Ils ont réussi à infiltrer le moindre espace fréquenté par l’homme. Ils sont partout et finalement beaucoup trop nombreux. A tel point qu’on en viendrait à se demander par quel moyen s’en débarrasser, par gros paquets. Un peu comme ces mouches qui ne servent à rient et qu’on attire avec un tas matière nauséabonde pour les éclater sadiquement à coup de tapette en plastique.
Bien sur, je ne dis pas ça pour les rares cuvettards qui ont fait l’effort de se lever ce matin. Mais dès fois, vu les conditions ambiantes, il est fort probable qu’on se demande si finalement nous n’en sommes un peu nous aussi. -2° à la voiture, la neige qui crisse sous les chaussures, le parfait plafond bas, épais, et la petite bise du nord qui vient lécher les vires, comme pour nous souhaiter la bienvenue.

Une petite session à
Espace Comboire, c’est un peu comme un bain de soleil en pleine nuit polaire. Obligés de s’agiter à chaque bout de la corde pour éviter l’engourdissement entre les essais, nous renouions avec cette grimpe cuvettarde qui nous est si chère.

Tellement exalté
Sylvain en avait oublié ses célèbres sur chaussettes, souvenirs de son illustre passé au Bolchoï.

Mais même en grimpant avec des glaçons au fond des chaussons, il savoura son plaisir dans la croix de fer du pas de bloc
d’A prendre ou à lécher, le premier
8a de beaucoup sur la vire. Un poil plus de sensations et il aurait était prêt à tenter l’enchainement.
Eric, après moultes hésitations entre la douce chaleur sous la couette et un frigo à ciel ouvert, opta pour la second choix avec une tactique des plus masos : une première montée pour choper l’onglée, puis dans la foulée une deuxième pour s’exploser en rési. 2 fessées pour le prix d’une...c’est qu’il doit aimer ça.

Toujours est-il, que la moule fly aurait pu monter jusqu’à la chaine, si les doigts avaient été un peu plus vaillants dans la dite croix de fer.
Autre lieu mais même enseigne.
Michel cette fois ci pour un baptême de grand froid à
Voreppe. Même plafond gris, avec en prime un grésille glacé, prémisse de l’arrivée de la neige en terre LaCuvette. Même vent du nord s’engouffrant dans la vallée et glissant le long des falaises. Même plaisir de se retrouver dans ces monstres sacrées de LaCuvette que sont les 2 longueurs technique de la
Courgette et la
Laitue. Deux dalle en 7b parmi ce qui se cultive de mieux sur terre.
Mais revenons à l
’invasion. Ils ont finit par être plus nombreux que nous. A se demander quelle est la norme aujourd’hui. Et oui, il faut s’y faire,
les cons ont pris le dessus. Et même à l’extrémité du secteur extrême gauche
d’Espace Comboire. Au bout du bout du bout des vires, là où personne n’est censé mettre les pieds. J’y avais laissé pendouiller une stat, arrimée sur 2 points, avec un mousquif de mon arrière grand-père auquel j’étais sentimentalement attaché. Alors que j’allais récupérer le matériel, quelle fut ma surprise de découvrir l’héritage de mon aïeul, disparu, volatilisé. Acte d’un malotru qui n’avait même pas pris soin de défaire le 2 eme nœud de 8 sur la corde. L’autre était passé directement dans le spit, mal serré.

Et dire que j’aurais pu remonter sur cette corde, en accédant depuis la bas, sans me douter de rien….tout ça pour une heure de gloire dans la rubrique nécrologique du Daubé. J’ai beau essayé de me convaincre qu’un jeune paumé délinquant shooté auraient pu passer par hasard dans le coin à la recherche d’un bout de ferraille pour attacher si iPod, mais je n’y crois pas. A moins qu’un inconnu respectable, puisqu’il doit lire LaCuvette pour savoir qu’il est possible de venir jusqu’ici, aurait eu l’idée de me lover ma corde, de récupérer mon mousquetons, d’y rajouter les mêmes en neuf, et d'emballer le tout dans un charmant paquet cadeau entouré d’un joli ruban rouge. Il l'aurait ensuite déposé sous mon sapin, au pied de ma cheminée et tout de rouge vêtu, dans un peu moins d’un mois.
Si l’espoir fait vivre, il est dommage que la connerie ne tue pas…