dimanche 16 janvier 2011

Idées reçues

Combien de fois je piquais ce bouquin que j’avais repéré dans le bureau de mon père, avec son aguicheuse couverture de papier glacé. Je le cachais sous mon lit et attendais le soir pour m’enfoncer sous les draps, armé d’une petite lampe de poche. Je passais alors des heures à feuilleter ces pages, toutes plus belles et prometteuses les unes que les autres. Le Coupé du Vercors, ouvrage culte du siècle dernier et encore inégalé aujourd’hui. Des récits incroyables d’aventuriers des temps alors modernes, à deux pas de la maison. Des héros locaux, élevés au rang de demi-dieux devant tant d’audace. Rodés aux manips les plus périlleuses, rompus à toutes les ficelles de la grimpe, pour se hisser coute que coute et le plus rapidement possible vers le haut. Page 75, Gerbier, théâtre de célèbres épopées verticales. Pilier de la double brèche, 17 sept 1961, 200m, 25 pitons, 3h30…des mots à faire frémir les plus hardis des cuvettards privés de leur perche.
Et pourtant, le Y.D. mentionné à l’époque n’était autre que le Yves de ce samedi matin. Le gaillard d’antan, toujours jeune que j’amenais découvrir de nouveaux horizons cuvettards, n’avait rien perdu de sa superbe. Espace Comboire, 14 Janvier 2011, 7m50 à peine, une stat à remonter au jumard, 3h30… en 40ans rien n’avait changé. Une maitrise inégalée des technique alpines de remontée sur corde, à telle point que Bertrand son compagnon de cordée du jour eut recours à d’astucieux mouflages pour permettre à notre alpiniste d’avant-garde de passer l’épreuve de l’accès à la vire…
Ah, notre société moderne aseptisée n’a pas que du bon. Elle aura eu raison de tout un lourd passé...

A noter le tact de Bruno qui, pour ne pas froisser l’orgueil de notre aïeul, fit mine d’être tout aussi à l’aise dans cette partie ludique de la marche d’approche.
Mais, une fois perchés sur une des confortables vires chères à cette falaise, il retrouva finalement de vieux reflexes. Plutôt que de suivre la ligne logique le long des points neufs, voilà que notre Yves se mit à rechercher les zones de faiblesse de toute la falaise, montant plusieurs points, puis pendulant a gauche ou a droite pour rejoindre tantôt une vire, tantôt un système de fissure ou une strate. Beaucoup de tirage et d’éparpillement de dégaines, pour finir à un relais qui n’était même pas prévu pour en être un, contraignant Sylvain à de multiples acrobaties pour parvenir à récupérer tout le matos disséminé un peu partout. Une variante de variante de variante que jamais personne ne refera, d’une ligne logique avec un pas de bloc au milieu, Highway to LaCuvette, 7a. Comme quoi l’autoroute ne semple pas aussi large et évidente pour tous.
Il est plein d’idées reçues sur les premières, surtout avec toutes ces vidéos trainant sur le web. On oublie souvent qu’une première, c’est surtout grimper sans trace, sans aucune indication, avec des points pas encore optimisés, sur un caillou tout neuf, agressif, et pas encore purgé. J’ai depuis longtemps refusé l’exclusivité d’une dévotion à la communauté grimpante. Et je laisse la responsabilité à tous de mettre la main à la pate et d’amener sa brosse…Après tout, une première se doit d'être vraiment unique non ? Et c’est pour cela que je ne résistai pas au plaisir de celles de Wall of LaCuvette, dièdre highlandeur-ien technique et inconfortable sur un rocher parfois fragile, 7b à peu prêt, accompagnés des belles tentatives de Bruno et Bertrand. Puis vint avec Oliv le tour de Are you LaCuvette yet 7b+, une future classique, superbement variée, entre dalle à choux fleurs agressifs, toit physique et clippage de relais typiquement comboirien.
Et comme les premières fois sont souvent timides, il faudra que mes cuvettards fassent l’effort de réitérer l’effort pour savourer à sa juste valeur le privilège de fouler dans l’intimité, des lignes que bientôt le monde entier nous enviera !!
Et pout finir avec un traditionnel dimanche en famille, Nico amène tout le monde aux Saillants et se régale avec en dessert, Dégénération, qu’il remonterait bien à 8a, pour sa version "dré" dans le pentu, libérée par Schnappi et Pierrick et peu (pas?) répétée depuis…plus rude que la version Martin-isée qui s’en va par la droite dans Sale lierre dur.

