lundi 23 mai 2011

Rendez vous en terre inconnue

Cela va sans dire : le cuvettard est un éternel voyageur, avide de nouveaux horizons, curieux des richesses insoupçonnées des rencontres fortuites. C’est un polyglotte citoyen du monde, un amoureux des peuples, un adepte de la différence en quête d’ailleurs et de civilisations plus humaines. Il est toujours prêt à frotter à de nouvelle culture…avec précaution tout de même, surtout si cela doit se passer dans la suite VIP d’un Sofithel aux Etats-Unis.
Yves, c’est un peu notre Paul Emile Victor. Il nous bassinait depuis belle lurette avec ses récits de sa découverte d’une immense baume perdue aux confins de la frontière nord du pays LaCuvette. Un endroit qui pouvait se vanter de voir encore moins de soleil que notre Lolette et qui serait bordé d’une nationale qui ferait plus de bruit que Voreppe, les Vouillants et Espace Comboire réunis. Il n’en fallait pas moins pour égailler notre curiosité. Et puis, il y a fort longtemps, alors que beaucoup d’entre nous n’étions pas nés, Yves y fêtait ses 60 ans et enchainait ici son premier et toujours unique 7c, Mystic, sur la gauche de la falaise. Direction La Balme donc…qui par le plus grand des hasards, se trouve aussi couchée sur papier glacé dans le magazine qui occupe mes séjours prolongés sur le trône de mes toilettes.
Plus qu’une falaise, nous étions en quête de la rencontre de l’autochtone. Le local ici, répond au nom de balmeux…pire encore le balmeux savoyard. Il est d’un type plutôt grand, sec, musculeux, avec le poil dru et grisonnant. Une sorte de croisement entre Bruno et Oliv…à chacun de faire les rapprochements adéquats…. De prime abord, le balmeux semble sourd et muet car il ne détourne pas la tête sur notre passage. Il ne décroche pas un régard et ne lâche pas un mot. Et surtout pas un « bonjour », qui pourrait être interprété comme un message de bienvenu à l’étranger. Car il n’est pas là pour rire le blameux. Et ses longues ascensions dans les classiques de continuité du secteur, sont d’un ennui mortel pour son assureur, mais en font surtout un maitre incontesté dans cette filière que d’autres ont définitivement bannie de leur vocabulaire. Mais en le cherchant bien , lorsque vous le pousserez dans un ultime retranchement, vous aurez peut-être la chance, comme nous, de percevoir son chant discret et mélodieux. Le balmeux s’exprime par très brèves séquences, jamais guère plus de deux mots à la suite. Lorsqu’il daigne enfin ouvrir la bouche c’est souvent pour lâcher un amical « putain bordel »…pour manifester son agacement à l’égard d’un famille cuvettarde qui se dispute bruyamment la dernière tranche de sauc’ en contrebas, ou encore un « Non, je vais y aller»….comme une réponse mielleuse à quiconque osant lui demander s’il était possible de grimper en utilisant ses dégaines pendouillant dans son projet. Car le balmeux à toujours à projet à la Balme. Il y laisse d’ailleurs ses plus belles dégaines à demeure toute l’année, toutes les voies de gauche ressemblaient à une sorte d’exposition de tout ce qui peut se faire en terme de quincaillerie grimpesque. Le balmeux marque donc son territoire, et l'on n'est pas surpris de découvrir une auréole jaunatre et odorante au pied de sa voie, une pratique visant à éloigner tout autre prétendant. On est bien ici chez lui…mais on n’a pas été invité…
Au grand désespoir de Sylvain, le Balmeux est exclusivement masculin. Ce qui forcément limite sa prolifération pour le plus grand désespoir de… personne donc ! Mais pas de panique, fort heureusement, il existe des balmeux non savoyard, des savoyards non balmeux, voir même des non savoyards non balmeux….bref souvent plein de monde au pied des ces grands mur gris truffés de trous et de colonnettes, au point même de devoir faire la queue dans certaines classiques.
Si l’on vient ici, c’est pour faire du volume, trouver des grandes envolées d’une incroyable homogénéité. S’ouvrent alors deux options radicalement opposées : soit tomber complètement cramé dans du pauvre 3sup, le nez sous les relais… comme Luca, Oliv ou Sylvain dans la voie de Berhault superbe 7b+ dans le style, ou comme Bruno et ma pomme dans le 7c+ juste à droite ou alors comme Yves, dans un passé fort lointain, dans Cathédrale, le 7b+ classique des classique du lieu ; soit courir et se friser sans forcer comme Fabien dans la Berhault, Nico qui la fera à vue et randonnera au premier essai le 7c+ de droite,


