dimanche 14 juin 2015

Caca

Rien de tel qu’une bonne allusion scato pour tirer Tata de son sommeil. Comme le fameux « kloug » du père Noël, ce furent les premiers mots qui me vinrent à la bouche quand, du parking, je découvrais ce nouveau site du fin fond du trou de LaCuvette
Ce n’est pas pour rien que des générations d’équipeurs l’avait ignorée jusqu’alors. De couleur noir et marron caca, d’aspect lépreux, partant en lambeaux… Mais ça, c’était avant…Le 21eme siècle sera technologique et ça notre président l’a bien compris. Avec le budget de 10ans de l’ECI en pots de sika de toutes les couleurs et surtout plusieurs mois d’huile de coude en solitaire, à tranformer la citrouille en carrosse, un cairn géant en The site sportif de ces dernières années. Qualificatif qui n’aura jamais aussi bien porté son nom pour ce désert de l’écureuil donc. 

Parking à 30s, pied parfaitement aménagé, voies amoureusement façonnées avec des créations que mère nature n’aurait jamais osé imaginer, profil parfait, longueurs physiques extraordinairement homogènes, équipement irréprochable (sur goujons de 50cm de long au moins au cas ou….). Toutes les voies sont ici à faire et pour innover, plus besoin de topo, toutes cotent 6b  (ça c’est pour titiller la precision topo-istique de Mr le président),  excepté à l’extrème gauche avec des voies très faciles parfaites pour l’initiation en tête, ainsi que l’extrême droite, avec son fameux Flight club. Une belle gueule de bouse comme nombreux l’ont qualifié, mais ca encore, c’était avant… 

Avant que la référence de l’escalade mondiale chartrousine de Crossey, sommité on ne peut plus exigeante en matière caillou, Boui-boui, accompagnée du non moins exigent en terme d’esthétisme et d’éthique grimpesque, Monsieur Pierrick, ne me fassent part de leurs impressions. En vrac, je cite « Majeur, dément, mythique », « encore mieux que le Goulag a St Pan », « à coté Star wars à la pcb ca devrait être déséquipé », « le Jumbo love local qu’on espérait plus », «Avec tout notre respect Tata, à coté tes nouvelles voies de 3m au Saillants c'est de la merde» et pour finir « enfin une falaise et une voie qui renouvelle l’intérêt de la grimpe dans LaCuvette ».  A la question de  la cotation, la seule qui intéresse vraiment, vils grimpeurs consommateurs que nous sommes, ils annonceront 7b/8a parce que « quand tu vois ça du bas, jamais c’est 8a » mais « quand t’essaies de broyer la règle, jamais c’est 7b »…
Et comment parler de Boui-Boui, de chartreuse et de bouses sans faire référence à son compagnon de toujours, un autre rare maître du genre, à l’affut de ce qui ce fait de mieux en terme de renfougne, the world famous from Guerrillous touch,  lorsque que l’homme ou la matière fait cale (blague Carambar)
KK, ce sont aussi les initiales de King Kong. Le surnom qu’on aurait pu donner à Oliv
en slip dans les alpages en train de m’attendre, suffoquant après la longue marche d’approche de King Kong justement, une grande voie de la face ouest du Ranc des Agnelons, dans notre bien aimé paysage vertaco. 
Mais pourtant, point de grognement viril ni de mouvement simiesque en toit, mais plutôt en festival de dalle aux pas de bloc rigolos. 2 première longueurs pour dérouler, 
un 6c court qui descend, puis le clou de la voie, une superbe dalle à trou en 6b puis une très esthétique trav qui fera bien rire mon second quant ses bons vieux katana lui ont fait défaut d’adhérence. 

Et pour finir, un rigolo ramping sans main pour libérer le A0 de la dernière longueur, une vacherie dans les 7a+ que Boui-boui aurait surement adoré…Au final une voie plutôt courte, peu engagée mais relativement esthétique dans un cadre qui ont a beau le dire, est loin d’être à chier.
Qui dit caca, dit aussi chasse d’eau….et qui dit chasse d’eau dit…Manu, celui qui brille haut et qui manie le sika aussi bien, sinon bientôt encore mieux que notre sus cité président. Dans son antre du « trou du cul Vence », habile subterfuge pour taire toute indication sur le lieu, il parait qu’il y avait foule en ces chaudes journées de printemps. Mais c’est à Satan qu’on a pu admirer son savoir faire en matière de chasse, lors de son enchainement du  majeurissime 7c, le  con, la brute et le mutant. N’étant n’y brute, ni mutant, avouons le, Tata s’est résolu elle aussi à sortir un de ces attributs, paniquée, bien à gauche et tendue comme un string au dessus du point sur les règles moisies. Comme on passait donc par là, avec Steph, on put saluer Yves et Bertrand, beaux comme des camions et de retour aux affaires dans les très beaux 7a, mais seulement jusqu’au dernier point, le relais était réservé à de prochaines séances, de la meute rode et du c’est à la fin qu’on foire les bouses


