dimanche 26 septembre 2010

Avalanche

Un titre accrocheur pour tirer de leur léthargie estivale tous ces grimpeurs saisonniers aux cuisses qui triplent de volume dès les premières neiges tombées. Comme François, avec mes gants mappa, je m’acquittai de ma lourde tâche d’homme de la maison. Tandis que je terminais la vaisselle, mon regard se perdit au delà des nuages qui se disloquaient. Oui, c’était bien elle…elle avait recouvert les sommets d’en face, ceux dont Yves connait par cœur les noms tout en étant incapable de les différencier. Déjà les premières neiges…l’été nous aura donc bel et bien oubliés cette année… La rentrée... les âmes cuvettardes s’agitent, mais l’édito de Tata LaCuvette se laisse désirer. A force de sollicitation, mais en manque d’inspiration, Tata se décide enfin à vous livrer en vrac, telle une avalanche, une tonne d’infos brutes et croustillantes, faites d’un subtil mélange de rumeurs, de scoops sur le petit monde sous-terrain, caché sous l’abattant.
Bruno asséché par le jeûne et la gastro de son koh Lanta annuel à l’autre bout du monde, se remet doucement sur du caillou, à Crossey 3, en faisant ami-ami avec Oliv.
Des dalles qui semblent attirer du monde, si l’on en juge les traces de cakes. De grands traits à la Schnappi dans last day of humidity, peut-être un futur 8a à la mode ? Messieurs pensez à faire le ménage une fois le chantier terminé, toutes ces marques à droite du crux du haut, sur des prises qui n’ont pas servies à l’origine, ça fait tâche !
Yves ne jure plus que pour le 4 nouvelles voies de St Paul de Varces…même sous un déluge de pluie…ce qui lui vaudra, ainsi qu’à ses compagnons d’infortune, le repli réjouissant du samedi matin au mur de l’Angoisse, avec en prime, une cote abimée pour cause de zipette sur rocher gluant.
Schnappi, fraichement décoré par l’éducation nationale, débute sa première année de bons et loyaux services à la nation…mais sans classe…ce qui forcément lui laisse du temps pour trainer du coté de Bleau. Et comme vous et moi pourvoyant à tout cela, il parait qu’il a invité toute la tribu de bloqueurs de LaCuvette à venir lui tenir compagnie. A peine 1 mois de boulot et le voilà déjà avec une belle liste de 7a, 7b et même la mouche 7b+. Il aurait pu croiser la tornade imberbe et parait-il bruyante du l’extrême sud-est, en train de venir à bout de l’insoutenable légèreté de l’autre, 8b, quand même. Tornade guronsée par sa belle réussite médiatique de Biographie le 9a+ qui rivalise avec les plus belles lignes de notre mur de l’Angoisse. Mais tornade parait-il aussi refroidie, par un passage express sur un rebord de LaCuvette, sur la vire de Tétard Park. Mais les croutes de l’élixir, le 8c+ de Quentin ne se sont pas laissées faire, et attendent toujours un premier répétiteur !! Quant à l’autre tornade venue de plus à l’est, il parait que la machine fonctionne à merveille. Une fois lancée, rien ne lui résiste et elle ne s’arrête jamais. A Pierrot Beach, elle n’a fait qu’une bouchée, entre autres d’Home sweet home le 8c de Ludo, et de pratiquement toutes ses voisines au delà de 8b+.
Bloc encore, avec la génération Rioup’ qui s’exporte plutôt bien. Alban à Rockland plie Black Shadow 8b qu’il ne serait bien tenté de décoter !!
Une autre cuvettarde profite de l’aspiration et croite Stargate 7c+, kingdom in the sky et Arch baby, deux autres 7c. Clém lui s’en est parti au pays des kangourous, travailler...son jeté ! A venir, surement plein de croix et de souvenirs…Quand à mister Guigui, il n’est finit plus de titiller les cotes des voies mythiques de l’extrême sud est !!!
De la génération d’avant, Luca peine à se remettre de Big Calm son 1er 8a, à la DJ. On attend toujours ses impressions en exclu pour LaCuvette ! Sur la même falaise, RichSarma réussit une belle perf avec Eternal Caravan of reincarnation, 8a encore, même secteur. L’animal est surmotivé, vous en saurez plus dans quelques jours. Nico, l’ex pb master est privé de son habituel compagnon Eric pour cause de broyage de doigt dans le mono du crux de la petite voie d’elka 7c+ à St Ange….c’est cher payé la FA !!!
Il poursuit sa découverte des falaises de LaCuvette. Etape à Comboire 2, qui au vu des traces de cake, doit connaitre une fréquentation certaine. Le maitre du gainage signe une des très rares réalisations, d’une ancienne voie abandonnée, un avenir incertain 7c+ aux deux sections blocs ardues.
Iaki, connait les premiers effets de l’entrainement Schwrazen’Maier. Les chaussons à peine sur une dalle, et voilà qu’il enchaine la jolie Sortie Andalouse 7b+ du Moulin de Cougnaguet. Martin opte pour la ruse du cuvettard et coche CIA 7c+ à Espace comboire avant d’en finir avec un des démoralisants morceaux de conti de la Grande arche, à la DJ, Les raisons de la colère, 7c…seulement. Sylvain et Jean-Yves fait eux aussi ami-ami aux écouges au pied de bio dégradable 7b et Pas lisse de justesse 7b+.
Oliv pofine sa nouvelle poutre. Un hiver torride au garage en prévision pour l’hiver !! Michel redécouvre l’autre coté de la vallée en faisant un tour au pied du Mont Aiguille dans les jolies dalles de Trézanne.
Et pour finir le comble de la loose de l’équipeur revient à Hervé, notre aimé Président de l’ECI, qui trouve le moyen de se faire déloger par la maréchaussée, en train d’équiper un futur spot local. C’était sur, 150 trous dans l’aprèm et des tonnes de purge au dessus des maisons, ça allait finir pour se voir et surtout s’entendre. Merci pour vos dons à l’ECI qui permettront de s’acquitter de sa caution et de lui faire retrouver la liberté.
Bref, plein de croix et de réjouissances à fêter....à l’Autoire disco day 2. Cette année, c'est Marc le menstruel qui paye sa tournée….Santé à tous !!!!!