dimanche 9 janvier 2011

Etrange

Il y a des signes avant coureurs qui ne trompent pas. J’aurais du m’en remettre aux prédictions de tous ces célèbres voyants qui inondent nos médias en cette période, même si finalement cette année, je les trouve plutôt discrets. A mon avis, c’est qu’ils sont déjà en train d’anticiper le cataclysme certain de la fin du calendrier maya qui se rapproche. Dernière année donc avant la date fatidique, surement l’explication à tous ces phénomènes étranges qui s’accumulent ces derniers temps.
D’abords FT qui fit mine d’ignorer mon passage éclair à Milhac pour réapparaitre aussitôt après mon départ pour Fa-ter une connexion que la fatigue m’empêcha de lui piquer, pointure kynèse, 7c. Avant de poursuivre avec Les courgettes, les autres aussi, 8a, dans le toit voisin de gauche. Etrange comme une cucurbitacée peut se retrouver sur le devant de la scène en même temps et à des milliers de kilomètres de distance, et dans des styles diamétralement opposés. Notre courgette à nous, à Voreppe se cultive dans une grande dalle technique sur un rocher parfaitement sculpté. Un superbe arc de cercle en 7b que nos végétariens locaux, Oliv, Sylvain et Jean-Yves laissent tranquillement murir jusqu’à une prochaine séance.
Avant même que l’année ne commence, j’en avais senti les prémisses. Rien qu’à la lecture de l’étiquette de la boisson alcoolisée et à bulle censée nous faire oublier que plus qu’une nouvelle année, c’est surtout une année en moins. Par quel miracle pouvait-elle venir de nos voisins qui d’habitude réservent toute la finesse de leur cuvée pour faire mariner de simples saucisses ?
Etrange… Et ce qui devait arriver, arriva…une barre au beau milieu du crane qui s’y accrocha jusqu’au petit matin...soit à peu près 11h. Heure à laquelle, embué, j’ouvrai la fenêtre, histoire de partager avec toute la campagne l'odeur fraîche du cuvettard au réveil, un lendemain de fête. Et là, quelle fut ma surprise lorsqu’après mettre frotté 3 fois les yeux pour en être sur, je découvrais comme une hallucination, Oliv, en train de faire des allers retours sur sa poutre colorée des belles prises amoureusement conçues par Nico. Et dire que toute l’année à la même heure, il se refusait de nous rejoindre au pied d’une vraie falaise.
Etrange encore ce coup de fil de Yves le samedi matin suivant. Je m’apprêtai à acquiescer bêtement, pendant une longue tirade sur les valeurs pures ou les bienfaits de l’esprit saint du ski alpiniste. Mais que nenni. Je l’entendis déblatérer des mots comme pas de bloc, variante de connexion, et surtout grand désespoir d’avoir une perche trop courte pour clipper le relais d’une célèbre voies des Lames. On était bien début Janvier et l’homme que se fait d’habitude greffer des skis à la place des pieds était bel et bien en train de grimper. C’est à ne plus rien y comprendre.
Quelques heures plus tard, à Voreppe, ce fut au tour de Sylvain de s’adonner à d’autres étrangetés : short, grimpe en tête, cris à la sharma-titude… pour un belle tentative de première répétition de la cabane au fond du jardin, 7b+. Et comble du comble, en 20 ans de pratique, ce fut la première fois que je croisais une cordée ici. Et de surcroit, des étrangers, descendants du pays aux étranges mœurs culinaires précédemment cité, venus ici tester les dernières nouveautés du grand mur de l’entrée…
Que nous réservera donc cette année 2011 bien singulière ? Surement plein d’extravagances et de découvertes inattendues pour une année encore pleine de passion… dans notre fantastique et délicieux univers LaCuvette.