On croise aussi Raph, heureux d’avoir enfin libéré, Cent ans de solitude, 8b+, son long projet de 65m à Tinadalle,  inévitablement accompagné du Chnoux, beau comme…un camionneur…. avec son short à la Patrick, son grany mais sans ses cheveux…ce qui n’altère en rien leur motiv à tout épreuve et leur pugnacité inébranlable à plier tout ce qui cote au dessus du 8a dans les bas fond de LaCuvette, comme ici, de l’interminable nouvelle ligne en 8a+ au dessus a gauche de Facehook à l’ultra court et teigneux Salop de Ben et vole, 8a+ aussi.

De son coté, Tata touche enfin le relais du charnier, 7b  puis rend visite la vire du haut, avec un chouette 7a piègeux à droite qui navigue de part et d’autre d’une grosse fissure et le très technico résistant 7b+ à sa droite. Avec un concept qui l’a particulièrement conquis, et que je n’hésiterai pas à exporter tant il reflète à merveille l’esprit LaCuvette : du bas une rampe à clous attirante mais en fait un redoutable piège à grimpeurs, avec deux très esthétiques « tu peux pas clipper, si t’essaies, tu tombes » !!... Le premier a cause d’un bel arc de cercle à gauche et le second parce qu’il t’arrête en plein dans le jeté sur le bac final. Belle voie et beau plomb aussi quand complètement ouvert j’ai raté ce fameux bac. Dans le même esprit sadique, saluons les multiples assauts de JY,  qui vont finir par payer, dans son futur mais aussi et malheureusement ex premier 8a, Claire obscure, THE voie à faire du site. 

Pour les sado toujours, n’oubliez de vous faire retourner les doigts comme Steph sur les 3 règles du crux d’Alix à au pays des mères veille, 7c, ni de vous prendre un bon plomb dans ce même crux pour tenter le plat dos sur la lame de rocher dangereusement dressée derrière. Parfait pour tester l’attention que vous porte votre assureur !


Et pour finir, tant qu’à parler d’étrons, autant évoquer les derniers bouses dans ma bien aimée cabane au fond du jardin, Espace Comboire. Il restait un peu de place pour un ultra bloc un autre jour en France, 7b de 3 mouv à gauche de Rambo (dont il partage la fin que vous rêvez tous de refaire, maintenant ré-équipée s’il vous plait, l’antique plaquette spéléo trônant désormais  dans mon musée perso) et pour un autre 7b à droite, Charlie défends moi, sur une proue très esthétique et un dernier jeté bien teigneux qui mit en émoi le pourtant imperturbable PBMaster...
PBMaster fraichement promu quadragénaire, comme en témoigne ces antédiluviennes mais toujours efficaces balloches Quechua (au pied bien sur, pour les autres je sais pas...) des années 80 et son aversion pour cette falaise mythique, mais du siècle dernier.
Comme le dit la formule consacrée, chères à tous les parents confortablement attablés «Ca y’eeeeeest, j’aiiiii finiiiiiiiiii !! ». Clin d’œil pour Luca, aperçu avec son vélo sur un sommet perdu de chartreuse

 et qui, après Papa Ramollo 8a à la Balme, ne serait pas si ramollo car selon la rumeur, il s’apprêterait à remettre le couvert…

