mercredi 16 mai 2012

Le changement


 …C’est maintenant. C’est bizarre mais le titre de ce billet me rappelle vaguement quelque chose. C’est comme ce matin, en retard à ma réunion, on m’a bien fait comprendre le manque d’originalité de mon excuse du jour : la foudre s’est abattue sur ma caisse, j'ai du faire demi tour et prendre le bus.
Bon, rien ne va plus, c’est la crise, j’ai du revendre mon appareil photo pour pouvoir manger ce midi, d’où la piètre qualité des photos ci dessous, prises avec une vieille relique de téléphone portable que j’ai chourée dans un vide grenier de quartier le week-end dernier.
Il est temps de fermer la page et de changer…Adieu monde cruel de LaCuvette, adieux bouses teigneuses, contraignantes et misérables. A nous l’illusion du changement !
Yves avait retrouvé son short à la couleur chère à notre nouveau président, avec encore quelques tracts militants dépassant de la poche. Il avait même la mine marquée des lendemains de victoire arrosés au Champomy. Une vie simple d’homme normal, sans excès. C’est dans sa Citroën décapotable qu’il nous conduisit à Presles…pour changer. Deux voies BBX, Antimonium tartaricum pour nous et Doigt de passion pour Sylvain et Elodie. Quelques petits gémissements caractéristiques dans le très sculpté mur gris de la magnifique 3ème longueur en 6c+ et une jolie porte qui zippe avec retourné acrobatique dans la 7ème longueur en 6c + pour Yves, quelques bref secondes d’angoisse pour Sylvain dans la longueur clé en 6c+, fort heureusement munie d’une grande cordelette salvatrice et nous voilà repus. De belles longueurs variées, entre gris de chez gris, jaune picoteux et agressif et bien sur, du bon rouge révolutionnaire, pour les quelques zones surplombantes
Yves dans la fin de L3, 7a+ avec son final bien physique sur prises grassouillettes
Yves en termine avec la superbe dalle finaude en 7a+, L6
Elodie dans le beau gris du Doigt de passion, L8, 6b+
Fuyant la réalité cuvettarde, voilà qu’on nous récidivions à deux reprises dans les jours suivants. Yves préparant les législatives, c’est le lutin Sylvie qui se porta volontaire pour le remplacer, non pas au parti mais dans la cordée.
Accompagné toujours de Sylvain et Elodie, direction la Paroie rouge. Un accès par le haut qui permit à nos deux Sylv d’ergoter sur la qualité de l’arbre faisant office de relais, de celle de leur vache respective, décousue ou bouffée par les UV, du maillon rouillé censé supporter le poids de 4 grimpeurs dont un sumo, ou encore de leur baudrier émettant des craquements suspects. S’en est suivie une tension palpable quand je leur montrai, depuis le bas, la 3eme longueur et l’imposant surplomb du Droit Chemin, 7a+, réservée à Sylvain, et les grands murs bien compact gris du Diable en rit encore, destinés aux doigts d’acier de Sylvie. Deux autres BBX-ades dans lesquelles il faudra s’employer pour gagner le point suivant et se régaler de ces belles envolées gazeuses, perdues dans ce cirque tranquille et ensoleillé.
Sylvie dans la 1ere longueur du diable, à noter la hauteur du 1er point juste sous ses pieds…sachant que les 2 première dégaines ne sont posées que…sur des buis…
