lundi 2 novembre 2009

Grand et fort

Tu seras…
A partir d’un certain temps, il devient indélicat de se soucier du nombre de bougies à mettre sur le gâteau. On se contentera alors juste de trouver charmantes ces petites pattes d’oie qui pointent à l’extrémité de chaque œil. On fera remarquer que les premiers cheveux blancs rajoutent un coté Clooney, qui vaudra plein de nouvelles collègues de travail à l’heure de la pause, pour prendre un petit nespresso à la machine du boulot.
La première fois que je l’ai croisé, il se trouvait 10m au dessus de moi, pendouillant au bout d’une corde implorant et suppliant qu’un inconnu de passage daigne lui prodiguer quelques méthodes à adopter pour passer le crux. Je fis preuve de charité, et m’arrêtai quelques instants pour lui indiquer de bonnes ruses de cuvettards, l’encourageant à serrer les prises, à jeter sur le bac suivant et surtout à ne pas se soucier du clippage, qui apparemment et vu l’état de fraicheur serait impossible. En plus d’une taille hors norme, je remarquai tout de suite son esprit combatif, ce désespoir que le poussa jusqu’à un ultime jeté bien loin au dessus du point qu’il n’avait donc pu clipper. J’eus le temps de le voir défiler sur presque la totalité de la hauteur de la falaise et se retrouver presque au niveau de la vire. Il me sourit et lâcha un ‘’c’est trop bon, j’y retourne’’. C’était à Espace Comboire, il venait de tomber flash, complètement ouvert, en ayant sauté le dernier point, à 3cm du relais de Mourir pour des idées, un 7a+ mythique du secteur du mythique KGB, de la falaise mythique d’Espace Comboire.
Cet homme ne pouvait être là par hasard. La providence l’avait mis sur ma route. A se trouver là, c’est qu’il ne pouvait qu’être bon et sain. Je le compris lorsque que je croisai son regard, celui du cuvettard assoiffé et motivé qui à vie sera marqué au fer rouge de l’empreinte des falaises de Lacuvette.
C’est ainsi que démarra une longue histoire faite de traquenards, d’enchainements inespérés et improbables, de vrais combats dans les pires bouses locales, de perdition et d’errance sur tout bout de caillou équipé des alentours… Je ne me souviens pas de son premier 7c…c’est surement qu’il en a toujours fait, en tout cas, surement depuis bien plus longtemps que moi. Comme s’il s’agissait de son niveau de base, son niveau zéro. Par contre, je conserverai à jamais l’image de ce qui aurait du être son premier 8a. Cette base à coté de laquelle aucun vrai cuvettard ne doit passer. Ces murs lisses des Lames, ce pas de bloc au départ où je découvris tout l’éventail des possibles que dame nature pouvait accorder aux plus d’1m90. Il avait enquillé toute la section rési médiane, jusqu’à la traversée. Il en avait fini de caler ses pieds et de serrer ces yeux et ces cupules arrondies. Il ne lui restait plus qu’à tenir cette dernière prise et monter bien haut jusqu’à la première bonne règle de la rampe…et puis l’impossible, l’incompréhensible se produisit….je le vis se désunir, manquer la prise puis partir en arrière, plein de désespoir….ce jour là, il aurait du enchainer La poudre.Son premier 8a, il le fit par dépit à la DJ…ce qui confère aussi le respect. Quelques essais lui suffirent pour dompter la méthode du jeté de pied dans le dièdre étrange de Lost Higway to hell. Quant au premier 8b, ça ne saurait tarder puisqu’il s’est mis en tête cette année d’enfin se mettre à l’escalade…
Et puis, il y eut aussi tout ces records d’onglées, comme ce jour à St Egrève, en 3ème longueur. J’avais du tomber par hasard sur cette page de mon topo. La folie nous avait conduit là haut, au pied des murs déversants du secteur des gros surplombs, en plein hiver, sous la neige, vachés sur un vieux relais exposé aux caprices du vent du nord . Chacune des prises de ce 7c, la bête à bon dieu, n’était que glaçons et stalactites…Niant l’évidence, il s’élança, motivé comme jamais pour la faire à vue…Pour sa première fois à Tinadalle, j’avais réussi à la convaincre que la falaise était dans l’hémisphère sud, et que l’on grimperait torse nu. Il y fit si froid que même nos neurones furent anesthésiés. Et puis, je ne compte plus les envies subites, entre midi et 2, pendant la sieste des enfants ou en les amenant au parc, avant la tombée de la nuit, et j’en passe… pour courir au pied de nos projets, taper 1 essais chacun et repartir en courant, comme si de rien n’était, n’ayant même pas pris la peine de couper le moteur de la voiture, ni sortir les enfant de leur siège auto. J’oublie aussi quantité de traquenards dans lequel il me suivit les yeux fermés…se faire rouster dans les devers de Ludo en 3eme longueur à Comboire, cocher le 7a+ de Jimmy Cliff sous prétexte qu’il faut tout faire, marcher 3h pour faire l’antéchrist 7b+ ultime de Narbonne, faire le sanglier pour faire des premières à Sassenage, tester flash mes nouvelles voies, à peine finies, pour voir si les prises tiennent ou s’il fallait rajouter un point…
Bref, tant de perspectives d’expériences inoubliables qui font qu’il se lèvera encore en encore bien avant 7h le samedi matin, même en hiver, même sous 3m de neige…. Bon anniversaire Ludo !!!!!