lundi 1 septembre 2014

Carpe diem

Décidemment, les mythes des pauvres quadras que nous sommes  passent une bien mauvaise année. Après le choc de la disparition de Dieu le père, qui laissa orphelin les grimpeurs accros au Grany, voila maintenant que l’on perd notre capitaine… l’incarnation de la liberté et de l’anticonformisme pour toute une génération post no futur d’ados lourdauds et désabusés, alias Robin….pas la tarlouze qui fricotte avec la chauve souris tafiolle…mais Robin Williams….pas l’inventeur de la mousse à raser, et pas non plus la tantouse pop et gominée…mais celui du cultissime cercle des poètes disparus. Et enfin, la semaine dernière, s’est éteint un leitmotiv de la grimpe voironnaise de nos jeunes années. Bruno Martel, avec son mental en béton et ses chefs d’œuvre d’ouverture.  Un modèle local, pour qui faire tous les 7b, n’importe où, dans n’importe quel style, avec n’importe quel équipement valait bien mieux que d’enchainer n’importe quel 8a…. Et mes premières Griffes de Lucifer aux Gillardes, avant son rééquipement bien sur, tétanisé 3m au dessus d’une vieille plaquette faite main, 300m de gaz sous le cul et obligé de continuer à avancer sans voir ou se trouvait le point suivant...une marque indélébile dans une vie grimpeur…
 « Appréciez la vie telle quelle est », «  profitez de l’instant présent » scandait le professeur Keating…Un été pourri, des rêves d’évasion qui tombent à l’eau ? Pas du tout, plutôt un bon moyen de se retrouver tout seul en montagne et filer avec oliv prendre un sacré pied dans la bien nommée éthique de la jolie, sublime balade en TD dans le non moins sublime aiguille de la Dibona. Variée en dalle sur le bas et plus raide en haut avec le bonheur de se dresser seuls tous les deux au sommet de cette belle aiguille.

Un FT en pleine bourre, un petit secteur fraichement sorti de terre, et voila un jeune quiqua qui prend son pied en s’envoyant en l’air, et à l’envers avec La Suzanne, un 8c étalon…comme ce FT d’ailleurs…et confirmé de la petite falaise de Crégols.  

L’occasion de capter un peu de cette éternelle énergie positive FT-iène, pour se remotiver à faire de la couenne et  ressortir les chaussons dans Ca me fait gros du mal, 7a avec talon quasi extraterrestre sous les oreilles ainsi que son voisin, le très joli et technique cochon est dans le mais, 7a+
C’est le mois d’Aouctobre et les journées sont désespérément grises et froides…voila un bon prétexte pour revisiter le très old school  mur de Lans en Vercors. Le secteur en dalle pour  l’hiver. Avec Sylvie, toujours dans les bons coups, faire les Novices en la matière 7a+ au final rési sur trous fantastique, avant de finir dans une voie qui nous fera tous aimer la dalle, le majeur Matière à biscuit, nouvelle version, 7c, avec ses inexistences de silex au départ et son bon pas de bloc dalleux ensuite, que Tata flashera tout bonnement et que Sylvie finira par tout caler.
Debut Septembre, pas l’gout, une reprise qui s’annonce difficile, pas envie de forcer ni de  déjà se mettre carpette dans les vieux projets… Il suffit d’un perfo, un mur un poil dévers, avec des bonnes prises et surtout étrangement sous-exploité par ses découvreurs. Un coup de fil au taulier de la falaise de St Paul, pour obtenir une autorisation en règle signée de ses disciples et voila quelques nouvelles voies pour un reprise tout en douceur. Une de plus, une de moins, un beau mur rési sur règles avant une belle dalle grise ou il faudra clipper le relais subtilement placé trop haut, 7a+ répété par Patrice

Dégout et des douleurs, un petit bombé aux grands mouvements sur bonnes prises plates, 7a+ aussi et repété par JY.  

Et enfin Happy railleurs, un bon traquenard bloc immonde, en passant avec les 2 pauv croutes brossées par un ouvreur autiste, alors qu’en passant 50 cm à droite, on peut s’offrir une longue balade et une sortie champêtre. 7a+ encore, très varié. Merci JY de m’avoir sorti de cette méthode de burne dont seul je peux en avoir le secret. Et pendant se temps là, Luca et Steph prennent de l’avance dans ce qui est en passe de devenir une nouvelle base du coin, mais dont on taira l'existence, la course à la FA étant lancée. Et quant à Yves et Bertrand, a force d’habiles subterfuges, ils ont visiblement raté le train de 8 heures et ont surement du travailler le lever de coude au café de la gare en refaisant le monde. 
 Une autre manière de reprendre aussi en douceur
Sur ce, je vous souhaite à tous et à moi en premier une rentrée calme et paisible, pleine de joie et de bonheur, et bien sur sans pleur, sans larme, sans crise d’angoisse et sans coup de stress….Carpe diem, et surtout un bon coup de méthode coué avant demain

