dimanche 1 janvier 2012

On a marché sur la lune

Avec ses étendues arides, ses cratères immenses et ces poussières d’étoiles…Avec des conditions de grimpe pourtant à leur paroxysme, à mettre tous les chiens dehors, comme dirait Brigitte, y compris celui de Michou
nous fîmes pourtant contraints, par la pression sociale, à plier bagages et quitter notre chère cuvette pour nous envoler vers…la lune ?
Un peu plus près en fait. Pour les Canaries, Lanzarote en particulier. Une terre teintée de noir, de gris et de verts façonnée par un lourd passé volcanique, avec toujours sous les yeux ou à portée de main, l’océan, omniprésent. Un dépaysement facile à quelques heures d’avion seulement.
Comme par hasard, quelques heures avant le départ, je profitai une dernière fois du calme de la cuvette pour feuilleter, confortablement assis sur mon trône, une bonne vieille pile de magazines. Je tombai alors sur un dithyrambe datant de 2001, de... Lanzarote justement. Aguiché par les quelques photos de profils particulièrement déversants et de cailloux complètement inconnus, je terminai ma commission le sourire aux lèvres, avec un enthousiasme louche à quitter ma cuvette. Après avoir convaincu quelques cuvettards de participer à l’aventure, nous voilà partis, camouflant dans le sac des enfants une corde, des chaussons et nos baudards.
Je vous fais grâce du discours touristique bateau que vous trouverez facilement partout. Si on prend garde de s’éloigner du sud de l’île, on chassera vite tous les clichés, du teuton en tong chaussettes ou du rosbif rougeot bourré gerbant derrière un cactus. On se laissera alors surprendre par la tranquillité aride, rude voir presque inhospitalière de l’île.
Coté grimpe… une bonne surprise. Il suffit de voir la tête d’Oliv et Sylvain au parking, dubitatifs et scrutant l’horizon à la recherche de la falaise. Surtout quand on sait qu'elle est à 20m seulement, derrière eux….

Le jeu de la découverte, c’est aussi de trouver tout seul ces petits coins secrets. Même ce vieux grimper reste bien évasif sur l’accès, comme sur le topo d’ailleurs. Mais rien ne vaut une rencontre avec quelques locaux pour se faire concocter un programme bien typique et bien déroutant.
Ici on grimpe dans des Jameos. Celui de la Puerta Falsa, au nord de l’île, du même réseau que celui del agua et la cueva de los verdes. Le tunnel de l’Atlantide, rien que ça, avec son espèce de crustacé endémique découverte il y a peu. Les jameos sont les parties effondrées de ses immenses tunnel de lave…Ne me remerciez pas pour cet intermède culturel…

Une dizaines de voies sous chaque bol, du 6b au projet, de quoi bien s’occuper deux petits séances. On grimpe ici dans les entrailles de la terre, sur un rocher sombre…et bien caké, pile poil comme il faut pour gruger dans les « a vue »… mais surtout fantasmagoriquement alvéolé sur chacun des bords des grottes. Comme dans l’incontournable Me hizo sudar 6c


et sa voisine de droite en 6b.
Ou dans la putana, 6b d’échauff à l’extrémité gauche de l’autre grotte, la plus haute.

Passée la mise en jambe, il a bien fallu s’attaquer à des profils plus renversants, Pour se familiariser, rien de tel que les deux voies de droite. 25m de dévers bien régulier, de la conti pure sur bonnes prises. Adios a la armas, 7a+,


puis à sa gauche, la pure merveille qu’est Movimiento sexy, un long 7b+ qui démarre par un pas bloc pour ensuite louvoyer longuement entre les différentes strates.
Place ensuite aux voies qui strient les toits, pile sous la cloche. Une alternance des strates horizontales bien abrasives, et d’autres de scories à la stabilité parfois douteuse mais tout aussi tranchantes. De la grimpe en 3D avec même parfois l’impression de devoir redescendre…et toujours de grands zigzags entre les strates. Et c’est là qu’on comprend qu’il faut aussi venir à Lanzarote pour le surf et sa combi intégrale. Ici, la genouillère fait petit joueur, les coincements entre les strates se font avec les cuisses, les mollets ou les avant bras. A moins d’être adepte de la scarification, mieux vaut éviter de grimper torse nu et en short. Une des rares falaises où il faudra ressortir vos vieux EB montants, avec de bonnes vieilles chaussettes, remontées bien haut, pour épargner la peau tendre de vos petits mollets. Escalade renversante et repos douloureux, un mélange détonnant, d’abord dans El bolichon, 7a court et physique



puis dans Voltaire et sa superbe redescente no foot 7b

et enfin dans sa variante en traversée sur la droite, qui doit bien valoir son 7b+ avec son réta final bien retors.

