jeudi 25 février 2010

La rançon

La rançon du succès, chantaient-ils tous en cœur en sautillant dans tous les sens. Des excités de la vie qui ont inspiré les ouvertures du temps de la grande époque de la vire.

Mano Negra - La Rançon Du Succès
Quand on sait qu’encore à aujourd’hui, l’un de leur géniteur apparait toujours en précurseur, explorant des pistes que le commun des mortels évitait jusqu’alors d’emprunter…on ne peut que se réjouir qu’il ait laissé trace de sa folie extraordinaire en pays LaCuvette…
Il eut suffit de parler d’un mono pour susciter toutes ces convoitises. A commencer avec Ludo et Sylvain à Voreppe, lors de la dernière vague de collante.

Ils suivaient à la trace un sumo traqueur de monos, pris en flagrant délit de première dans l’intégrale de Fade to black, une longue errance parfaitement verticale de 35m fleurant bon le 7c/7c+. Comme d’habitude, charge aux répétiteurs d’accessoirement confirmer, mais aussi et plus sérieusement, de participer durablement au nettoyage. Ceux qui casseront des prises sauront qu’ils n’ont pas pris celles utilisées jusqu’à présent. Ils auront aussi le doux privilège de gouter à ce rocher si pur, si brut et entièrement non dépicoté : la douleur faisant partie du caractère de la ligne. 35m de combat en dalle avec un second crux dans la 2eme partie comptant pas moins de 3 monos d’affilé, dont un dernier qu’il faut réarmer solidement pour contrôler la reculée du petit jeté qui le précède. Un morceau de bravoure, qui malgré les 5 premiers mètres en rocher amovible…mais si méticuleusement purgés…s’avère être une merveilleuse succession de gouttes tranchantes et de trous, jusqu’à rejoindre la fin de la traversée de Down by Law, un 7c déjà bien technique et gazeux méritant à lui seul le détour. Les majeurs de Sylvain se sont laissés désirer puisqu’ils se contentèrent piètrement de croquer, alors que ce n’est plus la saison, la carotte un 7a+, presque disparu sous la végétation. Entre deux mouvements aléatoires en dalle, Sylvain s’est laissé aller à un art dans lequel Schnappi est passé maître…Quant aux doigts de Ludo, ils n’ont eu le temps que de se déchiqueter sur la dernière prise de P’tit rond, à l’échauff, avec un petit steak de chochotte compromettant toute tentative de première répétition…
Assumant son succès international, LaCuvette, ne fut guère surprise de voir les très à la mode falaises ibériques s’emparer du phénomène et inonder à leur tour le web de leurs monos et de leurs clippages no foot. Le fin connaisseur regrettera le coté trop dévers, mettant en exergue le coté bestial, primaire de la ligne et le coté mono bac qui fait que ça a vraiment l’air rando. Mais il appréciera l’effort si bien accompagné de ces râles après les cris (private joke for FT !!) avec une bande son qu’il aurait préférée un poil plus violente.

IKER POU - DEMENCIA SENIL 9a+ (Margalef) from jordi canyigueral on Vimeo.


Il y a même une célébrissime salle d’escalade, une des premières de France et bien entendu issue du microcosme cuvettard qui voudrait devenir l’énième milliardième des amis inconnus facebookiens de LaCuvette. Cuvettard, terme qui serait en passe de rentrer dans le langage commun comme en témoigne la rubrique de l’inénarrable Foué, dans le seul et unique mag de grimpe que nous retient plusieurs heures durant assis sur le trône. Et lorsque notre cher JMC joue la nostalgie en parlant de falaises intemporelles, exceptionnelles et rares telles que Buoux, j’ai tout de suite senti que sa plume aurait put facilement déraper et se mettre à disserter sur Espace Comboire…mais il n’y des plaisirs qui ne se partagent pas !!! C’est surement en pensant au poulpe, à envoyez les violons ou à délit d’initié que sur la légende d’une photo, il indique que No man’s land, 7b+…que de changements…dire que mon souvenir reste fixé sur un rude 7a+ avec le charme désuet de vieilles sangles ornant les lunules de la traversée, malheureusement aujourd’hui remplacées…
Espace Comboire donc… La vire du haut n’eut point le temps de se détendre ce we avec un siting de certains membres de LaCuvette. A commencer avec Sylvain pour qui les Rêves de pichs, 7b seraient presque en train de tourner au cauchemar…

