dopamine qui me rend tout chose encore. Ca m'a boosté encore plus. Ca fait toujours du bien d'aller chercher ses limites !!
Un conseil à leur donner ?
Euh moi donner des conseils....euh ce qui m'importe le plus, c'est le plaisir ressenti et être fier du travail fourni. Sinon sur le plan technique, je pense tout de suite a la lolotte mais j'entends déjà monter une clameur contestataire venu de l'Est. Ensuite sur le plan psychologique, j'éviterai l'histoire drôle juste avant un essai. Sur le plan religieux, un prière ne fait de mal à personne. Sur le plan culinaire, ne pas trop manger d'abricots secs, Les gazs n'ont pas un effet propuslsif suffisant... Bref si on rassemble tout ca, cela correspond a un stage de grimpe lotois
Saints sulpiciens 7a

Justement, parlons local. Outre le fait que vous soyez 2 dans ton village, comment expliques-tu que plus de la moitié de la population locale fasse de l’escalade ?
Ce qui me soule c'est que j'ai du mal a convaincre l'autre moitié ! (rires). Les ingrédients sont divers: pour obtenir un permis de construire dans le village, il faut adhérer au club d'escalade, quand on s'inscrit au collège, il faut faire obligatoirement parti de la section sportive escalade (ou d'ailleurs un excellent prof d'EPS sévi(NDLR...un peu d'autosatisfaction ne fait jamais de mal). On fait de la détection de jeunes talents. Par exemple; lorsque un supporter de match de foot saoul est capable de franchir de nouveau la barrière de sécurité, on lui offre la licence. Enfin on offre un paire de chaussons EB Baboon a tous les nouveaux nés du village
Tu es maintenant la fierté de tout un peuple ?
Oui je sais, ca devait arriver. Y a des banderolles dans tous le village, les gens m'acclament au fenêtres, le plus dur étant de rentrer chez moi pour passer à travers la foule de journalistes. J'ai du embaucher des motards et gardes du corps, ca me coute un pognon monstre. D'ailleurs mon sponsor « Tampax » commence a faire la gueule
Ca se passe comment l’escalade dans le trou du cul du monde ? Surtout quand on sait que c’est vachement moins fashion que le sud ou l’Espagne, et que c’est nettement moins beau que LaCuvette ?
Oué pas fashion, c'est pas évident de grimper en bottes et les doigts plein de graisse de canards. La grimpe dans le Lot, c'est un esprit et une énorme dose d'humour. On a une espèce d'icône...et pas espèce de conne... locale, the PD qui a elle seule résume tout ce qu'on sait faire chez nous en grimpe. PD c'est l'incarnation lotoise de la grimpe: le niveau, le style, l'amour propre, notre mascotte quoi !
Panique à topo city 7b+, Autoire

Et maintenant ? Le 8a fin d’une époque ou début d’une nouvelle ère ?
Ben bizarrement, j'ai franchi un cap...enfin je crois. J'ai l'impression que c'est le début de tout, je me sens petit dans mes baskets, comme si j'étais dans une nouvelle école et que je ne connaissais personne...décidément mon boulot me hante. J'ai l'impression de débuter à nouveau. Et c'est très motivant finalement. Finalement j'ai l'impression que la pièce derrière la porte que j'ai ouverte est vraiment très grande
Pffff...à qui le dis tu...Et quels sont tes prochains projets ?
Ben en discutant au tel avec Clément ce matin, j'ai pensé à un 8a de profil un peu similaire à Couganguet, j'ai bien envie d'aller voir a quoi il ressemble. Et puis je vais certainement retrouver des potes qui n'ont pas grimper à Saint Sulpice (bien que entre nous, à Saint sulp, y a une FA a faire...)
Cougnaguet tu veux dire…je ne voudrais pas faire la leçon à un local…Sinon piquer un FA à FT, est-ce qu’on partage le même fantasme ?
Oui cougnaguet, je fais de fautes de frappe en parlant !! ouecccccchhhhhhhhhhhh piquer une FA à FT !!! nan mais la je me rapprocherai du demi dieu carrément
Hello thomas 7a, Roc de Cor