Et une bise de notre perche humaine à ceux qui reconnaitront les voies en photos (indice : ce n'est ni le sud, ni l'espagne...même si ca y ressemble...)

lundi 26 octobre 2009

Préparation

Les premières neiges ont blanchi les horizons montagneux de LaCuvette. L’hiver a pointé timidement le bout de son nez. En tendant un peu l’oreille, on avait même pu entendre vrombir un perfo du coté d’une certaine vire, comme si se préparaient de futurs sessions matinales, pleines de nouveaux projets, pour la collante des aurores hivernales. Mais de là à subitement et si précocement réveillés les instincts primitifs de quelques cuvettards dégénérés…. Et pourtant…Comme les footballeurs qui se la comparent sous la douche, et d’autant plus émoustillés pour la présence des quelques cuvettardes ces dernières semaines, j’ai pu surprendre d’étranges joutes verbales entre Sylvain, Yves et Bertrand. Même si je ne comprenais par grand-chose à ces termes techniques, je reteins que les deux premiers se narguaient avec un Chamechaude en 43 min, contre seulement 42min par l’autre…et inversement. Quant au dernier, il avait opté pour un coach sportif personnalisé, surement pour le plaisir de se faire hurler des insanités en plein effort et se retrouver en sueur, en train de l’implorer à grand coup de ‘’oui coach, c’est bon, j’en veux encore’’. C’est donc avec une impatience à peine dissimulée que j’attends l’ultime confrontation, dès que la neige aura atteint la hauteur suffisante…si tant est que d’ici là ces 3 compères aient appris à lire une carte et distinguer un sommet ou un col, dans ce dédale de reliefs couverts de neige fraîche où tout finit par se ressembler. Mais comme l’exercice n’est pas encore totalement acquis pour les marches d’approche, topo à la main, des nouveaux spots de Lacuvette... on est en droit d’émettre quelques doutes.
D’étranges rumeurs font aussi grand bruit. Il paraitrait que GrandLudo ait réussi à convaincre son manager des nombreux bienfaits qu’il pourrait retirer en installant une planche en bois de 2m de haut, avec des tasseaux parfaitement calibrés pour y poser confortablement une phalange et demie, finement poncés pour un touché agréable, et espacés d’un vingtaine de centimètres…dans les locaux de l’ILL. Dans le même ordre d’idée, Oliv serait en train de bricoler une même structure…mais sur son pan incliné... à 60°…de quoi nous laisser rêveurs…
Pour affronter l’hiver, il nous fallait trouver un endroit chaud, bien fermé, une sorte de cocon confortable pour nous abriter en ce dimanche pluvieux…une espèce de…taupinière en somme. J’eus un malin plaisir à embrouiller Ludo, Sylvain et Bruno avec cette histoire de changement d’heure, pour finalement convenir d’un rendez vous, sur les coups de 7h du mat. Jubilant à l’idée de se nouveau record, j’en oubliais de noter une information capitale pourtant bien affichée sur ma petite station météo, gentiment fournies pour un père noël généreux : déjà plus de 10° et un taux d’humidité frôlant les 80%...On nous avait parlé de l’antre de la bête