Rêves, qu’Oliv, dopé aux suspensions lestées sur sa poutre LaCuvette, faillit pratiquement flasher à l’échauffement. Bruno préféra un long voyage introspectif en se rappelant au doux souvenir d’un être cher, 7b. Une longue dalle astucieuse et variée qui connut vraisemblablement ici sa première répétition. Un joli combat douteux dans le premier crux en rocher gris, puis un grand moment de solitude dans le superbe caillou du haut pour arriver à s’étendre dans les grands mouvements finaux. Jean-Yves entreprit le chantier magique d’en attendant Ludo, le première voie du tryptique obligé des trois 7b+ du bout de la vire avec le très rési No prayer for the dying (from Schnappy)et le surprenant Mezzo forte, objet d’éloges cuvettiennes la semaine dernière. Un prétexte tout trouver pour trainer moi aussi sur la vire et décrocher une autre première en faisant le Trouduc. Un arc de cercle débonnaire et variante de variante de Trou de balle, 7b/b+ (avis aux amateurs…), de la même trempe redoutable que NSA, 7c/c+, traversée ultra rési du secteur KGB. Une sorte de création FTienne au delà de logique et de la rationalité, faite des mouvements et des préhensions à vivre encore une fois, avec ses tripes…

samedi 13 février 2010

Pur

Toujours pur, comme je le rétorque systématiquement au malheureux qui s’est mis en tête de vouloir noyer mon Ricard, à l’heure de l’apéro. Pourquoi donc vouloir gâcher ce petit moment de bonheur, tranquille sous l’auvent de la caravane garée en vrac sur le front de mer, face à la mer bleu caraïbe d’Agde ? Ah… cette chaleur estivale qui viendrait presque à nous manquer lorsqu’on dut, une nouvelle fois encore, affronter le blizzard canadien de ce samedi matin, sur la vire d’Espace Comboire.
Et pourtant, pour rien au monde, nous n’aurions échangé notre place contre celle d’un de ces nombreux pure riders justement. Ils se sont agglutinés en contrebas, toute la matinée, jusqu’à complètement s’immobiliser, si loin encore des stations tant convoitées. Pourquoi donc aller chercher l’or blanc là bas, alors que déjà ici on ne sait plus quoi en faire. A ce propos, je ne compte plus le nombre de conversations que je surprends à la machine à café, tournant autour de snow, de poudre, de freeride, de tricks…Sensation étrange que de se sentir entouré de tout ces champions du monde, au top de leur forme, de la technologie et des fringues dont je n’arrive toujours pas à justifier le prix si exorbitant.
Bref, nous savourions le bonheur de nous moquer de cette masse que nous dominions. Alors que Ludo et Sylvain s’acharnaient sur un nouveau projet, mon esprit divaguait, complètement embrumé, comme notre vallée de LaCuvette. Elle s’appelait Corinne. Elle avait une ligne parfaite, grande et élancée, aux formes discrètes et fines. Avec douceur elle m’apprit à me servir de mes mains, de mes doigts et de mon majeur en particulier. De nombreuse fois, je m’en servis pour l’effleurer, la caresser, jusqu’à glisser délicatement en elle. A près avoir obtenu ses faveurs, ce fut au tour de ses chaleurs. Les chaleurs de Corinne….mon tout premier 7a à St-Egreve (merci Ludo pour la photo).Un crux en dalle, sur 2 monos une phalange, sur lesquels il faut bien tirer. Ce jour là, je compris que le mono était par définition la préhension ultime de l’escalade, la seule vraiment pour qui l’on continuer toujours à grimper. C’est ainsi que je le découvris dans sa version "vissée", dans Poison d’avril, mon premier 7b, juste à droite puis dans sa version cupule, dans le départ de Bouchon net, l’autre 7b du même mur. Quelques années plus tard, ce fut le premier mono strappé, le doigt littéralement coincé, dans un des nombreux trous de La Jacquinou, sur la blanche falaise de La Roque. Une voie qui rappellera surement plein de bons souvenirs à Lol, qui dut déjà, à l’époque, me devancer dans l’enchainement de ce qui fut mon tout premier 7c.
Le caillou et les voies d’Espace Comboire sont les plus purs de la planète grimpe, nous le savions déjà. Comme pour se le prouver encore un fois, je cherchais toujours la prise parfaite. J’étais passé des milliers de fois devant, lors de mes allers et venus sur la vire. Jamais je n’y avais prêté attention. Et puis, un jour d’hiver, une fine stalactite éveilla ma curiosité. Je vis alors ces 2 petites colos discrètes. Elles semblaient légèrement évasées dans leur partie la plus haute, juste la place pour y glisser les doigts. Après quelques essais, je dus me rendre à l’évidence, c'était un mono. Une fois rentré, une simple une simple flexion du doigt forme un joli petit bourrelet. Le coincement est alors parfait, imprimant à vie la trace du grain du caillou. Un mono verrou encore inédit, un étau permettant d’envoyer un gros mouvement dynamique sur un bac, depuis lequel il faut patiemment extraire le majeur avant un superbe clippage non foot. Un geste nouveau, si pur, si inattendu…pour maintenant le crier haut et fort….Mezzo Forte !! Probable 7b+ sur la vire d’Espace Comboire.

Pure...from LaCuvette from Lacuvette on Vimeo.


Dans un autre registre, LaCuvette étoffe ses rubriques pour livrer au grand jour ses pures méthodes, parfois aussi appelés méthodes du faible. Là ou la ruse et la félonie viennent supplanter la force et l’éthique….Après les très fameux désirs exacerbés 8a du haut, le crux dévoyé du Poulpe glaireux, 7b+ par la droite, le reta du 7b de L’arme à l’œil en claquant l’angle de droite….c’est au tour de C.I.A., 7c+ du secteur KGB de faire les frais des facéties LaCuvette….avec la méthode du genou coincé à droite…merci Lol pour l’astuce, j’ai testé, ça marche !!