Et quand aura-t-on le plaisir de te voir sur la vire d’Espace Comboire ?
Des que je serai invité ! pourquoi pas avec quelques amis, sur des vacances, ah mais merde tu en as moins que moi toi, désolé.....
Avec plaisir, tu es le bienvenu dès ce samedi matin...Quoi d'autre sinon ? A part que c’est le meilleur interview que tu n’aies jamais accordé ?
Ouais c'est surtout le moins cher et l'unique dirons nous. Ben pour conclure, je citerai la maxime du club ''mon seul adversaire c'est moi'' Ben oué, je parle pas de compétition, mais bien de celui qui est en nous et qui nous fait avancer...ou pas
Ah et puis, faites de la poutre, écoutez les conseils d’oliv et arretez de parader sur de la résine…euh, mais je l’ai pas déjà dit ça ?
Quelle verve...et pour finir un message personnel pour ta chère Tata LaCuvette ?
Chère Tata. Je te remercie de t'occuper aussi bien de moi même si quand tu me fais la bise tu piques un peu. Sinon, je m'applique autant que je peux pour grimper de face comme chez toi mais ici mon entraineur m'électrocute à chaque fois que je rate une lolotte. Et enfin, ma chère Tata, je voulais te dire que tu me manques et que j'ai envie que tu viennes me voir. Gros poutoux baveux...Et maintenant à votre tour d'embrasser chaleureusement le ''iaki yvanovitch vas y grand fou'' tout en le félicitant encore une fois pour cette perf qui augure une bien belle saison 2010 !!

dimanche 14 mars 2010

Victime

…of fate, si j’avais pu…. Ce qui m’aurait permis de ressortir une bonne vielle pochette avec un faucheur squelette géant piétinant une muraille, les murs de Jericho. Une référence mystique inspirant un groupe de citrouilles…

mais j’aurai eu du mal à raccrocher les wagons avec l’actualité cuvettarde de cette période qui n’a de fin d’hiver que le nom, au grand dam de tous ses affamés qui n’en peuvent plus de tourner en rond sur leur poutre au fond d’un garage chauffé. Même les skieurs comme Yves sont au bord de l’overdose. Cette satanée poudre blanche n’en finit plus de tomber, sans aucune pitié pour les petits crocus de mon jardin qui ne parviennent toujours pas à pointer le bout de leur tige.
Victime de la mode…pour de vrais racleurs de fond de cuvette…. A la vue d’images trainant sur le net, Martin et Lol se sont précipités sur les dernières nouveautés. Plutôt que de plébisciter le bilan carbone de Margalef, Siurana, Santa Linya ou Oliana, rien de mieux qu’Espace Comboire, pour aller tester ce "so pure" mono, dans Mezzo Forte, le nouveau 7b+ du bout de la vire. Si la douleur et la surprise furent à la hauteur dès le premier mouv, c’est surtout la petite section dalleuse de la seconde moitié qui allait leur donner du fil à retordre. Finalement, c’est Martin qui s’en sortit seul, Mister Lol collectionnant les zipettes au bord de la crise de nerfs…c’est un peu ça "the espace comboire touch", ça ne laisse jamais indifférent !!
Et puisque c’est là bas qu’il fallait trainer, Luca et Sylvain s’essayèrent à l’à peine moins récent 7b+ rési de Schnappy, No prayer for the dying.
(une dédicace au premier qui trouve l'élément bizarre qui s'est glissé dans ces 2 photos...)
On vit même Bruno et GrandLudo signer leur retour aux affaires dans Nulle part et ailleurs. Un bijou de rési en 7c avec un final dalleux laissant d’impérissables souvenirs. Autre secteur à la mode cette semaine…surement Voreppe…Ah, je vois déjà le sourire pointer sur les lèvres de tous ceux qui sentent le traquenard. Des grands murs austères, une nationale des plus passantes du département à moins de 20m, une activité des plus louches au niveau du parking, une zone industrielle poussiéreuse…encore une fois, LaCuvette ne peut laisser indifférent. On déteste ou on adore…surtout avec cet air de caillou des Calanques…et en prime la seule falaise locale qui peut se vanter d’offrir le spectacle d’un vrai couché de soleil, à l’horizon. Tous ces sympathiques ingrédients garantissent en général une parfaite tranquillité au pied des voies. Une sorte de zone protégée LaCuvette. Et ça tombe bien, deux dernières nouveautés réservent encore de belles sessions hivernales aux cuvettards. Par respect pour l’ouvreur, ils lui laissèrent les premières. Fade to black 7b+ puis 7c/7c+ jusqu’en haut et L’ultime combat 7c/8a, qui partage le final du dernier combat, le 8a+ de Ludo. Deux voies dans cet immense mur vertical à gauche de la grotte, truffées de règles, de gouttes et bien sur…de monos. A chaque fois un combat de plus de 35m, incroyablement long et extraordinairement varié. Avec en fighters réptiteurs pour la 1ere longueur de Fade to black Ludo, Sylvain, Bruno, puis à vue pour Richard qui délaissa enfin ses glacons…