ou Eric dans le sus nommé Mystic, 7c. Mais en cherchant bien on peut aussi trouver des sections bien bloc, comme le bombé des cinquantenaires rugissants, un 8a qui nous a donné du fil a retordre avec Nico ou bien dans quelques une des nouvelles voies plus faciles, le 7a+ de l’extrême droite ou les 7a courts et explosifs du centre de la falaise, pour Lucien et Yves…qui fêtait en ce jour ses 68 printemps…en pleine fleur de l’âge et bientôt prêt a faire l’intégrale de Cathédrale, son futur deuxième 7c…et l’occasion pour nous de tenter de renouer le contact avec quelques chaleureux balmeux…
Même la famille JMC est partie changer d’air…en explorant la jungle vertacorienne limitrophe de la taupinière, ou en se prélassant sur le caillou chaud de la plage. Quant à nos frontaliers de LaCombe, ils ont poussé jusqu’au pays oublié de la technique qui arque fort et qui fait fumer les pieds : Mouriès.
Et comment parler de dépaysement sans évoquer Parves. Un monument de falaise érigée par les Ducs, avec un tout nouveau secteur La Navire sur lequel nous étions partis naviguer avec Michel en beau milieu de semaine. Un travail de titan, un chantier de l’atlantique grandeur nature pour aménager une vire et ouvrir 6 lignes oscillants entre le 6c+/7a et le 7a+/7b, plutôt en dalle exigeante sur rondeurs pour Roc fort, Nain sistez pas et Non man’s land sur la gauche et plutôt en conti sur un beau caillou gris concrétionné et travaillé sur la droite avec L’inconnue, Canons de sauvetage et Hissez haut.
Mais il est l'heure de rejoindre le port, de poser son paquetage et de reprendre les affaires quotidiennes...