Sylvie des les gouttes d’eau sanglantes du majeurissime 7a de L2
Sylvie dans la fin des superbes cannelures du rude 6b+ de L4
Elodie dans les gouttes géantes de L2 du Droit Chemin, 6b+
 Le changement, c’est surtout une affaire de mâles velus, car pour ces dames, certains clichés ont toujours la dent dure. 8000 mots par jour en moyenne, mais c’est surement le double pour Sylvie, et le pire c’est que c’est pareil quand elle grimpe, même en grande voie. Et elle ne s’arrête jamais, même si elle voit bien que je ne l’écoute pas, terrorisé sur des chiures 3m au dessus du point, dans la longueur clé, et incapable de lâcher un mot à part par reflexe un « maman j’ai peur » ou mieux, un plus viril « putain j’en chie »…mais complètement rassuré de la savoir en train de discuter avec je ne sais quel interlocuteur imaginaire
Le deuxième cliché, c’est le syndrome de la garde robe…et vas y que même par 25 degrés faut se trimballer sa dernière doudoune bibendum, voir carrément grimper avec !
Non vous ne rêvez pas, c’est bien Sylvie avec sa doudoune, dans l’avant dernière longueur d’intermède pour Carlos….une fort jolie voie, bien homogène dans le 6c, ouverte par d’Alain Rebreyend, au perfo bien plus généreux que celui du précité BBX
Sylvie dans la redoutable 1ere longueur en 6c, dalleuse à souhait
Sylvie dans le mur gris superbement sculpté de L6, 6c
Sylvie dans le très beau et pas bien dur 7a de L7
 Et pour en finir sur les clichés, il a celui du sens de l’orientation. Nico m’avait convié ce week-end à descendre du coté de Venasque…et s’était porté volontaire pour faire le GO et distraire mes 2 monstres à l’arrière de la voiture pendant les 2h de trajet…Quelle fut notre surprise de voire Madame Nico, arriver avec près d’1h30 de retard, mais en étant parti avant nous…l’explication ? Simple : comme il fallait rejoindre l’A7, ben, elle a regardé la carte et est passée par Lyon !
Bon ok, ceci ne l’a pas empêché de me faire la démo dans les grands murs de conti de la falaise de l’Ascle. Entre autres, dans Petite Marie, superbe et esthétique 7a de la Casquette,
puis dans le de circonstance Ca ira mieux demain 7c, au premier essai et en triple marchant ou encore dans une belle tentative flash du encore bien conti Papy et C°, 7c+ ou 8a c’est selon.
Cette dernière pliée au prix de quelques gémissements factices par Eric et Nico, pour ce dernier, juste après s’être offert aussi facilement l’autre 7c+ à gauche du secteur, plus court et plus physique sur monos.
Avec Juju, fatigué rien qu’à les regarder, il nous restait plus qu’à racler tous les 7a 7b du secteur avec Boule de câlins, 7a court et bouseux, sa voisine de droite dont j’ai oublié le nom, 7a plus varié et homogène, Blédina et la restanque deux 7b courts et assez nuls eux aussi, l’intégral du Peuterey L1 joli 7a, ainsi que le 7a+ bien bourrin de la fête des pères avec ses mouvements amples rési sur prises sikatées.
C’est bien joli tout ça, mais même si le changement c’est pour maintenant, va bien falloir rentrer à la maison et faire face à cette dure réalité qui aura bien vite fait de nous rattraper…dès samedi, 8h, dans un trou à rat cuvettard…