En résumé, un petit paradis pour ceux qui se lamentent des heures pour le moindre petit steak et pour la moindre petite écorchure, ainsi que pour tous les disciplines de Bruno, grand adorateur de la grimpe tout à l’envers et du placement de pied ultra précis… Pour les autres, le risque c’est de finir comme Sylvain

ça tombe bien, parce qu’ici comme à la maison, il fait toujours beau, la température de l’air oscille invariablement entre 20 et 22° exactement comme celle de l’eau
Pour ceux qui aurait lu jusqu’au bout et qui chercheraient plus de détails pratiques sur cette grimpe lunaire, n’hésitez pas à supplier Tata de vous compter ses impressions.
Et pour finir, bonne année 2012 à tous (enfin…uniquement à ceux qui m’aiment) et souvenez vous, 2012 : année de la bouze et année de la loose !!
Profitez en, selon certains ça pourrait être la dernière…

mardi 13 décembre 2011

Beaux Quartiers

On a beau dire, même si l’habit ne fait pas le moine, il permet au moins de se donner le moyen de faire illusion. A l’ère de la débâcle économique, de l’avènement du déni collectif et du culte de la futilité égocentrique, il vaut mieux ignorer les réalités pour fréquenter les beaux quartiers et croiser du beau monde….Il est bien plus flatteur de trainer sa doudoune au pied des falaises ibériques que de compter sa dernière grande aventure sur le caillou pouilleux du mur de l’angoisse aux Vouillants. Schnappi l’a bien compris. Il a d’ailleurs rejoint la capitale. Même s’il reste fidèle à sa garde robe à contre temps, il traine dans les beaux quartiers…un 8a de bleau, qui a fini tombé sous ses assaults répétés. En bon cuvettard, c’est la grisaille d’une après-midi poisseuse et humide et surtout sa motivation sans faille qui lui ont permis de faire la différence. Notre lutin des forêts est enfin devenu grand, pour la plus grande fierté de sa famille. A tel point que même un certain Adam O aurait fait le déplacement dans l’espoir de croiser notre célèbre guenille de nabot de LaCuvette. Il lui aura fallu 2 essais pour faire ce petit 8a, alors qu’il avait fait flash Gecko 8b+.
Ce qui laisse rêveur quant au potentiel de notre gnome forestier.
Bruno soigne aussi son l’image. Telle une vraie Barbie, toute blonde, toute rose, tout sourire et toute lisse, il a lui aussi fièrement porté son joli sweat tout neuf avec ce fameux logo à 3 bandes.
Après l’avoir trainer dans l’inconfort d’un vire intimiste où il réalisa la première répétition du complexe de la lunette un joli 7b/b+ long et varié,
il a insisté pour qu’on le ramène dans un lieu bien plus mondain…le dévers du petit Nice aux saillant, dans le test de rési qu’est le trou de crux, 7c…Et là bien sur, même un samedi aux aurores, on est sur d’y croiser foule…Fabien sur son 31, jean et t-shirt slim, qui signe encore un long jour de siège dans la voie,
accompagné d’un revenant, Etienne…qui, depuis qu’il s’est lancé dans la contrebande de boissons illicites a bien du mal à atteindre le relais des voies, notamment celui de protection rapprochée, 7c
Il s’embrouille dans les manip de corde et de dégaines. En bon montagnard qu’il prétend être, je ne saurais que conseiller à ses compagnons de cordée de soigneusement vérifier le contenu de sa gourde avant le départ en grande voie. Et pour compléter le tableau, n’oublions pas Tata et son "worker" style, avec un joli polo gris aluminium sur son bleu de travail, bien à la ramasse dans le court et intense Dégénération 7c+.
Même en plein Décembre les torses imberbes et sculptés se montrent, du coté des falaises hypes. Luca et Réné se prennent pour des Star-trique, 8a, qui devrait bientôt tomber à Arbin,

puis plus au sud, à l’Auberge, dans le 7b conti des vivants sont ceux qui luttent.

Encore plus beau, mais malheureusement en version rhabillée, la famille P s’affiche, très à l’aise dans la même voie, ainsi que dans PSGGCDPD 7b+, à vue pour Monsieur.

Et quand à mon FT, il a troqué ses FA roots dans le trou du cul du monde pour une grimpe aseptisée sur mur résiné. Il devient le champion international du Lot 2011 dans la catégorie des vétérans chauves qui grimpent en T-shirt KTM et short noir avec un lapin collé au cul... Mais Tata découvert la supercherie avec cette photo du scandale…forcément, en mettant les 2 pieds sur l’armature métallique du mur, le crux, il est vachement plus simple…
Sinon coté look, sois persuadé mon FT que Tata te préfère nettement plus avec ton joli petit Tutu rose…