dimanche 8 mai 2011

On the road

Encore, encore…Même s’ils ne sont plus tous jeunes, ils n’en demeurent pas moins larges d’épaules. Même si la route est droite, la pente est raide. Et c’est ainsi qu’en ce printemps 2011, Jean-Yves et Bruno ont fait leur entrée dans le club très fermé des grimpeurs les plus forts du monde…non octogradistes... avec leur enchaînement, à quelques jours d’intervalle d’un chef d’œuvre de rési bien homogène, sur les grands murs gris à trous et rondeurs de Crossey 3, Le 8ème art, 7c+. Soit leur tout premier dans ce niveau, à tous les deux.
De quoi asseoir Yves et Sylvain qui avaient pensé faire une sortie plus rentable du coté de St Pancrasse, dont personne n’eut d’écho d’ailleurs. A ce propos, ces deux là semblent avoir disparus de la circulation, ne sachant plus quelle excuse trouver pour n’avoir pas fait partie du cortège d’encouragements qui nous valu, avec Oliv, d’être aphone pendant plus de trois jours.
Il est vrai qu’Yves était déjà sous le choc de la dernière sortie cycliste de Bruno avec ses 110km au travers de tous les cols les plus raides de la Chartreuses. Là encore, Mr inoxydable sait se montrer redoutablement rodé à ce type d’effort, devançant de beaucoup la plupart de ses prétendants. Quant à Sylvain, depuis qu’il a fait exploser le serveur de Meetic, forcément, il devient plus difficile de le sortir du lit le samedi matin, à 6h30. Mais quelle idée de glisser en légende de toutes ses sublimes photos dans Ze Topo : « Sylvain D., beau et riche célibataire, disposé aux aventures les plus folles »…et suivi de son numéro de téléphone. Nous aurions du faire jouer la censure LaCuvette….mais bon, trop tard, le coup, si l’on peut dire, est déjà parti…
Mais revenons à nos deux héros du mois. Bruno, fidèle à lui-même qui entamait une montée de repérage qu’il randonna littéralement…en moul’. En redescendant il lâcha un innocent « Ah, c’est marrant je me souvenais d’un truc extrême quand on avait essayé avec Ludo ». Mais oui, c’était avant que Ludo ne débute ses chantiers de bétons pharaoniques…depuis ces temps reculés, de l’eau a coulé sous les ponts. Et puis, la fin de séance arrivant, à force d’assurer un sumo en train de saucissonner dans un pauvre projet plus à droite, voila que j’entendis la traditionnelle fougue de mon Mister inoxydable. « Bon, je vais remonter une fois en moul repérer le haut, avant de rentrer et faire mes 350km de vélo ». Et là mon sang ne fit qu’un tour, je dus sortir mes plus belles tirades pour signifier un sincère atterrement. Et, feignant de me vautrer j’embarquais la corde dans ma chute…j’avais le coccyx demis, mais au moins la corde était tirée…Et voilà mon Bruno contraint de s’encorder, de faire crisser ces chaussons et de partir pour un effort de longue haleine comme il en a le secret. 30m en plus de 30min, soit moins d’1mètre à la minute. Une ascension à décorner les bœufs, en prenant un repos à chaque mouvement.A peine le temps pour moi de finir mon piquenique, de relire l’intégrale des guerres et paix et de passer une dizaine de coups de fil pour le boulot, que Bruno était en train de clipper le relais à grand coup de « j’y crois pas, j’y croix pas, j’y crois pas »….
Et ben si, et il va falloir commencer à t’y faire, car je sens que ce n’est que le début…
Une semaine plus tard, même heure, même falaise…et même absence d’Yves et Sylvain surement pour cause de vélo d’appartement pour l’un et de sport en chambre pour l’autre. Remonté par le succès de son ainé, Jean-Yves hésita entre se lancer de nouveau dans la voie ou coller aux basques de Bruno en essayant leur prochain 7c+ sur la liste, Persiste et signe, un peu plus a gauche, dans un style plus à doigt et plus dalleux. Encore une fois, tout un attirail de tirades de mauvaises fois pour le remettre sur le droit chemin. Et le voilà parti pour son 2ème essai.
Et quel fut ma surprise encore lorsqu’à partir du milieu de la voie, je l’entendis sangloter « Maman, j’suis complètement pété, j’en ai marre, viens me chercher, je veux rentrer à la maison ». Mais rien de telle que sa bonne vieille tata pour remonter le moral. Un gros câlin et ça repart !! Et voilà pour le deuxième…
La route vers le 8a est donc belle est bien ouverte…enfin, pour qui veut bien se donner la peine de l’emprunter !

