Mais c’est quand on s’y attend le moins…Je revenais tranquillement de la plage, mon bob Ricard, ma glacière et mon parasol sous un bras, ma board, ma wax et ma perruque cheveux longs blonds décolorés par le sel de l’autre, que je crus apercevoir, au loin derrière la dune, une silhouette rappelant étrangement les formes d’un musculeux cuvettard. Je m’approchai avec discrétion et curiosité pour surprendre, à plus de 10000 milles lieues d’Espace Comboire, les orteils plein de sable, un Oliv en train d’enchainer une bonne centaine de tractions sur une barre de fortune, à l’ombre des pins.
Quelques jours plus tard, quelque part en pays Lotois où je n’étais venu que pour jouir d’un repos mérité et de quelques gastronomies renommées….Le lieu était étrange, propice à de rencontres insolites. Une sorte de zone 51 perdue sur le Causse aride et désert. Je descendis le long d’une rivière asséchée, creusée de vasques et aux pierres géométriquement polies par des millénaires de ruissellement. Subitement, je tombai sur un cratère immense, une sorte de bouche géante arrachée à ce paysage vallonné et tranquille. Je continuai à explorer l’effondrement, descendant dans l’antre du gouffre, dans une atmosphère lourde et moite, presque équatoriale. Je tombai stupéfait devant une espèce de 7ème continent, une sorte de Jurassik Park lotois sur les rebords duquel je parvins à distinguer quelques spits sur un mur surplombant, assez court et truffé de trous et de colonnes. Je sortis mon attirail et entrepris une montée dans Montezuma, une sorte de star wars local au niveau de la cotation, 8a. C’est là que je les vis accourir, sortant de nulle part. Ils tenaient des propos incohérents et incompréhensibles tels que "vas y cale un genou, tu pourras te refaire en lâchant les mains", "rentre une grosse lolotte et tu arriveras à tenir la pince"… Surpris, et tout de même un peu apeuré, je gardai la tête haute et me risquai simplement à bourinner comme je le fais depuis trop longtemps, bien de face sur la pince, à placer ou plutôt bourrer le pied dans la mousse au dessus de la stalactite, puis à oser le dernier jeté sous la chaine sans les inters mais et avec un parfait "tout qui part en vrac". Je clippai alors proprement la chaine, fier de mon enchainement, espérant m’assurer ainsi de la sympathie de ces aliens locaux, mi pantois, mi terrifiés, comme ils l’auraient été devant une grosse méduse flasque surfant nonchalamment sur la lèvre d’une vague ou devant un escargot scotché sur un feu d’artifice du 14 Juillet. Je me confondis en politesse en tapant plus d’une dizaine d’essais dans un 7c+ voisin, Angkor, jusqu'à parvenir à sidérer cette drôle d’assemblée avec un jeté de talon eb au dessus de la tête suivi des relances dynamiques et désespérées sur des non-prises jusqu’à atteindre le bac final. Mais ce fut en leur apprenant quelques rudiments modernes, comme fabriquer un ersatz de Ray’s telescoperche avec les moyens du bord que je les sentis enfin prêts.
Mon regard fut irrésistiblement attiré par une autre silhouette, un corps affiné, sculptural, et épilé, répondant au nom de Iaki.
Il y avait Michel, l’érudit quinquagénaire qui grimpe comme il vit, avec générosité, recul et sagesse d’une longue expérience, doublée de second degré et d’un sérieux farceur.
Enfin, discret, caché derrière les autres, il y avait Clément, en pleine force de l’âge. Je sentis en lui le potentiel futur mâle dominant, encore tapis dans l’ombre du maître FT et décortiquant toutes les méthodes du très esthétique Syphose, 8a intense et visiblement très rési.
A toute cette tribu mal dégrossie, touchante et attachante, merci encore d’avoir bien voulu ouvrir votre caverne, aux antidotes de la grimpe urbaine, bruyante, viciée et hostile de Lacuvette. Laissez la porte ouverte…car je poursuivrai mes explorations dès début Aout prochain !!
Je commence à douter, comme si la grimpe était plutôt une histoire de rencontre, de partage…bah non, impossible. Pour bien penser, il faut n’aimer personne. Avant les emmerdes, Dieu était seul… et puis c’est vrai moi, j’aime pas les gens…