dimanche 25 mai 2014

L'enfer

Enfin un titre de post qui instantanément éveille en moi un trourbillon de vent de folie….et tu tapes tapes, tapes, ce refrain qui te plait…Me voila à fouiller mes fond de tiroir et ressortir mon collier à clou, mon liner noir et mes T-shirt tête de mort, un peu comme quand je me prépare à la traditionnelle réunion parents-profs du trimestre. Enfin un bon prétexte pour ressortir mes vieux vinyles. A de l’heure de gloire des claviers bontempi des années 80, co-existait alors un courant musical affichant pochettes mortuaires et sanguinolentes, criblées de crucifix et autres pentagrammes inversés. Un florilège de titres des plus joyeux, des classiques Hell bells, Number of the beast, Blackened, Of chaos and eternal night, tomb of the mutilate  au plus que confidentiel back to hell, surement connu que ces des cinq étudiants mélomanes que nous étions, au fin fond d’une vielle cave désaffectée humant bon la bière, la sueur et les herbes exotiques, répétant sans cesse cette ligne d’accords saturés sur fond de refrain gutural mélodieux. Un peu de culture donc sur le vrai métal, pour les vrais chevelus, qui comme Luca fond un bras d’honneur à la calvitie précoce pour une fière tignasse à faire pâlir Sue Helen.
C’est parti pour un tour en enfer, dans l’antre de Satan, au cœur de LaCuvette. Un trou gluant tapis dans l’ombre qui ne voit jamais la lumière du jour. 5 min de marche d’approche pour basculer sur l’autre rive du Styx et nous voila à pied d’œuvre face à de grands murs à l’apparence salpêtreuse. « C’est sur, on n’est pas à Comboire ! », me ferons justement remarquer mes compagnons d’infortune. Pourquoi diantre chez Satan alors….encore une fois il faudra faire appel à la mémoire JMC-iene pour nous compter ces histoires anciennes du peuple Lacuvette. Il fut un temps ou les cuvettards partageaient leur existence entre les froids hivers aux Lames et les chauds étés de l’autre coté de la vallée hostile, sur des hauteurs paradisiaques. En ces temps reculés, il fallait se plier au rite de larme à l’œil sans clipper le dernier point pour accéder au status d’homme et l’on racontait que « la poudre c’est jamais 8a….mais tant que la poudre enchainée tu n’auras, jamais validé ton niveau 8a sera ». Le rustre cuvettard primitif n’avait pas non plus encore découvert ces outils du confort moderne que sont les rallonges, la perche ou les preclippages. Mais surtout, en ce temps là, les cuvettards se voyaient affublés de noms charmants rappelant avec poésie un trait de leur nature. Diego, TheBig, Kellogs pour les plus connus, en passant par les curieux Gedeon, Schnoux, la guenille ou laroque star,  jusqu’aux plus affecteux Joe le pédé, Schnappi le nain de la forêt ou Yush le sumo. Sans oublié donc, un Satan, Romain de son prénom, qui…mais oui, mais c’est bien sur…en fait non, rien à voir, comme me l’ont confirmé Cannib et Ben les deux heureux découvreurs du site…comme quoi Tata débloque bien du ciboulot et que sa propension à fabuler va bel et bien en s’aggravant