dimanche 6 mai 2012

Invitation

Sans garantie sur l’avenir et encore moins sur le prochain quinquennat,quelque soit le choix du peuple qui malheureusement n'est pas obligé de voté comme moi, alors autant ne pas refuser le luxe d’une quelconque invitation. Comme clamé par certains, il se put que ce soit par erreur... Et oui, près de 25 min d’approche, raide en plus, dans un pierrier et mal tracée, un caillou qui laisse parfois à désirer, des relais qu’on voit pas du bas tellement c’est long, et le pire, la campagne à perte de vue, point de bruit de rocade et pas un carré de béton à l’horizon…un cocktail sinistre parfait pour dépressif. Il aura fallu l’acharnement du bartasseur local au patronyme accueillant, Thierry B, et surtout l’ultimatum d’Yves un samedi matin, déserté par l’ensemble des cuvettards, notament Sylvain, convié à on ne sait plus quel genre de partie fine. Complètement épuisé,au bord du malaise, surtout en ayant fait toute l’approche à reculons, me voilà perché sur ces vires, confortables, à devoir m’essayer au style local. On commence par Objectifs lune, un 7a coché avec Bertrand et JY, à vue…enfin c'est-à-dire en s’y reprenant 15 fois pour décoller de la vire et arriver à broyer cette fine oreille décollée et choper le choux fleur au niveau du 1er point.
Pour le reste ca déroule sur près de 30m de dièdre montagnard. Manquait plus que le knickers, le sac et l’on se serait cru dans une bonne rebuffade du siècle dernier. Une belle corjonade contemporaine, technique, où l’on grimpe léger, sans geste brusque, en assurant chaque prise, chaque mouvement…on regretterait presque que l’équipeur n’est pas pimenté le tout d’un bon vieux piton ou d’un coin de bois quelque part au fin fond de ce dièdre. On continue avec un passage dans Inversées ça va, des versets bonjour les dégats, un 7b+ encore technique sur croutes, dans du rocher jaune qui s’est maintenant bien vu purger par les nombreux passages de racleurs cuvettards. A commener avec les B, Manu l’expansif, à l’émotion sonore démonstrative pendant ses essais et Damien le filou, fin dénicheur de la bonne méthode ou du bon repos qui personne n’a jamais vu.
Direction la vire supérieur pour changer de style et trouver un rocher gris plus compact. Un peu de a vue avec JY dans le peu commun Tic et Re-Tic, 7a+ subtil mélange de fissure fine et de pilier étrange.
Une grimpe autant cérébrale qu’à sensation, qui motive Sylvain, Bertrand mais surtout Yves à revenir. Pour se fumer les bras, rien de tel que de grimper comme un gros sac dans le dièdre juste à droite, On se l’écaille, 7b, qui finit dans un mur gris superbement travaillé et encore bien dure à lire et peu marqué par les passages
Ensuite, on passe aux choses sérieuses, Conquête d’épaule, première du secteur, un grand voyage un 7b/b+, intelligemment équipé, qui vient exploiter les lignes de faiblesse de cette grand face pour finir, après un crux très esthétique qui demande un peu d’inspiration, dans le même mur gris.
Sa voisine de droite Viva Zampelli, première longueur en 7b, avec une partie fine en dalle qui régale Sylvain, avant de buter sur son final plus physique avec de gros mouv sur inverses en dévers. Il paraitrait que la suite en 7c serait majeure…
 Et pour finir en beauté, on peut aussi se faire rouster dans du court et dur, bien bloc et bien rat, avecMini Cathy (la magnifique) 7b+ avec 2 sections blocs en magnifique rocher bleu concrétionné, qui donne même du fil à rétordre à son géniteur Thierry .
Reste encore quelques projets du même acabit, et comme j’aime promener mon perfo et un gros sac de matos, surtout quand l’approche est longue et raide, merci à Thierry et Mister Corjonnade de m’avoir laissé deux zones bien lisses, bien courtes et bien déversantes pour une Lacuvette's touch, celle qu'on aime parce qu'elle ne ne ressemble à rien,  dans ce déjà bien bel éventail de variétés. C'est malin, il va falloir maintenant se retaper la marche approche...
Une pensée aussi notre Schnappi. Avec Pierrick ils se sont invités, le temps des vacances de Paques pluvieuse, à l’abri des toits de l’ancien Comboire. Sans surprise Schnappi torche tout se qui bouge dans le 7 et qui fait moins de 3m, mais comme tout le monde s’en fou, on retiendra surtout la belle perf de Pierrick qui plie rapidement et presque tout en technique, Rage against the hamster 8b+ peu répété, si ce n’est par Y.Dard, Rackam, et Mickey, ce qui laisse en dit long sur la qualité de gainage requise…En hôte bienveillant, j'invite Schnappi et deux fameux autres cuvettards à venir me piquer la FA de Laroque Star, le nain et le serial croiteur, nouveau 7b+ d'Espace 2000.
Eric lui, invite quelques Savoyards pervers, partageant avec Sylvain quelques affinités pour la moule, dans son tout dernier secret spot.
Nico décline mon invitation pour laisser Madame venir gouter aux joies de mes dernières voies des Saillants. Vu la rapidité et l’efficacité de la dame à caler des méthodes et à survoler les pas de bloc en série du très rési Espace les spasmes, potentiel 7c+, j’en viens à me demander qui porte la culotte à la maison. Mais ceci ne nous…regardant pas, je constate simplement au passage, que les méthodes de filles me conviennent bien mieux que celle des garçons. Un coté féminin refoulé ? Subtile et délicat ? Sans aucun doute…
Vivement ce soir du 06 mai, qu’on sache à quelle sauce nous allons être mangés et qui sera l’heureux élu qui nous invitera à de chouettes réjouissances pour les cinq années à venir.