La totale et sa compagne de droite attendent donc impatiemment leur premier répétiteur…
Un style qui sied finalement peu à Schnappi. Du coup, Il s’est aventuré dans les dernières nouveautés d’un ancien spot confidentiel, récemment réaménagé. Il s’offre les désormais classiques incontournables et aériennes d’un peu plus de tendresse 7a, comme Luca un jour auparavant, et d’un jour sans lendemain 7a+, avant de d’être le premier être humain à trouver tous les mouvs du dièdre technico physique du blaireau tiqua, un probable 8a…que Pierrick s’empressa de Fa-ter dans la foulée. Ils tentèrent ensuite de choper la première d’un vieux projet, un avenir incertain, avec ses 2 sections très blocs et très…incertaines justement. Comme l’écrivait notre JMC il y a peu, certaines falaises restent intemporelles et certaines voies immortelles. C’est le cas des Lames qui continuent de voir défiler des générations de grimpeurs….du coté de l’ancienne (génération), Lol et Martin s’acharnent désormais sur leur futur proche premier 8b, Amour toujours. Du coté de la nouvelle, avec ses rituels étranges, c’est Charlie qui fait ses gammes en dalle dans le très esthétique arc de cercle du Combat de rue 8a.
Victime de la mode, avec son coté sombre aussi. FT, notre mascotte reçut d’étranges nouvelles de certaines de ses voies du secteur couru de Pont Saint Nicolas, dans le Gard. Tant de suées, d’interrogations, de doutes et de réflexions pour ouvrir des voies de 3m encore plus tordues que les plus tordues de LaCuvette, et les voir aujourd’hui massacrées par d’obscurs imposteurs impuissants…un second effet kiss cool de l’aura démesurément castratrice du génie FTien sur un piètre imiteur frustré et sans talent qui ne contrôle plus son perfo ? Un triste événement qui rappelle la mésaventure du Monocle de Ludo à Seynes, détaillée dans un des ses derniers billets d’humeur dans Grimper.
Affligeante histoire qui me fait un peu penser à tous ces cuvettards qui s’empressent de répéter mes derniers chefs d’œuvre, mais en cherchant des nouvelles méthodes pour éviter celles du sumo qui bourrine…finalement c’est presque comme s’ils taillaient de nouvelles prises. Ils effacent l’esprit originel, la raison d’être, le caractère de ces voies. Ils en détruisent l'âme…Et surtout, plus moyen que l’égo démesuré de l’ouvreur ne soit alors flatté. Le génie de l’artiste incompris…. Décidemment plus personne ne respecte rien…. D’ailleurs je m’en vais de ce pas sur la vire, rajouter un point dans Sidi’H bibi et rabaisser le relais, comme ça j’aurais moins peur et j’aurais peut-être une chance d’atteindre la chaine…

jeudi 25 février 2010

La rançon

La rançon du succès, chantaient-ils tous en cœur en sautillant dans tous les sens. Des excités de la vie qui ont inspiré les ouvertures du temps de la grande époque de la vire.

Mano Negra - La Rançon Du Succès
Quand on sait qu’encore à aujourd’hui, l’un de leur géniteur apparait toujours en précurseur, explorant des pistes que le commun des mortels évitait jusqu’alors d’emprunter…on ne peut que se réjouir qu’il ait laissé trace de sa folie extraordinaire en pays LaCuvette…
Il eut suffit de parler d’un mono pour susciter toutes ces convoitises. A commencer avec Ludo et Sylvain à Voreppe, lors de la dernière vague de collante.

