Des états d'âmes, des billets d'humeur, des petits récits et des nouvelles de la grimpe et de l'escalade à Grenoble...vus du fin fond de LaCuvette par une bande d'activistes locaux et acharnés... mais fiers de l'être !!
Surement parce qu’on le vaut bien. A se demander si la fameuse LaCuvette touch n’est pas en train de perdre de sa superbe, succombant aux sirènes de la mode. Ou peut-être serait-ce l’inverse, le non style indémodable de la doudoune récupérée du camp de base de l’expédition Annapurna 1950 et du bleu travail subtilisé d’un stock de surplus de chantier par Michel avant son départ à la retraite, qui gagnerait du terrain. Mystère…mais toujours est-il qu’en surfant sur la toile et en feuilletant le dernier opus du magazine qui me fait largement amortir la moquette confortable que j’ai installée sur le rebord de mes toilettes (vu le temps que j’y passe) vous aurez tous constaté des scoops repris de ce que vous aviez déjà lu sur LaCuvette. Et pour changer de l’unique photo de Quentin qui circule, Luca, notre local de l’étape nous livre quelques clichés de la vire la plus hype du moment. On y utilise même la marque déposée "LaCuvette" ou "cuvettards", termes qui ne veulent rien dire si ce n’est dans le langage commun des 2 lecteurs et demi que compte ce leurre de blog grimpesque… Pire encore, voilà qu’on y exhibe l’histoire de la perche, et que même les plus talentueux de la jeune génération s’y mette, moultes années après les premiers essais fructueux de notre génial Raymond. De là à penser comme dans le post de la semaine dernière que le salut viendra du fin fond du trou de LaCuvette… Enfin, pour surfer sur la vague, la fédé va sortir son propre topo, de quoi abreuver tous ces curieux qui maintenant ne manqueront pas de faire une halte aux Vouillants ou à Voreppe, sur la route des falaises du sud !
Alors oui, y’a de la star et de la perf à Têtard park...nos envoyés spéciaux sont à l’affut, même s’ils ont finit par se disperser pour faire semblant de forcer pour ramener quelques belles croix à la maison. Au milieu des Manu Romain, Nina Capres et autres Mickey, Schnappi s’est promené avec Pierrick dans la L1 de Mourex 8a ainsi que dans une nouvelle ligne de Quentin sur la grande muraille 8a aussi, dans le grand toit….enfin plutôt 7b/7b+ pour les deux selon les intéressés. Mais il est vrai que le Schnappi, maintenant élevé au grés de Bleau, se frise presqu’avec indécence dans toutes les voies dite un peu forçue et surtout n’excédant pas son autonomie de 3 mouvements. De son coté, Eric, continue sur sa lancée et voit ses longues heures d’humiliation sur le pan de Nico enfin dignement récompensées. Il randonne coup sur coup la revanche de Têtard et The têtard menace, deux 8a bien différents.
Comme nous le faisait remarquer RV, puisque l’on en est à se la jouer pub pour agence de voyage, notons que le sus cité Nico est en ce moment à St léger, en train de faire péter sa scorecard…ça c’est sur. Je ne résiste pas à quelques jolies images de Montserrat, au pudding catalan visiblement redoutable pour le à vue…que je n’ai pas eu le temps de tester, faute de trouver des locaux tôt le matin en semaine…d’un coté, ça m’a arrangé, après tout, j’étais là pour bosser, j’aurais été en retard à mes rendez-vous, et le prétexte de la falaise qui comme par enchantement vient se mettre en plein sur la route, aurait été difficilement crédible. Mais trêve de plaisanterie. Revenons à ce qui nous fait vraiment vibrer, la source même de la lacuvette touch. A commencer par Martin et Lol qui sévissent en ce moment à Ludo’s beach, pour respectivement plier Acquis de confiance, 8a qui putréfie les doigts en sortie et Abus de conscience, 8a aussi, très technique mais lui uniquement sur mauvais plats. Indérogeable aussi pour Yves uniquement, et spécialement les we de bouchon sur les routes, le petit tirage de bourre avec les copains…les skis aux pieds. Mais la question demeure entière…premier en haut ou….premier en bas ?