Cia 7c+ from Lacuvette on Vimeo.


Les mythes n’ont plus qu’à bien se tenir !!

dimanche 7 février 2010

Préparation

Tout se joue dans la préparation. C’est ce que je matraque régulièrement à mes équipes, les laissant ramer dans ces phases longues et laborieuses, pour n’intervenir qu’en fin de tache et présenter le résultat de ce dur labeur que je ne manque jamais de m’attribuer.
Dès le mercredi Yves se prépare au traditionnel tchat de Lacuvette, en répétant méticuleusement comment se connecter à coups de pseudos délicieux tels que Yvesle1er, Yvesletoutpuissant, Yvesthebestoftheworld, ou encore Yveslegrand….Mais avec ses messages, du type ‘’Allo, Allo est-ce que vous me recevez ?’’, il finit toujours pas se faire démasquer. Mais retenons plutôt que l’effort est louable, surtout quand on sait que la télé couleur est plus jeune que lui ou encore, que pour lui, le téléphone aura toujours la même forme qu’un gros pommeau de douche, mais avec 2 sorties…
Il n’y a donc pas de raison valable à ce qu’il en soit autrement pour la grimpe. Il suffit d’observer Bruno qui sort son vélo tous les jours et par tout temps. Je suis d’ailleurs persuadé qu’il ne s’agit que de la face cachée de l’iceberg. Chaque nuit, il doit se lever pour au moins une bonne heure de pédalage sur son vélo d’appartement, en regardant les rétrospectives des plus beaux moments des 100ans du tour de France. En plus de travailler sa conti, il pousse le vice à sortir le matin, en simple marcel, sans gant, mais avec son bonnet, pour travailler sa résistance au froid. Ceci explique sa capacité hors norme à grimper torse nu le samedi matin, sous la neige, tandis que nous autres nous tordons de douleur, terrassés par l’effet d’une onglée permanente. Ce samedi, on l’a même surpris au reveil, après son bivouac au pied de Comboire.

Tout ça pour le plaisir d’aligner quelques petits mouvements dans Vieil Arsenil, un ersatz de 6c, qui ne restera surement pas très longtemps dans sa mémoire…comme l’intégralité de ce secteur des toits d’ailleurs, pourtant si justement encensé sur un célèbre portail grimpe il y a peu.Sylvain lui, vient d’investir dans un engin que certains initiés appellent "poutre". Installée au beau milieu de son salon, elle est surement du plus bel effet. Elle doit ravir madame, avec une touche de raffinement aussi élégante qu’inédite. Mais que ne ferait-il pas pour pouvoir donner son petit Coup de rein, 7b à Comboire.

Comboire from Lacuvette on Vimeo.


Dans l’élan il aurait pu se laisser dévorer par les Lèvres de feu, l’autre 7b mythique du secteur, s’il n’avait pas été si hésitant. Jean-Yves lui, s'entraîne aux plus incroyables des acrobaties pour pouvoir se saisir d'une perche et ainsi se sortir de n'importe quelle situation désespérée. Puisque l’on parle préparation, sujet de rigueur, LaCuvette s’est enfin décidée à livrer quelques unes des ses méthodes infaillibles pour préparer un printemps qu’on espère tous moins pluvieux, moins gris, moins humide et pourquoi pas moins froid. Ce ne sont que de simples exercices, élaborés et surtout testés par le célébrissime Oliv "Schwarzen" Maier.

The crimp.se warm up for bouldering from crimp.se on Vimeo.


Mais les premiers résultats sont vite visibles. Après 3 semaines de suspensions, il paraitrait que son enchainement de Bouze Maker, 7c de Voreppe, lesté avec 20kg au baudrier, ne serait plus qu’une simple question d’essais…La faute à ce mois de Janvier exécrable, à ces falaises dévastées…la tension monte, les esprits deviennent de plus en plus incontrôlables… Ludo, après d’âpres négociations avec son patron, à pu installer incognito un Pan Gullich dans un des labos de l’ILL….surement pour ses vertus quantiques. De l’autre coté de la ville, un individu louche, se livrerait presque quotidiennement à quelques pratiques douteuses sur le parcours santé de la Frange Verte.

Espérons que la météo de samedi prochain soit plus clémente. Sinon, LaCuvette ne pourra plus répondre de rien !