escalade: AUTOIRE DISCO DAY 2010 from iaki on Vimeo.

mercredi 1 septembre 2010

Toute toute première fois

Une sorte d’emo gothico punk bien avant l’heure….Flashback vers les annnées où l’on avait déjà tout inventé. Et ce n’est pas pour rien que nous étions déjà là, avec nos moule-boules fluo et nos EB montants. Un petit coup de nostalgie pour Yves qui c’est mis à travailler sa souplesse pour filer direction Verdon et tenter d’imiter un certain grand blond en train de faire la grenouille et le grand écart au beau milieu d’une sublime dalle grise. C’est avec une impatience non dissimulée que nous attendons son récit et ses photos, si t’en est qu’avec son éternel acolyte Bertrand, ils sont parvenus au bout de la marche d’approche et qu’il n’ont pas opté pour la seule route barrée du département pour accéder à la falaise.
L’été, avec son cortège de première fois…le clair de lune, le sable encore chaud, le premier baiser…Première fois pour Michel, Oliv et Sylvain…non, pas dans la tente, mais à Parves, la falaise aux plusieurs falaises tant les secteurs divergent par leur rocher, leur équipement et leur ambiance. Tous les trois donc pour un baptême dans la superbe dalle crossey-o (pour le rocher) - omblèzo (pour les strates) – albonesque (pour les cannelures du haut), des Promesses de Claire, 7a+ .