Du coté d’une nouvelle vire, Sylvain et Jean-Yves se répètent parce que ça finira bien par rentrer Are you LaCuvette Yet, 7b/b+ mixant dalle à choux fleurs en bas et surplomb gymnique en haut,tandis que je FA-te le 7c de We are the LaCuvette, qui initialement ne devait ressembler à rien et qui finalement s’avère des plus intéressants avec ses 3 sections variées, pas de bloc forçu en bas, pilier à baffer et à talonner ensuite et enfin le même toit que les autres pour finir.Et comment passer une semaine d’hiver sans parler de Voreppe. Michel le gardien du lieu veille au grain et surveille le trésor. Régulièrement il y aperçoit des grimpeurs, en flagrant délit de grandes envolées techniques en murs sculptés et exigeants. Ce samedi ce fut Bruno qu’il du remarquer, avec son style tout en calages millimétrés et en équilibres maitrisés, dans l’esthétique nouveau pilier, La cabane au fond du jardin 7b+. Une de dernière ligne de ce site résolument majeur
Ah… mais qu’est ce qu’on est bien…pour un peu on finirait presque par y prendre goût…Vivement pas les vacances, qu’on puisse encore rester chez nous, le centre névralgique de la grimpe mondiale, pour pouvoir finir d’écumer tout ce qui nous reste…
Le trou où se concentrent toutes les énergies. A tel point qu’aucune lumière ne s’en échappe. Un trou noir, invisible, même avec les instruments les plus perfectionnés. Et pourtant, c’est là que ça se passe. C’est de là que tout est parti. L’origine de tout, avant que ne se précipite tout un tas de réactions en chaîne, aléatoires et heureusement bien intentionnées. Même à l’heure de la mondialisation et de l’information tous azimuts, l’énergie part toujours du fin fond de l’univers local. On s’étonne qu’il existe encore des dictatures et l’on se félicite que les peuples se rebellent. Mais cela fait plus de 30ans que l’on assiste au spectacle et ce n’est qu’aujourd’hui que l’on s’en émeuve. Ici ça grouille. Et depuis un moment, à l’une des extrémités de LaCuvette, du coté de la vire de Tétard Park, étonnamment en condition pour un mois de février. En surfant sur la toile, on aura pu se gausser de la FA d’un nouveau et encore rare 8c, le dernier Têtard et de celle du Têtard maudit, un poil plus facile, 8b+.
Quand on voit le profil, la taille des prises et la faible hauteur des voies…et quand on connait l’efficacité de Quentin dans ce style, on se dit que notre super héros n’a pas dû voler les cotes ! Et ce n’est pas Mickey, venu en découdre qui dira le contraire. Quentin s’attaque maintenant à la directe du crapaud, projet estimé au environ de 8c+. Plein de beaux combats sur cette vire suspendue, avec Rackam sans crash pad mais avec un baudard dans le Têtard maudit,Nathan et Charlie dans les pères chartreux, un autre 8b+ qui rime avec serrage de croutes infâmes. Même Super Man aura été vu la haut, pour contempler puis plier au 1er essai le 7c des grimpeurs se cachent pour vomir, accompagné de l’éternel Foué, entre 2 ouvertures, tentant de faire aussi bien, mais avec un nombre d’essais nettement plus conséquent. Sur la photo du Man, le poète remarquera le ciel et ses esthétiques trainées nuageuses, alors que l’esprit tordu lui, s’attardera sur la hauteur du préclippage à la cuvettarde… Un peu plus haut, c’est Ptit Nico, puisque nous aussi on a notre Ondra, qui, du haut de ses 13ans, s’acharne pour répéter la rencontre du 3ème spit, 8b, voie du siècle dernier mais Fa-tée seulement il y a peu par l’inévitable Quentin et me semble-t-il toujours non répétée aujourd’hui. Quant à Wonder Woman, elle serait aussi passée sur la vire. Mme JMC exécuta flash les grimpeurs se cachent avant de se promener dans le superbe Sauvé par le bang, 7c aussi et de visiter la danse du tourteau 8a+ née des mains de maître de Foué. Le fameux short bleu aurait pu être de rigueur, vu le dérèglement climatique de la semaine, créneau météo qu’elle optimisa à merveille pour en finir avec le nouveau 8b de Rochefort-Samson, fausse vieille falaise et vrai nouveau secret spot vertaco. Mais ce n’est pas le short que Nico reluqua en visionnant en boucle la vidéo de la dame, mais bien les méthodes de Laisse béton, le 8a/a+ de Tamée coté court.