jeudi 30 décembre 2010

Traditions

Utilisées à toutes les sauces et pas toujours des plus glorieuses, les traditions ont selon de bon qu’elles ne se discutent plus. Elles sont là depuis toujours, malgré toutes les incohérences qu’on pourrait relever. Comment le Père Noël fait-il pour savoir ce que je commande alors que je ne lui ai pas envoyé de lettre ? Comment passe-t-il par la cheminée alors que la maison n’a qu’une chaudière à compensation garantie 100% écolo avec tube d’évacuation d’à peine 10cm de diamètre ? Pourquoi il avait une fausse barbe quand il est venu à l’école la semaine dernière ? Etc, etc…Bien sur il y a toute l’armée de lutins et des rennes qui volent pour noyer le poisson… Et puis comme je le leur répétais, l’important c’est que Noël reste une fête avec plein de magie et de surprises…
S’il est une terre de traditions, c’est bien le Sud-ouest.

Pays de l’art de vivre, des vielles pierres et des villages paisibles, occupé depuis la nuit des temps par nos plus lointains ancêtres.

J’avais eu tort de penser qu’avec -6°C au compteur de la voiture,

il n’y avait que quelques malheureux cuvettards contraints par d’intolérables chantages affectifs, capables de venir se congeler au pied d’une falaise…ou, le soir, sur le pan de Nico, dans une grange ou je l’oblige à couper le chauffage et à laisser la porte ouverte, histoire de travailler nos capacité de survie en slip au milieu de la banquise. ¾ de route pour me rendre de Cahors à la falaise de Milhac. Une des rare fois ou le temps de trajet ne fut pas suffisant pour dégeler mon pare-brise. Même en conduisant, j’avais l’onglée aux pieds. J’étais prêt à faire amis-amis avec 2 chausseurs, seuls êtres vivants croisés jusqu’ici. Et puis à ma grande surprise, ce ne fut pas une, maiss deux, puis trois et même quatre voitures à me rejoindre au parking. Au pays de l’Homme, place au Girl Power avec la championne mondiale du canton international de Brive, Soso. Celle qui réunit à ses pieds l’ensemble de la population masculine du pays.
C’est sous leurs vives acclamations qu’elle décortiqua les mouvements très physiques de La vie d’artiste, 7c.
Mimichouchou, toujours enclin à livrer ses méthodes, lui suggéra avec élégance celle du crux : "Soso, entre tes deux jambes, tu as un gros trou"… Toute la délicatesse du mot juste…. Heureusement que je n’eus pas droit aux mêmes indications lors de son flashage en règle de Psycho tactilo Kinèse, un 7c aussi surprenant et renversant que son nom. A tel point que Mimichouchou fit le lendemain le déplacement juste pour parachever l’enchainement, une semaine pile après la croix dans sa voisine de gauche, le dévers et rési 7c+ de Tu pousses tu mousses.
Pendant ce temps Soso partagea des méthodes de filles avec la jeune génération, pour Pépée, le 7c classique et très esthétique de la falaise…
Tout ça sous l’œil de Papa qui tenta de faire bonne figure.
Coté homme, Cyril continue sa croisade sur la falaise. Après la version standard de La promenade, il s’attaque à la version directe en 8a/8a+ et varie les styles avec le dangereux mono de L’air du temps, à la cote étrange 7b-8a.
Comme tout bon local un lendemain de fête, c’est le cœur léger et la tête dans les étoiles…euh non, plutôt le corps lourd et des étoiles qui tournent encore dans la tête que Laurent et Bertrand livrèrent de valeureux combats dans Piège à con 6b+ et la variante courte de Ni dieu ni maître, 7a+.
Et comme le veut la tradition, pas un séjour en terre FT sans lui faire un petit clin d'oeil. Se sera cette fois-ci de s'accorder le privilège unique d'être le premier à mettre les doigts sur les infâmes reglettes que lui seul eut l'idée d'utiliser, pour éviter le corchet à gauche, dans American Griffiti. 7c comme ça (variante directe ou future ligne finalement logique ?) contre 7b+ dans sa version soft.
Ah, le poids des traditions…sinon comment expliquer l’acharnement de Luca dans la Poudre, le premier 8a de toute une génération (déjà ancienne !) aux Lames. Au point même de trainer Eric au pied de la falaise, par gros vent du nord, avec grisaille et températures comme prévues par le fameux réchauffement climatique. Et tout ça pour faire demi tour au pied de la falaise, pour cause de d’hypothermie…
Un autre geste ancestral, le marquage de territoire. Il y a la version taillage d'initiales à la FT où alors l'option raffinée de Sylvain et Jean-Yves pour leur début de siège sur la vire de Ludo’s Beach.