dimanche 24 janvier 2010

Les trompettes

Jusqu’à présent nous nous étions habitués à œuvrer dans l’ombre, discrètement, et sans tambour ni trompette...enfin, sauf quand il y a Raymon...
Loin de toute mondanité et bien à l’abri sous le rebord de LaCuvette, nous ne croisions que la plus sauvage des faunes locales, souvent dérangées par nos sorties trop matinales. Et puis, sans prévenir, notre innocence se trouva révélée au grand jour, sur un célèbre portail traitant de varappe à mains nues. En regardant de plus près, il est vrai que l’absolue bonne foi, l’objectivité sans faille, la recherche journaliste approfondie et de terrain ainsi que le non détournement de photos volées du post incriminé, saute aux yeux. Je ne boudai donc point le plaisir de contempler l’image d’un Comboire dans la grisaille, perdue au milieu d’autres de tant de spots ibériques, tous plus paradisiaques le uns que les autres, dégoulinant de voies extrêmes et bondés d’une planète grimpe ultrabrite parfaitement homogène. L’ancien Comboire, ce fameux secteur des toits, si désuet, témoin d’une époque révolue, faite d’expériences interdites, où aujourd’hui, encore il demeure quasiment impossible de trouver une seule prise naturelle. Une photo de Ludo engoncé dans son damart avant de taper son essai dans surprise écologique, un 7b+ où l’on peut se vanter de toucher des prises que les plus beaux spots d’Espagne ne connaitrons jamais : des rondins de bois, amoureusement polis à la main, craquelés par le gel, et vissés la tête en bas dans le toit…Un vrai plaisir mêlant anachronisme et d’antinomie...
Mais restons lucides et suivons les conseils du regretté George. A toute exhibition, ma nature est rétive, souffrant d'un' modesti' quasiment maladive, je ne fais voir mes organes procréateurs à personne, excepté mes femm's et mes docteurs. Dois-je, pour défrayer la chroniqu' des scandales, battre l' tambour avec mes parti's génitales, dois-je les arborer plus ostensiblement, Comme un enfant de chœur porte un saint sacrement ?


Sylvain qui pourrait revendiquer pour lui plutôt la grosse caisse, dut faire, le premier les frais, de cette soudaine renommée. Il fut pris en chasse sur l’autoroute par un bus de fans et un admirateur trop insistant. A volant de sa 106 tuning rabaissée et toussotante, tranquillement en route pour une après midi de rêve à Voreppe, il fut soudainement pris en sandwich avec une portière complètement enfoncée. Tout ça pour le contraindre à s’arrêter sur le bas coté, histoire de signer quelques autographes et distribuer des bises. Et que dire de Voreppe, jadis havre de paix et de tranquillité. Un certain dimanche, alléchés par les vidéos de LaCuvette, plus de 4 prétendants faisaient la queue, au pied du mondialement célèbre Bouze Maker, 7c. Lol et Martin durent même revenir en semaine, histoire d’éviter la foule pour enfin parvenir à ajouter la belle à leur tableau de chasse.
Jusqu’alors puriste parmi puriste, Martin aurait même été contaminé par le syndrome perche et départ préclippé (du milieu de la voie), plusieurs témoins l’ayant aperçu en flagrant délit dans P’tit rond.
Donc, un pic de 500 visiteurs par jours, des internautes connectés depuis des pays ou il ne pleut pas, des lecteurs restant plus d’1/2h sur LaCuvette pour admirer la collection hiver 2009-2010 LaCuvette, présentée par Schnappi, Yves et FT, dont j’avais oublié de mettre en ligne la photo.Schnappi qui, rejoint par deux autres de nos jeunes modèles stars, Charlie et Pierrick, continue d’arpenter les podiums de la vallée, cette fois ci au Mas d’Auris, où il se donne en spectacle dans la très exigeante traversée en 7c du Tigre rebelle ainsi que dans la nouvelle version directe du Tigre de papier (nouvelle, puisqu’un sumo aurait broyé une prise clé dans le haut), qui selon ses dires pourrait avoisiner les 8a.
Que faire alors pour assouvir l’appétit de tous ces lecteurs ? La moindre des choses serait que Kairn puisse à son tour avoir la surprise d’être dans les pages de LaCuvette. J’aurais pu rebondir sur leur test de la crème Climb on, mais sut’ été du déjà vu. Et puis tout le monde sais que pour entretenir durablement son épiderme, rien de tel que le mélange naturel de poussière et de résidus de gasoil déposés depuis des millénaires par les vas et viens des camions poubelle, sur le mur Lactique des Vouillants. En y associant les vertues de la moiteur d’un orage d’été, les trous de Carmina Bourina, 7b, laissent sur les doigts une fine pellicule d’un beurre de karité local, nourrisant et protecteur pour nos mains sensibles. D’où l’expression : "Pitain, je les tiens pas ces gros plats beurrés !", que le monde entier nous envie, puisqu'un groupe s’est récemment constitué pour faire des Vouillants un des plus beaux spots de grimpe de France.
Alors que j’avais fait l’éloge du grand froid. Celui qui fige sur place toutes tentatives de résurgences et de dégoulinades, voilà que Dame nature nous joua encore un de ses vilains tours, avec un soudain réchauffement. Mais heureusement, en pays Lacuvette, même quand c’est censé être mouillé, c’est sec !!. Samedi dernier, à grand renfort d’arguments douteux, je dus contrer les affirmations de mes comparses, qui par 3 fois, tentèrent de faire demi tour avant d’arriver à bon port. Une première fois devant Espace 2000, où je m’en sortis avec la preuve irréfutable de l’existence d’une coulée sèche. La seconde fois devant Larme à l’œil, où je feignais apercevoir au loin les murs secs du secteur des araignées, puis la dernière fois au pied de Sidi, transformé pour l’occasion en cascade féérique, où j’affirmai encore avec aplomb que le soleil allait finir par tout assécher avant même que nous posions nos sacs au niveau des dalles du secteur extrême gauche. Dans des circonstances bien précises et uniques chez LaCuvette, il arrive que la neige fonde et dégouline le long de la paroi moins vite qu’elle ne s’évapore ! La démonstration fut faite, puisque Sylvain et Bruno purent répéter les moulures de Rêves de pichs et de Tagada, deux 7b sur un caillou qui n’a rien à envier aux sites shootés pour les magazines ! Mission accomplie, ils avaient envie de revenir, convaincus du caractère exceptionnel du lieu. Une semaine plus tard, avec en renfort Ludo et Jean-Yves, nous nous surprîmes à regretter les conditions de collante d’antan, obligés de supporter la chaleur des 3° et du franc soleil. Un homme heureux, dans les 6c, et nous l’étions tous, lorsque que nous (enfin je, les autres faisant mine de ne pas vouloir se griller à l’échauffement) FA-tions cette nouvelle ligne de la vire. Puis Bruno savoura Tagada, 7b, tandis que Jean-Yves nageait en plein Rêves de Pich, 7b aussi. Et dans ce pays joyeux, des rires et des chants, je parvenais à faire taire cette mitraillette folle. Un 7c+ oublié et très peu répété, à tort, tout au bout à gauche du secteur extrême gauche. Deux sections bien raides sur croutes typiquement espace comboiriennes pour le plus grand des bonheurs…
Mais que sont donc toutes ces inepties. Lecteurs, fuyez ces lignes malveillantes, n’adresser plus jamais la parole à cet individu qui n’a de cesse de vouloir nuire à ses semblables…Faire croire qu’Espace Comboire serait la plus belle falaise du monde…et pourquoi pas , tant qu'on y est, que les grimpeurs sont tous devenus altruistes, respectueux et dévoués à une noble et durable cause ? ...On est surement tout aussi nombreux à vouloir y croire !!

