Il fallait en profiter… ce ne sera maintenant plus qu’un souvenir. L’antre de Lacuvette,
Planète Bloc, s’est éteint, vendredi dernier, après les festivités d’une dernière Adios party. Nous pensions l’avoir trouvé, là, au fin fond de trou de LaCuvette. Mais comme ce vieux
Bodhi, nous allons nous remettre en route, en quête d’un nouvel eldorado du bourrinage résineux…
Last ride, mais cette fois ci
over sheep mountain, est une des dernières œuvres de Ludo à la
DJ. Une merveille en dalle de près de 60m, un première partie de déjà 35m en solide
7b+ et une fin, en encore plus solide
8a+. Une ambiance exceptionnelle, dans l’immensité du
ED Wall, lorsque les doigts et les mollets en feu, il reste encore à engager ce mouvement aléatoire et technique. Un souffle d’incertitude, un zest de solitude, un sol qui s’est dérobé derrière les feuilles nouvelles, un assureur définitivement hors de portée et que l’on espère patient et attentif…Des instants rares qui ne mettent plus aucun doute sur les déclarations de
Ludo, lorsqu’il revint de son tour du monde, blasé d’avoir parcouru les plus lignes aux 4 coins du globe, et se rendant à l’évidence : "La DJ est bien la plus belle falaise du monde ". Propos à tempérer bien sur, à mettre sous le coup de l’émotion, puisqu’il aurait du rajouter "ex aequo avec Espace Comboire". Mes assauts répétés dans ces nouvelles lignes, furent l’occasion pour de nombreux cuvettards de redécouvrir ce secteur, jadis austère et hostile de la DJ. En plus de ces ouvertures, le rééquipement puis les prolongations de
Gare aux loups, 7a+ et
Alhamdulillah, 7c permettent dorénavant une approche plus sereine, augurant le retour des grimpeurs dans ce mur injustement oublié. Je surpris même un certain
Yves accompagné d’un autre certain
Bertrand s’auto-émuler dans ce mur technique, pourtant bien loin des devers à colo qu’ils affectionnent tant. Quant à
Bruno, ses fameux deux pieds droits en or n’en finissent plus de se délecter sur ce caillou superbe : Entre les
7b+ du
pont de Londres, un des joyaux du genre, de
Last ride over Sheep Mountain et de
Shine On, son cœur n’a pas fini de balancer.

Last ride enfin pour
GrandLudo qui en finit avec le beaucoup moins inoubliable
7b+ Du pec et des ongles, légèrement plus à droite. Surement parce qu’il n’y a pas que la beauté qui compte, cette dernière s’est vue bizarrement harcelée par les ardeurs de
Jean-Yves,
Sylvain,
Oliv, qui finalement ne succomba pas à son charme particulier et même
Luca, maintenant libéré des ses obligations à Planète Bloc.


Mais la belle ne se laisse pas facilement apprivoisée,
Sylvain et Oliv durent revoir leur prétention en lui préférant
la tectonique de plouc, 7b. Vu leur marge physique, il ne leur reste maintenant plus qu’à conclure, mais…avec style et classe…en tête !!
Jean-Yves se replia sur
l’ultime souper, un autre
7b+ plus court, mais sur un très joli caillou, au secteur
Hidden Wall.

De son coté,
GrandLudo, en pleine confiance se lança ensuite à la conquête de la longue, très longue, très, très longue
Pour qui sonne le gras, 8a, dont nous avions déjà eu un avant gout il y a quelques années, en en réalisant la première longueur.

Elle fut longue, dure…je laissais même échapper quelques gémissements, puis, à bout de souffle, je sentis enfin cette douce sensation m’envahir quand soudain jaillit….l’extase de saisir le relais !!!

Je prolongeais le plaisir avec une autre des nouveautés du coin,
La loi de talon, une variante de sortie pêchue, du bien nommé
Bonheur tranquille, 7b.
Schnappi, maintenant octogradiste confirmé, pété de force et toujours célibataire…bien qu’il fut surpris en galante conversation dans un recoin sombre de la Pierre Chambertin… devrait incessamment sous peu mettre son dernier ride à
Têtard Park. Il signe une des rares répétitions de
The têtard menace, 8a+, tombe de plus en plus haut dans m’intégrale de
Mange ta soupe,
8c et maitrise tous les mouvs du très bloc
fœtus extension 8a, très peu parcouru. La première intégrale du secteur ne saurait tarder…
S’il y a un bien un qui n’en sera jamais à se poser la question du dernier essai, c’est bien
François. Toujours à
Autoire, sa motivation hors norme, sa capacité infinie à dégoter de nouvelles lignes, son imagination débordante pour créer des mouvements, des variantes, des départs assis ou couchés, des grandes traversées ascendantes ou descendantes, son envie de jouer sans cesse avec le moindre des recoins de la falaise, ne tiendrons jamais dans une seule vie. La preuve en image dans sa dernière création en traversée
Pli selon pli, 8a, encore.

La plus belle falaise du monde, c’est surement celle là, celle où, lorsque à peine la séance terminée, on se demande déjà quand il sera possible de revenir, encore et toujours. Celle pour qui l’on n’a plus besoin de s’imaginer ailleurs, simplement ‘’ici et maintenant’’ comme je l’entendais hier, de la bouche d’un certain
Dieu blond, cinquantenaire et à la passion toujours intacte.