lundi 20 avril 2009

Procession

Tout le team LaCuvette se prépare à une sainte procession, sans distinction de race, de sang ou de niveau, pour solennellement se recueillir une dernière fois, sur feu Planète-bloc, le lieu de tant d’ébats durant ces 2 dernières années. Le génie créatif de Nico le PB master, les mondialement renommés tacos de Luca, les blocs incompréhensibles pour hyperlaxes de Nunu, les fameux contests du mardi soir avec ses lots misérables toujours discrètement distribués aux intimes de Nico…tout cela, et bien d’autres encore resteront encore longtemps gravés dans nos mémoires…et dans nos gestes, ces mouvements tant de fois répétés sont maintenant responsables d’une bonne partie des nos tics compulsifs. Par devoir de mémoire Oliv a pris soin de récupérer quelques cendres du notre défunt antre du bourrinage, pour se bâtir un sanctuaire sacré dans lequel nous pourrons encore longtemps nous recueillir. En fidèle de la première heure, je me devais de prendre part à cette première cérémonie du souvenir, soutenu par Oliv et Alex, venu de loin pour partager ma peine.Adieu PB, une part de toi vivra à jamais au fin fond de LaCuvette.
La fin de l’hiver pointe son nez. Il est maintenant l’heure de redescendre sur la terre ferme et de se préparer à affronter la nature hostile. Il va falloir trouver son route et survivre jusqu’à pouvoir enfin se transformer en cette si gracieuse chrysalide.
Telles ces Thaumetopea pityocampa, les skieurs ont rangé leur lourd fardeau pour retrouver le chemin des falaises. Encore grégaires et peu sûrs d’eux, ils forment un long cortège pour la procession de la nymphose, une longue file indienne jusqu’à trouver l’endroit idéal pour que…de la petite larve répugnante, s’envole une douce sylphide. La colonie finit par trouver rapidement le lieu rêvé, au pied de la DJ. La première à s’envoler fut Manue, toute chamboulée de pouvoir renouer avec le plaisir technique d’une dalle sculptée comme celle de la bien nommée Voie des copines, un des rares 6b+ de la falaise.Malgré de beaux efforts Yves et Bertrand ne réussirent par bien à décoller dans le très long et exigeant Gare aux loups, interminable 7a+ de l’Ed Wall. Et pourtant, Yves travaille consciencieusement sa préparation physique, il fut aperçu quelques jours auparavant dans la confidentielle falaise de la Cascade d’Alloix, dénichée par le local de chez local, incontournable de ce coté ci de LaCuvette, Foué. Alors qu’il s’acharnait dans les mouvements dynamiques de l'essouflant 7a+ des inversées ca te niquent, nous profitions du privilège d'une RTT bien sentie pour faire du volume dans la même voie puis dans la très esthétique Attaque tonique des claques 7b.
Toujours à la DJ, GrandLudo jetait son dévolu malheureux sur le pas de bloc retors du 7b+ du Pec et des ongles, Sylvain et Jean-Yves cherchaient désespérément mais en vain, une voie pour tisser leur cocon. Oliv et Alex enlisaient domicile dans le physique et tonique Tectonique des ploucs 7b. Décidément un lieu paradisiaque, comme ces deux grandes et belles envolées concoctées par Ludo, dans ce long et exceptionnel mur de l’EdWall, parcouru de 2 nouvelles lignes de rêves, Last Ride over Sheep Mountain 7b+ puis 8a+ et Shine on, 7b+ puis 8a dont les première partie firent le bonheur du privilégié que je suis… Mais comme l’on ne peut parler de l’Eden sans évoquer les Vouillants, il nous fallait aussi nous rendre là bas et y laisser quelques traces. Ce fut Sylvain qui s’exécuta le premier en expédiant après moult essais une de ses bêtes noires, Fils de brute, le 7a local qui malgré un vilain point supplémentaire sur le haut garde toujours ce je ne sais quoi marquant à vie, les souvenirs de chacun des cuvettards. Jean-Yves suivit en exterminant la longue suite de prises surnaturelles du très conti Nuit de Nonosse, 7a+, avant que je ne vienne à bout de l’oublié 2eme longueur aérienne d’Air Afrique, 7c+ perdu tout là haut, sur les petites croutes croustillantes qui surplombent de près de 40m les belles bennes bleues du dépôt d'ordures Lely.

dimanche 12 avril 2009

Mange ta soupe !