Ils suivaient à la trace un sumo traqueur de monos, pris en flagrant délit de première dans l’intégrale de Fade to black, une longue errance parfaitement verticale de 35m fleurant bon le 7c/7c+. Comme d’habitude, charge aux répétiteurs d’accessoirement confirmer, mais aussi et plus sérieusement, de participer durablement au nettoyage. Ceux qui casseront des prises sauront qu’ils n’ont pas pris celles utilisées jusqu’à présent. Ils auront aussi le doux privilège de gouter à ce rocher si pur, si brut et entièrement non dépicoté : la douleur faisant partie du caractère de la ligne. 35m de combat en dalle avec un second crux dans la 2eme partie comptant pas moins de 3 monos d’affilé, dont un dernier qu’il faut réarmer solidement pour contrôler la reculée du petit jeté qui le précède. Un morceau de bravoure, qui malgré les 5 premiers mètres en rocher amovible…mais si méticuleusement purgés…s’avère être une merveilleuse succession de gouttes tranchantes et de trous, jusqu’à rejoindre la fin de la traversée de Down by Law, un 7c déjà bien technique et gazeux méritant à lui seul le détour. Les majeurs de Sylvain se sont laissés désirer puisqu’ils se contentèrent piètrement de croquer, alors que ce n’est plus la saison, la carotte un 7a+, presque disparu sous la végétation. Entre deux mouvements aléatoires en dalle, Sylvain s’est laissé aller à un art dans lequel Schnappi est passé maître…Quant aux doigts de Ludo, ils n’ont eu le temps que de se déchiqueter sur la dernière prise de P’tit rond, à l’échauff, avec un petit steak de chochotte compromettant toute tentative de première répétition…
Assumant son succès international, LaCuvette, ne fut guère surprise de voir les très à la mode falaises ibériques s’emparer du phénomène et inonder à leur tour le web de leurs monos et de leurs clippages no foot. Le fin connaisseur regrettera le coté trop dévers, mettant en exergue le coté bestial, primaire de la ligne et le coté mono bac qui fait que ça a vraiment l’air rando. Mais il appréciera l’effort si bien accompagné de ces râles après les cris (private joke for FT !!) avec une bande son qu’il aurait préférée un poil plus violente.

IKER POU - DEMENCIA SENIL 9a+ (Margalef) from jordi canyigueral on Vimeo.


Il y a même une célébrissime salle d’escalade, une des premières de France et bien entendu issue du microcosme cuvettard qui voudrait devenir l’énième milliardième des amis inconnus facebookiens de LaCuvette. Cuvettard, terme qui serait en passe de rentrer dans le langage commun comme en témoigne la rubrique de l’inénarrable Foué, dans le seul et unique mag de grimpe que nous retient plusieurs heures durant assis sur le trône. Et lorsque notre cher JMC joue la nostalgie en parlant de falaises intemporelles, exceptionnelles et rares telles que Buoux, j’ai tout de suite senti que sa plume aurait put facilement déraper et se mettre à disserter sur Espace Comboire…mais il n’y des plaisirs qui ne se partagent pas !!! C’est surement en pensant au poulpe, à envoyez les violons ou à délit d’initié que sur la légende d’une photo, il indique que No man’s land, 7b+…que de changements…dire que mon souvenir reste fixé sur un rude 7a+ avec le charme désuet de vieilles sangles ornant les lunules de la traversée, malheureusement aujourd’hui remplacées…
Espace Comboire donc… La vire du haut n’eut point le temps de se détendre ce we avec un siting de certains membres de LaCuvette. A commencer avec Sylvain pour qui les Rêves de pichs, 7b seraient presque en train de tourner au cauchemar…

Rêves, qu’Oliv, dopé aux suspensions lestées sur sa poutre LaCuvette, faillit pratiquement flasher à l’échauffement. Bruno préféra un long voyage introspectif en se rappelant au doux souvenir d’un être cher, 7b. Une longue dalle astucieuse et variée qui connut vraisemblablement ici sa première répétition. Un joli combat douteux dans le premier crux en rocher gris, puis un grand moment de solitude dans le superbe caillou du haut pour arriver à s’étendre dans les grands mouvements finaux. Jean-Yves entreprit le chantier magique d’en attendant Ludo, le première voie du tryptique obligé des trois 7b+ du bout de la vire avec le très rési No prayer for the dying (from Schnappy)et le surprenant Mezzo forte, objet d’éloges cuvettiennes la semaine dernière. Un prétexte tout trouver pour trainer moi aussi sur la vire et décrocher une autre première en faisant le Trouduc. Un arc de cercle débonnaire et variante de variante de Trou de balle, 7b/b+ (avis aux amateurs…), de la même trempe redoutable que NSA, 7c/c+, traversée ultra rési du secteur KGB. Une sorte de création FTienne au delà de logique et de la rationalité, faite des mouvements et des préhensions à vivre encore une fois, avec ses tripes…

