dimanche 5 août 2012

Redressement productif

On a eu droit au changement, ensuite au "normal", et vla t’y pas qu’on nous bassine en accolant deux mots intelligents piochés au hasard dans le dictionnaire. Ca pour du changement, y’en a eu, un peu trop même. Avant on travaillait plus pour gagner plus, maintenant c’est surtout parce que mes impôts ont subitement augmenté, que ma prochaine note de gaz va être bien salée et qu'il va bien falloir payer une semaine de nounou supplémentaire lors des prochaines vacances de la toussaint. Y’en a qui s’empresseront de dire qu’en contrepartie le prix de l’essence n’a jamais été aussi bas. Mais bon, ça nous fait une belle jambe, en guise de vacances j’amène les enfants au parc de la mairie juste à coté, on y va pied, pas besoin de voiture. Et j’ai eu beau demander à mon patron un salaire plus normal pour mes bons et loyaux services, en guise de réponse il m’a demandé si je voulais pas aller voir du pays chez Peugeot ou Alcatel, deux fleurons nationaux en pleine bourre actuellement
Et je ne suis pas le seul à accuser le coup, Bruno à pris 20kg en faisant des économies de caddy en le remplissant exclusivement de chips. Sylvie a fait vœux de silence, histoire de réserver sa salive pour un petit boulot de cinq à sept de colleuse de timbres. Oliv fait plus de 200 km de vélo d’appartement par jour, pas pour s’entrainer, mais juste pour pouvoir s’alimenter en électricité. Sylvain partage son lit, même avec des copains de passage… et peut être pas uniquement pour se répartir ses frais de loyer…
Bref, même c’est un peu exagéré, le résultat est tristement le même, on grimpe plus. Mille mercis au militantisme assidu d’Yves. Mais il y a quand même une justice, tel est pris qui croyait prendre. Un vilain bobo à l’épaule et voilà notre papy cloué à la maison, à gouter à son tour à ce qu’il a voulu pour tant de sexagénaires jadis heureux. Finie la joie du travail, à cause de toi, les voilà contraint dès 60 ans à rester vautrer dans un fauteuil, une télécommande greffée à la place de la main, à enchainer Roland Garros, la coupe d’Europe, le tour de France et maintenant les JO... Tu vois où peuvent mener toutes tes inepties !
Ah mais c’est sur y’a toujours les privilégiés du système. La famille Pinier qui se prélasse dans mes dernières cuvetteries aux Saillants, avec Espace les spasmes 7c+, FA-ter par Nico puis bientôt répétée par Madame, qui en profitera aussi pour répéter un peu plus à gauche l’esthétique et à doigt Assez d’essais 8a.