dimanche 4 décembre 2011

Que dalle

Surement pas le résultat des folles soirées endiablées de Sylvain…mais comme tout ceci ne nous regarde pas, nous tairons toutes ces fausses rumeurs et affabulations sur le nombre de conquêtes de notre Casanova cuvettard, qui depuis la grève de son coiffeur, arbore une mèche à ridiculiser Justin Bieber. Surement pas non plus le qualificatif le plus approprié pour le bilan de croix de ces dernières semaines. Eric M en tête, parti découvrir les joies de la marche d’approche et surtout celles de belles lignes d’Arbin, nouveau spot du pays des reblochons, découvert par Nico L. Une descente en règle avec Luca comme guide, pour empocher dans la séance, Alerte à Malaucul 8a+,
Star Trique, 8a, toutes deux au 1ere essai, ainsi que Teube raideur 7b+ et 2000 vieux sous mémère 7b flash. Tant d’évocations à réveiller bien des ardeurs… mais comme ceci ne les regarde pas non plus, aucun d’eux ne suggérera à Sylvain de venir puiser ici un peu d’inspiration…
Coté croix encore, aux Saillants, avec JY qui règle son compte de fort belle manière à Espèce d’espace. Un 7c de pure conti et aussi et surtout, bête noir de nombreux et néanmoins très honorables cuvettards, dont nous censurerons le nom, par respect pour eux.

Il confirme aussi la méthode défrichée par tout un défilé de profs, guides, instits et autres parasites qui grimpent en semaine et que nous envions tous, qui se sont acharnés ici ces semaines passées. Une méthode directe, plus rapide et bien plus efficace que toutes les autres alternatives imaginables, par la droite…Victimes de l’émulation, on a pu voir Bertrand et Bruno en flagrant délit de bourrinage dans l’autre voie incontournable du secteur, le trou du crux, 7c+.



Même si pour l’instant ils s’autorisent encore quelques arrangement avec le cheminement de la voie, l’initiative est louable et l’effort réel…même Yves en perdit ses repères, au point de refaire du à vue, d’abord dans la marche d’approche puis dans la dame de pique, un superbe 6b+, qu’il a du faire une bonne centaine de fois dans sa longue carrière de grimpeurs émérite.
Quant à Sylvain, bien fatigué…mais comme ceci ne nous regarde pas… il grimpe en second pour, dixit « une bonne journée de moule », dans la très vite oubliable Ere conditionnée 7a+, très, voir trop court. Mais comme il le rajoutait à fort juste titre surement « la journée est loin d’être finie »…
Que dalle, nada, ketchi, peau de zob…autant de connotations rudes, difficiles, signifiant le vide et la difficulté à trouver la moindre petite chose à se mettre sous la dent. Et pourtant, quand ça peut pas grimper…il y a une solution radicale…le DTS. Prenez un profil à faire pâlir les grimpeurs du monde entier, mettez y une qualité de caillou à les faire tous fuir, truffez le de petits coups de perfo bien placés et voilà une arène au vrai, pur, bourrinage. De quoi choper de la conti pour le restant de votre vie de grimpeur…Et n’allez pas croire que ce soit réservé uniquement à des mâles testostéronés puisque la dernière étape du DTS tour, à l’usine à Voreppe, fut remportée de main de maitre, ou plutôt de piolets de maitresse, par Stéphanie Maureau.
Ah non…je vous vois venir avec votre «la conti c’est un truc de fille »…mais alors comment expliquer tous ces grimpeurs velus que j’ai vu dans Espèce d’espace récemment ?
Que dalle disions nous, comme dans ces grands murs lisses, chers à ces grimpeurs d’une autre époque. Masos surement puisqu’ils vibraient pour des pieds qui fument, des mollets qui explosent, des doigts qui arquent, des adducteurs qui se déchirent et des torses rabotés pour cause de zippettes impromptues…Sados en plus, par ce qu’ils en redemandent ! Alors même que le secteur reste abandonné des jeunes générations, avec Bruno, nous retournions à St Egrève trouver sa très belle et compacte paroi de Babylone. Un morceau d’histoire cuvettarde avec quelques uns de ses premiers 7 et surement deux de nos plus beaux 6c, viol du cygne et In shalla…ce que ne purent contredire Sylvain et JY, aucun eux ne parvenant à atteindre le relais de la dernière.



Un style qui ne se laisse pas faire donc, puisque Bruno a du compter deux bonnes séances, pour ramper avec élégance dans l’intégralité de la grande ligne technique de traitement surface 7b.
Mais LaCuvette compte bien d’autres antres maléfiques, odes aux dieux de la dallouze…Une autre alternative aux redoutable murs des Lames, c’est la grande la muraille à St Pan.



Le vrai cuvettard ne s’y trompe pas et c’est ainsi qu’on y retrouve Luca qui croite dans le pur style tremblotant et improbable, Psychédélique Jungle 7c.

Ses compères du jour, Richard, JB et Jodie découvrent tour à tour, Euréka et 



Bobtail frénétique, deux purs 7c+ en dalle comme on n’en fait plus,
ainsi que le très très retors couscous clou, 7b.
Ah…esprit du blond quand tu nous tiens. J’ai hâte de voir tous mes cuvettards troquer leurs séances de tractions lestées sur poutre pour une séance d’assouplissement en collant fluo. C’est bien vrai ça, il n’y a que la mode qui se démode…c’est pour ça que la dalle ne le sera jamais !!