C’est ce que s’acharnaient à nous rabâcher nos chères et tendres mamans, comme un rituel lors de chaque repas du soir. C’était la condition sine qua non pour avoir la permission de se lever de table et profiter du quart d’heure de répit suivant, avant la corvée du brossage de dents et l’infamie de l’heure du coucher, toujours trop prématuré. Et tout ça par amour, pour que nous puissions être les plus beaux, les plus forts, les plus grands… Même si l’on peut affirmer que nous étions tous logés à la même enseigne, force est de constater que les résultats ont malgré tout divergé : Iaki et Oliv sont de véritable Apollons, François est devenu immensément fort et Grandludo irrespectueusement gigantesque …et quant au pauvre Schnappi…
Notre passe-partout du fort de Lacuvette, véritable forçat du Pan Gullich, allait finir par tordre le cou à ce destin malheureux. En ce début Avril 2009 et alors qu’il devrait passer ses journées cloitré, à peaufiner son Capes, il devient l’un des tous premiers cuvettards de la première heure à franchir le cap mythique du 8b. Certes un peu loin de la vire, mais 8b tout de même. A l’heure de la starisation de LaCuvette, cité entre les lignes du dernier "Bruits de cuvette" du brillant Foué dans le dernier Grimper, voici l’occasion rêvée de laisser enfin la parole à notre talentueux nain de jardin préféré. Lancé sur les traces de Charlie qui s’était aussi confié à LaCuvette, il vient de cocher la première partie du potentiel 8c de St Pan, Mange ta soupe, équipée par le regretté Phildar.
Alors ça fait quel effet un premier 8b ?
8b, 8b…disons que c’est plutôt un demi 8c ! Mais bon, j’ai l’impression d’être maintenant un vrai grimpeur… Depuis je ne sais plus ce qui m’arrive, je fais des voies a vue, je ne pars plus preclippé, je n’ai plus de rallonge, je ne fais plus aucun trait de cake, je prends des gros plombs…un vrai grimpeur quoi…non t’inquiète, je déconne
Mais le plus important c’est que je suis super fier d'avoir fait une voie a Phildar. Phildar, c’est l'idole de toute une génération, et chaque soir en m’endormant, je rêve en secret qu’il revient armé de son perfo magique.
Connaissant ton acharnement, ça t’as demandé beaucoup d'essais ?
Au niveau du nombre d'essais, comme d’habitude, je ne sais pas trop, surtout si je compte les essais en moul’. Mais bon, j’ai mis 3 séances
Je suis vite arrivé à monter assez haut. Je tombais au niveau d’un mouv’ bien physique, à environ 3 mouv’ de la fin... J’ai du tombé 3 ou 4 fois par là, je n’avais plus assez de force et le clippage me coutait beaucoup. Ensuite, je me suis entrainé comme un mulet et j’ai pris un peu de resi. J’ai aussi mieux géré le rythme et j’arrivais à passer ce mouv’ pour tomber 2 ou 3 fois dans le tout dernier mouv’. Et je suis même tombé une fois avec le bac final, en essayant de clipper le relais avec le mou en main
Clipper le relais ?? Un comble quand on sait que tu pars souvent préclippé du relais… ?
Je suis un vrai grimpeur maintenant je t’ai dit !!
J’ai fais ça propre, juste un petit préclippage de rien du tout sur les 2 premiers points, et encore, à la demande de mon assureur pour qu’il soit rassuré et que je ne m’écrase pas sur lui. Et puis, tu vas être fier, aucune rallonge…et j’ai même pris des plombs, si, si !!
Bon, j’ai toujours quelques tics, je me suis forcé à clipper une dégaine de travail en plein milieu du dur.
Allez, on est entre nous, tu peux le dire que ça vaut pas un 8b du fin fond de Lacuvette ?