Surement ce qui se fait de mieux dans le style. Et puisque l’humeur étant à la dalle, Oliv et sylvain se sont regalés avec la section bloc, difficile à lire de Fantômes du roc 7a+ avant d’effectuer plusieurs pas de danse sous l’œil du tôlier, en smurfant le mur tout en finesse et adhérence de Philosophie Heiddegerienne, 7b technique et à méthodes. Atypique et superbe. En piètre danseur et surtout pour chatouiller nos hôtes, le cuvettard que je suis trouva une méthode plus radicale par la droite, pour éviter le jeté de travers sur la règle du crux. Et parce qu’il faut bien bourriner, passage obligé dans Cytize on the cairn, 7b+ avec son très beau départ physique.
Nos hôtes disais-je…le problème de ce coté si de la falaise, c’est qu’on est sur le territoire des Ducs. Et que, comme à chaque fois, on est obligé de réserver le gite et le couvert…et de palabrer au bar, sous peine de se faire reconduire à la frontière, en cas de refus. Sirotant tranquillement une bière sur l’une des nombreuses terrasses, toutes plus confortables les unes que les autres, vous aurez tout loisir d’observer leurs mystérieux vas et vients, incessants et à chaque fois chariant de plusieurs tonnes de matériel. Des morceaux de falaises tombés de nulle part, d’immense troncs sortis d’on ne sait où, ou encore l’integralité du catalogue outils de jardins de chez Jardiland. Je me demande bien pourquoi tant de raffut, alors quon sait tous que les falaises s’équipent, s’aménagent et surtout s’entretiennent toutes seules. Comme une espèce de génération spontanée, particulièrement bienvenue mais régie quand même par une institution de hauts dignitaires consciencieux et dévoués, confortablement assis derrière de beaux bureaux en noyer massif.
Quelques temps plus tôt, avec Michel, et toujours la traditionnelle bière à la main, nous avons fini d’écumer les murs de droite…de l’autre coté de la frontière. Quelques belles lignes dans un style technique et intéressant comme Que fay le doc 7a+ et Elio 7b. En plus sale, mais c’est ce qui fait son charme, Hot crotte un 7b+ offre des mouvements aux sensations étranges sur un caillou particulièrement licheneux. Entre ces lignes quelques mouvements nettement moins esthéthiques, comme dans Requiem for a dream, un 7b+ outrageusement bidouillé. Et pour clore, une grand envolée sur le piler en 7c de Tasmaniac, ne présentant aucune autre difficulté que celle de grimper bien au dessus des points. Des voies qui se suivent mais ne se ressemblent pas, avec une volonté évidente de se démarquer des voisines, quitte à embrouiller le grimpeur par manque de logique.
Autre lieu, mais une même impression. Une autre falaise dont l’esprit nous échappe un peu. Première fois avec Sylvain dans la foret d’altitude de Corrençon, dans le dernier né des secteurs, La Grange. Du superbe caillou sculpté mais une hétérogéniété des logiques d’équipement..avec déjà des rumeurs sur des modifications, des rallonges ou des découpages de voies non concertés…Avis mitigés donc malgrès l’esthétisme du mur du 7a du vent nous portera ou la dalle variée et technique et daim pose un gnou, prend l’élan et faon ma biche, 7c, (sur)équipée par Schnappi. Première fois pour un tel profil en terre LaCuvette. Il fallait bien Nico à la démo de gainage pour vaincre cet insolente inclinaison. Notre dévers à la Clarke mountain à nous. De lignes qui rivaliseront avec la médiatique Jumbo Love. Il ne pouvait y avoir qu’un malade du perfo à l’œil vif pour oser s’attaquer à cet immense dévers... Cannib bien sur ! La ligne de faiblesse, à droite, propose un départ type pan Gullich, 5 mouv no foot. Malgrès 3 repos complet assis, j’ai fini complètement asphyxié au relais, presque incapable de tenir la dégaine. En ajoutant à cela le rocher particulièrement fragile, parfait pour une pose de pieds sereine, on grimpe brassé du cerveau (dixit Nico), surtout avec les informations laconiques sur les cotes, distillées avec réserve par Cannib !
Mais le scoop de l’été est l’œuvre de monsignore Luca.
Alors que de jeunes boutonneux se donnent en spectacle dans les 9a à la mode, c’est en toute discrétion qu'il fit une grosse impression en réalisant son premier 8a, sur la non moins célèbre et redoutée falaise de DJ Face : Big calm, une dalle technique, bien à doigts et avec une sacrée croix de fer un poil morpho au milieu. Congratulazione…c’est maintenant que les choses sérieuses vont commencer !!
Et enfin, première fois de l'année que Francois renoue avec le 8b, en croitant la dernière (enfin, si l'on excepte les variantes, connexions et rallonges qu'il a déjà repérées) voie qu'il lui résistait à Roc de Cor avec Ventoline, courte et forcément très intense. Ca tombe bien, la saison se terminant, il va pouvoir s'en aller grimper au soleil !!!