samedi 13 février 2010

Pur

Toujours pur, comme je le rétorque systématiquement au malheureux qui s’est mis en tête de vouloir noyer mon Ricard, à l’heure de l’apéro. Pourquoi donc vouloir gâcher ce petit moment de bonheur, tranquille sous l’auvent de la caravane garée en vrac sur le front de mer, face à la mer bleu caraïbe d’Agde ? Ah… cette chaleur estivale qui viendrait presque à nous manquer lorsqu’on dut, une nouvelle fois encore, affronter le blizzard canadien de ce samedi matin, sur la vire d’Espace Comboire.
Et pourtant, pour rien au monde, nous n’aurions échangé notre place contre celle d’un de ces nombreux pure riders justement. Ils se sont agglutinés en contrebas, toute la matinée, jusqu’à complètement s’immobiliser, si loin encore des stations tant convoitées. Pourquoi donc aller chercher l’or blanc là bas, alors que déjà ici on ne sait plus quoi en faire. A ce propos, je ne compte plus le nombre de conversations que je surprends à la machine à café, tournant autour de snow, de poudre, de freeride, de tricks…Sensation étrange que de se sentir entouré de tout ces champions du monde, au top de leur forme, de la technologie et des fringues dont je n’arrive toujours pas à justifier le prix si exorbitant.
Bref, nous savourions le bonheur de nous moquer de cette masse que nous dominions. Alors que Ludo et Sylvain s’acharnaient sur un nouveau projet, mon esprit divaguait, complètement embrumé, comme notre vallée de LaCuvette. Elle s’appelait Corinne. Elle avait une ligne parfaite, grande et élancée, aux formes discrètes et fines. Avec douceur elle m’apprit à me servir de mes mains, de mes doigts et de mon majeur en particulier. De nombreuse fois, je m’en servis pour l’effleurer, la caresser, jusqu’à glisser délicatement en elle. A près avoir obtenu ses faveurs, ce fut au tour de ses chaleurs. Les chaleurs de Corinne….mon tout premier 7a à St-Egreve (merci Ludo pour la photo).Un crux en dalle, sur 2 monos une phalange, sur lesquels il faut bien tirer. Ce jour là, je compris que le mono était par définition la préhension ultime de l’escalade, la seule vraiment pour qui l’on continuer toujours à grimper. C’est ainsi que je le découvris dans sa version "vissée", dans Poison d’avril, mon premier 7b, juste à droite puis dans sa version cupule, dans le départ de Bouchon net, l’autre 7b du même mur. Quelques années plus tard, ce fut le premier mono strappé, le doigt littéralement coincé, dans un des nombreux trous de La Jacquinou, sur la blanche falaise de La Roque. Une voie qui rappellera surement plein de bons souvenirs à Lol, qui dut déjà, à l’époque, me devancer dans l’enchainement de ce qui fut mon tout premier 7c.
Le caillou et les voies d’Espace Comboire sont les plus purs de la planète grimpe, nous le savions déjà. Comme pour se le prouver encore un fois, je cherchais toujours la prise parfaite. J’étais passé des milliers de fois devant, lors de mes allers et venus sur la vire. Jamais je n’y avais prêté attention. Et puis, un jour d’hiver, une fine stalactite éveilla ma curiosité. Je vis alors ces 2 petites colos discrètes. Elles semblaient légèrement évasées dans leur partie la plus haute, juste la place pour y glisser les doigts. Après quelques essais, je dus me rendre à l’évidence, c'était un mono. Une fois rentré, une simple une simple flexion du doigt forme un joli petit bourrelet. Le coincement est alors parfait, imprimant à vie la trace du grain du caillou. Un mono verrou encore inédit, un étau permettant d’envoyer un gros mouvement dynamique sur un bac, depuis lequel il faut patiemment extraire le majeur avant un superbe clippage non foot. Un geste nouveau, si pur, si inattendu…pour maintenant le crier haut et fort….Mezzo Forte !! Probable 7b+ sur la vire d’Espace Comboire.

Pure...from LaCuvette from Lacuvette on Vimeo.


Dans un autre registre, LaCuvette étoffe ses rubriques pour livrer au grand jour ses pures méthodes, parfois aussi appelés méthodes du faible. Là ou la ruse et la félonie viennent supplanter la force et l’éthique….Après les très fameux désirs exacerbés 8a du haut, le crux dévoyé du Poulpe glaireux, 7b+ par la droite, le reta du 7b de L’arme à l’œil en claquant l’angle de droite….c’est au tour de C.I.A., 7c+ du secteur KGB de faire les frais des facéties LaCuvette….avec la méthode du genou coincé à droite…merci Lol pour l’astuce, j’ai testé, ça marche !!