Mais à quoi bon, puisqu’encore une fois le croisement de la machine à gainer et de l’homme élastique opta pour ses classiques méthodes bien à lui : blocages à la cheville, verrouillages de croutes et jeté statique. Efficacité de mise pour un premier essai majestueux et déconcertant de marge.
De quoi faire envie à Eric. Après une montée de repérage pour s’assurer qu’il pouvait bien clipper le relais en se mettant sur la pointe des pieds depuis le sol. L’homme qui quand se déplie est encore plus grand que GrandLudo, le plus grand grimpeur connu à l’heure actuelle, s’adjugea une croix express, 2 essais plus tard suivant. Dans le même temps Michel obligé de récupérer les dégaines d’un sumo en quête de volume aligna jukebox heroe 7a+ à doigts, Relax, superbe 7b aux mouvements bien amples et randonné jusqu’à la chaine par Oliv et Luca, Un autre monde et l’aventurier, deux sympathiques 7c puis l’été indien , un autre 7c bien physique même avec sa version sortie directe dans la bouillasse…parce que je le vaux bien ! Le même Michel remit le couvert à Voreppe dans le sale, moche, et bien rat, Missionnaire, 7c avec sa vilaine verrue collée. Tous les ingrédients pour devenir un incontournable des bouses de base à faire de LaCuvette ! Rien à voir avec le superbe piler juste à droite, le niaquoué, 7c de finesse d’équilibre dont la beauté des mouvements ne laissèrent pas indifférent Oliv, notre homme de fonte bien à l’aise dans ce type de voie. Encore une perle de LaCuvette, oubliée de tous…j’eus un grand bonheur en m’imaginant être le premier à clipper la chaine de la belle, plus de 20 ans après l’ouvreur, mister Maurinus. Oliv confirma les bénéfices de ses séances de poutre, quelques jours plus tard lors d’une escapade au pays de la tartiflette, du coté de la nouvelle petite falaise de Brison. Après s’être retourné les doigts à l’échauffement dans le 7a teigneux du Vendeur de mensonges, il décortiqua toutes les méthodes du technique et à doigts 7c dalleux, Tata Yoyo. Potentiel premier 7c possible ? Mais aussi et surtout l’occasion de m’offrir un flashage en or dans cette superbe petite voie nichée au dessus du Lac du Bourget. Et puisque que l’on est passé de l’autre coté de la frontière, saluons le premier 8b de l’autre Nico, celui de LaCombe, Merlin l’emmancheur dans sa petite falaise à lui, Arbin. Et pour finir, comment ne pas revenir sur la perf du schtroumpf costaud. Schnappi s’est offert sur son bulletin du 2eme trimestre son premier 8a à Bleau, Synapses. A l’heure des débats d’éthique et des discussions philosophiquessur les pratiques du bloc, quand on sait que même en partant debout, notre Schnappi n’atteint même pas les prises que le commun des mortels prend en partant assis, on ne peut imaginer l’ampleur de la performance ! Si ça c’est pas du LaCuvette Power…. Même Yves s’y est remis, abandonnant la neige dès février pour revenir tâter du caillou avec Bertand et Jean-Yves, le matin et à l’ombre s’il vous plait !
Combien de fois je piquais ce bouquin que j’avais repéré dans le bureau de mon père, avec son aguicheuse couverture de papier glacé. Je le cachais sous mon lit et attendais le soir pour m’enfoncer sous les draps, armé d’une petite lampe de poche. Je passais alors des heures à feuilleter ces pages, toutes plus belles et prometteuses les unes que les autres. Le Coupé du Vercors, ouvrage culte du siècle dernier et encore inégalé aujourd’hui. Des récits incroyables d’aventuriers des temps alors modernes, à deux pas de la maison. Des héros locaux, élevés au rang de demi-dieux devant tant d’audace. Rodés aux manips les plus périlleuses, rompus à toutes les ficelles de la grimpe, pour se hisser coute que coute et le plus rapidement possible vers le haut. Page 75, Gerbier, théâtre de célèbres épopées verticales. Pilier de la double brèche, 17 sept 1961, 200m, 25 pitons, 3h30…des mots à faire frémir les plus hardis des cuvettards privés de leur perche. Et pourtant, le Y.D. mentionné à l’époque n’était autre que le Yves de ce samedi matin. Le gaillard d’antan, toujours jeune que j’amenais découvrir de nouveaux horizons cuvettards, n’avait rien perdu de sa superbe. Espace Comboire, 14 Janvier 2011, 7m50 à peine, une stat à remonter au jumard, 3h30… en 40ans rien n’avait changé. Une maitrise inégalée des technique alpines de remontée sur corde, à telle point que Bertrand son compagnon de cordée du jour eut recours à d’astucieux mouflages pour permettre à notre alpiniste d’avant-garde de passer l’épreuve de l’accès à la vire…
Ah, notre société moderne aseptisée n’a pas que du bon. Elle aura eu raison de tout un lourd passé...