Pas de limbes, sans revenants, il faut venir au purgatoire pour que je recroise une poignée de grimpeurs blaffards que je pensais disparus…Yves en tête, qui pour sa rééduc se paye la marche d’approche et se prepare à sa 7eme dizaine en grande pompe. Eric, qui, faute de saison ouverte à la visière erre dans ce non monde au rythme d’un, voir deux, voir même 3 7c+/8a par séance, dont la très chouette colo de la grenouille rouge, 8a+, 8a entre les deux son cœur balance. L’imposante silhouette caractéristique du grand Schnoux avec son inimitable survet sans age et sa détermination à cocher tout se qui traine à mille lieux à l’aronde est là elle aussi. Avec Raph, ils ont finit par libérer l’intégralité du mur d’ANX à crossey 3, avec parait-il quelques uns des plus beaux 8 de la l’univers cuvettard. Même Lol laRoque star exhibe ici son inimitable short trop court d’une autre temps, qui nous fait autant rire que sa motivation sans faille impose le respect,  à taper essai sur essai jusqu’à ce que mort s’en suive, dans la très belle ligne en 7c+/8a à gauche de Dédé. Une semaine plus tôt, j’aurais pu faire la bise à Schnappi, de passage pour plier l’archétype de la voie de rési courte Le charnier, 7b ou 7b+.
En parlant de revenants, alors que je crachai mes poumons dans une rude montée sur mon petit vélo, avant d’aller me crasher dans la descente d’un haut lieu secret vttistique bien connu… alors Luca ca enchaine cette pissarde ?
Je tombai nez à nez avec Quentin, de retour aux affaires et en plein projet en 8c+++ du coté de la visière, après lui aussi avoir usé du perfo chez Satan.
Ce même Luca qui croite le majeurissime Fuckin dédé, 7b ou 7c selon qu’on considère qu’on est dans la cuvette ou dans le vercors, avec JY qui enchaine la séance suivant et Patrice encore celle d’après…à qui le tour maintenant ?
Moi, je me suis bien garder de torcher à vue, histoire de ne point alimenter ces querelles stériles sur les cotations. Avec Steph et Bruno le séjour en enfer commenca par Crack ou sleep, une superbe fissure en 7a qui raye le mur central. 
A faire torse nu pour les scarifications inoubliables de la renfougne et avec un arriere train de sumo pour pouvoir confortablement se le coincer dans le repos de milieu.  Vient ensuite la dalle juste à gauche de Facehook, 7a+ technique aux prises bien cachées, Facehook 7a+, pas facile à du tout vue. Puis les pointes et les pas de danse dans le 7c voisin, à gauche et toujours pas plus raide. 
 Ensuite un 7a+ qui ressemble à rien un peu plus haut à droite, mais finalement une très belle dalle à reglette, puis encore au dessus une superbe envolée en 7b démarrant dans une dalle avant de se perdre dans un mur à  trou et silex bien rési…Sylvie, elle s’arrache dans le long et la très agréable à grimper Meute 7a et se paye une bonne tranche de rigolade dans le 7a/6b du bas, en s’asseyant dans l’arbre au repos et restant sur les bacs de droite en haut….esprit cuvettard es-tu là ?
Bah, finalement on est loin du titre accrocheur du flyer, point d’univers dégoulinant de flamme, de décadence, de violence, de haine et de peur…je peux ranger mes têtes de morts et mes clous et couper mes cheveux…. pour les initiés, c’est un peux comme si on ecoutait du hard FM…Et puis si c’est pour faire salon avec toutes ces vieilles connaissances, autant se poser au soleil sur la terrasse d’un sympathique bistrot, non  (à bon entendeur….) ? Amen