comme un secteur idéal pour l’été, mais en bon bourrin de base, rebelle et indiscipliné, on se devait d’attendre presque début novembre pour lui rendre une première visite. Une plongée dans une végétation luxuriante, dans une moiteur tropicale, nous tombions, au niveau d’un coude d’un petit ruisseau nez à nez avec ces grands murs : un mélange de La balme pour la forme et le profil, et des écouges, voir de la partie blanche du roc de cor que nous avions redécouverte avec FT l’été dernier, pour le fond, avec un cailloux, tantôt gris et agressif dans les colos et les trous et tantôt bien salpêtreux avec ses platasses à l’adhérence si caractéristique. Comme à son habitude Bruno nous régala de son aisance dans Du courant dans l'eau, un long et varié voyage en 7a+. Un voyage dans lequel même Sylvain osa s’aventurer, une fois les premières appréhensions passées. D’un naturel joueur, je vérifiai que l’arbre du 7b de l’arbre mouvant était bien….mouvant, surtout en haut…avant que Ludo puisse vérifier tout l’intérêt des ses séries de 17 voies à midi à espace vertical, dans ce dièdre d’aspect débonnaire mais oh combien physique. Vu sous un autre angle, avec Bruno à l’œuvre, ce profil prenait des airs de Frankenjura, la luxuriante forêt de Bavière en arrière plan. Mais comme dans toute taupinière, il y fit vite chaud et humide, de quoi ajouter un coté aléatoirement jouissif, comme dans le départ de Bain de mousse, 7b+…justement sur des colos…en mousse…
Heureusement, que l’on ne sort jamais sans son GrandLudo. Encore une fois je dus faire appel à lui pour me sortir d’une situation inextricalble, dans le départ de Omo 7c. Mais son dévouement ne suffit pas à me faire tenir ces plats lichéneux, qui sous prétexte d’une l’hygrométrie indécente, devinrent parfaitement intenables.
Comme toute taupinière, celle-ci ne pouvait être issue d’une génération spontanée. Et malgré ces conditions improbables et impropres à la grimpe, nous eûmes le plaisir de tomber sur l’animal fouisseur responsable. Bravo Mr Saury pour avoir, encore une fois, défriché ce spot hors du commun, bien différents des autres secteurs du coin.Ce qui permet au cuvettard monomaniaque, de se rappeler qu’il existe aussi des voies avec autre chose qu’une étroite vire au pied, que les genoux peuvent aussi servir à se coincer, qu’ils peuvent se tordre en sens inverse pour ce que les spécialistes appelle lolotte, et que même en dépassant 15m, les voies peuvent être majeures !! Et puisqu’on parle d’équipement, cette semaine fut aussi celle de l’AG de l’ECI, le fameux Escalade Club de l’Isère sans qui nous aurions déjà fait, depuis bien longtemps, le tour des falaises de LaCuvette. A l’heure où certains sont prêts à payer plus de 10 euros le mouvement…sur de la résine, il est bon de rappeler que le spit n’est pas gratuit, qu’il ne pousse pas tout seul, que le cailloux n’est pas naturellement propre…et que tous ces biens communs sont soumis eux aussi à un entretien régulier, et que tout ça finalement, ne se révèle malheureusement pas toujours...commun…