A noter le tact de Bruno qui, pour ne pas froisser l’orgueil de notre aïeul, fit mine d’être tout aussi à l’aise dans cette partie ludique de la marche d’approche.
Mais, une fois perchés sur une des confortables vires chères à cette falaise, il retrouva finalement de vieux reflexes. Plutôt que de suivre la ligne logique le long des points neufs, voilà que notre Yves se mit à rechercher les zones de faiblesse de toute la falaise, montant plusieurs points, puis pendulant a gauche ou a droite pour rejoindre tantôt une vire, tantôt un système de fissure ou une strate. Beaucoup de tirage et d’éparpillement de dégaines, pour finir à un relais qui n’était même pas prévu pour en être un, contraignant Sylvain à de multiples acrobaties pour parvenir à récupérer tout le matos disséminé un peu partout. Une variante de variante de variante que jamais personne ne refera, d’une ligne logique avec un pas de bloc au milieu, Highway to LaCuvette, 7a. Comme quoi l’autoroute ne semple pas aussi large et évidente pour tous. Il est plein d’idées reçues sur les premières, surtout avec toutes ces vidéos trainant sur le web. On oublie souvent qu’une première, c’est surtout grimper sans trace, sans aucune indication, avec des points pas encore optimisés, sur un caillou tout neuf, agressif, et pas encore purgé. J’ai depuis longtemps refusé l’exclusivité d’une dévotion à la communauté grimpante. Et je laisse la responsabilité à tous de mettre la main à la pate et d’amener sa brosse…Après tout, une première se doit d'être vraiment unique non ? Et c’est pour cela que je ne résistai pas au plaisir de celles de Wall of LaCuvette, dièdre highlandeur-ien technique et inconfortable sur un rocher parfois fragile, 7b à peu prêt, accompagnés des belles tentatives de Bruno et Bertrand. Puis vint avec Oliv le tour de Are you LaCuvette yet 7b+, une future classique, superbement variée, entre dalle à choux fleurs agressifs, toit physique et clippage de relais typiquement comboirien.
Et comme les premières fois sont souvent timides, il faudra que mes cuvettards fassent l’effort de réitérer l’effort pour savourer à sa juste valeur le privilège de fouler dans l’intimité, des lignes que bientôt le monde entier nous enviera !!
Et pout finir avec un traditionnel dimanche en famille, Nico amène tout le monde aux Saillants et se régale avec en dessert, Dégénération, qu’il remonterait bien à 8a, pour sa version "dré" dans le pentu, libérée par Schnappi et Pierrick et peu (pas?) répétée depuis…plus rude que la version Martin-isée qui s’en va par la droite dans Sale lierre dur.
Il y a des signes avant coureurs qui ne trompent pas. J’aurais du m’en remettre aux prédictions de tous ces célèbres voyants qui inondent nos médias en cette période, même si finalement cette année, je les trouve plutôt discrets. A mon avis, c’est qu’ils sont déjà en train d’anticiper le cataclysme certain de la fin du calendrier maya qui se rapproche. Dernière année donc avant la date fatidique, surement l’explication à tous ces phénomènes étranges qui s’accumulent ces derniers temps. D’abords FT qui fit mine d’ignorer mon passage éclair à Milhac pour réapparaitre aussitôt après mon départ pour Fa-ter une connexion que la fatigue m’empêcha de lui piquer, pointure kynèse, 7c. Avant de poursuivre avec Les courgettes, les autres aussi, 8a, dans le toit voisin de gauche. Etrange comme une cucurbitacée peut se retrouver sur le devant de la scène en même temps et à des milliers de kilomètres de distance, et dans des styles diamétralement opposés. Notre courgette à nous, à Voreppe se cultive dans une grande dalle technique sur un rocher parfaitement sculpté. Un superbe arc de cercle en 7b que nos végétariens locaux, Oliv, Sylvain et Jean-Yves laissent tranquillement murir jusqu’à une prochaine séance.