dimanche 10 janvier 2010

Ah glaglagla

Souvent associé à ''brrrrrr, clac, clac, clac, clac''. Et pourtant…Froid ? Moi ? Jamais ! Comme nous l’assènent d’éminents climatologues et comme l’affirmait une jolie réclame que ne dira surement rien aux plus jeunes des lecteurs, si tant est qu’il en existe.



Cela faisait plusieurs jours que je cherchais en vain le thème du premier post LaCuvette de l’année. J’hésitai entre les 10 plus ridicules manières de souhaiter la bonne année, les meilleurs conseils pour se taper l’incruste dans une réunion au boulot pour piquer la plus grosse part de galette de rois en grugeant la fève et ainsi justifier de se resservir une seconde fois, ou encore comment s’occuper sur l’Autoroute, avec 30cm de neige tombés dans la nuit, qu’un seul et unique pauvre cantonnier s’évertue à déblayer, armé d’une simple pelle et d'un balai…mais bon, avec un tarif du kilomètre si bon marché, il faut savoir être indulgent. Et puis, en divaguant sur le web, je trouvai enfin l’inspiration. Le plagié serait donc ces amateurs de choucroutes qui ont prodigué leurs conseils pour grimper par grand froid.

Le sujet étant de circonstance, et surtout, vu son expérience en la matière, mondialement reconnue, LaCuvette se devait de distiller à son tour quelques trucs et astuces complémentaires pour grimper au fin fond d’un congélateur. Nos alsaciens nous ont suggéré quelques techniques ''qui leur ont permis de grimper et d'enchaîner des voies dans le 8 alors qu'il faisait entre zéro et 5°C''. Mais il est bon de noter qu’en notre plat pays, à 5° c’est déjà l’été, et que l’on tombe le baudard pour plonger dans l’eau d’un lac de montagne. Nous parlerons plutôt ici de températures bien en déça du 0°, jusqu'à -10°, proche du record d’il y a 15 jours avec Sylvain et Jean-Yves.