dimanche 18 octobre 2009

Hécatombe

Ca sonne bien, comme un des ces inimitable massacres musicaux dont je raffole…mais cette fois les oreilles des visiteurs de Lacuvette seront préservées. Il y a des trésors qui ne se dévoilent pas, que l’on se garde, rien que pour soit.
Mais LaCuvette semble être touchée par une véritable hécatombe…après Schnappi et son doigt déchiqueté dans d’atroces circonstances, pires que dans massacre à la tronçonneuse, il y eut Nico, avec son doigt passé aux supplices de la chaise électrique. Ensuite, ce fut au tour d’Oliv, avec son majeur soumis à la torture de l’écartèlement, à force de suspension prolongées en tendu sur son pan. Et maintenant c’est le tour de GrandLudo de connaitre les affres de l’écrasement sur une vire, en cassant une prise, le mou dans la main, lundi dernier alors qu’il s’apprêtait à cocher à vue Tares Academy, 7b+ des Vouillants…
Cette semaine, l’hécatombe vint du ciel, avec son obstination perverse à rester gris. En y ajoutant un brin de vent du nord pour nous plonger en plein hiver. Une collante qui nous prend de court, pour laquelle nous n’étions pas préparés. 2° à 8h30 sur le parking de Tinadalle, sans le moindre rayon de soleil. L’absence de GrandLudo, Bruno et Oliv permit à Yves de nous convaincre de délaisser pour un temps, notre vire, et de rendre visite à quelques sites Vertaco. En avant gardiste de la mode que peut être le cuvettard surpris par le froid, Yves, Bertrand et Schnappi rivalisèrent de tenues dignes du Autoire disco day, directement sorties de placards restés fermés depuis les années 80. Old school quand tu nous tiens… et voilà que Yves et Bertand décidèrent de renouer avec le plaisir de la dalle à croutes, choix des plus judicieux par grands froids, avec le 7a+ au nom de circonstance, Voyage de noces en Patagonie. Parfait pour ce couple venu gouter aux premières onglées de l’année. Entre deux défilés de la collection hiver 2009/2010, j’occupais l’entracte en pliant le 7c qui bourrine Never trust a naked bus driver, là encore, surement un nom en mémoire d’une expérience douloureuse à mettre sur le compte de Ludo. Cette voie aux 2 sections blocs bien physiques, semble être le passage obligé du mur central, puisqu’elle ouvre de multiples perspectives de connexions et de prolongations. J’optais pour la méthode du faible dans le crux médian, avec le fameux "je place une vraie lolotte (si si monsieur FT) pour chopper le bon tri puis je bourre une main sur l’autre parce que j'arrive pas à tracter sur un bras", ruse que même le beau, riche, musculeux, cultivé et surtout célibataire Xavier adopta, mais un peu tard, ce qui lui couta malheureusement la croix.
