Des états d'âmes, des billets d'humeur, des petits récits et des nouvelles de la grimpe et de l'escalade à Grenoble...vus du fin fond de LaCuvette par une bande d'activistes locaux et acharnés... mais fiers de l'être !!
mercredi 30 décembre 2009
Battery
dimanche 20 décembre 2009
Enfin
Enfin, je glissai moi aussi, sur la strate verglacée de la fin de la traversée de la conque d’El condor buta, 7c. Encore une voie unique à l’ambiance torride et à l’inconfort permanent.
Et dire que ce matin, les deux mains collées autour de mon bol de café j’ai bien plus froid qu’hier, lorsqu’on tapait des essais…Merci Père Noël pour ses falaises et ce micro climat qui permet au petit monde de LaCuvette de trouver son bonheur par tous les temps, et en toute saison !!
Et n’oublie pas mon petit soulier…
dimanche 13 décembre 2009
La base
C’est ce qu’on avait eu tendance un peu à oublier ces derniers temps en nous perdant en pays Vertaco. Il fallait rectifier le tir et revenir à des valeurs sures.
Espace comboire donc, et pour remettre les pendules à l’heure rien de tel qu’un bon vieux Peau de balle, simple 7a+ du secteur extrême gauche.
Dépités par un départ des familles et par une fin subtile en dalle, Jean-Yves et Sylvain me broyèrent de rage ma toute nouvelle perche. Ils tentèrent ensuite de se rattraper avec la réjouissante perspective de piquer les premières réalisations du rebord du monde, 7a un superbe voyage initiatique en arc de cercle, au bout de la vire, dans un rocher gris parfaitement sculpté,
et du Trou de balle, un 7b/7b+ dans le plus pur style Espace Comboirien, en léger dévers, court, sur plats, angles et rondeurs, à dynamiser, tout en douceur…Mais l’ordre des choses ne pouvait subitement s’inverser, et ces 2 FA revinrent finalement à l’éternel sumo, ermite équipeur du lieu. GrandLudo s’offrit les 2 premières répétitions au prix de biens beaux efforts, tandis que Bruno et Sylvain décrochèrent la 2eme et 3eme du Rebord du monde. Quant à Luca, il doit toujours, à l’heure qu’il est, s’acharner avec Richard pour empocher la 2eme et la 3eme du Trou de balle.
Comme pour tant d’autres choses, la grimpe n’échappe pas à la règle. Certains voies se sont imposées d’elles mêmes, sans qu’on ait besoin d’en parler. Des sortes de rituels ancrés dans la mémoire collective, auquel il faut se soumettre pour passer à l’âge adulte. Pourtant, ce sont souvent ni les plus belles, ni les plus dures…mais elles recèlent ce brin de je ne sais quoi singulier, qui en ont fait des passages obligés. L’arme à l’œil par exemple pour le 7b. On ne peut se prétendre cuvettard sans avoir fait le 8a de la Poudre, aux Lames…n’est-ce pas Schnappi ?….Il faut avoir fait Strapper français, le 7a+ du mas d’Auris. On ne peut se soustraire à la redoutable fissure de l’Ampoule de jardinier à Voreppe, ni à Bouse maker, sa bien aimée voisine de droite, toutes deux 7c.
Cette dernière s’est même vu parcourue en son temps, par Clém, un des mutants rioupéristes pourtant des plus réfractaires à l’usage de la corde. C’est ainsi que ces 2 voies ont fait l’objet de nombreuses visites ces dernières semaines. A commencer par Oliv, Luca et bientôt Sylvain pour Bouse maker, la bien nommée, suivis de Schnappi, Charlie et Pierrick pour le mythe en toit de l’Ampoule…lassés par trop de 8b dans le Vercors surement plus…conventionnels…et aux couchés de soleil moins exotiques.
Avec Ludo, on se devait participer à la fête, en tentant nous aussi d’allumer l’Ampoule. On vit alors 2 écoles radicalement différentes, celle du guerrier insensible à la douleur et inconscient, avec Ludo qui coinça tout les parties protubérantes de son anatomie dans cette grosse fente gluante,
opposée à celle de la fluidité de celui qui affleure avec douceur le rebord de la lèvre de cette magnifique fissure en toit, se contorsionnant avec souplesse et grâce pour épouser à merveilles les caprices de dame nature…
Même topo dans Bouse maker entre la débauche hormonale d’Oliv qui tente de tout faire no foot
et Luca qui se la joue fillette effarouchée à la calvitie naissante en tentant, carre externe, lolotte et prises intermédiaires…
Mais la base ça reste bien de serrer les croutes, et si possible en dalle. C’est ainsi que Lol et Martin auraient été aperçus en plein ébats, le cul bien en arrière…dans Amour…toujours, le 8b dalleux et passage obligé des Lames.
Autres lieux mais toujours une parfaite dalle grise avec Iaki qui revient aux sources de Saint Sulpice, dans Le maître décolle, élève la voie, un superbe 8a que l’on doit au grand monsieur FT.
La base, c’est surtout de ne plus se poser de question, de suivre l’instinct primitif de l’espèce cuvettarde, celui là même qui nous sort du lit ces matins d’hiver gris et froids, juste pour le plaisir de se choper une onglée dans une de ces voies mythiques dont la simple évocation du nom suffit déjà à nourrir nos fantasmes…Comme la Foué famely’s qui rêva de trous et de monos, et qui le lendemain matin au réveil fit 500km pour se poser au pied des murs blancs du Saussois.
Quelques instants plus tard, le sourire aux lèvres et le devoir accompli, les brothers clippaient le dernier point d’un monument de l’histoire de la grimpe, Chimpanzodrome, 7c+.
Bravo messieurs, c’est bien ça, avoir la foi !!