dimanche 22 avril 2012

Générations

Pour certains, elles se suivraient sans jamais se ressembler. Mais avec les années, on ne manquera pas de constater qu’elles forment des cycles, la vie n’étant finalement qu’un éternel recommencement. En vagabondant sur un portail grimpesque, je tombais sur cette vidéo d’un illuminé chevelu en collant moulant, pendu dans un surplomb, sans corde. Pour tous les grimpeurs d’un autre siècle, forcément un remake de dieu…celui qui nous a converti. Tous les grimpeurs prépubères que nous étions à l’époque, n’ayant pu faire autrement que se prêter eux aussi à ce même petit jeu osé. A St Egrève en particulier, falaise phare de l’époque… Il n’en fallait pas moins pour qu’un élan nostalgique nous ramène à venir tâter de la voie technique, du temps ou les colos et autres gros devers ne servaient à rien. Avec Yves et surtout avec une corde, les années ayant fait leur travail de sape. Yves pour qui les souvenirs de la voie du week dernier sont déjà approximatifs, imaginez quand il faut aller chercher des infos vieilles de près de 25 ans. Autant dire qu’il allait pouvoir tenter à vue des voies qu’il avait déjà faites. De belles tentatives, à chercher les prises, à louvoyer et à monter un peu au dessus des points…que ce soit dans la fissure renfougne malcommode mais inoubliable de Coit mental, 6b,
 dans la traversée dalleuse, pieds bien à plat, de Baby Alone 6b+, en enchainant les 2 longueurs,

ou encore dans l’un des plus beau 6c de l’univers cuvettard, In Shalla, incroyablement varié, entre dalle, gouttes d’eau et surplomb. Même s’il lui a fallu quelques pauses pour reprendre ses esprits, il reste très fier de pouvoir dire que lui a vu le relais, contrairement à d’illustres prédécesseurs dont il a récupéré un maillon de but.