Par de telles températures, nous grimpons et enchainons des voies dans le 7, soit strictement sans aucune différence par rapport aux autres périodes de l’année. Soit une performance nettement plus méritante….mais là n’est pas la question.Reprenons donc un à un ces conseils pour saucisses de Strasbourg, que l’on agrémentera d’un peu de gratin dauphinois, histoire que ca tienne encore mieux au corps. C’est ce que je donne à mes enfants : patates saucisses, rien de tel pour s’assurer la tranquillité lors de la longue sieste pour digérer derrière.
''- Vous habiller chaudement, sans oublier les gants, écharpe, bonnet, une bonne paire de chaussettes (voire une deuxième si la marche d'approche s'effectue dans la neige)''
Mais tout ça n’est rien à coté du fameux…Damart, thermolactyl ! Il faut impérativement un caleçon long. Un qui crépite dans la nuit et qui hérisse tous les poils. Avec pieds intégrés bien sur. L’arme ultime étant de les recouvrir d'une paire de chaussettes mi cuisses (sauf pour Ludo, vu sa taille elles ne lui arrivent que mi mollets) et si possible tricotées main par mémé. Ensuite, fourrez le tout dans ce que les spécialistes appellent des moon boots. Elles présentent le double avantage d’avoir des raquettes intégrées (contre l’enfoncement dans la neige) et leur empreinte, parfaitement ronde, permet de passer incognito, imitant à la perfection les traces du passage d’un troupeau d’éléphants sauvages. Attention, il est indispensable d’avoir pensé à faire petite et grosse commissions avant d’enfiler l’attirail complet, sous peine de devoir se retenir pendant toute la séance. (en cas d’ennuis de prostate comme Yves, les dégâts peuvent être considérables…)''-Essayez plutôt des voies courtes ou offrant des repos vous permettant de vous réchauffer les mains. Privilégiez des voies que vous connaissez où vous pouvez grimper vite ; vous et votre assureur vous refroidiraient moins''
En fait peu importe la longueur, et puis on s’en fout de l’assureur. A chacun ses malheurs. Il y a deux principes à retenir. Le premier c’est de privilégier les voies avec des prises bien douloureuses. Autant profiter de l’anesthésie complète des doigts pour se les déchiqueter sur des règles tranchantes, se les lacérer dans des trous sanglants ou se les coincer dans d’atroces fissures. Le deuxième c’est de choisir des voies avec des platasses qu’on ne pensait jamais pouvoir tenir. Autant profiter du manque total de sensation et faire preuve d’une grande auto persuasion en se disant : ''aujourd’hui, ça tient (ca colle en langage d’initiés)''.''-Privilégiez des voies au soleil et à l'abri du vent''
Le problème, c’est quand la cuvette est bouchée…ben soleil ou pas, de toute manière on ne le voit pas. Il reste cantonné au dessus de la mer de nuages. Ce qui compte, c’est de trouver les falaises avec des routes praticables le plus loin possible, pour éviter que l’approche se transforme en véritable randonnée. A ce propos, quand il y a beaucoup de neige, pensez à emmener un cuvettard exité de la rando. Avec ses skis, il se fera un devoir de faire la trace dans les 40 cm de fraiche…encore merci à celui qui à fait celle de samedi à Comboire. Ensuite, privilégiez plutôt les secteurs bien à l’ombre…parce qu’au soleil, la neige ca fond…et en plus du danger des avalanches, les coulées viendront tremper les prises que vous aviez si joliment entourées de traits de cake. De plus, en étant bien à l’ombre et bien au froid, les stalactites resteront solidement accrochées, évitant ainsi de transformer votre assureur en brochette géante. ''-Prenez une thermos de thé/café''
Cette version marche assez bien avec la gente féminine, surtout avec quelques petits gâteaux qu’on aura feint avoir fait soi-même. C’est l’occasion d’offrir un verre et de faire un brin de causette, les yeux dans les yeux, troublés par dans la chaude vapeur envoutante d’un thé aux plantes aphrodisiaques. A moins de certains penchants, il est préférable de porter au cuvettard, tel Mr Dusse, une bonne rasade de vin chaud. Quand en plus il est accompagné d’un tupperware de tartiflette encore tiède de la veille, le résultat est parfait.
''- Placez dès que vous le pouvez vos chaussons et votre sac à magnésie entre votre t-shirt et votre pull/polaire''
Là pareil, c’est marche bien pour un cuvettarde, bien propre sur elle. Mais l’on rêve tous d’en croiser une un jour. Pour le cuvettard, une odeur forte et caractéristique risque de contaminer pour toujours l’ensemble des vêtements du jour. On pourra ouvrir le tupperware précédemment cité histoire de faire diversion. Enfin, pour les plus courageux, avant d’enfiler vos chaussons, ouvrez-les en grand, puis les plaquer contre votre visage à la manière d’un masque à gaz. Expirez une dizaine de fois. Si vous êtes encore vivants, votre haleine toute chaude aura permis de réchauffer vos chaussons, et vos petits pieds douillets vous en seront éternellement reconnaissants.
''-Restez en mouvement quand vous ne grimpez pas (sautillez, bougez vos orteils)''
Ca, ça ne marche que pour les grands sportifs. Personnellement, je n’en ai jamais connu. J’ai déjà vu des grimpeurs étranges en train de s’agiter en bas, fixant maniaquement leur projet, en train de faire de gestes bizarres…mais jamais par grand froid…D’un autre coté, je dois avouer que par grand froid, je n’ai jamais vu personne d’autre que mes cuvettards adorés au pied d’une falaise.
''-Utilisez des tissus chaufferettes, à placer dans votre sac à magnésie, dans vos poches ou même directement sur des prises de repos''
C’est bien connu, l’endroit toujours le plus chaud, surement pour le bien de l’espèce, c’est dans le slip. De préférence son slip bien sûr, même si comme Schnappi, certains aimeraient que de temps en temps quelqu'un, ou plutôt quelqu’une, s’y invite…Il peut cependant se poser un problème d’accès, du au fameux Damart. Mais sachez qu’il existe une très sympathique version kangourou, particulièrement bien adaptée.
''-Utilisez la méthode dite "du vigneron", pour vous réchauffer les doigts avant de faire un essai : faites claquer très fortement vos doigts sur votre dos, en effectuant un mouvement de bras très ample tel que montré sur la photo ci-dessous. Faites autant de répétions jusqu'à avoir les doigts brûlants''
En plus de cette excellente méthode, nous avons développé celle dite du ‘’Bruno-rond’’, que m’avait apprise Bruno, un sombre jour de janvier, dans le brouillard d’Omblèze. Alors qu’on pourrait penser à un effet secondaire du vin chaud, il s’agit fort heureusement de totalement autre chose. J’avais les deux pieds complètement rigidifiés pour le climat sibérien de l’époque. Ils étaient incapables d’épouser la moindre aspérité de ces belles dalles grises techniques de la falaise. 5 min avant de taper l’essai, Bruno quitta ses chaussettes, plongea ses pieds nus, fins et légers, dans un bon gros tas de neige. Il ferma ensuite les yeux, sans rien dire. Quelques grimaces plus tard, il enfila ses pieds fumants dans ses chaussons….et enchaina son projet. En descendant il me lança, à moi son jeune padawan, ''si onglée tu as, la choper avant l’essai mieux il sera''.
Un grand merci à nos Kougelhopf-iens pour leurs judicieux conseils. La seule chose que je rajouterai à cet excellent article, c’est que le plus important encore, c'est bien ce petit soleil qui s’allume au fond nos petits cœurs sensibles dès lors que l’on se retrouve au pied d’une de nos si belles falaises de LaCuvette, et ce, quelques soient les caprices de la météo !!