Mais nous étions tous impatient à l’idée de voir un sexagénaire en caleçon long Damart et en polaire Think Pink d’une couleur rose aujourd’hui introuvable, monter la corde dans l’une des rares voies en dehors d’Espace Comboire qui le fait rêver la nuit : Obélix, 7c aux grands mouvements aériens, doté de ce qu’il faut d’engagement pour laisser des souvenirs pour toute une vie. Comme tout bon anthropologue, je m’arrêtais alors quelques instants pour observer le comportement du cuvettard en dehors du strict cercle du clan, en particulier lorsqu’il se mêle malgré lui à quelques jouvencelles, espèce rarement croisée sur les falaises habituellement fréquentées de si bonne heure le week-end. Le premier sujet, Sylvain était méconnaissable. Plus de vautrage sur la première dégaine, pas le moindre "vas y prend moi faut que je repère", aucun gémissement à l’idée de devoir atteindre le point suivant qui pourtant aurait du lui paraitre trop lointain. Il s’en fallut de peu pour que tombe à vue Alpinista, le très joli 7a le plus à droite de la vire. Quant à Schnappi, en plus de sortir sa superbe polaire à faire pâlir Yves de Jalousie, une telle présence semblait décupler ses forces (même si c’est dur à imaginer) à tel point qu’il marcha littéralement la section rude du départ de Trapèze dans l'azur, et avala, sans presque la sentir, la fin plus conti de ce superbe 8a de référence. Là encore, oubliés perche, rallonges à étages et préclippage de l’avant dernier point. Il marqua là, la fin d’une histoire faite de calages millimétrés aussi bien dans les mouvements que lors des clippages, pour une voie qu’il avait déjà moult fois enchainer….en moulinette !!Dernier sujet de l’observation, Yves. Ce fut le seul à rester imperturbable aux charmes des sirènes. Une stabilité incroyable. Il resta de marbre, placide et imperturbablement constant, puisqu’il rata à nouveau un énième 7a+ avec ses petits cris caractéristiques lorsqu’il se sent mal au dessus des points. Je surpris même ses étrange propos : "mais t’as réussi toi le 7a+ ? A vue ? Et même le crux du haut sur les croutes ? Ca doit pourtant pas être facile pour une fille…"…une élégance, une finesse, un tact rare…. En parlant de sirènes, notons qu’Emilie s’est offert sont premier 6b à vue dans les mêmes conditions extrêmes à Daladom, avec une nouvelle voie dans un grand mur gris truffé de gouttes et de placements techniques. Et si la saison de bloc à LaCapelle se transformait finalement en saison de perf en falaise en pays Lacuvette ?
Signes avant coureurs, comme si la saison allait tourner à l’hécatombe pour les nombreux projets et bêtes noires qui trainent dans nos chères falaises hivernales. Et ça démarre fort avec Quentin qui réalisa à quelques encablures de là, Nice to eat you, le projet de Mickey, ouvert par l'inépuisable Cannib. Il signe la 3ème réalisation du premier 9a de l'histoire locale, à Pierrot Beach.
Et pour finir, à mille lieux d’ici, Martin confirme qu’il n’y a pas plus belle dalle qu’aux Lames et se rabat sur les ersatz de bout de cailloux qui trainent à Kalymnos mais qui ne lui permettront surement pas d’aborder sereinement les alvéoles de Bienvenu à Bord, dès son retour. Une pensée pour la robe blanche de la mariée, qui va finir par se salir au fond des ses grottes austères et poussiéreuses… Si j’ai bien compris, la prochaine fois je prendrai une robe et une perruque pour travestir discrètement Yves, histoire que les cuvettards continuent sur leur si prometteuse lancée…
Le reste des photos >>Ici<<