Au niveau de la cotation, je ne sais pas, je n’ai pas trop de référence. Et puis je suis surtout péter de force en ce moment. Rajoute à ça que je bouffe que des Slimfast depuis 6 mois, et me voilà maigre comme jamais !! Bon, que ce soit 8a+, ça ne me choquerait pas, mais je respecte les équipeurs et les éditeurs de topos : je ne décote jamais !!
Au début je pensais que c'était vraiment du 2. Je me disais "ouaiiiis c plus facile que mezza vocce, un petit 8a de la vire d’Espace, dans le même style". Et puis en tapant des essais j’ai vu qu’il fallait forcer un peu quand même ! En tout cas ça ne devrait pas être moins que 8a
Et puis St Pan ça compte quand même. Ok c’est plus en fond de cuvette mais plutôt sur la lunette, mais ya quand même certaines voies qui sentent bien fort la bouse genre: le goulag, sgog, le menton…D’ailleurs j’ai l'intégrale de cette trilogie mythique
Ca sert à quelque chose le PG ?
C’est clair que le pan gullich ça aide, comme par exemple le fait de faire des tractions d'un bras sur les boules du pg : y’a que moi qui y arrive. Je suis aussi sur-rando sur les pinces....
Le fait d'avoir travaillé et explosé le parcours coupe du monde sur PG m’a bien mis la patate !
En plus de t’avoir rendu modeste, ca t’a aidé à pécho le PG?
Bah…. faire du 8b et être champion du monde pg, ça pas encore la bérézina, ça aide pas trop pour chopper des meufs....Le problème, c’est qu’à chacune de mes séances y’a toujours les 2 clochards qui trainent avec moi Pierrick et Matthieu. Avec lesurs sales gueules, leurs odeurs et surtout leur nombre de conneries à la minute, ils font systématiquement fuir toutes les petites gymnastes du CSU. Pourtant, je vois bien que quand je tombe le T-shirt, le monde s’arrête pour elles, elles n’ont d’yeux que pour moi !!
Si t’en est là aujourd’hui c’est un peu grâce à LaCuvette non…le 8b, le fantasme des gymnastes ?
Bien sur, si j'en suis arrivé là, c’est bien grâce au team cuvette. Ca a toujours été une source d'inspiration et de motivation, un moteur pour le dépassement de soi... Et c’est bien sur grâce aux voies malicieusement équipées…banzai… par Maitre Yush que j’ai pu peaufiner ma technique et pousser mon escalade jusqu'a atteindre la quintessence de cet art...
Et puis toutes ces séances par -10 degrés, sous la neige, la pluie, et le vent, ça te forge un grimpeur, un vrai grimpeur... Alors oui pour tout ça.....je ne remercierai jamais assez Lacuvette !! Bon et maintenant ?
Mon prochain super projet, c’est l'intégrale, pour suivre les traces de Charlie !! Il y a bien moyen de fendre. J’irai bien à Espace dans le baiser bleu….faut pas oublier que c’est la plus belle falaise du monde, et je veux faire l'intégrale !!
J'aimerai bien allez essayer ma voie aux Saillants, charlotte au Congo et celle d'espace comboire, nanouchka…ce sont les plus belles voies de LaCuvette.
Bien joué Schnappi, toute LaCuvette se félicite d’avoir misé un copeck sur toi et de t’avoir recueilli, alors que tu n’étais qu’un enfant.
A noter aussi que depuis, Mange ta soupe serait en passe de devenir une classique, puisque la première partie aurait connu une nouvelle répétition et que l’intégrale serait tombée sous les assauts du suscité Pierrick et de l’inévitable Quentin alias Toufic, toujours là dans les bons plans du coté de LaCuvette. Bravo à tous, LaCuvette compte sur vous pour que vous prodiguiez encore la bonne parole jusqu’au bord extérieur de la lunette.