Avant même que l’année ne commence, j’en avais senti les prémisses. Rien qu’à la lecture de l’étiquette de la boisson alcoolisée et à bulle censée nous faire oublier que plus qu’une nouvelle année, c’est surtout une année en moins. Par quel miracle pouvait-elle venir de nos voisins qui d’habitude réservent toute la finesse de leur cuvée pour faire mariner de simples saucisses ?
Etrange… Et ce qui devait arriver, arriva…une barre au beau milieu du crane qui s’y accrocha jusqu’au petit matin...soit à peu près 11h. Heure à laquelle, embué, j’ouvrai la fenêtre, histoire de partager avec toute la campagne l'odeur fraîche du cuvettard au réveil, un lendemain de fête. Et là, quelle fut ma surprise lorsqu’après mettre frotté 3 fois les yeux pour en être sur, je découvrais comme une hallucination, Oliv, en train de faire des allers retours sur sa poutre colorée des belles prises amoureusement conçues par Nico.Et dire que toute l’année à la même heure, il se refusait de nous rejoindre au pied d’une vraie falaise. Etrange encore ce coup de fil de Yves le samedi matin suivant. Je m’apprêtai à acquiescer bêtement, pendant une longue tirade sur les valeurs pures ou les bienfaits de l’esprit saint du ski alpiniste. Mais que nenni. Je l’entendis déblatérer des mots comme pas de bloc, variante de connexion, et surtout grand désespoir d’avoir une perche trop courte pour clipper le relais d’une célèbre voies des Lames. On était bien début Janvier et l’homme que se fait d’habitude greffer des skis à la place des pieds était bel et bien en train de grimper. C’est à ne plus rien y comprendre. Quelques heures plus tard, à Voreppe, ce fut au tour de Sylvain de s’adonner à d’autres étrangetés : short, grimpe en tête, cris à la sharma-titude… pour un belle tentative de première répétition de la cabane au fond du jardin, 7b+. Et comble du comble, en 20 ans de pratique, ce fut la première fois que je croisais une cordée ici. Et de surcroit, des étrangers, descendants du pays aux étranges mœurs culinaires précédemment cité, venus ici tester les dernières nouveautés du grand mur de l’entrée… Que nous réservera donc cette année 2011 bien singulière ? Surement plein d’extravagances et de découvertes inattendues pour une année encore pleine de passion… dans notre fantastique et délicieux univers LaCuvette.
Utilisées à toutes les sauces et pas toujours des plus glorieuses, les traditions ont selon de bon qu’elles ne se discutent plus. Elles sont là depuis toujours, malgré toutes les incohérences qu’on pourrait relever. Comment le Père Noël fait-il pour savoir ce que je commande alors que je ne lui ai pas envoyé de lettre ? Comment passe-t-il par la cheminée alors que la maison n’a qu’une chaudière à compensation garantie 100% écolo avec tube d’évacuation d’à peine 10cm de diamètre ? Pourquoi il avait une fausse barbe quand il est venu à l’école la semaine dernière ? Etc, etc…Bien sur il y a toute l’armée de lutins et des rennes qui volent pour noyer le poisson… Et puis comme je le leur répétais, l’important c’est que Noël reste une fête avec plein de magie et de surprises… S’il est une terre de traditions, c’est bien le Sud-ouest.
Pays de l’art de vivre, des vielles pierres et des villages paisibles, occupé depuis la nuit des temps par nos plus lointains ancêtres.
J’avais eu tort de penser qu’avec -6°C au compteur de la voiture,
il n’y avait que quelques malheureux cuvettards contraints par d’intolérables chantages affectifs, capables de venir se congeler au pied d’une falaise…ou, le soir, sur le pan de Nico, dans une grange ou je l’oblige à couper le chauffage et à laisser la porte ouverte, histoire de travailler nos capacité de survie en slip au milieu de la banquise. ¾ de route pour me rendre de Cahors à la falaise de Milhac. Une des rare fois ou le temps de trajet ne fut pas suffisant pour dégeler mon pare-brise. Même en conduisant, j’avais l’onglée aux pieds. J’étais prêt à faire amis-amis avec 2 chausseurs, seuls êtres vivants croisés jusqu’ici. Et puis à ma grande surprise, ce ne fut pas une, maiss deux, puis trois et même quatre voitures à me rejoindre au parking. Au pays de l’Homme, place au Girl Power avec la championne mondiale du canton international de Brive, Soso. Celle qui réunit à ses pieds l’ensemble de la population masculine du pays.