Plus à droite et toute aussi courte mais ardue, L’espace et le temps, 8a+ proposé par Quentin et confirmé par sieur Nico.
Y’a même Luca qui a trainé un autre savoyard dégarni dans ces voies toutes courtes aux antipodes des longueurs de conti d’Arbin ou Marocaz…sacré changement pour eux aussi !!
Et comment passer à coté du premier 9a à 20min de l’épicentre cuvettard, le Dard, FA-ter vous l’avez tous déjà lu par Cédric Lachat dans l’antre d’Eric, St Ange.
Eric qui continu à sévir avec ferveur dans le coin, en secret par là haut. Sans oublier le FT qui fait fi de la crise en faisant sont 8b annuel dans une des dernières voies de Cuzouls…bref pour eux, pas besoin de redressement, tout cela est déjà bien productif
Par de bien hasardeuses circonstances, j’ai pu enfin remettre un baudrier et tâter de caillou. Je ne sais pas ce qui a bien pu nous passer par la tête, mais j’ai fait mon nœud sur une corde de rappel, mis un vieux 8 et un shunt au cul avant de me visser un bon vieux casque sur le crâne. Et nous voilà partis pour… ciel…presque de l’alpiniste. D’abord à Presles, avec le lutin du moulin à paroles Sylvie, dans Bal masqué ED-, une vieille classique…qui devait l’être à l’époque mais qui n’a plus lieu de l’être aujourd’hui. La ligne louvoie pas mal et se voit croisée par de nombreux autres itinéraires, ce qui lui ôte inévitablement un peu de charme. On y trouve bien une jolie trav en rocher superbe en L5 et une belle ambiance à partir de la longueur suivante mais globalement, la qualité du caillou est moindre que celle annoncée sur le papier et le tracé a du perdre de sa superbe d'antan.
Récidive un peu plus productive dans une voie moderne des Cerces, à la tour Termier, L’usure du temps ED. 9 longueurs, des spits qui brillent, des cordées à droite et à gauche et un quatuor de choc composé d’Oliv en parfait second attentionné et ravi de ce caillou tout neuf, puis en cordée suivante, les deux Sylves…Sylvain et encore Sylvie à se partager quelques rallonges judicieusement laissées par Oliv dans les quelques endroits plus tendus.
Un Oliv aux petits soins, à superviser les manips de cordes du lutin, dans les relais vraiment chauds.
Au final une voie pas trop soutenue, avec une ambiance un peu cassée par la vire du milieu mais avec de très belles longueurs sur un caillou parfait. Mention spéciale à la deuxième longueur en 6b+ qui réveille,
au superbe 7a sur gouttes, technique et aérien de L5,
au crux qui fait suite, 7a/A0 qui déverse sur bonnes prises
et enfin la fin en 5 sur des cannelures de première classe.
De la bien belle escalade. Et puis en se retournant, on s’est souvent dit avec Oliv, qu’il devait y avoir pire dans la vie…

Bref c’est pas tout ça mais ça nous aurait presque redonné envie de grimper….
Va falloir penser à sérieusement à se redresser et à retrouver une certaine productivité, sous peine de devoir définitivement déposer le bilan…