Tradition oblige pour Oliv. Après la poutre, passage obligé par la machine à mulet qui doit ses lettres de noblesse à Schnappi, le désormais célèbre PG.
On aurait tord d’opposer tradition et progrès. Pour s’en convaincre, il m’a suffit d’observer ma fille en train de passer sa commande au père Noël : des habits pour la poupée qu’elle a depuis la naissance et un simili i-phone rose pour pouvoir appeler ses copines de l’école. C’est bien en s’appuyant sur de solides racines que se construit l’avenir. Un peu comme Voreppe, découvert au siècle dernier par le couple Hervé - Maurinus. A l’époque s’ouvrait un 8a au style futuriste : 3m hyper physiques sur patates en toit, fading light, et aujourd’hui s’ouvre un mur dalleux sur croutes de près de 40m, l'ultime combat, 8a dans ce style furieusement old school qui faisant fureur dans les années 80. Tout ça pour le bonheur de Martin pour la première et du Schnoux pour la seconde. Et je ne résiste pas au bonheur des cette courte vidéo.

Fading Light 8a from Lacuvette on Vimeo.

Non pas pour voir notre serial croiteur aussi à l’aise que moi dans notre anti- style mais surtout et comme c’est souvent le cas, pour les seconds rôles que l’on découvre après plusieurs visionnages. Les 2 individus sur la gauche, pour qui le temps passe tandis que la mode s’arrêta il y a bien longtemps. 2 actifs défenseurs de l’inimitable style cuvettard, deux gravures de mode aux antipodes de la prana attitude, notre signe de ralliement, notre seule et unique force.
La tradition, y’a que ca de vrai et l’histoire ne retiendra que ça !!