mercredi 1 avril 2009

La croisée des chemins

Ce lieu où les chemins se séparent, comme pour mieux se retrouver ensuite. Un point de questionnement mystique sur la route des mystères divins, auquel semblait être parvenu François. Après la célébration des invisibles, un autre 8b perché de son nouveau secteur d’Autoire, il se prépare maintenant à se rendre à Lourdes. Comme si sa quête de l’anagogie le poussait vers notre sainte vierge. Comme si elle l’appelait, pour enfin le révéler à l’humanité toute entière, pour l’élever parmi le saint des saints. Il sera accompagné de son plus fidèle serviteur, Iaki, qui a juré devant l’éternel de revenir pour témoigner des futurs miracles que réalisera son maître dans quelques une des plus belles falaises pyrénéennes.
D’autres chemins cuvettards allaient aussi se croiser ce weekend. Comme celui du team eb, en déplacement exceptionnel dans le centre névralgique de LaCuvette qu’est Planète Bloc. Accompagné de M.eb en personne, tous s’étaient depuis longuement préparer à affronter les problèmes ouverts avec tant d’amour et de génie par Nico, notre vénéré PB master. Et dire que ce fut l’un des rares weekends de la saison de grimpe où je dus m’absenter et laisser les clés de LaCuvette…
Yves, attendant son heure et rêvant de cimes enneigées, croisa par dépit notre route. La météo capricieuse compromettait sa préparation à un de ses nouveaux défis, peut-être enfin à sa hauteur. Sache qu’il nous faudra attendre encore longtemps le jour où, nous autres, arriveront, ne serait-ce qu’à la cheville de ton extraordinaire niveau physique. Ce jour là, on sera tous au moins…sexagénaires et retraités !!
Martin decida aussi de faire un bout de chemin à nos cotés, en père indigne s’étant débarrassé de sa jeune progéniture pour partager un samedi matin entre cuvettards. On vit aussi Jean-Yves, enfin libéré de sa 2eme grossesse et dopé aux hormones pour son retour en force. Enfin, il y eut GrandLudo, s’accordant un peu de répit, entre 2 périodes de 2 semaines de congés…en à peine un mois, tout juste de retour de la Réunion et en instance de départ pour les falaises de l’Ardèche.
Accompagné des inconditionnels que sont Sylvain et Bruno, tout ce petit monde décida de braver la météo, de se bander les yeux et de se couper la langue pour venir essayer quelques un de mes nouveaux égarements d’équipeur névrosé. Après un échauffement laborieux dans une voie dont l’on taira par decence, le nom et la cotation, Yves répéta une des désormais classiques du secteur, un peu plus de tendresse, un 7a dans lequel il rendit hommage à une certaine légende blonde…le style en moins, suspendu d’un bras sur la lèvre du surplomb, l’autre main occupée à délayer puis à clipper. On retiendra aussi l’instant de doute et les fameux gémissements qui suivirent, si justement accompagnés du sanglot de désespoir ''j’y arrive plus !!''…fort heureusement contrés par nos encouragements, au moment du réta.
L’autre classique du site, un jour sans lendemain, 7a+, connut son lot de répétitions, avec Sylvain, puis Bruno. Ce dernier découvrit enfin qu’il était capable de plier le bras à plus de 45°, même avec des pieds pendouillant dans le vide.Vint ensuite le tour de Martin et GrandLudo, de se prendre pour la star des latrines, dans une première section tapant dans les 7c/7c+. L’intérêt du pas de bloc lunaire de la directe dans le surplomb médian ne fut pas avéré, mais le simple détour par la gauche pour rejoindre la sublime suite dans la dalle à gouttes du haut s’imposa de lui-même !
Et si c’était finalement cet aspect du secteur qui nous envoutait ? Cette croisée des chemins verticaux, rendue possible par la ligne de faiblesse naturelle du mur, cette rampe striant le secteur de part en part. Une certaine impression de complexité, un reflet des égarements et des caprices d’un ouvreur lypémaniaque, mais qui confèrent au secteur une individualité et un caractère peu courant, une espèce de foisonnement magique que chacun devra faire l’effort de découvrir et de s’inventer…Un peu comme aurait pu le dire François, sur les traces d’un aïeul dominicain, et à propos de nous autres pauvres pecheurs équipeurs ''les uns croient que les autres se trompent de chemins s'ils ne suivent pas le leur'' .