C’est sous leurs vives acclamations qu’elle décortiqua les mouvements très physiques de La vie d’artiste, 7c.
Mimichouchou, toujours enclin à livrer ses méthodes, lui suggéra avec élégance celle du crux : "Soso, entre tes deux jambes, tu as un gros trou"… Toute la délicatesse du mot juste…. Heureusement que je n’eus pas droit aux mêmes indications lors de son flashage en règle de Psycho tactilo Kinèse, un 7c aussi surprenant et renversant que son nom. A tel point que Mimichouchou fit le lendemain le déplacement juste pour parachever l’enchainement, une semaine pile après la croix dans sa voisine de gauche, le dévers et rési 7c+ de Tu pousses tu mousses. Pendant ce temps Soso partagea des méthodes de filles avec la jeune génération, pour Pépée, le 7c classique et très esthétique de la falaise…
Tout ça sous l’œil de Papa qui tenta de faire bonne figure.
Coté homme, Cyril continue sa croisade sur la falaise. Après la version standard de La promenade, il s’attaque à la version directe en 8a/8a+et varie les styles avec le dangereux mono de L’air du temps, à la cote étrange 7b-8a.
Comme tout bon local un lendemain de fête, c’est le cœur léger et la tête dans les étoiles…euh non, plutôt le corps lourd et des étoiles qui tournent encore dans la tête que Laurent et Bertrand livrèrent de valeureux combats dans Piège à con 6b+ et la variante courte de Ni dieu ni maître, 7a+.
Et comme le veut la tradition, pas un séjour en terre FT sans lui faire un petit clin d'oeil. Se sera cette fois-ci de s'accorder le privilège unique d'être le premier à mettre les doigts sur les infâmes reglettes que lui seul eut l'idée d'utiliser, pour éviter le corchet à gauche, dans American Griffiti. 7c comme ça (variante directe ou future ligne finalement logique ?) contre 7b+ dans sa version soft.
Ah, le poids des traditions…sinon comment expliquer l’acharnement de Luca dans la Poudre, le premier 8a de toute une génération (déjà ancienne !) aux Lames. Au point même de trainer Eric au pied de la falaise, par gros vent du nord, avec grisaille et températures comme prévues par le fameux réchauffement climatique. Et tout ça pour faire demi tour au pied de la falaise, pour cause de d’hypothermie… Un autre geste ancestral, le marquage de territoire. Il y a la version taillage d'initiales à la FT où alors l'option raffinée de Sylvain et Jean-Yves pour leur début de siège sur la vire de Ludo’s Beach.
Tradition oblige pour Oliv. Après la poutre, passage obligé par la machine à mulet qui doit ses lettres de noblesse à Schnappi, le désormais célèbre PG.
On aurait tord d’opposer tradition et progrès. Pour s’en convaincre, il m’a suffit d’observer ma fille en train de passer sa commande au père Noël : des habits pour la poupée qu’elle a depuis la naissance et un simili i-phone rose pour pouvoir appeler ses copines de l’école. C’est bien en s’appuyant sur de solides racines que se construit l’avenir. Un peu comme Voreppe, découvert au siècle dernier par le couple Hervé - Maurinus. A l’époque s’ouvrait un 8a au style futuriste : 3m hyper physiques sur patates en toit, fading light, et aujourd’hui s’ouvre un mur dalleux sur croutes de près de 40m, l'ultime combat, 8a dans ce style furieusement old school qui faisant fureur dans les années 80. Tout ça pour le bonheur de Martin pour la première et du Schnoux pour la seconde. Et je ne résiste pas au bonheur des cette courte vidéo.
Non pas pour voir notre serial croiteur aussi à l’aise que moi dans notre anti- style mais surtout et comme c’est souvent le cas, pour les seconds rôles que l’on découvre après plusieurs visionnages. Les 2 individus sur la gauche, pour qui le temps passe tandis que la mode s’arrêta il y a bien longtemps. 2 actifs défenseurs de l’inimitable style cuvettard, deux gravures de mode aux antipodes de la prana attitude, notre signe de ralliement, notre seule et unique force. La tradition, y’a que ca de vrai et l’histoire ne retiendra que ça !!