dimanche 12 décembre 2010

Retour vers le futur

Un peu comme si l’histoire n’était faite que pour se répéter. Chaque génération finissant par redécouvrir ce que les plus anciens savaient déjà depuis longtemps. Seule la façade change, intégrant les miracles futiles de nos technologies modernes et se conformant aux codes d'une mode qui finira par tomber dans l’oubli.
Il suffit de passer outre les chaussons qui montent jusqu’à la cheville, les Pierre Alain reliés par une cordelette nouée et surtout la coiffure casque blindé à la Sue Ellen, pour s’apercevoir qu’il y plus de 25 ans, l’esprit LaCuvette était déjà bien la.
Les pieds bien à plat sur des adhérences furtives, un caillou ultra compact et surtout une belle rallonge confectionnée avec amour, faite d’un vieux bout de corde de l’époque. Dans l’esprit, tout était déjà là, du pur spirit LaCuvette, que j'ai retrouvé avec bonheur sur le nouveau site d’Hervé. Un joli souvenir d’un des monuments de la grimpe locale, Les chaleurs de Corinne superbe 7a bien dalleux de St Egrève.
Et fouillant parmi d’autres vieilleries, je tombai sur une carte postale de notre vallée. Le point de vue m’était familier.
Ce ne pouvait être pris que depuis la même vire que celle que l’on arpente si souvent les samedi matins. Les anciens venaient déjà ici, pour méditer, pour se ressourcer devant le spectacle féérique du paysage cuvettard qui s’éveille un matin d’hiver. Quelques décennie d’urbanisation plus tard, les cheminées à fabrique de nuage gris en plus et nous voilà à notre tour au même endroit, contemplant l’horizon pour y laisser s’y perdre nos pensées.
Et ce n’est pas 30 cm de neige légère qui nous empêcha avec Eric de perpétuer la tradition. Et la rumeur avait gagné visiblement tout le pays. Les conteurs en ayant fait leur affaire. C’est presque sans surprise que malgré cet épais manteau blanc et ces chandelles glacées pendouillant de la falaise, qu’au détour d’un secteur, nous croisions une autre cordée. Me dévisageant à travers ma cagoule, ma doudoune à capuche et mon bonnet couvrant le tout, j’entendis mon nom dans la bouche de ces étrangers. En fait une vielle connaissance, perdue de vue depuis près de 20 ans, depuis ma fuite des verts pâturages de Normandie. Je reconnus alors instantanément Axel B, celui qui m’avait sauvé de suicide, dans cette contrée hostile à toute forme de soleil et de grimpe. Celui par qui vint mon salut en me faisant découvrir l’unique falaise à plus de 100km à la ronde : LaRoque. C’est à cette époque que je compris que le mouvement le plus pur de l’escalade ne pouvait-être que le bourrinage de face, sur mono, pieds à plat, et dans un gros bombé blanc protégé par de vieux ancrages enfoncés à la main dans ce mauvais rocher crayeux.
Style singulier d’où jaillit quasi spontanément un maitre redoutable du style : Lol, fort justement dénommé la haut, LaRoque Star, par les quelques survivants à son passage. Star qui fut aperçu récemment un peu plus bas sur la vire avec Dexter Martin, serial croiteur en grande forme. Les deux sont venus parfaire leur culture de la vire avec la ligne très esthétique d’envoyez les violons prolongé, 7c+. Une superbe proue bien résistante qui mériterait bien plus de visites. Et comme il faut tout faire et même les bouses, rien de tel que de contraster la séance avec cette belle réussite et une belle rouste dans l’espèce de 7a de 3m qui ne ressemble à rien de droite : No work, better climb. Nommé ainsi en hommage a Schnappi…non pas pour le coté bouse, mais en souvenir de sa période faste ou tombèrent les 8b, en bien plus grande abondance que les Euros d'un salaire….
Le soleil pointa son nez, les bonnes conditions et surtout son croisement génétique secret avec une espèce disparue d’albatros géant permirent à Eric de confortablement randonner la croix de fer du crux final de A prendre ou à lêcher, pour son baptème octograde sur la vire d’Espace Comboire. Après cette douce entrée en matière vint le moment de s’attaquer à un vrai mythe, Sidi’H Bibi, 8a. Et même en appelant à la rescousse un Nico dopé au gainage extra-terrestre, le mythe resta hors d’atteinte, malgré de remarquables plombs aux endroits spécialement étudiés pour.
Surement les mêmes que du se mettre, du temps ou le fluo se portait moulant, un certain D.Raboutou, laissant parait-il son mousqueton pour un des buts les plus mémorables de l'histoire de la vire, cette voie n'étant alors cotée que 7c+…
Comme quoi, toujours les même expériences, toujours les mêmes conclusions, générations après générations….