jeudi 1 mai 2014

Tout vient à point

C’est ce que je me suis dit fièrement, aux termes d’une charmante discussion avec le plateau téléphonique de mon assureur préféré, juste avant que l’on ne m’informe qu’il était trop tard pour prendre mon appel et qu’il valait mieux rappeler ultérieurement. Les assurances, encore un grand progrès pour nos civilisations avancées…n’est ce pas Cécile ? Bref, c’est aussi ce que se dira le lecteur avide de news de LaCuvette, qui se ravira que le Phénix renaisse enfin. Mais ce lecteur n’étant finalement que celui là même qui m’accompagne dans  mes rares pérégrinations, que viendrait-il chercher de plus dans cet anarchique alignement d’idées saugrenues d’un aliéné shooté à la pollution du trou du cul de l’univers cuvettard ? Surement rien me dis-je, un peu comme quand je m’éclipse, le béret sur mon crâne dégarni. Sous prétexte d’aller acheter ma baguette,  je passe aussi prendre le journal et je m’arrête au bar pmu du village pour me poser en terrasse, juste pour ne rien faire…un privilège de l’âge qui vient à qui sait attendre. Feuilleter les pages faits divers et tomber sur les mésaventures skiesques des sieurs Bertrand et Yves…et même Mailloch paraitrait-il. Prendre des risques inconsidérés plutôt que de passer une bonne séance de grimpe par -12° dans les stalactites de Comboire….Bon rétablissement à eux quand même…La faute à tous ces jeunes cons avec leur GoPro qui postent des images de rêve partout sur le net. Un autre privilège de l’âge c’est qu’on devient un vieux con aigri, qui râle tout seul devant son journal. Comme l’autre jour ou je tombe sur ce FT qui se torche un 8c à plus de 50 balais…mais quel benêt celui là, plutôt que de préserver son capital santé en buvant une bière en terrasse, voila qu’il se déglingue les tendons et les articulations. Il aurait pu choisir un truc de vieux, un grand mur de 60m sur barcasses qui déroule, mais non, monsieur est allé se dégoter un pauvre pan devers de 45 degrés de 10m de haut, avec des croutes pas plus larges que l’épaisseur de mon journal, syndrome 50%, 8c.
Je vous jure, faut se prendre un peu de hauteur pour digérer ce genre d’inepties….et ressortir son casque et sa vielle corde de rappel pour s’aérer l’esprit et s’oxygéner les neurones au-delà des rebords de Lacuvette. Quelques très bonnes surprises avec Oliv et Sylvie.
Des superbes cannelures à la Tournette. Un caillou fantastique sur une très belle face, dans les Koalas, ED-. Mention spécial à L4, traversée où passer de cannelures en cannelures sera l’occasion de se mettre plusieurs fois au tas, dans un simple 6c.
Un calcaire presqu’aussi parfait aux Rochers du midi et ses petites voies de droite….enfin, pour Sylvie, seulement après avoir finit d’escalader les pentes d’herbes du raccourci « dré » dans le pentu. Yann Phonie, TD+ et la encore un trav en 6c qui se mérite, surtout sous le relais, Sylvie étant toujours intarissable sur le sujet…
Et puisqu’on parle de trav, comment ne pas mentionner l’unique, l’inégalable en son genre, par son tracé et son caillou, Pipeline TD+ aux Gorges du Gats.
Et pour finir, un poil plus physique mais parfait pour se ménager la peau des doigts et les articulations en dérouillant ses vieux muscles, Broken Towers, TD+ au Rocher de l’homme.
Après ces intermèdes, on s’en revient toujours au Bistrot. S’installer en terrasse, profiter de la vue panoramique. Boire un coup avec ses vieux potes et parler  du temps qui passe,de la météo qui se dérègle, du choix de winner des ses dernières élections, et surtout du « c’était quand même vachement mieux avant »…Du coup, j’ai même ressorti de vieux pitons, légue de mes ancêtres, pour en glisser quelques uns par ci par là, histoire d’amuser la galerie. Le dernier point de Tempus Fugit, joli 6c+ par exemple, rajouté pour calmer les esprits déjà échauffés par le ramping et l’adhérence en friction du pas de départ. On discute et on se laisse distraire par Lasse et rêveuse, le 6b+ physique d’échauffe, avant d’aller s’énerver dans quelques ressauts bien plus teigneux…On n’est pas bien là, à se prélasser peinards en terrasse ?
Pour paraphraser un autre illustre lettré cuvettard, « le plaisir, l’envie d’en découdre,  plutôt que d’être affuté comme une lame ». C’est dans cet esprit de joyeux scouts que j’ai retrouvé des vieilles connaissances lotoises…hormis le FT, qui attend l’âge de la retraite pour avoir un boulot les rares fois ou je passe par chez lui. Et bien évidemment c’est encore sur ces traces qu’Yvan me trainera, de force et contre mon gré…pensez donc : Arcambal, 10m de haut, pas une colo ni  le moindre trou. Que des croutes et des monos, et une inclinaison qui permet même pas de faire un pipi chute du Niagara du relais. Même Adrien, jeune résineux en puissance avait écourté son séjour de conti catalane pour se frotter à ces sournoises tournoiseries locales. Surement inspiré par la déchéance nonchalante de la grimpe soixantehuitarde des fossiles que nous sommes, il finira par enchainer presque de rage et de désarroi le confit doigts, son premier 8a, dans son parfait anti style. 

Yvan, après avoir parfaitement maitrisé le même 8a, s’enquit d’un très beau premier essai dans la poussée d’Archi m’aide 7c+, en tombant à 2 prises du bac final.

Concernant ma surcharge croupiale, bien visible sur les photos, elle aura eu la vertu de peser sur la gomme de mes EB antédiluviens pour leur conférer une adhérence inconnue du commun des mortels. Ce qui me permit, par le plus grand des miracles de plier sans coup férir, mais en faisant coup sur coup bien rire mes partenaires, avec ce subtil mélange de danseuse et de sumo, la tension décore 7b+ et la poussée 7c+
Et pour finir, un tit clin d'oeil au Schnappi qui est repassé par là et qui en est retourné dans la forêt. Pas de panique, il a toujours pas investi dans une nouvelle polaire, il ne s'est toujours pas mis à la pose de pied (pire, il cherche un modèle sans talon, pour moitié prix), et il s'est trouvé une charmante brunette à barbe en coloc Bellifontaine

coup de faiblesse from Lacuvette on Vimeo.

Allez, pour ceux qui ont su attendre jusqu’à là, je paye ma tournée…et avec un double Pepsi pour Yvan et Cécile (elle est tellement pourrie cette dernière vanne qu’il est dommage qu’il n’y ait qu’eux pour la comprendre…)