St Egrève, donc, falaise de toute une génération et portée pour notre mondialement connu Glaude, qui y enchainait dans les années 80, l’envers du décors, fantastique 7c des haut lieux….à une époque on l’on se battait, plus au sud, à Buoux, pour enchainer le premier 8a. Falaise bondée, parkingx envahis, problème de cohabitation, excès des grimpeurs…puis fermeture de la face ouest. Il aura fallu une génération pour que la situation s’améliore et que ce secteur réouvre. A l’heure de la grosse conti sur colo, on se retrouve souvent tous seuls pour révisiter les classiques du lieu. Sylvain dans Jambon beurre, son 100ème 7a
même s’il laisse parfois des maillons dans les 6c ailleurs…Oliv qui serre les monos du départ de vertiges et décadences 7a aussi
ou les trous de Voodo Club, joli 6c+ plus à droite.
Sylvain encore qui repère longuement la très esthétique proue d’Exquise esquisses 7b…pour préférer tout oublier autrement.
A Buoux, comme à St Egrève, c’est l’occasion de se faire rouster dans des dalles bien complexes, de psychoter les pieds et les mains à plats, tétanisé au dessus des points. De se rappeler que le 7a d’avant, c’était dur. Grand moment de solitude dans l’Escoube 7a, ou dans la Belle de cadix, 7a+ du secteur l’autoroute...même si en guise de consolation j’arrive à faire la dalle finale de sa voisine, la valse aux adieux, 7a+ encore qui nous avait laissée perplexes avec Bruno il a un mois.
Grimpeur des années 80, mais grimpeurs jusqu’au bout des seins…comme dirait l’autre. Grimpeur qui en veulent, qui en ont. Et quand il décide de couper une branche que a eu la mauvaise idée de pousser dans une de ses voies, pas de demi mesure. Un seul coup de scie…et 2 tendons sectionnés. Quand je vous disais que notre cher président de l’ECI Hervé est de cette trempe…Il a même du impressionner le chirurgien, qui en a oublié la planchette d’équipement sous le bandage…Souhaitons un prompt rétablissement à notre président, même s’il n’en est plus à sa près….le défrichage en tout genre, ça marque une vie
La génération d’aujourd’hui, c’est vite fait bien fait 3 points dans un dévers de 3m pour 2 connexions et un seul relais, histoire de rentabiliser et de consommer au plus rapide. Et voilà comment s’occuper aux Saillants, à 10min du boulot. Nico continu à prouver que le pan ca paye et plie la petite vingtaine de mouvements très rési d’espace les spasmes 7c+ sur une jolie proue esthétique. Rési pour certains….ou pas de bloc sur pas blocs pour d’autres…mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !! Et ce petit régime bien tonique m’aura permis, lors d’un petit passage avec Sylvain sur la vire de ludo’s beach à Comboire, de venir à bout du cours et forçu Dosadi, 8a. 6 essais dans la séance…ce qui laissa le temps à Sylvain de bien caler les mouvements, avant sa bière, dans vent d’orage 7a,
 l’étoile et le fouet 7b+ et Aerobut 7c,
,histoire de se donner le droit d’aller boire une bonne bière.
Et comment finir autrement qu’en saluant l’énormissime Iaki qui marquera à coup sur de nombreuses générations par ses films d’un autre temps, d’un autre univers, d’une autre intelligence….des films de grimpe qui ne ressemblent à rien d’autre, voir à rien tout court… mais l’art ne s’explique pas et il décroche le premier prix du festival Mets de la wax 2012. A coté Cannes ou les oscars, c’est serait presque de la merde en boite.