mercredi 16 mai 2012

Le changement


 …C’est maintenant. C’est bizarre mais le titre de ce billet me rappelle vaguement quelque chose. C’est comme ce matin, en retard à ma réunion, on m’a bien fait comprendre le manque d’originalité de mon excuse du jour : la foudre s’est abattue sur ma caisse, j'ai du faire demi tour et prendre le bus.
Bon, rien ne va plus, c’est la crise, j’ai du revendre mon appareil photo pour pouvoir manger ce midi, d’où la piètre qualité des photos ci dessous, prises avec une vieille relique de téléphone portable que j’ai chourée dans un vide grenier de quartier le week-end dernier.
Il est temps de fermer la page et de changer…Adieu monde cruel de LaCuvette, adieux bouses teigneuses, contraignantes et misérables. A nous l’illusion du changement !
Yves avait retrouvé son short à la couleur chère à notre nouveau président, avec encore quelques tracts militants dépassant de la poche. Il avait même la mine marquée des lendemains de victoire arrosés au Champomy. Une vie simple d’homme normal, sans excès. C’est dans sa Citroën décapotable qu’il nous conduisit à Presles…pour changer. Deux voies BBX, Antimonium tartaricum pour nous et Doigt de passion pour Sylvain et Elodie. Quelques petits gémissements caractéristiques dans le très sculpté mur gris de la magnifique 3ème longueur en 6c+ et une jolie porte qui zippe avec retourné acrobatique dans la 7ème longueur en 6c + pour Yves, quelques bref secondes d’angoisse pour Sylvain dans la longueur clé en 6c+, fort heureusement munie d’une grande cordelette salvatrice et nous voilà repus. De belles longueurs variées, entre gris de chez gris, jaune picoteux et agressif et bien sur, du bon rouge révolutionnaire, pour les quelques zones surplombantes
Yves dans la fin de L3, 7a+ avec son final bien physique sur prises grassouillettes
Yves en termine avec la superbe dalle finaude en 7a+, L6
Elodie dans le beau gris du Doigt de passion, L8, 6b+
Fuyant la réalité cuvettarde, voilà qu’on nous récidivions à deux reprises dans les jours suivants. Yves préparant les législatives, c’est le lutin Sylvie qui se porta volontaire pour le remplacer, non pas au parti mais dans la cordée.
Accompagné toujours de Sylvain et Elodie, direction la Paroie rouge. Un accès par le haut qui permit à nos deux Sylv d’ergoter sur la qualité de l’arbre faisant office de relais, de celle de leur vache respective, décousue ou bouffée par les UV, du maillon rouillé censé supporter le poids de 4 grimpeurs dont un sumo, ou encore de leur baudrier émettant des craquements suspects. S’en est suivie une tension palpable quand je leur montrai, depuis le bas, la 3eme longueur et l’imposant surplomb du Droit Chemin, 7a+, réservée à Sylvain, et les grands murs bien compact gris du Diable en rit encore, destinés aux doigts d’acier de Sylvie. Deux autres BBX-ades dans lesquelles il faudra s’employer pour gagner le point suivant et se régaler de ces belles envolées gazeuses, perdues dans ce cirque tranquille et ensoleillé.
Sylvie dans la 1ere longueur du diable, à noter la hauteur du 1er point juste sous ses pieds…sachant que les 2 première dégaines ne sont posées que…sur des buis…
Sylvie des les gouttes d’eau sanglantes du majeurissime 7a de L2
Sylvie dans la fin des superbes cannelures du rude 6b+ de L4
Elodie dans les gouttes géantes de L2 du Droit Chemin, 6b+
 Le changement, c’est surtout une affaire de mâles velus, car pour ces dames, certains clichés ont toujours la dent dure. 8000 mots par jour en moyenne, mais c’est surement le double pour Sylvie, et le pire c’est que c’est pareil quand elle grimpe, même en grande voie. Et elle ne s’arrête jamais, même si elle voit bien que je ne l’écoute pas, terrorisé sur des chiures 3m au dessus du point, dans la longueur clé, et incapable de lâcher un mot à part par reflexe un « maman j’ai peur » ou mieux, un plus viril « putain j’en chie »…mais complètement rassuré de la savoir en train de discuter avec je ne sais quel interlocuteur imaginaire
Le deuxième cliché, c’est le syndrome de la garde robe…et vas y que même par 25 degrés faut se trimballer sa dernière doudoune bibendum, voir carrément grimper avec !
Non vous ne rêvez pas, c’est bien Sylvie avec sa doudoune, dans l’avant dernière longueur d’intermède pour Carlos….une fort jolie voie, bien homogène dans le 6c, ouverte par d’Alain Rebreyend, au perfo bien plus généreux que celui du précité BBX
Sylvie dans la redoutable 1ere longueur en 6c, dalleuse à souhait
Sylvie dans le mur gris superbement sculpté de L6, 6c
Sylvie dans le très beau et pas bien dur 7a de L7
 Et pour en finir sur les clichés, il a celui du sens de l’orientation. Nico m’avait convié ce week-end à descendre du coté de Venasque…et s’était porté volontaire pour faire le GO et distraire mes 2 monstres à l’arrière de la voiture pendant les 2h de trajet…Quelle fut notre surprise de voire Madame Nico, arriver avec près d’1h30 de retard, mais en étant parti avant nous…l’explication ? Simple : comme il fallait rejoindre l’A7, ben, elle a regardé la carte et est passée par Lyon !
Bon ok, ceci ne l’a pas empêché de me faire la démo dans les grands murs de conti de la falaise de l’Ascle. Entre autres, dans Petite Marie, superbe et esthétique 7a de la Casquette,
puis dans le de circonstance Ca ira mieux demain 7c, au premier essai et en triple marchant ou encore dans une belle tentative flash du encore bien conti Papy et C°, 7c+ ou 8a c’est selon.
Cette dernière pliée au prix de quelques gémissements factices par Eric et Nico, pour ce dernier, juste après s’être offert aussi facilement l’autre 7c+ à gauche du secteur, plus court et plus physique sur monos.
Avec Juju, fatigué rien qu’à les regarder, il nous restait plus qu’à racler tous les 7a 7b du secteur avec Boule de câlins, 7a court et bouseux, sa voisine de droite dont j’ai oublié le nom, 7a plus varié et homogène, Blédina et la restanque deux 7b courts et assez nuls eux aussi, l’intégral du Peuterey L1 joli 7a, ainsi que le 7a+ bien bourrin de la fête des pères avec ses mouvements amples rési sur prises sikatées.
C’est bien joli tout ça, mais même si le changement c’est pour maintenant, va bien falloir rentrer à la maison et faire face à cette dure réalité qui aura bien vite fait de nous rattraper…dès samedi, 8h, dans un trou à rat cuvettard…