lundi 25 avril 2011

Bottin

Encore un terme désuet qui ne dira rien aux nouvelles générations nées connectées en réseau. A force, je vais finir par croire que je viens d’un autre siècle. Alors que je cherchais un titre accrocheur pour le post LaCuvette de la semaine, je tombais encore sur quelques vidéos qui ne me laissèrent pas indifférent. Certes, de superbes images, haute définition, des prises que même en rêve jamais je ne pourrais tenir, des champs de blocs infinis sur fond de paysages à couper le souffle…mais tout cela n’étant rien sans les courtes interviews de nouvelles égéries d’une marque connue. Marque que jamais je n’ai vu portée par un cuvettard, même pas par Sylvain qui passe maintenant toutes ses soirées en chasse, dans les lieux les plus branchés…ce qui lui vaut de nous rejoindre à 10h passées, le matin à la DJ par exemple…Bref, des réponses d’une richesse et d’une profondeur telles, entre des « ouais c’est super beau » et « oui l’escalade c’est super dément ». A ce propos, par hasard, en rangeant mon grenier, j’ai retrouvé un vertical avec un certain top 30, datant de 1988…ils étaient jeunes aussi, avec des tenues tout aussi savamment colorées, mais avec un discours, comment dire…plus authentique. Et j’ai passé un bien plus agréable moment de lecture…
Le bottin donc, deux ouvrages, l’un jaune et l’autre blanc qui mettaient à mal ma frêle boite aux lettres une fois l’an, du fait d’un nombre de pages et donc d’un poids plus que conséquent. Du temps du non numérique, nous passions donc des heures à feuilleter ces pages à la recherche d’un nom ou d’une adresse. C’est ainsi qu’on aurait pu localiser un monsieur madame Nico, en double résidence, l’un à la plage avec visibiblement un problème de pied qui a du mal a rester collé au caillou, dans Bio 7c+ au final doucement physique

puis dans Les nymphes pétrifiées, le 8a de conti qu’il faut faire. En bons cuvettards de base, c’est la fleur au fusil et sans l’artifice du faible qui coince le moindre genou entre ces énormes colos, que nous avions entamé nos valeureux essais…mais finalement, nous aurions peut-être dû…Même sanction pour Oliv, Bruno et Jean-Yves dans Pop rock, 7b+ au profil moins marqué et l’Entorse 7c+ physique avec là encore de bien belles colos. Quant à Madame Nico, elle s’essaya au style rési redoutable sur les rondeurs aux adhérences furtives du superbe 7c+, le 8ème art à Crossey 3. Là encore, suivie par Oliv et Jean-Yves, visiblement à la solde de notre réplique locale d’un certain couple hispano-americain vedette de la marque aux vidéos précédemment citée..

Comme dans le bottin, des pages et des pages de croix, de toutes parts, aux quatres coins de notre univers local. A commencer par Charlie, modèle LaCuvette pour la collection automne hiver 2011, qui enchaine les 3 8b+ de Têtard Park : Grenouillette, Les pères chartreux et Pavillon 36. Et comme il n’a plus rien à y faire, le voilà pris d’envies d’ailleurs…pour la première fois et après plus d’1h de bartassage, je l’aperçus à la DJ, pour une découverte de son escalade unique, dans Eternal caravan, le 8a classique et à faire de la petite DJ. Et comment ne pas aussi souligner sa perf à vue dans le dalle de 3m de Phildar au Petit désert, Tu l’as voulu, tu l’as eu, un 7c sur-court et encore plus lisse que mon torse fraichement épilé. Charlie et Phildar…une histoire d’amour de la nouvelle génération cuvettarde, que Tata vous avait déjà comptée
A Têtard encore, c’est Rackam qui sert les croutes de la variante de la directe du Crapaud, qui vu comme il en chie, ne doit surement pas dépasser le 6b pour fleurter avec le 8c/c+ bien tassé.


Rackam à Tétard Park from gaetan raymond on Vimeo.