dimanche 22 mars 2009

Tous à la manif

Fallait s’y attendre, à nous coller une bonne vieille crise en pleine liesse du nouveau millénaire, il y allait y avoir des mécontents. Ce cortège de licenciements, de fermetures d'usines et de situations précaires, c’est vraiment moche. Et ces vilains patrons du CAC 40 qui ne savent pas gérer la crise, le recul des commandes, la chute des marges, les pannes de trésorerie…comme le mien qui, malgré tout m’a octroyé un joli bonus cette année…bouh, j’ai honte d’être à la botte d’un tel buveur de sang qui ne regarde ses salariés qu'à travers les profits qu'ils lui permettent de faire et pour qui le licenciement n’est qu’une simple formalité administrative. Il serait tellement plus simple de faire tourner à plein régime la planche à billets et tous se mettre d’accord pour abuser équitablement du système…
En cet énième jour contre la crise donc, comme tant d’autres contre la guerre, le réchauffement climatique ou la maltraitance des enfants, je déposais machinalement les enfants chez leur nounou. C’est elle qui me mit la puce à l’oreille : "Aujourd’hui pour le 153eme fois sur le 125 jour d'école que compte l’année, la maitresse ne sera pas là". C’est vrai qu’à force, j’avais fini par oublier de compter. Le bon coté de ces grands soulèvements, c’est qu’ils conduisent parfois à d’heureux concours de circonstance. Je fus soudain bloqué par les barricades et les banderoles rouges…à deux pas du parking de la DJ…tout comme GrandLudo, Bruno, et Sylvain, mes malheureux compagnons d’infortune. En bons cuvettards ne vidant jamais leur coffre du minimum vital (eb, baudard et corde) nous voilà à patienter que l’attroupement disparaisse. GrandLudo en profita pour en finir avec la tectonique des ploucs, joli 7b physique. Sylvain continua de peaufiner le pas retors de la première longueur du pec et des ongles 7b+ et Bruno se laissa tenter par toutes les louanges qui je lui fis sur une des dernières créations de Ludo, Last ride over Sheep Mountain, dont la première longueur (pour quand même ses 35m) deviendra surement l’un des plus beaux 7b+ techniques de Lacuvette (comme son voisin de gauche Le pont de Londres). Après que je lui eus posé les paires dans ce pur bijou, il nous révéla une petite partie du secret de son style fluide et élancé : contrairement au commun des mortels, mère nature lui fit don de deux pieds droits, gages de précision et de grâce. L’affaire aurait pu être pliée au bout de trois essais, mais l’appel du capitalisme fut plus fort, nous contraignant à rapidement rejoindre le monde des affaires…
Même au fin fond du Lot, le soulèvement se fit sentir. François opta pour un sitting…pour toutes ses nouvelles voies du secteur le passage se crée à Autoire. Pour corser le tout et éviter de partir debout sur la lèvre de la grotte, il fit table rase des barricades et tas de gravats pour s’imposer un départ assis au plus profond de la grotte…de quoi se rassasier de mouvements physiques en toit, comme dans le 8b du visage nuptial. Iaki, lui non plus, ne pouvait rester impassible. Il fit le siège, entre Mihlac et Autoire. La première pour s’offrir son 2eme 7c en une semaine en la personne de Pépée…de quoi enfin mettre la pression à Yves !! Et la deuxième pour s’essayer à l’apocalypse joyeuse, une toute nouvelle joyeuseté en 8a du FT sus cité !!. A voir le tracé de la ligne, je n’ai plus de bonne raison pour avoir des complexe à ouvrir des itinéraires tortueux, laissant libre cours aux connexions et autres variantes !!!
A l’heure de la critique de la société de consommation, nous ne pouvions que déserter les falaises normées, aseptisées, prêtes à l’emploi, et finalement jetables un fois les projets torchés. Avec les mêmes, nous faisions route pour un accès un peu acrobatique, une petite vire mal aménagée, des prises qui croustillent, à l’état brut, agressives, voire coupantes, sans traces, des points jetés au hasard des zones de faiblesses mais rendant complexes les itinéraires et la lecture les lignes… Avec les yeux de l’explorateur découvrant le nouveau monde, Ludo réalisa la première du Jour sans lendemain, probable 7a+ alternant entre une première section déversante et physique, et une deuxième, sur une sublime dalle technique. Il en manqua de peu à Bruno pour faire de même et s’offrir ce joli morceau varié et gazeux. Même cocktail et encore plus long pour Sylvain et son 3eme essai victorieux pour un peu plus de tendresse, vraisemblablement 7a, démarrant par une longue traversée sur la rampe striant le secteur, avant un no foot d’anthologie dans un surplomb plein d’ambiance pour se rétablir sur 20m de dalle saignante sur gouttes d’eau superbes. Et pour finir avec la contestation, une visite dans No futur, un futur projet dans le 7c/8a pour GrandLudo, pour les prochains jours de mobilisation nationale…