dimanche 6 mai 2012

Invitation

Sans garantie sur l’avenir et encore moins sur le prochain quinquennat,quelque soit le choix du peuple qui malheureusement n'est pas obligé de voté comme moi, alors autant ne pas refuser le luxe d’une quelconque invitation. Comme clamé par certains, il se put que ce soit par erreur... Et oui, près de 25 min d’approche, raide en plus, dans un pierrier et mal tracée, un caillou qui laisse parfois à désirer, des relais qu’on voit pas du bas tellement c’est long, et le pire, la campagne à perte de vue, point de bruit de rocade et pas un carré de béton à l’horizon…un cocktail sinistre parfait pour dépressif. Il aura fallu l’acharnement du bartasseur local au patronyme accueillant, Thierry B, et surtout l’ultimatum d’Yves un samedi matin, déserté par l’ensemble des cuvettards, notament Sylvain, convié à on ne sait plus quel genre de partie fine. Complètement épuisé,au bord du malaise, surtout en ayant fait toute l’approche à reculons, me voilà perché sur ces vires, confortables, à devoir m’essayer au style local. On commence par Objectifs lune, un 7a coché avec Bertrand et JY, à vue…enfin c'est-à-dire en s’y reprenant 15 fois pour décoller de la vire et arriver à broyer cette fine oreille décollée et choper le choux fleur au niveau du 1er point.
Pour le reste ca déroule sur près de 30m de dièdre montagnard. Manquait plus que le knickers, le sac et l’on se serait cru dans une bonne rebuffade du siècle dernier. Une belle corjonade contemporaine, technique, où l’on grimpe léger, sans geste brusque, en assurant chaque prise, chaque mouvement…on regretterait presque que l’équipeur n’est pas pimenté le tout d’un bon vieux piton ou d’un coin de bois quelque part au fin fond de ce dièdre. On continue avec un passage dans Inversées ça va, des versets bonjour les dégats, un 7b+ encore technique sur croutes, dans du rocher jaune qui s’est maintenant bien vu purger par les nombreux passages de racleurs cuvettards. A commener avec les B, Manu l’expansif, à l’émotion sonore démonstrative pendant ses essais et Damien le filou, fin dénicheur de la bonne méthode ou du bon repos qui personne n’a jamais vu.
Direction la vire supérieur pour changer de style et trouver un rocher gris plus compact. Un peu de a vue avec JY dans le peu commun Tic et Re-Tic, 7a+ subtil mélange de fissure fine et de pilier étrange.
Une grimpe autant cérébrale qu’à sensation, qui motive Sylvain, Bertrand mais surtout Yves à revenir. Pour se fumer les bras, rien de tel que de grimper comme un gros sac dans le dièdre juste à droite, On se l’écaille, 7b, qui finit dans un mur gris superbement travaillé et encore bien dure à lire et peu marqué par les passages
Ensuite, on passe aux choses sérieuses, Conquête d’épaule, première du secteur, un grand voyage un 7b/b+, intelligemment équipé, qui vient exploiter les lignes de faiblesse de cette grand face pour finir, après un crux très esthétique qui demande un peu d’inspiration, dans le même mur gris.
Sa voisine de droite Viva Zampelli, première longueur en 7b, avec une partie fine en dalle qui régale Sylvain, avant de buter sur son final plus physique avec de gros mouv sur inverses en dévers. Il paraitrait que la suite en 7c serait majeure…
 Et pour finir en beauté, on peut aussi se faire rouster dans du court et dur, bien bloc et bien rat, avecMini Cathy (la magnifique) 7b+ avec 2 sections blocs en magnifique rocher bleu concrétionné, qui donne même du fil à rétordre à son géniteur Thierry .
Reste encore quelques projets du même acabit, et comme j’aime promener mon perfo et un gros sac de matos, surtout quand l’approche est longue et raide, merci à Thierry et Mister Corjonnade de m’avoir laissé deux zones bien lisses, bien courtes et bien déversantes pour une Lacuvette's touch, celle qu'on aime parce qu'elle ne ne ressemble à rien,  dans ce déjà bien bel éventail de variétés. C'est malin, il va falloir maintenant se retaper la marche approche...
Une pensée aussi notre Schnappi. Avec Pierrick ils se sont invités, le temps des vacances de Paques pluvieuse, à l’abri des toits de l’ancien Comboire. Sans surprise Schnappi torche tout se qui bouge dans le 7 et qui fait moins de 3m, mais comme tout le monde s’en fou, on retiendra surtout la belle perf de Pierrick qui plie rapidement et presque tout en technique, Rage against the hamster 8b+ peu répété, si ce n’est par Y.Dard, Rackam, et Mickey, ce qui laisse en dit long sur la qualité de gainage requise…En hôte bienveillant, j'invite Schnappi et deux fameux autres cuvettards à venir me piquer la FA de Laroque Star, le nain et le serial croiteur, nouveau 7b+ d'Espace 2000.
Eric lui, invite quelques Savoyards pervers, partageant avec Sylvain quelques affinités pour la moule, dans son tout dernier secret spot.
Nico décline mon invitation pour laisser Madame venir gouter aux joies de mes dernières voies des Saillants. Vu la rapidité et l’efficacité de la dame à caler des méthodes et à survoler les pas de bloc en série du très rési Espace les spasmes, potentiel 7c+, j’en viens à me demander qui porte la culotte à la maison. Mais ceci ne nous…regardant pas, je constate simplement au passage, que les méthodes de filles me conviennent bien mieux que celle des garçons. Un coté féminin refoulé ? Subtile et délicat ? Sans aucun doute…
Vivement ce soir du 06 mai, qu’on sache à quelle sauce nous allons être mangés et qui sera l’heureux élu qui nous invitera à de chouettes réjouissances pour les cinq années à venir.