mercredi 30 décembre 2009

Battery

Mon anglais courant m’inspire quelques doutes, car outre manche les faux amis sont légions. J’avais envie de parler de batterie mais comme je ne raterai pour rien au monde la moindre occasion de caser une allusion musicale aux quatre fameux horseman qui ont bercé toute mon enfance… Pour s’endormir, rien de tel que cette superbe intro, une espèce rare de mélodie envoutante …de quoi donner une réelle profondeur mystique.. S’en suit le riff percutant d’une marque de fabrique que ne retrouva nulle part ailleurs depuis.

Bref, j’aurais préféré que mon problème de batterie arrive le 24. Cela m’aurait épargné une morne journée au boulot. Pour la première fois je dus allumer la lumière en arrivant et l’éteindre en partant. J’étais seul sur cet immense plateau paysager, lui qui était pourtant censé développer la communication, la circulation d’idées novatrices et renforcer l’esprit d’équipe. Il y avait presque quelque chose de surnaturel, d’incongru…un peu comme ces samedis matins où la raison devrait nous pousser à rester au chaud sous la couette au lieu de se soumettre à une folie cuvettarde nous menant droit à la surgélation, au pied d’une falaise. Je ressentis de nouveau ce délicieux sentiment d’anormalité lorsque je me retrouvai à la machine à café. Alors que d’accoutumée je passe plus d’une heure en serrage de mains, en bises et en vaines discussions sur la météo, le cours de la bourse, l’épidémie de grippe A ou encore la vie de famille de ceux que mon voisin de bureau définit si justement comme de simples relations de travail, imposées par notre hiérarchie.
Un problème de batterie donc, quelques coup de clé dans le contact, un semblant de vrombissement toussoteux et finalement plus rien. Heureusement, ce ne fut pas au moment de rejoindre les cuvettards à Voreppe. Mais j’ai échappé de peu à la lapidation car on a failli louper notre rendez vous avec le père Noël. Le vrai bien sur, pas celui qu’on voit partout dans toutes les grandes surfaces. J’en suis sur, ce sont mes enfants qui me l’ont affirmé.
Un coup de froid, un peu d’humidité et voilà le moteur qui cale. J’eus la même impression en observant une foule de cuvettards, tous venus taper des essais dans le cultissime Bouze maker 7c, de la grotte de Voreppe. Un moteur qui fait semblant de se lancer, puis qui s’éteint au bout de 4 mouvements, incapable de fournir la puissance nécessaire à fermer le bras pour passer le crux. On à beau observer les différences de styles, de couleurs, d’éthique, de carrures, de tenues… le résultat en bien toujours le même. On nous rabâche pourtant à longueur de temps que la mixité, le mélange et le brassage des genres resterait le meilleur moyen d’avancer…

Puisqu’on parle de bricolage, j’ai du sortir mes plus beaux outils, pour ma batterie mais surtout pour accéder au pied de Fading Light, le 8a de Voreppe.

Dire qu’ils sont si nombreux à parcourir le monde, même Schnappi serait en pleine quête du coté de Seynes…En plus de battre le record de l’empreinte carbone de l’écolo grimpeur, ils cherchent tous la plus belle colo du monde. Mais aucun d’eux ne peut songer qu’elle se cache tout simplement ici, en pays cuvettard. Protégée, dans son écrin de verdure bordé par la zone industrielle et la route nationale, elle se cache au dessus de la petite grotte. Une véritable invitation à venir se laisser dévorer par cette immense mono colonne qui offre 30m de conti, à se frotter sensuellement contre elle, à la serrer avec fougue entre les cuisses et à repter langoureusement le long du sa peau si lisse et si douce.
Voreppe. Cette falaise regorge de merveilles, qui se laissent découvrir pour peu qu’on décide de se laisser apprivoiser…pour y grimper….autrement. Ptit rond, un simple 7b, dont l’histoire est étrange…équipé puis déséquipé, puis rééquipé puis de nouveau déséquipé, et enfin de nouveau rééquipé par Sunny. L’une des rares voies de LaCuvette dont le relais se clippe à la perche. A peine 10 mouv bien péchus. Juste de quoi donner de fil à retordre à Jean-Yves, Luca, Ludo et Sylvain…sous le regard complice de l’œil de LaCuvette…