Suite à l’appel désespéré d’Eric, le spot confidentiel de St Ange est en train de drainer tous les mutants, les déplaçants de Têtard vers ces lignes futuristes. Ainsi Quentin FA-te Eliot le pilote 8b+, décote à vue le dernier outrage à 8a, qualifié pourtant de morpho pour Eric le Gulliver de LaCuvette, et devait réaliser la première de Vol au dessus d’un nid de coucou probablement 8b. Et comme le profil semble lui plaire, le bougre est en train d’ouvrir quelques lignes, encore plus dures, là ou Eric n’avait même pas imaginé que ça devait passer !!….Guronsé par l’affluence alors qu’on y grimpait au calme il y a peu, Nico est sur le point de plier son 1er 8b (il serait temps !!!) avec la L1 d’Eliot. Eric, rebouche le tri mal taillé (…tant mieux car je n’arrivais pas le tenir) de la petite voie d’Elka, qui du coup passe de 7c+ à 8a, en sortant plus à gauche….Discrétion de rigueur tout de même si l’envie vous prend d’allez visiter ce spot…
Schnappi, en vacances fait dans la cure d’amaigrissement en montant grimper à l’Aup du Seuil, avec sa bonne heure de crapahute en guise de marche d’approche. Au calme, il fait du volume et assure Pierrick qui FA-te La rage, qu’il propose à 8a+…seulement…
Le bottin, c’est l’impression que j’ai eu en ayant en main le tout nouveau pavé qu’est le topo fédéral de l’IsèreEnfin, disponible dans toutes les bonnes crèmeries et accessoirement auprès de Tata pour ceux qui ne fricotte pas avec la crémière. 400 pages de couleurs avec des secteurs entiers où l’on se sent un peu comme à la maison, en train de feuilleter l’album de famille : quasiment chaque membre du team LaCuvette a son heure de gloire, avec des photos de belle facture, sur des sites phares et que le monde entier nous envie tels que Lolette, StAupre, Voreppe….y’a même l’un d’entre nous en couverture aux Vouillants !! Mention spéciale à Sylvain qu’on doit voir une page sur deux en train de forcer dans une des classiques de LaCuvette, de quoi lui assurer un nombre conséquent d’admiratrices en furie lors de ses prochaines venues dans les lieux les plus hypes de la ville…

mercredi 13 avril 2011

Blonde

Au hasard de mes trop longues pérégrinations webesques, je tombai sur une vidéo dont le nom suffit à aiguiser ma curiosité : No numbers.

NO NUMBERS from Jure Niedorfer on Vimeo.

Pourquoi avec un s ? Pour quel second effet kiss cool délicieux ? Peut-être par que nous ne sommes pas que que des numeros ? Peut-être parce que tous ces chiffres et ces cotations ne servent à rien à coté des grands voyages que certaines voies nous font vivre ? A moins que ce ne soit pour dire qu’un seul nombre compte, le 8, parce qu’avant c’est pas de la grimpe et qu’après non plus…vu qu’on n’atteindra jamais ce niveau. Bref, une blonde gracile. Finalement cela aurait pu être moi, et ce n’est pas les images qui ont suivi qui m’ont fait dire le contraire. Je suis aussi une star en snow, avec mon profil particulièrement dynamique et mon centre de gravité anormalement bas. Pleins d’atouts pour maitriser à merveille la discipline...