lundi 12 octobre 2009

Bis repetita placent

Il y a des choses que l’on ne se lasse pas de redemander et pour lesquelles jamais nous se serons rassasiés. Comme pour ce fameux idéaliste bondissant, qui réussit à faire reprendre à une salle de concert pleine à craquer, en cœur et en totale communion le fameux Sidi’h bibi, au bout du 2ème rappel. Un appel à retourner sur cette vire… même pour Bruno. Il a réussit l’exploit de tirer Yves du lit, un samedi matin plus que pluvieux, pour monter tel un vieux couple, au pied du Poulpe Glaireux, 7b+. Une séance écourtée par les caprices du ciel mais qui suffit à mettre notre Maitre es-conti en appétit. Dès le lendemain. Une 2ème montée de calage pour repérer la méthode du cuvettard rusé et le voilà parti pour une énième démonstration de style. Une ascension sans avoir besoin de fermer une seule fois le bras, en delayant et en se reposant à chaque mouvement. Le style posé du lémurien, là où d’autres avaient, il y a peu, du jeter désespérément, devant une foule conquise d’une dizaine de locaux venus perpétuer l’histoire de la vire.
Bis repetita pour GrandLudo et sa deuxième séance dans la longue séquence de rési de Désirs exacerbés, 8a. Un test en conditions réelles pour se convaincre, comme tant d’autres avant lui, qu’il arrivera lui aussi complètement farci à la dernière paire, et que les 11 mouvements ne se laisseront faire qu’à la condition de réunir vitesse, précision, dynamisme et grosse condition physique ! Pourquoi crois-tu donc qu’il y a encore à peine une semaine, un certain inconscient était tombé par 3 fois le bac final à portée de main ?
Toute ressemblance ne serait donc pas fortuite coïncidence. A deux encore, un petit couple bien réglé, et de beaux essais à tomber le bac final à bout de doigt. Des politesses pour ne pas enchainer avant l’autre, et voilà Martin et Lol se retrouvant comme par hasard, au même moment, au même endroit, en plein milieu de la vire, sous le devers mythique, celui chanté par le vieux Manu quelques jours plus tôt…Sidi’h bibi 8a.
Pour faire bonne figure et se trouver une excuse toute faite après avoir rater son essai, Lol s’élançait le premier, feignant d’avoir oublié son sac à cake. Mais cet homme est une machine, forgée à la rudesse et l’exigence des falaises de La Roque. Blocages et jetés pieds à plats, de face et bien bas, jamais inquiété par le moindre carre externe ou la moindre lolotte… une école sans pareil, reconnaissable dès la première seconde et dont l’efficacité n’est plus à prouver…. Par politesse donc, et avec un excuse bien préparée, le 1er essai se soldait à 10 centimètre du relais, là ou l’éthique des lieux oblige à prendre un plat, retravailler la pince main gauche en inverse et envoyer avec ce qu’il reste d’énergie et de hargne sur le lointain bac final pour enfin clipper proprement la chaine….plutôt que de se ruer sur le relais et se passer des 2 derniers mouvs et de la perspective d’un plomb presque aussi agréable que celui de désir. Un ¼ d’heure plus tard, détendu comme une arbalette et serein comme un mouton une veille d’Aïd el-Kebir, Martin s’élanca. C’était le moment ou jamais, sa dernière séance avec 10 jours de voyage de noce…à Kalymnos…si ca c’est pas le summum du traquenard pour la jeune mariée…. Température idéale, présence du mentor, assureur de circonstance…aucune excuse n’aurait été possible…mais il n’en eut point besoin…Le crux avalé à la cuvettarde, pieds qui partent, vitesse d’exécution et tremblotte de rigueur, un bon sitting au repos et puis une grosse pression dans la section finale jusqu’à l’éructation, le bac dans la main. Lol, libéré du poid qu’aurait été le suicide de son disciple s’il avait enchainé avant lui, récupérait son sac a cake, sortit la gniak et la bande sonore pour imiter son prédécesseur et hurler lui aussi son soulagement, la main dans le bac, clippant l’air béat le relais. Bis repetita pour une voie d’anthologie, et qui augure surement pour de nombreux autres cuvettards, encore de longues années de travail.
On avait prévu de remettre ça, pas plus tard que le lendemain. Nous avions convenu de retrouver Lol sur la vire et de profiter de conditions idéales pour refaire le monde entre deux essais, adossés à ce caillou qui nous est si cher, face aux premières neiges déposées dans la nuit sur l’horizon Belledonnien. J’avais même apporté un reste du gâteau du thé dansant de la veille, ça aurait du être un de ces instants qu’on n'aurait jamais oublier. Mais ce fut sans compter sur un coup du sort, un Ludo affolé m’appelant dans l’aprem pour me signifier un aléa dans son planning, retardant son départ de près d’une heure. Et voilà comment, en quelques secondes, tout l’univers peut s’écrouler. Après de longues minutes de réflexion, à contre cœur et la larme à l’oeil, nous décidions de nous rabattre sur la falaise bucolique et accueillante des Vouillants. Perchés 10m au dessus des poubelles, la zone industrielle avait remplacé Belledonne, la poussière le grain si pur du caillou de la vire. Juste le temps d’enchainer une nouveauté de Raph, Tare Academy, 7b+ qui aurait pu être qualifiée de presque majeure…si elle avait eut la chance de naître en d’autres lieux…Et comme la falaise porte bonheur à Ludo, il a frôlé l’irréparable en arrachant une prise, le mou dans la main, pour se retrouver directement et lourdement sur la vire malgrè tout le contrepoids de son assureur qui pourtant avait pesé de tout son poids sur cette satanée règle. Espérons que la chochotte de LaCuvette s’en sorte qu’avec quelques égratignures et qu’il soit de nouveau frais et dispo pour taper des essais dans Désirs ! Et que ceci ne te dispense pas de tes séries sur la poutre d’ev d’ici samedi !
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