dimanche 18 mars 2012

Reprise d’activité

Comme le dirait un certain candidat sortant, rien de tel qu’un petit coup de fil à de vieilles connaissances, liées pour on se sait plus quelle raisons plus ou moins avouables, pour que subitement une petite structure d’intérêt local se voit hissée au niveau des plus grands de ce monde. Un peu comme nos bouts de falaises cuvettardes. Un caillou qui nous est si cher mais qui ne devait jamais attirer le gratin mondial, celui là même, qui préfère se prélasser sous le soleil ibérique. On ne sait lequel de nos candidats sortants a dégainé son téléphone, mais force est de constater que le petit parking tranquille des Saillants était complètement saturé ces derniers week-end. Des plaques avec des numéros dont on ne soupçonnait même pas l’existence : 69, 34, 07…
Que la France qui se lève tôt se rassure, y’en encore de la marge le matin….Pas la peine de faire son Boui boui. 6h30 du matin au pied de la Pierre Chambertin, en train de s'acharner dans la trav intégrale, un futur standard mondial. Le pire c’est qu’ils sont deux, avec Pierrick qui vient s’echauffer avant de partir taper des essais dans Rage, le 8b+ de Comboire. Là encore, potentiel détroneur des plus belles bouses internationales de 3m bien forçues. Il pique aux stars du Prana world, la première de l’aller retour integral, soit près de 90 mouv et sans avoir à fermer une seule fois le bras…encore plus fort que tous les 8c de conti espagnols !!
Revenons aux Saillants.
Entre les Schnappi, Guigui, Pierrick, Charlie, Xav et d’autres encore, il reste un peu de place pour nous, pauvres cuvettards, à qui je destinais quelques pauvres nouvelles voies, juste de quoi occuper quelques unes de nos soirées printanières à venir. Après une remise en jambe du coté d’Arbin,
Nico revient aux affaires et réalise en quelques essais une belle démo de blocage sur inverse dans les sots meurent 7c. Tandis que Sylvain, Eric, Ben et Martin sont venus comprendre leur douleur dans cette même voie, j’opte stratégiquement pour le style plus classique des beaux rient, 7c rési sur croutes. Et quand il y a trop de monde, on peut s’isoler plus bas au secteur Résurgence. Même Bruno commence à apprécier ce style particulier…finies les grandes déroulantes, le voilà à serrer les dents, à devenir tout rouge en fermant le bras et à jeter avec conviction dans extension sauvage, rude 7a+.
 L’indécrottable que je suis se laisse aussi prendre au jeu, oubliant ma délicatesse légendaire, pour beugler tellement j’explose, sur les premiers mouv physiques de l’astrozob, 7c. Sans prendre la première prise… vu que je n’arrive pas à la tenir… mais avec une super méthode inédite sur une verticale et un gros drapeau pour shunter l’inverse et choper direct la règle qui coupe. Tellement bien que je reviendrais pour refaire ce départ et le connecter avec la voie de droite, histoire d’avoir une vraie fin qui fait encore forcer
Reprise d’activité, les machines reprennent du service. Les perfos tournent à fond. Notamment à Saint Paul de Varces, la campagne aux portes de Lacuvette. On a même surpris des drôles d’échanges entre un certain Thierry B et un Manu B, le premier tentant tant bien que mal à répondre aux questions saugrenues du premier, visiblement très au fait de la technologie et pendu au bout d’une stat. «La mèche, je la mets de quel coté du perfo ? » ou « Ca s’enfonce à la main un goujon ? » et encore « Est-ce qu’il y a sens pour visser la plaquette ? ». C’est donc en confiance qu’avec Raymond, on s’est cru dans une grande voie du Vercors, à surveiller nos appuis, grimper avec légéreté, à se sentir tout le temps mal et à chercher de longs moments par où passer, dans deux nouveaux 7a très cérébraux, l’un dans un dièdre parfait et l’autre sur un pilier gris tout lisse. Et pour finir deux autres grandes nouveautés en 7b/b+ au rocher jaune bien difficile à lire. Même si la qualité du rocher n’est pas celle de lacuvette, on s’en est mis plein les bras dans ces grandes longueurs toutes neuves !! Même ambiance, avec Sylvie et michel venus m’accompagner du coté de Voreppe pour la FA de Délicate et pas saine, la première longueur en 7a+ d’une future grande envolée…
 Signe que l’activité reprend, Yves et Bertand, nos dopés du cuissots ont du forcé sur les sangles pour arriver à renfiler leur baudrier, du coté de St paul de Varces eux aussi…une bonne option pour la reprise semble-t-il.
Plus haut, c’est Eric qui a réouvert la route de St Ange et surtout enfin offert une vraie nouvelle fin au 7c ultra classique que tout le monde à fait…..et que tout le monde va maintenant devoir refaire, avec 2 points supplémentaires pour sortir au sommet et une sortie bien individualisée. Le maillon du dernier outrage devient dorénavant Affaire classée mais reste 7c...tout ça à jour dans la dernière version du topo >ici<
Et pour finir, une sacré activité aussi en pays Lotois, avec Iaki qui sort un encore très léché CIZ, 4eme opus de la série culte, en cours de traduction en 127 langues pour une diffusion interplanétaire prévue en 2013
Escalade: climbing iZ not, épisode n°4 from iaki on Vimeo.
Sur ce, au boulot, je m’en vais travailler plus, parce que je le vaux bien…