Moi aussi, avec un bonnet vissé sur la tête j’ai l’air inspirée. Sauf que le mien, de bonnet, il est rouge et de taille xxl, depuis que j’ai la grosse tête. C’est le meilleur moyen de garder nos quelques neurones bien au chaud et en activité pour prendre les bonnes décisions le moment venu. Sinon, pourquoi pensez vous que Bruno aurait gardé le sien, même malgré l’été précoce ? Pour garder toute sa lucidité et randonner comme à son habitude, le long et esthétique haricot 7c de Voreppe. Et dans une moindre mesure pour épargner ses tympans du ronronnement lancinant du trafic en contrebas. Une belle demo de M.Inoxydable, avec son haricot, comme se plait à la décrire aussi madame…enfin moi… quand je parle de haricot, je parle simplement du nom d’une voie…
Mais poursuivons le visionnage. Moi aussi je croise quotidiennement le regard d’animaux avec un air tellement expressif qu’il ne leur manquerait plus que la parole. Mon meilleur ami à moi, c’est le cuvettard. Il est là avec moi, au réveil, dès le lever du jour, au pied des grands murs de Voreppe. Y’en a des comme Sylvain qui tapent des essais valeureux dans la cabane au fond du Jardin L1 7b+, d’autres comme Jean-Yves qui serrent les croutes avec succès la L1 de fade to black, 7b+ tandis que le M.Inoxydable sus cité s’essaye à l’interminable version intégrale, un 7c+ mais surtout un grand voyage qui laisse plein de souvenirs. Je me retrouvai encore dans les images suivantes. Vêtue de mon plus bel apparat quand je m’enferme dans mon garage, mon cuvettard en toujours là, à sauter de partout et surtout sur le lattes de mon pan gullich. Lorsqu’enfin arrive les premières images de falaise, là encore que de coincidences. En guise de bellatres à l’assurage, toujours le cuvettard, avec la mêche rebelle et au style inimitablement décalé. Comme une danseuse et sur le rocher tout aussi beau de Voreppe, j’use de grâce et de souplesse pour prendre la pose dans l’intégrale de la cabane, 8a, plutôt soft pour attirer les curieux et les récompenser de monter si haut pour se frotter à ses 2 mouvements bloc aléatoires.
Et pour ce qui est des colos, j’ai choisi celle qui crève le yeux depuis le parking, Fading Light L2, 8a …qui comme toutes les colos reste agréable à regarder et se révèle plutôt désagréable à grimper…. Plan large et vue imprenable sur l’horizon féérique qui s’étend derrière la falaise, au dessus de la nationale et de la zone industrielle, avec une vaste plaine qui s’ouvre vers le grand sud, parsemée de collines fleuries jusqu’à perte de vue. Et puis arrive le concept révolutionnaire de la résine, mais en l’extérieur…pourquoi s’embêter sur des mouvements tordus sur du vrai caillou alors qu’il est tellement plus sympa de tirer sur des prises amoureusement disposées pour dérouler ? De quoi expliquer l’engouement de Martin pour Tous bourrins, le 7b historique des toits de l’ancien Comboire et surtout le futuriste Surprises écologiques, le 7b+ juste à droite, entièrement sur rondins de bois… Voilà aussi de quoi expliquer le succès du haricot, 7c de Voreppe avec Jean-Yves qui suit les traces de Bruno en serrant les 2 prises vissées du crux. Ah et puis ce bonheur simple de grimper dans une foret humide sur des blocs moussus. Le plaisir du geste pur. Nous aussi on a notre petit paradis du raclage du cul par terre en départ assis sur 5 crashpad et du serrage du même cul au sommet de ses highballs dans notre belle vallée de la Romanche. On même notre petit mur en ruine et le champ qui va bien pour squatter 1 semaine, au pied des blocs du secteur de La Chapelle. Et pour finir, tournage de nuit…la encore, on sait faire chez nous aussi. On a fait pareil à Voreppe en profitant des spots allumés par le marchand de voiture juste sous de la falaise et orientés vers la falaise. Blonde, et fière de l’être en plus…comme un certain Sylvain M., illustre découvreur de cette falaise aux multiples merveilles qui m’appela il y a peu « Salut Tata, euh, je suis au pied du secteur de droite, je viens de faire la voie tout à droite, c’est vraiment majeur. Le niacoué je crois, ca doit bien valoir son 7c, bravo pour l’équipement, c’est vraiment un must !! ». Euh, oui Sylvain, il y a maintenant près de 20 ans, en 92 avec Hervé, tu équipas cette ligne qui resta longtemps avec une cote indeterminée dans le topo. Et c’est toi même qui me renseigna il y a peu en me disant avoir fait la première et que ca valait vraiment le coup… Parce que tu le vaux bien...