dimanche 22 avril 2012

Générations

Pour certains, elles se suivraient sans jamais se ressembler. Mais avec les années, on ne manquera pas de constater qu’elles forment des cycles, la vie n’étant finalement qu’un éternel recommencement. En vagabondant sur un portail grimpesque, je tombais sur cette vidéo d’un illuminé chevelu en collant moulant, pendu dans un surplomb, sans corde. Pour tous les grimpeurs d’un autre siècle, forcément un remake de dieu…celui qui nous a converti. Tous les grimpeurs prépubères que nous étions à l’époque, n’ayant pu faire autrement que se prêter eux aussi à ce même petit jeu osé. A St Egrève en particulier, falaise phare de l’époque… Il n’en fallait pas moins pour qu’un élan nostalgique nous ramène à venir tâter de la voie technique, du temps ou les colos et autres gros devers ne servaient à rien. Avec Yves et surtout avec une corde, les années ayant fait leur travail de sape. Yves pour qui les souvenirs de la voie du week dernier sont déjà approximatifs, imaginez quand il faut aller chercher des infos vieilles de près de 25 ans. Autant dire qu’il allait pouvoir tenter à vue des voies qu’il avait déjà faites. De belles tentatives, à chercher les prises, à louvoyer et à monter un peu au dessus des points…que ce soit dans la fissure renfougne malcommode mais inoubliable de Coit mental, 6b,
 dans la traversée dalleuse, pieds bien à plat, de Baby Alone 6b+, en enchainant les 2 longueurs,

ou encore dans l’un des plus beau 6c de l’univers cuvettard, In Shalla, incroyablement varié, entre dalle, gouttes d’eau et surplomb. Même s’il lui a fallu quelques pauses pour reprendre ses esprits, il reste très fier de pouvoir dire que lui a vu le relais, contrairement à d’illustres prédécesseurs dont il a récupéré un maillon de but.