samedi 27 novembre 2010

Invasion

Ils ont réussi à infiltrer le moindre espace fréquenté par l’homme. Ils sont partout et finalement beaucoup trop nombreux. A tel point qu’on en viendrait à se demander par quel moyen s’en débarrasser, par gros paquets. Un peu comme ces mouches qui ne servent à rient et qu’on attire avec un tas matière nauséabonde pour les éclater sadiquement à coup de tapette en plastique.
Bien sur, je ne dis pas ça pour les rares cuvettards qui ont fait l’effort de se lever ce matin. Mais dès fois, vu les conditions ambiantes, il est fort probable qu’on se demande si finalement nous n’en sommes un peu nous aussi. -2° à la voiture, la neige qui crisse sous les chaussures, le parfait plafond bas, épais, et la petite bise du nord qui vient lécher les vires, comme pour nous souhaiter la bienvenue.Une petite session à Espace Comboire, c’est un peu comme un bain de soleil en pleine nuit polaire. Obligés de s’agiter à chaque bout de la corde pour éviter l’engourdissement entre les essais, nous renouions avec cette grimpe cuvettarde qui nous est si chère.
Tellement exalté Sylvain en avait oublié ses célèbres sur chaussettes, souvenirs de son illustre passé au Bolchoï.
Mais même en grimpant avec des glaçons au fond des chaussons, il savoura son plaisir dans la croix de fer du pas de bloc d’A prendre ou à lécher, le premier 8a de beaucoup sur la vire. Un poil plus de sensations et il aurait était prêt à tenter l’enchainement. Eric, après moultes hésitations entre la douce chaleur sous la couette et un frigo à ciel ouvert, opta pour la second choix avec une tactique des plus masos : une première montée pour choper l’onglée, puis dans la foulée une deuxième pour s’exploser en rési. 2 fessées pour le prix d’une...c’est qu’il doit aimer ça.
Toujours est-il, que la moule fly aurait pu monter jusqu’à la chaine, si les doigts avaient été un peu plus vaillants dans la dite croix de fer.
Autre lieu mais même enseigne. Michel cette fois ci pour un baptême de grand froid à Voreppe. Même plafond gris, avec en prime un grésille glacé, prémisse de l’arrivée de la neige en terre LaCuvette. Même vent du nord s’engouffrant dans la vallée et glissant le long des falaises. Même plaisir de se retrouver dans ces monstres sacrées de LaCuvette que sont les 2 longueurs technique de la Courgette et la Laitue. Deux dalle en 7b parmi ce qui se cultive de mieux sur terre.
Mais revenons à l’invasion. Ils ont finit par être plus nombreux que nous. A se demander quelle est la norme aujourd’hui. Et oui, il faut s’y faire, les cons ont pris le dessus. Et même à l’extrémité du secteur extrême gauche d’Espace Comboire. Au bout du bout du bout des vires, là où personne n’est censé mettre les pieds. J’y avais laissé pendouiller une stat, arrimée sur 2 points, avec un mousquif de mon arrière grand-père auquel j’étais sentimentalement attaché. Alors que j’allais récupérer le matériel, quelle fut ma surprise de découvrir l’héritage de mon aïeul, disparu, volatilisé. Acte d’un malotru qui n’avait même pas pris soin de défaire le 2 eme nœud de 8 sur la corde. L’autre était passé directement dans le spit, mal serré.
Et dire que j’aurais pu remonter sur cette corde, en accédant depuis la bas, sans me douter de rien….tout ça pour une heure de gloire dans la rubrique nécrologique du Daubé. J’ai beau essayé de me convaincre qu’un jeune paumé délinquant shooté auraient pu passer par hasard dans le coin à la recherche d’un bout de ferraille pour attacher si iPod, mais je n’y crois pas. A moins qu’un inconnu respectable, puisqu’il doit lire LaCuvette pour savoir qu’il est possible de venir jusqu’ici, aurait eu l’idée de me lover ma corde, de récupérer mon mousquetons, d’y rajouter les mêmes en neuf, et d'emballer le tout dans un charmant paquet cadeau entouré d’un joli ruban rouge. Il l'aurait ensuite déposé sous mon sapin, au pied de ma cheminée et tout de rouge vêtu, dans un peu moins d’un mois.
Si l’espoir fait vivre, il est dommage que la connerie ne tue pas…