dimanche 4 mars 2012

Renaissance

Deux mois de loose à patienter que les stalactites tombent, que le gasoil dégèle et que les orteils ne bleuissent plus à l’idée de devoir se glisser dans les chaussons. Même la grange de Nico demeurait impraticable. Et faire un feu avec les ballots de paille stockés sous le pan n’aurait même pas suffit à le réchauffer. Schnappi dut investir dans une magnifique doudoune bidendomisante avec bourrelets très tendance. Connaissant son gout et son sens inné de l’élégance, c’est dire si les températures devaient être rudes. Il fallut attendre le choc thermique de cette semaine pour que tout s’emballe subitement. Les primevères rattrapaient leur retard et les premiers bourgeons commençaient à pointer…et je ne dis pas ça que pour celui Sylvain, son jeune plan vigoureux ne demandant qu’à être rempoter. Bref, le cuvettard sortait de cette trop longue léthargie. Et c’est surement l’effet de manque qui explique la folle actualité cuvettestique de la semaine.
Schnappi délaissa Bleau et sa doudoune, le temps de ces congés payés par la communauté, pour tester sa force sur quelques une de bases du style de chez nous. A commencer par le très court et puissant Avenir incertain, 7c+ de Comboire 2, triple marché en son temps avec la méthode directe de là où y’a pas prise par Nico, maitre es gainage.
Mais ni toutes ses ruses par la gauche et ni ses beuglements de créature de la forêt, ne suffirent à ramener la croix dans sa besace. Mais c'est surtout sa force de persuasion qui fut la plus remarquable.  Il réussit à trainer dans cette improbable falaise de LaCuvette TiNico, pur produit chastagniesque, et Guigui Lebret, de nouveau cuvettard malgrès lui. Les 2 croitent Le blaireau tiqua, 8a. A vue pour le premier, et avec des méthodes en carton, sans trace de gomme ni de cake, c’est dire le potentiel du bougre. Quelques essais (quand même) pour le second. Soit 2 rares répétitions de cette voie physique et très à calage, après Nico l’année dernière
et après le racleur de premières, Pierrick. L’homme qui partage son duvet avec un certain B.C, prof (encore un) mais lui, dans le trou du cul de la France profonde, Montluçon, et sa falaise temple de la connexion, Saint Sauves.
Pierrick qui continue à me piquer des FA, que de toutes manières je ne serais pas capable de collectionner aussi vite…Mais à quoi bon équiper des nouvelles voies si c’est pour les enchainer au premier essai. Quel gâchis, quelle perte de temps ! Alors autant les laisser aux autres. Et terminer le nettoyage est un plaisir que j’aime partager avec mes proches. C’est donc tout naturellement que je lui cédai, au 1er essai, Assez d’essais, 7c+ bien à doigt,

les beaux rient 7c, en clin d’œil à 4 guenilles croisées à Buoux, 7c court mais ample et rési,
 et enfin le très massif Les sots meurent, ancien 7a+ qui a du voir remonter sa cotation à 7c/7c+ pour ménager la susceptibilité de Schnappi, des ses 3 bonnes séances et sa bonne dizaine d’essais pour cette pauvre voie de 3 mètres, sur des bacs, dans un leger devers, et qui ne ressemble à rien.

A noter que dans son acharnement, il a ici aussi, réussit à traquenarder Guigui qui mettra quand même 6 runs à faire lui aussi le massif…du bon bluff là encore, juste ce qu’il faut pour ne pas irriter notre nain de la foret, disciple de la force mais obligé de caller des talons pour tenir les blocages. Quant aux cuvettards canal historique, eux, restent discrets mais non moins efficaces. Bruno et Jean-Yves calent des méthodes très prometteuses dans Nulle part et ailleurs, le 7c test de rési d’Espace Comboire, et Bruno récidive dans Espace d’espace, le 7c qui m’énerve des Saillants. Même Yves repointe le bout son nez, avec un coup de fil, l’air de rien, le vendredi soir pour connaître le programme du lendemain.
Espérons maintenant que la neige prévue la semaine prochaine n’obligera par tout ce petit monde à replonger dans une hibernation forcée…