Cia 7c+ from Lacuvette on Vimeo.


Les mythes n’ont plus qu’à bien se tenir !!

dimanche 7 février 2010

Préparation

Tout se joue dans la préparation. C’est ce que je matraque régulièrement à mes équipes, les laissant ramer dans ces phases longues et laborieuses, pour n’intervenir qu’en fin de tache et présenter le résultat de ce dur labeur que je ne manque jamais de m’attribuer.
Dès le mercredi Yves se prépare au traditionnel tchat de Lacuvette, en répétant méticuleusement comment se connecter à coups de pseudos délicieux tels que Yvesle1er, Yvesletoutpuissant, Yvesthebestoftheworld, ou encore Yveslegrand….Mais avec ses messages, du type ‘’Allo, Allo est-ce que vous me recevez ?’’, il finit toujours pas se faire démasquer. Mais retenons plutôt que l’effort est louable, surtout quand on sait que la télé couleur est plus jeune que lui ou encore, que pour lui, le téléphone aura toujours la même forme qu’un gros pommeau de douche, mais avec 2 sorties…
Il n’y a donc pas de raison valable à ce qu’il en soit autrement pour la grimpe. Il suffit d’observer Bruno qui sort son vélo tous les jours et par tout temps. Je suis d’ailleurs persuadé qu’il ne s’agit que de la face cachée de l’iceberg. Chaque nuit, il doit se lever pour au moins une bonne heure de pédalage sur son vélo d’appartement, en regardant les rétrospectives des plus beaux moments des 100ans du tour de France. En plus de travailler sa conti, il pousse le vice à sortir le matin, en simple marcel, sans gant, mais avec son bonnet, pour travailler sa résistance au froid. Ceci explique sa capacité hors norme à grimper torse nu le samedi matin, sous la neige, tandis que nous autres nous tordons de douleur, terrassés par l’effet d’une onglée permanente. Ce samedi, on l’a même surpris au reveil, après son bivouac au pied de Comboire.

Tout ça pour le plaisir d’aligner quelques petits mouvements dans Vieil Arsenil, un ersatz de 6c, qui ne restera surement pas très longtemps dans sa mémoire…comme l’intégralité de ce secteur des toits d’ailleurs, pourtant si justement encensé sur un célèbre portail grimpe il y a peu.Sylvain lui, vient d’investir dans un engin que certains initiés appellent "poutre". Installée au beau milieu de son salon, elle est surement du plus bel effet. Elle doit ravir madame, avec une touche de raffinement aussi élégante qu’inédite. Mais que ne ferait-il pas pour pouvoir donner son petit Coup de rein, 7b à Comboire.

Comboire from Lacuvette on Vimeo.


Dans l’élan il aurait pu se laisser dévorer par les Lèvres de feu, l’autre 7b mythique du secteur, s’il n’avait pas été si hésitant. Jean-Yves lui, s'entraîne aux plus incroyables des acrobaties pour pouvoir se saisir d'une perche et ainsi se sortir de n'importe quelle situation désespérée. Puisque l’on parle préparation, sujet de rigueur, LaCuvette s’est enfin décidée à livrer quelques unes des ses méthodes infaillibles pour préparer un printemps qu’on espère tous moins pluvieux, moins gris, moins humide et pourquoi pas moins froid. Ce ne sont que de simples exercices, élaborés et surtout testés par le célébrissime Oliv "Schwarzen" Maier.

The crimp.se warm up for bouldering from crimp.se on Vimeo.


Mais les premiers résultats sont vite visibles. Après 3 semaines de suspensions, il paraitrait que son enchainement de Bouze Maker, 7c de Voreppe, lesté avec 20kg au baudrier, ne serait plus qu’une simple question d’essais…La faute à ce mois de Janvier exécrable, à ces falaises dévastées…la tension monte, les esprits deviennent de plus en plus incontrôlables… Ludo, après d’âpres négociations avec son patron, à pu installer incognito un Pan Gullich dans un des labos de l’ILL….surement pour ses vertus quantiques. De l’autre coté de la ville, un individu louche, se livrerait presque quotidiennement à quelques pratiques douteuses sur le parcours santé de la Frange Verte.

Espérons que la météo de samedi prochain soit plus clémente. Sinon, LaCuvette ne pourra plus répondre de rien !