samedi 13 novembre 2010

Star

Ou plutôt, pour être plus exact, una stella. Il fallait s’y attendre, le grand blond de la semaine dernière n’allait pas tarder à récidiver. Non…pas pour un 7b+ à l’agonie au cœur de LaCuvette, mais cette fois ci pour randonner un 8a. Son second, après il y peu, la dalle à doigt de Big Calm à la DJ. Il persiste avec La revanche de têtard, la classique des classiques de Têtard Park, œuvre de feu le grand Phildar, ayant raccroché son perfo depuis. Jamais deux sans trois, mais en attendant, il devra se soumettre au douloureux exercice de l’interview de Tata. Ce qui lui vaudra de devenir, comme si ce n’était pas déjà le cas, la proie des toutes les bomba latina de l’univers LaCuvette….et dieu sait s’il y en a.
Bravo Luca pour cette très surprenante réalisation, au levé du jour, par -5°C et sous la neige, alors qu’à Grenoble s’abattait un véritable déluge, sans personne pour t’assurer et tandis que l’éboulement récent de la dent de Crolles empêchait l’accès au secteur.
Mais comme l’honneur est la plus grande valeur des cuvettards…
Et puis de toute manière, ce n’est pas vraiment LaCuvette…Y’a qu’a voir Eric qui se refait une santé du coté de la Cascade d’Alloix, histoire de sauver son honneur bafoué lors de son duel avec Nico à Cantobre.
Alors que the gainage machine se retournait les doigts et explosait en rési au dernier point des Négresses vertes, le 7c+ retord des Saillants, l’homme aux babouches Queschua pliait dans la séance et sans broncher et la Spirale du Vandale et l'Alloix du plus fort, le 8a et le 7c+ majeurs de la cascade d’Alloix.
Au saillants encore, Yves aurait bien voulu pouvoir, lui aussi, se la ramener. Il paya cher sa stratégie douteuse à vouloir monter s’échauffer tout en haut. Le temps de faire l’aller-retour et Sylvain et Bertrand cochèrent ce qui aurait du être son projet du jour, Territoire aménagé, le 7b du bas.
Il ne lui resta plus que les yeux pour pleurer et son Lucien pour hurler au traquenard dans la traversée retorse de la dégénération du lierre 7a+.
Mais revenons au Grésivaudan, star du moment, à en juger le nombre de people perché sur ce rebord de LaCuvette. D’abord Toufic and Co, qui ouvre et croite à la pelle du coté de la vire de Têtard. Mais aussi les JMC en personne, délaissant pour quelques temps le Vercors pour découvrir à grand coup de course d’orientation La Cascade. Après plus d’une heure de marche à faire les sangliers, ils finir par opter pour suivre tranquillement le GR comme leur avait pourtant indiqué Tata. Enfin, mention spéciale pour Madame qui flash le 7c+ …mais mention encore plus spéciale à Mr qui montre encore une fois qu’il est passé maître en l’art de flasher les tip top méthodes qu’il vient juste de trouver en montant poser les paires.
Stars encore, et un vrai combat de coqs avec Oliv et Sylvain, malheureusement sans les bombas de Luca. Ils auraient donné cher pour être la première Star des latrines, 7c, à sensation de Comboire 2.




Comboire 2 - Sylvain, la Star...des latrines, 7c from Lacuvette on Vimeo.

L’issue demeure incertaine, et après de nombreuses hésitations, c’est encore la méthode du sumo qui finit par s’imposer…tout est encore possible, il faudra donc revenir.




Comboire 2 - La star des latrines 7c from Lacuvette on Vimeo.

Ce petit secteur serait-il aussi une star de La Cuvette ? D’irréductibles vertacos auraient récemment fait le déplacement. Pire encore, un néo bleausard accro à la compression de platasses aurait fait lui aussi l’aller retour juste pour la Star. Schnappi, à grand coup de traits de cake double comme il sait seul le faire, fit la star en triple marchant et s’essaya à No futur l’autre,7c juste à droite, sur une courte proue esthétique et athlétique. Mais comme Nico, ses efforts à vouloir irrespectueusement piquer la FA à l’équipeur resteront vains.
L’ordre naturel s’imposa, et la FA revint finalement à qui de droit…et pas en moule comme N…, et sans shunter le crux avec le bac du 7a+ de droite comme S…. et sans s’arrêter au milieu, en montant jusqu’en haut, dans la superbe dalle à gouttes de sortie.
LaCuvette et sa croisette, ça mériterait presque son festival international…