lundi 28 mars 2011

Gluon

Que la génération des lumières ne manquera pas d’associer à Groucha et Lola, et surtout au super héros le plus fort du monde, jamais égalé depuis, le discret Leguman. Un grand festival d’absurdités, interprété par un chat plâtré et une autruche décolletée qui me fait encore plus rire aujourd’hui qu’à l’époque.
Téléchat 102 par DrMirakle
Et dans ce mélange culturel, ces fameux gluons que nous connaissions tous, mais que les jeunes bacheliers ignorent tous joyeusement aujourd’hui. Car oui, toi gluon japonais, nous t’avons reconnu ! Comment expliques-tu cette pagaille que tu as semée au pays du soleil levant. Et ne va pas nous faire croire qu’une petite secousse et un petit bain de mer sont les seuls responsables. En fait, tu voulais te faire remarquer, car depuis Groucha, on ne t’avait guère cédé la parole. Mais nous, on sait de quoi tu es capable. On sait qu’on a intérêt à te bichonner pour que tu continues à nous réchauffer de ton énergie. De toute manière, on ne peut plus se passer de toi…Ceci dit, prends garde, car tu pourrais bien te faire voler la vedette par un gluon libyen ou par un gluon extrémiste. Des gluons plein d’énergie, certains en ont plus que d’autres, comme Eric en ce moment. Tu dois t’agiter drôlement pour faire chauffer cette immense machine, pour alimenter son cerveau et pour faire bouger ses longs bras. T’as du sacrément forcer sur la dose et libérer des particules nocives…sinon comment expliquer, son 8a+ dans le Tarn, sa FA des quelques mètres qui lui manquait au dessus de dernier point de son vieux projet à St Ange, le dernier outrage, 7c jusqu’à alors et maintenant 8a+ jusqu’à la chaine. Et pour finir, dans la séance et sous la pluie Ruptur, le 8a bloc du Glésy. A croire que les séances de gainage hivernal sur les plaques recyclées de feue Planète bloc, et orchestrée d’une main de fer par Nico auraient des effets secondaires. Mais le gluon, c’est surtout, la cohésion de la matière, l’harmonie de notre monde, comme le subtil dosage du mur lactique des Vouillants.

Un dévers régulier, interminable, aux couleurs d’ailleurs, une vue dégagée sur un horizon de carte postale, un cerisier du japon en pleine floraison aux effluves douces et délicates, une pluie battante et une humidité ambiante qui m’ont donné l’impression de grimper avec mon 4h, une vingtaine de Churros toujours dans la main…
le parfait mélange que GrandLudo est venu savourer en guise de reprise, un soir de semaine, dans la bien nommée Enfer du décors 8a+, après presqu’un an d’arrêt pour cause de maçonnite aigue.
Des conditions initiales qui rendront bientôt possible du coté de Voreppe une réaction en chaine, une explosion de croix, dans un 7c du siècle dernier d’Hervé, le haricot. Les essais vont bientôt se succéder pour Bruno, Sylvain, Jean-Yves, Michel et Oliv. Le temps pour moi d’aller repter dans la limace, un nouveau projet en dalle, aux prises gluonesques par leur taille, qui fait remonter de vieux souvenirs de combats épiques dans les dalles aléatoires de Lames. L’appel des dalles… auquel Martin et Lol ont aussi succombé à la grande muraille de St Pan. Attirés par ces murs compacts d’un autres temps plutôt que de se bousculer dans les profils nettement plus déversants de têtard avec la famille JMC, Lol randonne Bobtail frénétique 7c+ et Martin, Chasseur de prise puis Psychédélique jungle, toutes deux 7c. Le tout après avoir corrigé un oubli impardonnable dans leur parcours cuvettard, avec Coup de lune un 7a comme on en fait plus. On croyait que le genre Telechat, avec son summum d’absurdités avait disparu…et puis je tombais sur le dernier court métrage d’un certain grimpeur de l’autre pays de la grimpe, le lot. Un ovni dans un monde polissé d’imberbes musculeux gémissants, avec un vieillard chauve, au torse grisonnant et complètement à l’ouest, sorti d’où il n’aurait jamais du sortir.
Un grand moment de pur n’importe nawak, parce que la grimpe est avant tout une affaire sérieuse. Je profite de ces images pour aussi signaler, qu’en plus de posséder un sublime juste au corps en lycra, Sosso est capable de prendre des poses aussi lancinantes dans Tu pousses tu mousses, un 7c bien trop physique pour une fille (j’en veux pour preuve…Iaki n’y arrive pas) de la petite falaise de Milhac.
Sur ce, gluon du soir bonsoir