lundi 16 mars 2009

Le frisson

Tout petits déjà, j’avais observé leur manège. Ce petit sourire de satisfaction, pour signifier leur totale maitrise de leur corps, ce sentiment de liberté après s’être copieusement déchargé d’un lourd fardeau, cette impression de domination, en me regardant et en désignant du doigt cette couche maintenant pleine et à changer…Ce petit frisson caractéristique du pipi, qui a fait se trémousser bien des fois ma progéniture, confortablement installés dans leurs transats.
Y’a en deux qui ont du chercher le frisson dans une tout autre ivresse. Hormis la tête du PB master satisfait de lui-même, on remarquera l’arrière plan sans équivoque d’une photo prise lors du dernier contest Planète Bloc. Dès 18h, à l’heure où traditionnellement les compétiteurs d’échauffent, 2 étranges individus, jadis digne cuvettards, s’attaquèrent aux 2 meilleurs places du bar, pour ne plus les quitter jusqu’à tard dans la nuit. Une combativité hors pair pour défendre le saladier de chips et une maitrise du ‘’je lève le coude pour descendre ma canette d’une traite’’ qui feront la fierté de vos familles respectives…
Y’en a un autre qui a failli manquer son premier grand frisson. Trop d’enjeu et de pression, alors que la foule d’admiratrices scandait "décontracte, des cons tractent", Iaki ratait son énième essais dans ce 7c dalleux de St Sulpice, petit havre préservé du Lot. L’imprévu d’une prise saisie de la mauvaise main, la soudaine déconcentration lui faisant suite et enfin la perte complète de ses moyens dans un cri de rage comme seuls les Marivalois savent le faire, avaient presque eu raison de sa journée. Et puis, de nouveau, la foule, les admiratrices, les cris, les acclamations des groupies en délire…Et il se laissa porter, tenant son public en haleine, petite zipette en bas, fatigue feinte sur les bacs du haut, repos interminable avec faux gémissements de sanglier aux abois, de quoi faire durer le suspens et puis finalement la chaine, dans un parfait effet de surprise à la Spielberg. Bravo Iaki pour ton premier 7c…juste de quoi mettre la pression à Sylvain, Jean-Yves et Oliv…et surement le début d’une longue et belle liste !!
Alors qu’on peine à caser une séance dans la semaine, certains étudiants attardés font preuve d’une ubiquité déconcertante. D’abord à Buoux pour s’offrir le taillé sur mesure Rêve de papillon, 8a en 2 petits essais, avant de rêver encore en se frottant au mythe de l'autre 8a, Chouca, Schnappi fut aussi aperçu à Espace 2000 pour plier la dalle très technique de Pacte d’agression, 7c (et dernière voie qui lui restait à faire), avant de se faire shooter à Tétard park, sur les traces de Charly, dans la 1er longueur de Mange ta soupe, le 8b au nom inspiré du grand Phildar. Non loin de là, et dans la discrétion la plus totale, Yves faisait aussi son grand retour, en quête de frissons verticaux. Il profite des derniers soldes et parvient tranquillement au Nirvana, un long 7b kairnique mais beau du secteur de la dalle bleu…
Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel frisson me parcourant tout le corps. Ces poils qui se hérissent de plaisir tandis que se bandent tous les muscles de mon être. Des gestes précis, sans a coup, un corps à corps parfait avec cette grande et belle…dalle de la DJ !! Un rocher, une ambiance, si purs, pour plus de 55m et quelques milliers de dégaines (35 jusqu’au premier relais) de cette nouvelle variante plus corsée de Gare aux Loups, tristement nommée Last ride over Sheep moutain gros 8a+ à priori. Des gouttes, une immensité pleine de crépis, un régal pour les eb et les doigts, une multitude de mouvements tous plus beaux les uns que les autres…et dire que je ne jurais que par les voies courtes !! Mais la ce fut comme 4 voies courtes d’affilé, entrecoupées de repos, juste pour ne jamais avoir à tomber dans l’ennui de l’effort du sportif et de la conti. Des sections techniques, en dalle, pour moi tout seul, perdu là haut, très, très, mais alors très loin de mon assureur. Encore victime de mon autonomie limitée, puisqu’au-delà de 20m l’oxygène me manque, j’ai tout de même une étrange prémonition... celle d’y retourner dans peu de temps ! Encore une fois, un grand merci à Ludo, ce découvreur de génie et grand perfectionniste, au point d’élaguer les arbres en bas pour que l’assureur parvienne à nous suivre du regard. Tu m’as subitement redonné envie de grimper, de faire encore de la dalle et de vivre ces instants de solitude, comme il n’y en a qu’ici, dans ce grand mur.
Pour GrandLudo, ce fut une autre sorte de frisson, celui de quelqu’un quittant l’eau à 35° d’un lagon bleu turquoise pour une aprèm de Mars à la DJ, à l’ombre et en plein vent de nord !! Si on rajoute à ça le sac de plage avec short et marcel, forcément, fallait s’attendre à ce que les dents claquent et que même les gros mouvements en 7b de la tectonique des ploucs n’allaient pas suffire à le réchauffer !! Sentiment que Luca, notre PB master tiré de ses blocs de résine ne contestera pas non plus, en bon latin habitué au soleil et encore peu aguerri aux (vraies) joies et merveilles de LaCuvette. Heureusement que Sylvain fut la pour rétablir la vérité et attester que depuis le début de l’année, ce fut se première séance... sans onglée…de quoi réveiller ses envies et visiter le 7b+ court et retors du pec et des ongles. Comme Victor l’écrivait à Charles, Monsieur Ludo, "vous créez un frisson nouveau…"

