nous fîmes pourtant contraints, par la pression sociale, à plier bagages et quitter notre chère cuvette pour nous envoler vers…la lune ?
Je vous fais grâce du discours touristique bateau que vous trouverez facilement partout. Si on prend garde de s’éloigner du sud de l’île, on chassera vite tous les clichés, du teuton en tong chaussettes ou du rosbif rougeot bourré gerbant derrière un cactus. On se laissera alors surprendre par la tranquillité aride, rude voir presque inhospitalière de l’île.
Coté grimpe… une bonne surprise. Il suffit de voir la tête d’Oliv et Sylvain au parking, dubitatifs et scrutant l’horizon à la recherche de la falaise. Surtout quand on sait qu'elle est à 20m seulement, derrière eux….
Le jeu de la découverte, c’est aussi de trouver tout seul ces petits coins secrets. Même ce vieux grimper reste bien évasif sur l’accès, comme sur le topo d’ailleurs. Mais rien ne vaut une rencontre avec quelques locaux pour se faire concocter un programme bien typique et bien déroutant.
Ici on grimpe dans des Jameos. Celui de la Puerta Falsa, au nord de l’île, du même réseau que celui del agua et la cueva de los verdes. Le tunnel de l’Atlantide, rien que ça, avec son espèce de crustacé endémique découverte il y a peu. Les jameos sont les parties effondrées de ses immenses tunnel de lave…Ne me remerciez pas pour cet intermède culturel…
Une dizaines de voies sous chaque bol, du 6b au projet, de quoi bien s’occuper deux petits séances. On grimpe ici dans les entrailles de la terre, sur un rocher sombre…et bien caké, pile poil comme il faut pour gruger dans les « a vue »… mais surtout fantasmagoriquement alvéolé sur chacun des bords des grottes. Comme dans l’incontournable Me hizo sudar 6c


et sa voisine de droite en 6b.
Ou dans la putana, 6b d’échauff à l’extrémité gauche de l’autre grotte, la plus haute.
Passée la mise en jambe, il a bien fallu s’attaquer à des profils plus renversants, Pour se familiariser, rien de tel que les deux voies de droite. 25m de dévers bien régulier, de la conti pure sur bonnes prises. Adios a la armas, 7a+, puis à sa gauche, la pure merveille qu’est Movimiento sexy, un long 7b+ qui démarre par un pas bloc pour ensuite louvoyer longuement entre les différentes strates.
Place ensuite aux voies qui strient les toits, pile sous la cloche. Une alternance des strates horizontales bien abrasives, et d’autres de scories à la stabilité parfois douteuse mais tout aussi tranchantes. De la grimpe en 3D avec même parfois l’impression de devoir redescendre…et toujours de grands zigzags entre les strates. Et c’est là qu’on comprend qu’il faut aussi venir à Lanzarote pour le surf et sa combi intégrale. Ici, la genouillère fait petit joueur, les coincements entre les strates se font avec les cuisses, les mollets ou les avant bras. A moins d’être adepte de la scarification, mieux vaut éviter de grimper torse nu et en short. Une des rares falaises où il faudra ressortir vos vieux EB montants, avec de bonnes vieilles chaussettes, remontées bien haut, pour épargner la peau tendre de vos petits mollets. Escalade renversante et repos douloureux, un mélange détonnant, d’abord dans El bolichon, 7a court et physique
puis dans Voltaire et sa superbe redescente no foot 7b

et enfin dans sa variante en traversée sur la droite, qui doit bien valoir son 7b+ avec son réta final bien retors.
ça tombe bien, parce qu’ici comme à la maison, il fait toujours beau, la température de l’air oscille invariablement entre 20 et 22° exactement comme celle de l’eau
Pour ceux qui aurait lu jusqu’au bout et qui chercheraient plus de détails pratiques sur cette grimpe lunaire, n’hésitez pas à supplier Tata de vous compter ses impressions.
Et pour finir, bonne année 2012 à tous (enfin…uniquement à ceux qui m’aiment) et souvenez vous, 2012 : année de la bouze et année de la loose !!
Profitez en, selon certains ça pourrait être la dernière…