Mais les vacances touchent à leur fin. Les cartables commencent à s’activer. Et l’on se prépare à rempiler, pour une année de plus, la tête pleine de nouveaux souvenirs et avec déjà l’idée de prochains projets !

jeudi 5 août 2010

Changement de rythme

C’est un peu ce qui fait le charme de notre brève existence. Une alternance de coups de speed et d’instants de zénitude ne laissant pas de place à la routine. La course de l’année scolaire, des projets à boucler à l’heure des congés, puis les premiers jours de glandouille sous le parasol bien ancré dans le sable de la plage. L’homme n’est pas robot…mis à part quelques anomalies comme ces machines qui ne connaissent ni la fatigue, ni la faim, ni la peur...Oliv par exemple qui inlassablement lèvera sa tonne de fonte hebdomadaire, FT qui croitera plus de voies dans la semaine que l’ensemble des cuvettards réunis dans plusieurs vies, ou encore Iaki qui comprendra le manuel complet d’utilisation de son dernier logiciel de montage vidéo plus vite que moi pour saisir les subtilités d'une blague carambar.
C’est pareil dans le sport. Enfin ça en a tout l’air. C’est frappant comme un grand rendez vous sportif peut en balayer un autre, avec des agents de communication de fédérations qui se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est tout naturellement qu’on se félicitera de nos athlètes talentueux, sortis du chapeau et pour qui Carl Lewis aurait inventé le 501 au 18eme siècle, mais qui portent haut et fort les vertues de l’esprit d’équipe et clament leur volonté farouche de réussir et leur fierté de porter les couleurs de la nation. J’en ai même oublié qu’il avait existé d’autres bleus bien moins représentants du peuple, quelques semaines auparavant.
La grimpe est un peu une l’image de la vie. La monotonie des longues voies de conti ne devrait pas exister. Sur des profils parfaitement réguliers, on trouvera toujours à varier les styles et les ambiances. Un peu comme ce petit mur sous exploité de Crossey 3. A première vue, 30 mètres de dalle, rien que de la dalle…

Mais en y regardant de plus près on s’adonnera aux joies de la grimpe mono-bi, pied à plat en rocher éternellement poussiéreux. On s’aventurera dans une section technique sur crépis et règles bien à doigt avant de finir avec une bonne dose de rési jusqu'à relais. 3 petites nouvelles voies plus une variante, complétant les 2 lignes déjà existantes, FA-tées bien à l’ombre de longues soirées d’été en compagnie d’Oliv, Michel et Sylvain : les naufragés 7a+ et 7b+ en version sortie directe, L’eau de là, 7c et Last day of humidity, 8a. A noter aussi des nouveaux points dans le pilier évident du secteur classique. La directe très esthétique de la sortie de droite des orbes fatales, qui vaut bien son 7c+ bien tassé, Désordre fatal. Fabuleux.
Plus de détails dans la rubrique TOPO !!
A chacune de mes visites en pays Lotois, c’est toujours le même choc. La claque du contraste entre l’agitation urbaine des falaises de LaCuvette et le calme olympien de ces cailloux disséminés un peu partout sur le Causse. Ici, pas question de sauter un repas pour taper des essais au dessus du parking des Vouillants, humant les effluves du centre de collecte des ordures de la ville. La pause de midi est une institution, on viendrait même jusqu’au pied des secteurs rien que pour déplier la nappe et poser les paniers garnis, à l’ombre de la grotte. C’est comme s’ils avaient toujours été là, depuis plusieurs millions d’années, Jean Pierre, Laurent, Romain, Lionel, et surement plein d’autres encore. On dépose soigneusement et proprement le gros matériel (vas y Raymond, tu peux pomper, on pille l’idée et on déposera de brevet)

Et vas y que je te sors ma grosse saucisse…de canard bien évidemment…, que je te tartine la baguette….d’un bon pâté, que tu ne partiras pas avant d’avoir gouté à mon magret séché, et que tu resteras sagement assis tant que t’auras pas fini ta tranchounette de Cantal que j’ai spécialement affiné pour toi….Plutôt que d’imiter sagement Soso, je décidai d’aller essuyer mes doigts bien gras sur les prises de l’Apocalypse joyeuse.

Une fantastique traversée physique, issue de la folie tordue du grand FT, comme l’intégralité de ce charmant petit secteur dominant Autoire, le passage se crée. Mais comme la règle du crux centrale glissait vraiment trop, j’entrepris de contourner astucieusement les difficultés par le haut…mais pas de chance, Iaki’lperg avait déjà tout mis dans la boite (lire son texte d’introduction sur le blog marivalois, avant de visionner les images)


escalade: sur les traces de Patriste Déglinguer from iaki on Vimeo.