lundi 9 mars 2009

Inattendu

Et effréné surtout... Tels furent les premiers mots qui me vinrent à l’esprit lors que François, alias FT, l’efftra-terrestre venu d’une civilisation bien plus avancée que la notre, me fit part de sa dernière création. Une nouvelle folie mystico-futuro-visionnaire s’était révélée à lui, alors que son regard errait sur certaines parties supérieures et suspendues (non…pas le siennes !!) de la falaise d’Autoire. De cette toquade naquit son visage nuptial. Il aurait pu être question de l’émotion de sa douce, lorsqu’il se mit à genou pour la supplier de lui offrir sa main…mais le romantisme n’a pas encore contaminé les aliens, son visage nuptial n’est pour l’instant qu’un 8b du nouveau secteur d’Autoire : le passage se crée. Mais comme tout cela aurait été trop simple, sa touche de génie l’a contraint à rajouter un départ assis sur le bord excentré de la grotte, suivi par une trav de 5-6 en plein toit pour enfin rejoindre et poursuivre par cette voie, le tout pour un projet frôlant peut-être le 8c…
Inattendu aussi, à l’heure où la vallée de la Romanche s’obstrue chaque week-end d’hiver, victime du flux de vacanciers contraints par la crise à se payer une semaine de ski dans ces stations huppées de l’Oisans. Alors que Rioupéroux se meure au grès des gaz d’échappement de cette fameuse conscience verte collective, certains illuminés continuent à fréquenter la face cachée de la vallée, cette petite parcelle qui voie discrètement le soleil, au calme d’une forêt bucolique, cachée des yeux du commun des mortels. Le secteur EDF a connu une déferlante de nouveautés, avec un nouveau secteur complet mais aussi et surtout la FA d’un 8b+, cotation encore rare en pays cuvettards, épargné par l’inflation délirante de ces derniers temps. C’est Toufic qui s’offre la première de l’atypique Quantum of Solace, ouvert par sa James Bond locale qu’aurait pu être Sunny. Entre 2 highball, une ligne pure de spits scintillants au soleil, en plein dans l’arche imposante, une véritable ode à la compression en toit, suivie d’une perle de rési comme seul Rioup peut en offrir.
Inattendu encore, comme me l’a décrit Martin, lorsqu’une énième fois il monta poser sa corde dans Je grimpe donc je suis, le célébrissime 8a+ dans le mur déversant des Lames, strié de règles puis de monos, oscillant entre les coulées bleues grises du haut et le blanc, ocre et noir du bas. En ce jour de semaine alors qu’il n’avait pas prévu de grimper, il eut suffit de peu pour qu’il se laisse pervertir…Parti pour poser les paires, et alors qu’il se retrouva au dessus de dernier point, et malgré l’immense instant de doute créé par l’absence de cette si rassurante rallonge de 3m, un regain de lucidité et la bonheur de pouvoir se dire qu’il ne faudra plus y retourner suffirent à trouver l’énergie pour aller jusqu’au bout. Respect Martin pour cette enchainement à l’ancienne, redorant le blason et l’honneur de cette voie, si souvent bafouée par les chasseurs de croix peu scrupuleux shuntant le bas par les bacs de droite, prenant le repos dans la fissure interdite du milieu, pourtant loin à gauche, et clippant une rallonge salvatrice pendant du relais lointain.
Tout aussi inattendu le mail Roderick, un lecteur égaré quelque part dans ce pays plein d'histoire et de spiritualité qu'est l'Inde, du coté de la vallée magique de Hampi. Parmi les temples, au milieu "des collines de roches rouge orangé entourées de vallées vertes de rizières et de bananerais, l’ensemble surplombé d’un ciel uniformément bleu, des blocs à perte de vue. ..Tout cela devient encore plus impressionnant en prenant de la hauteur et évidemment, aurores et couchés de soleil viennent encore ajouter leurs intensités aux couleurs". Le coté mystique de la vallée n’est pas sans rappeler Rioup, cette impression d’un autre monde, en dehors du temps, les temples remplaçant les ruines et les maisons glauques et délabrées…. Si loin et devoir se lever à 6h de mat pour grimper…encore une étrange coïncidence…Prenez le temps de lire, de profiter de ces quelques images et de plonger dans cette ambiance d’ailleurs.
Inattendue enfin, cette vire sur laquelle je me retrouvais ce samedi matin. Ce ne fut pas celle à laquelle j’avais pensé...Et puis, rapidement, je repris mes marques, des voies de rési intense d’une quinzaine de mètres, en léger dévers, surplombant la ville et s’ouvrant sur le panorama blanchi par les neiges de ces derniers jours. Un air presque connu…Sylvain m’avait entrainé sur l’autre vire, celle de Comboire, Ludo’s beach et ses quelques voies majeures. Je profitais de cet heureux changement pour empocher un vieux 7c oublié, Aerobut, une très jolie section suivi d’un réta scabreux comme il n’en existe qu’ici. Même profil, même caractéristique mais pour une voie plus récente pour Sylvain qui manque de peu la lolotte obligatoire du l'étoile et le fouet, 7b+ tout aussi intense. De là a dire que des cuisses skieurs rendraient impossible certains mouvements…il n’y a qu’un pas !! Pour se finir, sur la route du retour, en hommage à GrandLudo qui découvrit ce subtil mouvement, Sylvain s’essaya une énième fois à cette étrange pointe contre-pointe qui rend belle et évite le but dans belles et but 7b court et retord de l’ancien secteur.Même si son paraître et ses manière agacent souvent, ce très académique Jean avait raison, tout le bonheur du monde est dans l’inattendu