St Egrève, donc, falaise de toute une génération et portée pour notre mondialement connu Glaude, qui y enchainait dans les années 80, l’envers du décors, fantastique 7c des haut lieux….à une époque on l’on se battait, plus au sud, à Buoux, pour enchainer le premier 8a. Falaise bondée, parkingx envahis, problème de cohabitation, excès des grimpeurs…puis fermeture de la face ouest. Il aura fallu une génération pour que la situation s’améliore et que ce secteur réouvre. A l’heure de la grosse conti sur colo, on se retrouve souvent tous seuls pour révisiter les classiques du lieu. Sylvain dans Jambon beurre, son 100ème 7a
même s’il laisse parfois des maillons dans les 6c ailleurs…Oliv qui serre les monos du départ de vertiges et décadences 7a aussi
ou les trous de Voodo Club, joli 6c+ plus à droite.
Sylvain encore qui repère longuement la très esthétique proue d’Exquise esquisses 7b…pour préférer tout oublier autrement.
A Buoux, comme à St Egrève, c’est l’occasion de se faire rouster dans des dalles bien complexes, de psychoter les pieds et les mains à plats, tétanisé au dessus des points. De se rappeler que le 7a d’avant, c’était dur. Grand moment de solitude dans l’Escoube 7a, ou dans la Belle de cadix, 7a+ du secteur l’autoroute...même si en guise de consolation j’arrive à faire la dalle finale de sa voisine, la valse aux adieux, 7a+ encore qui nous avait laissée perplexes avec Bruno il a un mois.
Grimpeur des années 80, mais grimpeurs jusqu’au bout des seins…comme dirait l’autre. Grimpeur qui en veulent, qui en ont. Et quand il décide de couper une branche que a eu la mauvaise idée de pousser dans une de ses voies, pas de demi mesure. Un seul coup de scie…et 2 tendons sectionnés. Quand je vous disais que notre cher président de l’ECI Hervé est de cette trempe…Il a même du impressionner le chirurgien, qui en a oublié la planchette d’équipement sous le bandage…Souhaitons un prompt rétablissement à notre président, même s’il n’en est plus à sa près….le défrichage en tout genre, ça marque une vie
La génération d’aujourd’hui, c’est vite fait bien fait 3 points dans un dévers de 3m pour 2 connexions et un seul relais, histoire de rentabiliser et de consommer au plus rapide. Et voilà comment s’occuper aux Saillants, à 10min du boulot. Nico continu à prouver que le pan ca paye et plie la petite vingtaine de mouvements très rési d’espace les spasmes 7c+ sur une jolie proue esthétique. Rési pour certains….ou pas de bloc sur pas blocs pour d’autres…mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !! Et ce petit régime bien tonique m’aura permis, lors d’un petit passage avec Sylvain sur la vire de ludo’s beach à Comboire, de venir à bout du cours et forçu Dosadi, 8a. 6 essais dans la séance…ce qui laissa le temps à Sylvain de bien caler les mouvements, avant sa bière, dans vent d’orage 7a,
 l’étoile et le fouet 7b+ et Aerobut 7c,
,histoire de se donner le droit d’aller boire une bonne bière.
Et comment finir autrement qu’en saluant l’énormissime Iaki qui marquera à coup sur de nombreuses générations par ses films d’un autre temps, d’un autre univers, d’une autre intelligence….des films de grimpe qui ne ressemblent à rien d’autre, voir à rien tout court… mais l’art ne s’explique pas et il décroche le premier prix du festival Mets de la wax 2012. A coté Cannes ou les oscars, c’est serait presque de la merde en boite.