Bonne année à tous, que 2010 permettent à tous les cuvettards de (re)découvrir les joyaux cachés de nos falaises, mais sans trop en ébruiter l’existence, juste pour que l’on puisse y couler encore de nombreux jours paisibles et heureux…

dimanche 20 décembre 2009

Enfin

L’année touche à sa fin. Avant que ce ne soit l’heure des bilans, les préparations de Noël ont fini par balayer la petite déprime de Novembre avec sa grisaille ambiante et ses jours trop courts. La magie du vieil homme à la robe rouge a fait tomber les premières neiges, juste pour adoucir les bruits de la civilisation et colorer la ville d’une blancheur froide et féérique. Alors que le climat devrait dangereusement se réchauffer, je relevai -8°C ce matin alors que je m’en allais, le béret fourré sur la tête, acheter ma baguette et mon journal…en luge… Croire encore au Père Noël, c’est surtout se permettre de vivre encore et toujours quelques instants incroyables, complètement déraisonnables, et souvent incompréhensibles aux yeux des adultes. Tandis que certains avaient l’onglée, à la maison rien qu’à sortir du lit, Sylvain et Jean-Yves me récupéraient déjà, le jour à peine levé. A grands coups de publications scientifiques (page 9), je les avais persuadés de la chance que Lacuvette nous avait accordée. "La nature calcaire du sous-sol n’est pas propice à la rétention de l’eau sur la colline de Comboire. Si on y ajoute l’exposition ensoleillée des versants sud et est on comprend que la faune et la flore doivent faire face à des conditions quasi méditerranéennes. On rencontre sur la colline de Comboire des espèces dont l’aire de répartition principale se situe beaucoup plus au sud et dont la présence, ici, est exceptionnelle. Le genévrier thurifère est ainsi un arbuste dont les principales populations se situent au Maroc. Les falaises de Comboire constituent l’un des sites les plus nordiques de cette espèce". Il n’y a pas de fumée sans feu, et nous allions donc être les seuls et uniques privilégiés à profiter de ce micro climat saharien. Grâce 4 pneus neige, nous arrivâmes finalement assez facilement au parking de Comboire. Contre toute attente, il fallut faire la trace pour accéder à la falaise. Et personne ne vint perturber la sérénité de ce samedi matin. Une falaise d’un autre temps dont les platasses et les grosses pinces se prêtent à merveille aux conditions du jour. Et quelques vestiges du temps des premières prises en résine, lorsque les salles d’escalade n’existaient pas encore. Entre les coulées de glace éphémères et l’irréalité des stalactites, Jean-Yves choisit de se réchauffer dans une voie spécialement conçu pour être longue et continue, Fleur de nave, 7a+, du secteur des toits. Dans une toute autre filière et surtout pour ne pas que l’onglée n’ait le temps d’arriver, Sylvain enchaina, globalement, au prix de trésors de finesse et de technique, le très court mais rigolo Vieil Arsenic 7a. Attention, âme sensible s’abstenir puisque l’on peut entrapercevoir qu'à un bref moment, il tente de poser un pied.

Enfin, je glissai moi aussi, sur la strate verglacée de la fin de la traversée de la conque d’El condor buta, 7c. Encore une voie unique à l’ambiance torride et à l’inconfort permanent.En parfaite communion avec la nature, tandis que le soleil poursuivait sa course au raz de l’horizon, nous basculions vers le secteur face sud pour pleinement profiter de la chaleur de ses timides rayons. L’occasion de rendre visite à 2 pas de bloc mythiques qui ont contribué à la légende de la falaise. A commencer par Belles et buts, le 7b dont la méthode de la pointe contre pointe resta encore à l’état de vague utopie pour Jean-Yves et Sylvain. Ce qui me permet de recycler une vielle photo de Ludo qui en 2004 randonna la belle sans prendre de but…et avec l’aisance qu’on lui connait. La deuxième, Rock Accro, le 7b+ de droite. Deux plats pour démarrer, puis 2 inexistences à relancer main gauche, les pieds en vrac jusqu’à une lointaine inverse. Un mouv qui, avec Ludo nous avait encore ramenés à la dure réalité des vraies cotations, et ce, à maintes reprises. Et puis, ce jour, surement aidé pour la magie de Noël et par l’incroyable collante, je réussissais miraculeusement à m’envoler avec ces 2 plats, puis à recoller pour tenir et enfin bloquer cette règle pince bizarre...
Et dire que ce matin, les deux mains collées autour de mon bol de café j’ai bien plus froid qu’hier, lorsqu’on tapait des essais…Merci Père Noël pour ses falaises et ce micro climat qui permet au petit monde de LaCuvette de trouver son bonheur par tous les temps, et en toute saison !!
Et n’oublie pas mon petit soulier…
Le reste des photos du pole nord >>ICI<<