Autoire est la falaise type du changement de rythme, mais aussi celle de la scarification assurée pour touristes entreprenants.
A peine 20 mètres, toujours une première partie bien rési sur grosses colos et draperies démesurées pour finir par buter sur un toit court aux reliefs nettement moins sculptés. En résulte un final souvent bien bloc, très physique ou très à doigt, un cocktail détonnant, surtout après un début de journée bien rempli.
En pleine digestion, je rejoignais Cyril, en bien plus grande forme que moi, dans Requiem pour Gorby 7c puis dans Chauchemarrant, un 7c+ pour lequel je cherche encore comment il est possible detenir les prises du départ.
Entre deux voies, Raph, jeune breton de passage, trainant avec lui une espace de bruinasse humide, se frotta avec succès après de valeureux essais, à une récente œuvre FT-ienne, Sombre Parfum, superbe et esthétique 8a en plein centre du mur. Un pas de bloc bien à doigt pour démarrer, tout en dynamique et coordination
et une fin en toit redoutable, avec là encore un genou salvateur.
Après avoir échangé quelques mots autour de la grimpe fest-noz et de l’effet dopant du kouign-amann, je m’aperçus que je pouvais pratiquement être son grand-père. Je vous laisse imaginer sa tête lorsqu’il découvrit mon Mimichouchou, parlant de geai qui ricane et de pie qui pète, avant de se préparer à faire son gros Caca… sur image…. Non, pas d’inquiétude, je ne parle que d’un joli 6c+ aux multiples ambiances
et d’une sympathique connexion tapant dans les 7c.
Comme Papy fit de la résistance, nous sommes ensuite allés nous retourner les doigts dans le crux spécialement complexe des Verts et des pas murs, 7c encore.
Puis, avant de retourner à l’hospice, un petit tour du coté du très beau secteur de la vire, en compagnie de toujours jeune Iaki. En plus d’être hyperactif, monsieur est esthète. Son bon gout nous proposa une très agréable mise en bouche sur trous et grosses colos, le minet sauta, 6c+,

avant un excellent plat de rési en 7b+, Léon. Une trentaine de mouvements, d’abord un crux bien à doigt, puis des trous et encore des colos, et une fin de parcours exigeante sur une série de règles bien plates. Superbe, et… presqu’un poil trop court finalement !!.
Mais à force de faire le djeuns dans ces profils modernes, on en oublierait presque les conseils des anciens. Je montais dans une ligne lubrique de François, répondant au doux nom du Syndrome Ravaillac 7c… amalgame possible avec d'eventuelles tendances masochistes ?
Mais impossible de laisser ma grâce pleinement s’exprimer dans ce pas de bloc du départ, écartelé entre une fine colo intenable (lapalissade…) main droite et une croute verticale bien trop lointaine mais gauche et tout aussi intenable…C’est là que j’entendis alors la voix de la sagesse provenant de mon assureur grisonnant : "Rentre le genou et pose une grosse lolotte sur le bec pied gauche". La voix de la honte oui !! Après bien des échecs je finis par céder dans la facilité. A la dixième tentative et surtout à la limite de la dislocation du genou je tombai enfin sur cette verticale et enquillai sans tarder le mouvement suivant... mais que les cuvettards se rassurent, l’honneur est sauf, sur les images du ralenti, on ne distingue qu’une discrète esquisse de quart externe !!.
Mais pour laver cet affront, je repartis dans la voie, tout de face, mais en shuntant complètement le départ, 2m à gauche sur une ligne de trous évidente, pour ensuite rejoindre la colo médiane. Le syndrome cuvettard en somme…un truc qui doit taper dans les 7b mais qui a surtout cela de jouissif : piquer une première à FT, une variante d’une de ces voies, et quand il n’est pas là…A dream come true, rien n’est impossible, I want to believe, et maintenant, que vais-je faire….
Mais l’histoire retiendra plutot que l’art de grimpe de Lotois se conjugue à plusieurs, se consomme sans modération, et surtout, conserve… même si mon Mimichouchou, dans son essai qui aurait du être le bon, trouva le moyen d’oublier la méthode qu’il venait de caler 5 minutes plus tôt, préférant une option de sumo bien hasardeuse….